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Que reste-t-il de : Le Mexique champion du monde U17 en 2005 - Part 3

Régulièrement, notre spécialiste du foot international J.H.K nous fera parvenir des articles mettant en lumière des joueurs ou des équipes qui n’ont pas eu le destin qu’ils méritaient ou se sont perdus.

Après un volet inaugural sur Wolverhampton, voici un reportage en 4 volets mettant à l’honneur les Mexicains, champions du monde des moins de 17 ans en 2005. En voici la troisième partie :

En 2005 et contre toute attente, le Mexique est sacré champion du monde des moins de 17 ans, porté par un collectif où brillent Giovani Dos Santos, Carlos Vela et Cesar Villaluz. Retour sur une performance qui aura laissé entrevoir une renaissance du football mexicain, avant de céder finalement la place à un contingent de talents gâchés et de destins brisés. Et si on entend encore parler épisodiquement de Giovani Dos Santos et Carlos Vela, qui aujourd’hui se souvient de Cesar Villaluz?

Part.III – La déchéance

Que reste-t-il aujourd’hui de cette formidable génération appelée à confirmer chez les grands leur exploit de 2005 ? Force est de constater que, comme c’est trop souvent le cas, la marche fut trop haute pour les espoirs mexicains, retombés pour la plupart dans l’oubli.  Mauvais tour du destin ? Mauvaises décisions ? Blessures ? Un peu de tout cela sans doute. Ou peut-être ont-ils été tout simplement victimes du sort habituel réservé à ces joueurs qui brillent trop tôt dans les compétitions de jeunes et qui sont condamnés par la suite à l’anonymat d’une carrière sans reliefs, d’autant plus intolérable qu’ils ont tutoyé les sommets avant même leur majorité. Ingratitude du sport de haut niveau...

Giovani Dos Santos, le plus  talentueux d’entre eux, le plus prometteur aussi, la relève du FC Barcelone, a depuis perdu, et sans doute définitivement, le chemin de la gloire. Barré par l’éclosion de Bojan alors qu’il commençait à se faire une place au sein de l’effectif barcelonais, il fit le choix de se relancer à Tottenham, dans un championnat anglais inapproprié à l’essor d’un tel joueur. Payant aussi une éthique de travail irrégulière il n’aura jamais l’occasion d’y briller. Balloté de prêt en prêt (successivement à Ipswich, Galatasaray et Santander), il est cette année de retour chez les Spurs, faute d’avoir trouvé un club où rebondir. Et s’il brille encore épisodiquement en sélection (un but mémorable en finale de la Gold Cup 2011), ses apparitions sur les pelouses anglaises devraient se limiter aux matchs de Cup. Nul doute que celui qui en 2005 se jouait de tout marquage ait encore ce talent qui lui permettrait de s’extirper de cette impasse et de retrouver une situation décente, mais que le Barça semble loin désormais...

Pour son compère Carlos Vela, le FC Barcelone, c’était il y a quinze jours à peine : un match contre son équipe de la Real Sociedad, au cours duquel il ne figurait même pas sur le terrain au coup d’envoi... Lui aussi, victime des prêts à répétition d’un club d’Arsenal qui ne lui a jamais donné sa chance. Il semble même avoir été oublié par le sélectionneur mexicain, qui n’a pas compté sur lui pour la dernière Gold Cup, le laissant à disposition des espoirs qui ont été invités à gonfler la liste des participants à la Copa America. Ultime affront, son club d’Arsenal refusa de le libérer pour cette compétition, afin de le préserver en vue de la saison à venir, où il pourrait enfin faire ses preuves. Un mois plus tard, il était envoyé en prêt en Espagne...

Le destin ne sourira pas non plus aux exilés barcelonais Efrain Juarez et Jorge Hernandez. Privés de permis de travail sur le sol espagnol et en proie à des difficultés d’acclimatation, ils retournèrent bien vite dans leur club formateur. Hernandez y joue encore. Juarez, reconverti en milieu défensif ou arrière latéral, a profité de ses belles prestations au Mondial 2010 pour retenter sa chance en Europe, au Celtic Glasgow. Sans succès. Il est aujourd’hui en prêt à Saragosse. Omar Esparza, désormais arrière droit, est un titulaire indiscutable dans son club du Chivas de Guadalajara. Une blessure le privera de la Coupe du Monde 2010. On ne l’a depuis plus revu en sélection nationale. Le portier Sergio Arias joue lui de l’autre côté de la frontière, au Chivas USA. Il semble très loin de pouvoir concurrencer Guillermo Ochoa sous le maillot de la Tri comme dans le cœur des supporters.

Autre destin brisé, celui d’Edgar Andrade, titulaire au début de la compétition, dont la progression  fut freinée en 2007 par une terrible blessure, qui l’éloigna des terrains pendant près d’un an. S’il a depuis heureusement repris le cours de sa carrière, nombre de ses rêves de gloire se brisèrent avec sa jambe. Et les images de sa jambe littéralement disloquée, disponibles sur Internet mais dont on vous épargnera ici, hanteront longtemps ceux qui les ont vues.

C’est peut-être Hector Moreno, stoppeur élégant et rapide doté d’un bon pied gauche, qui semble aujourd’hui s’être le mieux adapté au statut de footballeur de haut niveau. Resté jusqu’en 2008 dans son club du UNAM Pumas, il rejoint ensuite l’AZ Alkmaar avec qui il remporte le championnat néerlandais en 2009. Après 80 apparitions sous le maillot de l’AZ, il quitte en juin 2011 l’Eredivisie pour la Liga, décidément terre promise de tout joueur Sud-Américain en quête de succès. Il est désormais pensionnaire de l’Espanyol Barcelone, une équipe impatiente de confirmer les bonnes dispositions aperçues l’an dernier. Sa progression régulière peut le laisser espérer rejoindre bientôt un club plus huppé (il fut dit-on sur les tablettes du PSG) et endosser le rôle de patron de la défense mexicaine pour les années à venir.

Et Cesar Villaluz dans tout ça ? Un temps courtisé par Arsenal (qui ne l’a pas été ?), il n’a finalement jamais quitté son club du Cruz Azul. Sans doute handicapé par sa taille (il mesure aujourd’hui encore moins de 1m65) et, lui aussi, par une rigueur de travail inadaptée aux exigences du football européen, il n’a jamais confirmé les grands espoirs nés  de ses performances de 2005. Un temps convoqué en équipe nationale (sa dernière sélection remonte tout de même à 2009), il végète désormais sur le banc des remplaçants des Cementeros. Et il ne fut ni du contingent tricolore de la Gold Cup, ni même de celui alternatif de la Copa America. Son heure est passée. Son dernier coup d’éclat semble être cette affaire qui a récemment éclaboussé son image : il aurait refusé de reconnaître un enfant illégitime qui s’est avéré finalement être le sien. Peut-être s’agit-il là de l’ultime trace qu’il laissera avant de retomber dans l’oubli. Mais pour ceux qui comme moi ont avaient suivi ce Mondial U17 2005, il demeurera cet ailier de poche dont le maillot à manches longues trop grand pour lui recouvrait les mains et flottait au vent au gré de ses débordements.

A suivre : L'épilogue

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