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Sidney Broutinovski : « Je n'ai jamais vu un agent mettre un flingue sur la tempe de son joueur »

Une petite semaine après le début du mercato estival, TLMSF est allé à la rencontre d'une profession souvent critiquée mais pourtant bien méconnue du monde du football : l'agent de joueur. Sidney Broutinovski, fondateur et directeur de l’École des Agents de Joueurs de Football, nous a reçu dans ses bureaux du XVIe arrondissement de la capitale. Parce qu’il est non seulement businessman qualifié, mais aussi nourrice au quotidien auprès de ses joueurs, la mauvaise réputation du métier doit s'évaporer.

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  • D'où vous est venue l'idée de fonder l'école ? Vous n'êtes pas du milieu ?

Pas du tout. Enfin, j'ai des amis qui jouent en sélection nationale, en Ligue 1, en Ligue 2 … Et ça depuis dix ans déjà. J’ai passé une formation au sein d'une école de commerce qui est aujourd'hui un de mes concurrents indirects, mais j'ai arrêté la formation en cours car je voulais être agent de joueurs de football. La qualité des intervenants était pas top : j'avais un agent de joueur de handball, une personne qui travaillait chez AG2R … Je ne comprenais pas ce que faisais ici, je me disais « je veux devenir agent de joueur et j'ai des mecs qui me parlent en face qui sont pas dans le milieu ! ». J'avais payé 2000 euros à l'époque pour une fois par semaine pendant quatre mois, donc j'ai arrêté au bout d'un mois et demi. Ce n’était pas possible surtout que je côtoyais déjà des agents de joueurs, donc je connaissais le métier. Donc je me suis dit « je vais créer une école qui dynamise, qui motive un peu les gens à suivre ce cursus », parce qu'on croit souvent que c'est réservé aux anciens joueurs à la retraite, ou aux anciens entraîneurs, ou aux parents de, ou au fils de … Je me suis dit que j'allais créer l'école, démocratiser le métier d'agent de joueur, tout en ayant une éthique irréprochable parce que le métier est souvent décrié. J'ai payé 2000 euros moi pour avoir des cours pas satisfaisants et des intervenants qui n’étaient pas de qualité, si moi je fais une formation un tout petit peu plus cher [ndlr. 3000 euros] et des lieux de formation que tout le monde m'envie [ndlr. Parc des Princes, FFF], des intervenants qui sont connus, les gens vont suivre et au moins ça serait une vraie formation. L'idée est venue tout simplement de ce constat-là.

  • Pourquoi se focaliser uniquement sur l'agent de joueur de football ? Il existe des différences avec les autres sports ?

Pour faire court, le football est le métier où l'on gagne le plus d'argent, donc c'est ce qui intéresse le plus de monde. Il faut savoir que dans l'examen il y a un tronc commun, une partie générale qui est valable dans toutes les disciplines. Pour être agent de joueur de tennis par exemple, on passe le tronc commun qui est le même que pour le foot. Il y a quand même une graine et une volonté d'entrepreneuriat. J'ai monté l'école certes pour essayer d'introduire sur le marché des agents compétents et avec une morale sans faille, mais il y a quand même un but de gagner de l'argent à partir du moment où vous créez une école pour être agent de joueurs de football, vous savez que vous allez toucher beaucoup plus de gens que dans le tennis, le basket ou le hand. Donc c'est parti de ce constat là, mais dans les années futures j'aimerai bien m'ouvrir vers d'autres disciplines, notamment le basket et le handball. Un agent de joueur de tennis ne peut pas avoir un seul joueur sous contrat avec lui et  c'est compliqué, les mecs jouent en Italie, aux Etats-Unis … Ils sont trop loin. Pour gérer des joueurs de foot qui sont sur le même continent ou dans le même pays, c'est déjà difficile à partir du moment où on en a plus de 5, alors imaginez-vous avec le tennis …

  • En quelques mots : qu'est-ce qu'un agent de joueur de football ?

