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Que reste-t-il de : Le Mexique champion du monde U17 en 2005 – Part 2

Régulièrement, notre spécialiste du foot international J.H.K nous fera parvenir des articles mettant en lumière des joueurs ou des équipes qui n’ont pas eu le destin qu’ils méritaient ou se sont perdus.
Après un volet inaugural sur Wolverhampton, voici un reportage en 4 volets mettant à l’honneur les Mexicains, champions du monde des moins de 17 ans en 2005. Place sans plus attendre à la seconde partie :

En 2005 et contre toute attente, le Mexique est sacré champion du monde des moins de 17 ans, porté par un collectif où brillent Giovani Dos Santos, Carlos Vela et Cesar Villaluz. Retour sur une performance qui aura laissé entrevoir une renaissance du football mexicain, avant de céder finalement la place à un contingent de talents gâchés et de destins brisés. Et si on entend encore parler épisodiquement de Giovani Dos Santos et Carlos Vela, qui aujourd'hui se souvient de Cesar Villaluz?

Part. II: La gloire

Sûrs de leur force après la démonstration face aux Pays-Bas, les jeunes mexicains font leur entrée sur la pelouse de l'Estadio Nacional de Lima. Sans doute entendent-ils résonner à leurs oreilles le bourdonnement de la ferveur qu'a fait naître leur parcours dans le cœur du peuple aztèque. Là-bas, au pays, ils sont des milliers à s'être rassemblés autour de l'Angel de Independencia de Mexico, ce mausolée qui renferme les restes des héros de l'indépendance. Tout un symbole. Pour l'occasion, la télé mexicaine qui retransmet le match réalise même un duplex dans la maison de la famille Villaluz, où une foule de proches s'est réunie pour célébrer le héros local. Le décor est planté, l'auditoire impatient. Les acteurs entrent en scène.

Le jour de gloire

Le début de match est haché, les fautes d'antijeu se multiplient à l'encontre des joueurs brésiliens. Sans doute la Tri veut-elle marquer son territoire. Cela sera chose faite à la 15ème minute, lorsque le meneur de jeu auriverde Anderson, exceptionnel technicien et maître à jouer de son équipe (il sera nommé meilleur joueur du tournoi), est contraint de sortir, après une blessure contractée dès la 6ème minute du match sur un tacle à retardement du stoppeur Christian Sanchez.

Le duel tant attendu entre les deux perles du tournoi Anderson et Giovani est avorté. Privés de leur élément moteur, dont l'absence s'ajoute à celle de Renato Augusto, les Brésiliens ne peuvent qu'assister impuissants au show du prodige mexicain en première période.

Positionné à la pointe d'un milieu en triangle au sein duquel Omar Esparza et Jorge Hernandez sont sont chargés de le libérer de toute contrainte, il rayonne. Il efface, déborde systématiquement son adversaire et trouve toujours l'espace pour donner la dernière passe. Son pied gauche fait des merveilles, et son association avec Carlos Vela met au supplice l'arrière garde brésilienne. Et après une première banderille signée Villaluz, c'est sur un centre consécutif à une percée de Dos Santos que Vela ouvre la marque, sur tête plongeante. Pour l'anecdote, il avait annoncé avant la rencontre qu'il y marquerait un but, afin de rendre hommage à son père dont c'est l'anniversaire.

Dans la foulée, Esparza reprend des 20 mètres une ouverture de Villaluz et trouve le petit filet de Felipe, le gardien brésilien. Deux buts en moins de 2 minutes: le Brésil est K.O. Dans sa cage, Sergio Arias lève les bras au ciel: la victoire ne peut plus leur échapper.

Le pressing haut et le déploiement rapide des Mexicains en phase offensive empêchent les Brésiliens de sortir correctement le ballon et installer leur jeu. Et ils ont beau pousser au retour des vestiaires, toutes leurs tentatives s'avèrent stériles et, un comble, manquent d'imagination. Ils s'en remettent aux coups francs, certes dangereux, de Celso (un autre sosie de Ronaldinho...) et aux frappes lointaines de Marcelo, avant qu'Ever Guzman sortant du banc (et pour la 4ème fois du tournoi, rappelant les plus belles heures d'Ole Gunnar Solskjaer) ne leur porte le coup fatal, sur une contre attaque rapide.

Mexique 3 - 0 Brésil

La rançon de la gloire

Les trois coups de sifflet de l'arbitre se font entendre. A moins qu'il ne s'agisse des trois coups de bâton ouvrant théâtralement le rideau à une troupe d'artistes promis à répéter leurs exploits sur de plus grandes et prestigieuses scènes?Mais pour l'heure, les jeunes champions sont adulés dans leur pays et convoités partout ailleurs. Carlos Vela, meilleur buteur de la compétition avec 5 réalisations, file à Arsenal (son adversaire d'un soir, le capitaine Denilson, l'y rejoindra l'année suivante). Il y aura Thierry Henry pour mentor et bientôt Theo Walcott, autre prodige promis à un grand avenir, pour partenaire d'attaque.
Giovani Dos Santos, nommé ballon d'argent du tournoi, et qui joue déjà au FC Barcelone depuis l'âge de 11 ans, s'est révélé comme l'un des plus grands espoirs du football mondial. Il sera celui qui assurera la pérennité du Barça, l'après-Ronaldinho.Petit, gaucher, fin technicien, excellent dribbleur: c'est ainsi que sera le prochain grand joueur blaugrana. Et l'on peut croire alors qu'il est mexicain.Efrain Juarez et Jorge Hernandez le retrouveront à la Masia à la fin de ce mondial.Le portier Sergio Arias est lui qualifié de « nouvel Oswaldo Sanchez ».
Et voici le résumé de cette finale : Ils sont tous promis à un brillant avenir. Le destin en décidera autrement.

A suivre : La déchéance

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