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Paris, une histoire de logo

« La stratégie est de partir du PSG pour aller au Paris-SG. Sachant que, dans le Paris Saint-Germain, l'important, c'est Paris, bien plus que Saint-Germain » Ces mots de Michel Mimram, le très contesté directeur marketing du club de la capitale, étaient presque passé inaperçus au mois d'octobre. Mais quand Le Parisien dévoile, la semaine dernière, la volonté des dirigeants parisiens de changer le logo, ces mots ont pris tout leur sens. Ce dernier, en près de 40 ans d'existence, est ainsi l'un des rares à n'avoir pas subi de modifications majeures.

La Tour Eiffel, la fleur de Lys … Aucune des d'eux n'étaient présente sur le logo originel. Sobre et loin d'être en adéquation avec le style des seventies, il s'inspirait alors largement de celui du Paris FC, absorbé momentanément pendant la fusion avec le Stade Saint-Germain en 1970. Un ballon bleu ciel laissant place sur une couture au blason de la ville de Paris, le navire, voguant toutes voiles gonflées, hérité du Moyen Age. Le tout premier logo du Paris Saint-Germain.

Mais quand le Paris FC décide de reprendre son indépendance seulement deux ans après la formation du club, le PSG se retrouve dans les méandres du championnat de France amateur et est contraint de changer d’emblème. Le bateau s'éclipse alors pour laisser sa place à l'autre symbole de Paris, plus moderne : la Tour Eiffel. Et puisque le club n'est pas que celui de la capitale, les dirigeants de l'époque y ajoutent les armoiries de Saint-Germain en Laye, ville de naissance de Louis XIV : le berceau et la fleur de Lys. Pareil pour les couleurs, les deux villes cohabitent : le blanc de Saint-Germain, le bleu et le rouge parisien. Entre modernité et traditions, le nouveau logo, qui serait né sous les pinceaux d'un obscur dirigeant amateur, se veut ainsi l'écho des époques glorieuses des deux villes, prêtes désormais à rayonner sur la France.

Popularisé par Daniel Hechter et son célèbre maillot dans ces années 70, il ne tardera pas à faire l'unanimité. Avec ce logo sur le maillot, le club fait son retour dans l’élite dès 1974. Hechter parti, Borelli arrivé en 1978, le PSG ne tarde pas à se moderniser, et décide de rajouter (surcharger?) son logo en y rajoutant son enceinte, le Parc des Princes. Et dès cette saison, le club de la capitale remporte son tout premier titre avec la Coupe de France, conservée une nouvelle fois l’année suivante.

En 1986, le logo s'épure, s'adapte à son époque puisque le club décide de reprendre celui de la candidature parisienne pour les JO d'été de 1992. Et si les jeux iront à Barcelone, le club de la capitale remporte lui son tout premier titre de champion de France avec cet emblème, considéré comme l’un des plus laids de l’histoire. Heureusement pour les supporters, le logo « Tour Eiffel » repris rapidement ses droits après une saison d’absence.

Mais en 1992, c'est le drame. Tout juste arrivé, Canal + décide d'imposer un nouveau logo, histoire de marquer le coup. Exit les symboles et pour la première fois depuis 20 ans, le nom « Paris Saint-Germain » y apparaît directement ! Les nouveaux dirigeants veulent y aller cash, droit au but, et un le bandeau noir en dessous des initiales du club n'est pas sans rappeler le logo de la chaîne cryptée, l'ouverture d'une nouvelle ère.  Encore une fois, comme dans les années 80, c'est avec un de ses logos les plus contestés que Paris sera champion de France pour la seconde fois de son histoire, puis remportera la coupe des vainqueurs de coupe. Mais les supporters n'entendent pas cela de cette oreille, et trois saisons plus retard, la Tour Eiffel fait son retour.

Revenu en 1996, l'emblème actuel a subi quelques retouches de temps en temps, virant notamment vers un bleu moins flashy et plus foncé (suivant le maillot en fait), ainsi qu'en adoptant autour le nom du club et sa date de création, comme si le PSG était arrivé à maturité. Comme le Parc des Princes, le logo est ainsi l'un des rares trucs stables au club (33 changement d’entraineurs depuis la création du club …), auxquels les supporters ont eu le temps de s'habituer, de s'attacher. Normal donc qu'ils gueulent quand on veut y toucher …

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