C'est une nounou. C'est bien souvent le cas avec les amis que j'ai qui sont agents de joueur. Faut savoir qu'un joueur généralement, n'a rien connu d'autre que le football. Pour tout ce qui est gestion de sa vie de tous les jours : carte vitale, prêts immobiliers … Il n’est pas assez armé pour se battre avec un établissement bancaire ou l'administration fiscale dont généralement c'est l'agent qui prend le relais. Un agent de joueur pour moi, c'est quelqu'un qui sert les intérêts du joueur, avant de servir ses propres intérêts. Il y a des agents de joueurs qui font passer leur intérêt avant ceux du joueur, c'est souvent ce qu'on relaye dans la presse, mais ce sont les journalistes qui aiment toujours voir le mauvais, et laissent le bon de côté. A partir du moment où l'agent fait bien son travail avec le joueur, il en récupère un autre, puis un autre … parce que ça parle dans les vestiaires. Donc un agent de joueur c'est quelqu'un qui s'occupe bien de ses joueurs, qui les conseille aussi bien sur la fiscalisation, aussi bien sur le côté « paternalisme ». Tu gagnes 70 000 euros par mois, ne dépense pas tes 70 000 euros, met un peu d'argent de côté, capitalise, investit dans la pierre, fait des investissements … Même si tu veux cramer ton argent, crame le dans une société, aide un ami à créer une marque de vêtements, c'est déjà plus sympathique de faire ça que de le mettre dans des bouteilles en boite. Evite de faire trop de dépenses inutiles parce que ça ne va pas durer, quoiqu'il arrive, la carrière d'un joueur peut s'arrêter du jour au lendemain, avec une blessure. On a eu le cas avec le joueur de Nice [ndlr. Kevin Anin] qui a eu un accident de voiture et du jour au lendemain, ne jouera plus au foot. L’agent est là pour brider les dérives que certains joueurs peuvent avoir. Les joueurs sont de plus en plus jeunes, donc de plus en plus « foufous », donc c'est là qu'ils doivent être cadrés.

  • Mino Raiola était pizzaiolo, Jorge Mendes était DJ … Ils ont appris sur le terrain. Qu'est-ce que vous visez à former donc dans votre école ? Une nouvelle forme d'agent ?

Pas du tout. Comme dans tous les métiers, on est en 2013, les personnes qui ont commencé à travailler en 1970-1980-1990, c'était pas du tout la même époque, c'était pas du tout le même fonctionnement. Effectivement on pouvait avoir les dents longues et être pizzaiolo, partir à l'assaut des clubs européens, c'était faisable. Aujourd'hui, d'une en temps de crise, plus personne ne veut croquer son pain, et de deux il y a des enjeux économiques qui ont totalement changé. C'est comme dans tous les métiers, un mec qui a commencé l'immobilier il y a 15-20 ans, aujourd'hui il est assis sur une fortune colossale. Un mec qui commence dans l'immobilier aujourd'hui, avant d'avoir la même fortune que celui qui a commencé il y a 10 ans, faut se lever tôt. Ce n’est pas une nouvelle sorte d'agent qu'on veut introduire sur le marché, mais des agents qualifiés tout simplement, avec une réelle formation. Je ne dis pas que les agents qui vont sortir de l'école seront des agents irréprochables, mais au moins ils ont les bases. Un agent de joueur, quand il doit aller signer un contrat, il se balade pas avec un avocat dans sa poche, donc quand il se retrouve avec un club qui lui dit que c'est maintenant ou jamais, il doit être capable de l'analyser. Donc s’il n’a pas suivi de formation, c'est un peu plus compliqué.

  • On a toujours l'image de l'agent qui gagne énormément d'argent, je suppose que tous ne roulent pas sur l’or.

Pas du tout, il y en qui ne gagnent pas du tout leur vie, il y en a qui n'utilisent même pas leur licence. Le foot c'est un milieu très fermé, un peu comme le cinéma, donc pour rentrer dedans il faut montrer patte blanche, et avant de se faire connaître. Quand vous avez la licence, vous ne débutez pas avec un Ribéry ou un Nasri, vous commencez avec des petits joueurs, qui sont en CFA2 parfois. Gagner de l'argent rapidement, sans connaître personne dans le football, c'est impossible. Gagner de l'argent en commençant petit à petit, c'est comme dans tout métier, il y a des étapes qu’on ne peut pas griller. Il y a des agents qui ne gagnent pas leur vie. Il y a à peu près 350 agents de joueurs en France, sur ces 350 : une centaine travaille réellement, 100 qui travaillent et gagnent leur vie, et s'il gagne 10 000 euros par mois c'est le bout du monde. Pour le commun des mortels, 10 000 euros par mois c'est beau, mais dans le foot c'est comme si vous travailliez pas, ça veut rien dire. Il faut savoir qu'un agent de joueur a des frais de déplacement, faut qu'il aille voir ses joueurs, les frais d'hôtel, le téléphone, donc les 10 000 gagnés en réalité, ils fondent comme neige au soleil. Ça reste un salaire confortable mais ce n’est pas la folie. Et le reste ne travaille pas, les 150 on ne sait pas où ils sont.

