Roberto Carlos, la gauche forte

 

Roberto Larcos, la vraie star de PES 4, avec Ravoldi et Radolno. Ce petit arrière gauche, véloce et rapide, avait une frappe de mule, tout le monde le prenait … Accessoirement, il était inspiré d'un vrai joueur, qui a fêté ses 40 printemps début avril, rendu célèbre du côté du Real Madrid, mais surtout connu pour s’être fait prendre de vitesse par Bernard Mendy

 

TONY VAIRELLES ET LE CROQUEMORT

Roberto Carlos da Silva Rocha est né le 10 avril 1973, à quelques heures d’intervalles avec Tony Vairelles, ce qui lui promettait la gloire éternelle. Loin des bidonvilles mais pas non plus dans le luxe, le jeune Roberto a toutefois passé la majeure partie de son enfance dans un lieu bien moins exotique que la Lorraine. C’est à près de 400 bornes de Sao Paulo, dans la ville de Graca, au beau milieu des plantations de café qu’il touche ses premiers ballons, à l’âge de huit ans. Sa famille ne roule pas sur l’or, et dès ses douze ans, il doit trouver ses premiers petits boulots, toujours avec le sourire, dans un atelier de tissage tout d’abord, puis avec son père, employé dans une entreprise fabrication de cercueil … Mais bien rapidement le football le rattrape.

C’est ainsi  du côté de l’Uniao Sao Joao, modeste club de division inférieure de l’Etat de Sao Paulo, qu’il fait ses premiers pas, et avec lequel il découvre l’élite : « Je me suis dis, le rêve que tu avais est devenu réalité, de porter le maillot d’une équipe de première division. Qu’est ce que je vais faire maintenant ? M’entrainer tous les jours, jouer chaque week-end. Je pensais que si Dieu le voulait, alors une grande équipe de la capitale apparaîtrait » A 18 ans, le ciel semble enfin s’intéresser au jeune Roberto s’engage avec le club mythique du coin : Palmeiras. Un choix difficile à faire « Mon père est un supporter de Santos, et moi aussi. Quand j’étais petit, j’avais toujours des photos de Pelé et de l’équipe de Santos de l’époque, c’étaient des grands joueurs. J’ai toujours été un supporter de Santos »

 

 

Et pourtant, sur le terrain, Roberto ne donne pas dans les sentiments. Il réalise ainsi deux saisons pleines ponctuées par deux titres de champion et des débuts en sélection, de quoi attirer les regards du Vieux Continent. L’Inter Milan rafle rapidement la mise, et le jeune brésilien quitte sa famille pour une nouvelle aventure. « Mon père n’était pas nerveux car il connaissait mes qualités. Il avait que qu’importe où j’aille, je m’adapterais rapidement » … Erreur de jugement. Si ses débuts italiens sont encourageants, son coach Roy Hodgson a tout d’un coup l’idée de le faire jouer attaquant, les contre-performances en découlant. Direction ensuite Madrid, on connait la suite.

 

LATERAL 2.0

Sous le maillot auriverde, Roberto aura aussi tout remporté : la Coupe du Monde en 2002, deux Copa America et deux Coupes des Confédérations. A ses débuts en sélection en 1992, il s’est rapidement imposé comme le digne successeur des glorieux Branco (champion du monde 1994) et Nilton Santos (double champion du monde 1958-1962), toux les deux réputés pour leur apport offensif sur le côté gauche de la défense. Pourtant, quand on lui demande de qui il s’est inspiré, sa réponse est toute autre « Junior, de l’équipe de la Coupe du Monde 1982. Il était arrière latéral mais il était très, très offensif ». Bref, un défenseur dans la pure tradition brésilienne, mais qui en plus, aura réussi l’improbable exploit de s’imposer en Europe, en apprenant à défendre (enfin, un peu).

Roberto Carlos marque l’apparition d’u nouveau style de latéral, conjuguant rapidité, puissance, mais aussi intensité offensive. Du haut de ses 1m68 – comme Diego Maradona et surtout Vikash Dhorasoo – et avec un tour de cuisse atteignant presque les 60cm – soit, les deux additionnées, la taille de Passe Partout – il se  démarque rapidement par sa fabuleuse vitesse de pointe.  Le plus bel exemple reste cette soirée du 15 mai 2002 à l’Hampden Park de Glasgow. Juste avant la mi-temps, bien servi par Solari, il s’arrache pour offrir un centre millimétré à Zinedine Zidane dont la reprise de volée offrira au Real sa neuvième Ligue des Champions, la troisième pour le brésilien, mais sûrement la plus belle.