  • Parmi vos premières promotions, certains de vos anciens élèves se sont imposés dans le métier ?

Pour devenir important, il faut du temps. J’étais tout à l'heure au téléphone avec Camara Bacary, qui est un ancien joueur de Valenciennes, qui a suivi la formation chez nous et qui a eu sa licence. Donc lui il a la chance d'avoir son parcours d'ancien joueur, donc il a son réseau, il a aussi ses cousins qui jouent au football. Il vient de faire signer des joueurs à Metz, à Valenciennes … Là il part en Asie pour faire signer deux joueurs. Ce n’est pas des agents sur qui on braque la lumière en période de mercato, mais c'est des agents qui travaillent. Il fait partie des 100 agents qui travaillent.

  • Qu'est-ce que vous considéreriez comme le plus important dans le métier d'agent : les acquis des études ou la dimension relationnelle ?

Le relationnel fait partie à part entière du métier d'agent de joueur. Sans relationnel, un agent est mort. La partie formation est importante car il y a l'examen sur lequel vous ne pouvez pas vous permettre des fantaisies. Donc même si vous êtes sympathiques et que vous avez un super bon relationnel, sur le papier ça se verra pas. La licence elle vous sert à exercer, c'est comme le permis de conduire, l'examen c'est pareil, vous avez la licence, vous pouvez être agent de joueur de foot, après vous pouvez être un bon ou un mauvais agent. Après effectivement, le côté relationnel, pour moi, est plus important que l'examen. L'examen vous sert à être officiel, mais si vous n’avez pas de relationnel, que vous n’avez pas de contacts, c'est compliqué. L'un ne va pas sans l'autre.

  • Est ce qu'il existe encore des joueurs qui refusent d'avoir un agent ?

Ça existe, il doit y en avoir, mais c'est des spécimens. Dans mon entourage je n’en connais pas. Un joueur ne peut pas tout faire. Il est là pour « taper dans le ballon », il peut tout gérer.  Je suis joueur et j'essaie de défendre mon intérêt face à un recruteur ou un dirigeant de club, c'est difficile de parler en mon nom, donc l'agent est le « fusible » pour le joueur. Il doit y avoir des joueurs sans agent, mais je n’en connais pas.

  • Tous ces joueurs qui appartiennent à des fonds privés (Falcao, Tevez …), est ce que vous considérez cette pratique de la tierce propriété comme une gêne, voir une menace pour le métier ?

Non ça fait partie du milieu du football et on a beau dire ce qu'on veut, ça arrange certains clubs, ça arrange aussi certains joueurs, donc je ne pense pas que ça soit dérangeant. On fait avec depuis des années et tout le monde s'en accommode. Alors effectivement c'est comme Monaco qui n'a pas son siège social en France, au bout d'un moment quand c'est la crise et que tout le monde n'a plus trop d'argent, on se réveille sur des points qui nous sont passés à côté pendant des années, mais je pense que c'est un vrai faux problème. Ça gênera personne.

  • Comment expliqueriez-vous la mauvaise image qu'a le métier d'agent ?