 

 

Mais sa spécialité reconnue est sans aucun doute sa frappe de mule. Lors du premier match du tournoi de France en 1997, son coup-franc depuis surnommé « le but qui défia la physique » laissa Fabien Barthez sur place, tout comme le ramasseur de balle rapidement parti à la recherche de l’ogive dans les tribunes. Depuis le mur, Zidane déclarera « Je l’ai vu frapper dans le ballon. Et quand je l’ai vu partir dans ce sens avec les cages étant dans l’autre direction, je me suis dit que c’était largement à côté. Puis j’ai entendu des cris de joie ! Et je me suis demandé comment cela était possible … ». Roberto lui-même, reconnait ne pas savoir comment il a fait. Une étude physique très sérieuse menée en 2008 par des chercheurs de Polytechnique démontra que ce n’était alors pas un simple coup de chance, mais un habile mélange de force et d’effet dans laquelle la distance au but (35m environ) joua un rôle considérable. Prends ça, Taye Taiwo.

 

DES GALACTIQUES AU DAGUESTAN

A Madrid, il s'est par ailleurs découvert une nouvelle famille, bien différente de celle restée au bled. « Dans les autres clubs, on ne parle que de un ou deux joueurs vedettes. Mais à Madrid, on parle de la famille, et c’est pour cela que le Real Madrid est grand. Ce n’est pas qu’un club, c’est aussi les joueurs, le président, les fans … ». Son souvenir du premier jour au club ? « Je me souviens que j’avais les cheveux longs ». Mais son passage rapide chez le coiffeur lui causera quelques épisodes des plus étranges … Un soir, pendant qu’il dîne dans un restaurant à côté de Bernabeu avec Ronaldo, une femme « qui ne devait pas avoir ses lunettes » vient le voir et lui dit que son petit-fils est fan de lui. Jusque là tout est normal, mais la femme lui dit « Ronaldo, signe ça pour mon petit-fils ». En bon enfoiré, il s’exécutera, sous les yeux de son sosie d’un soir. Personne ne sait ce que le petit-fils a fait à sa grand-mère quand il s’est rendu compte de la supercherie.

 

roberto carlos frikik kullanırken barajda olmak

 

Mais son grand pote au Real reste ce métro sexuel de Clarence Seedorf. Encore une histoire de cheveux. Pendant les mises au vert, les deux restaient dans la même piaule. « Il avait de ces crèmes … Il avait les cheveux longs, et il lui fallait deux heures et demi-trois heures pour les mettre. Je n’avais pas le droit de rentrer dans la salle de bain pendant ce temps, et ses crèmes sentaient super mauvais ! Je lui ai toujours dit « regarde comment je suis ! Tu devrais te raser la tête, aller chez le coiffeur ». A cette époque, je vivait plus avec Clarence Seedorf qu’avec ma propre famille ». Une bonne petite ambiance qui contribuera au succès des Galactiques de l’époque. En l’espace de 11 saisons dans la capitale espagnole, il disputera près de 584 matchs et marqué 71 buts, sans oublier un palmarès bien garni par 4 Liga, 3 Supercoupes et 3 Ligues des Champions.

Après deux saisons et demie en Turquie puis une aux côtés de Ronaldo aux Corinthians, Roberto revient sur le Vieux Continent au début de l’année 2011. Mais plus de Giuseppe Meazza, de Bernabeu ou de bouillant public stambouliote. Roberto Carlos s’engage au fin fond du Daguestan à l’Anzhi Makhachkala (orthographiez le comme vous voulez, de toute manière tout le monde s’en fout), où il est la toute première star ramenée par le nouveau président Suleyman Kerimov et ses milliards. Avec il noue rapidement des liens d’amitié, voir même de consanguinité (big up à tous les mecs du nord qui nous lisent) « Je l’appelle toujours « papa », et il est aussi mon frère et mon ami. Il est très sincère et honnête envers moi. Il ne me considère pas comme un employé, mais comme son frère, il m’appelle « mon fils » ».

 

 

En aout 2012, à 39 printemps, le brésilien décide enfin de raccrocher les crampons pour de bon. Gus Hiddink, qui a pris sa succession sur le banc de l’Anzhi, a toutefois lâché au Guardian qu’il ne quitterait pas totalement le coin « Heureusement, Roberto va désormais s’occuper du développement de ce club, pour le bien du football dans la région du Daguestan et de toute la Russie ». Désormais ambassadeur du club, il a récemment déclaré vouloir organiser son jubilé à Makhachkala, à l’occasion d’une rencontre entre l’Anzhi et le Real, proposition acceptée par Florentino Pérez. Une drôle de fin.

 

 

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