J'assimile souvent le métier d'agent de joueur à celui d'agent immobilier. Un agent immobilier on le voit souvent comme un requin, qui veut gratter sa commission au passage, alors qu'on a l'impression qu’il n’a pas fait grand-chose, il a présenté un appartement à quelqu'un qui veut acheter. Le métier d'agent de joueur c'est pareil. A partir du moment où on parle de grosses sommes, on voit l'agent comme un requin vicieux – attention, il y en a – mais c'est son métier, c'est normal ! Un agent de joueur effectivement, il gagne sa vie, il prend de grosse sommes quand il a de gros joueurs, mais il l'a fait monter son joueur, il l'a fait transiter par certains clubs pour arriver à un but ultime, comme ça a été le cas de Zlatan. Gagner de l'argent, aujourd'hui en France c'est tabou, on l'assimile beaucoup à des requins, aux Etats-Unis c'est beaucoup plus démocratisé. Un agent de joueur c'est un agent de joueur, c'est son métier comme un avocat, un dentiste …

  • On est dans une société où tout à tendance à se savoir, mais à côté le métier d'agent demeure encore assez opaque, c’est pour cela que les relations avec les médias sont souvent difficiles ?

La presse en France a souvent tendance à démolir les gens, donc c'est un peu de la faute des journalistes. Mais ça fait partie du jeu, c'est la spéculation d'un joueur, mais ce n’est pas que l'agent, c'est les clubs, c'est tout le monde. L'agent il est là pour cadrer les choses, vous ne voyez jamais un agent en conférence de presse. C'est toujours le club ou le joueur qui parlent d'un éventuel transfert mais l'agent au contraire il est là pour cadrer, c'est la partie back office, pour cadrer le transfert entre un club A et un club B et préserver les intérêts de son joueur. Donc un agent de joueur, en France, n'a peut-être pas forcément envie de dire, surtout en période de crise, qu'il y a eu un transfert à 40 millions d'euros, et qu’il a eu une prime à la signature de 400 ou 600 000 euros, c'est un peu délicat. En France c'est comme ça, aux Etats-Unis au contraire ils se font limite un T-shirt « j'ai pris 600 000 dollars, je suis content ». Je pense que c'est pour ça que les agents n'aiment pas trop ce discours-là, rentrer en contact direct avec la presse, avec les journalistes. Quand on a vu ce qu'ils ont fait à l'équipe de France, ils l'ont complètement terminée, même si Domenech voulait se relever, après ça il boite un peu, et même certains joueurs. On n’a pas ce côté patriote qu'il y a sur certains autres continents.

  • Pourtant les agents sont de plus en plus médiatisés, vous formez vos élèves à affronter cette médiatisation ?

Exactement, on les met en garde, on a des modules au sein de l'école. Le but, c'est de préparer l'examen d'agent de joueur. Pendant huit mois, de fin juin à la date butoir (mars), vous préparez l'examen, on vous met pas de parasites, on ne va pas vous parler de gestion de patrimoine, d'assurances … Rien. Vous vous concentrez sur l'examen, c'est le plus important, sans ça vous ne pouvez pas être agent. Après il y a différents modules : la gestion d'image du joueur et de l'agent, langues étrangères pour les contrats, la gestion de patrimoine, l'assurance de joueur … C'est des modules qui viennent après l'examen, et effectivement, on met en garde nos élèves quant à certaines dérives que eux ou leurs joueurs peuvent faire, comment rectifier le tir quand un joueur à entre les pattes une Zahia.

  • Vous parlez d'assainir le milieu, comment ?

En terme d'assainissement, si je peux appeler ça comme ça. Je ne vais pas dire non plus nettoyer au karcher, on n’a pas pour but ni pour ambition de dire qu'on arrive sur un cheval blanc, que tous les agents de joueurs sont pourris, "Il y a ceux qui sortent de l'EAJF qui sont bons, laissez-nous la place", pas du tout. D'une part il y a un conflit générationnel qui est en train de se passer : les joueurs sont de plus en plus jeunes et les agents de plus en plus vieux. Donc pour un gamin a 18 ans, se faire dire par une personne qui a 60 ans, même si c'est son agent, « tu fais pas ça », on a tous eu des grands-pères qui disaient fait pas ci-fait pas ça mais au final toi t'es vieux, tu ne comprends pas, ce n’est pas de ton époque. Les agents sont de plus en plus jeunes, on a eu le cas avec un de nos élèves qui s'est inscrit à 18 ans, et qui a eu sa licence à 19 ans ! Des exemples de jeunes j'en ai plein, il y a Meïssa N'Diaye [ndlr. agent de Wissam Ben Yedder notamment], à l'époque c'était le plus jeune agent d’Europe, il a eu sa licence à 21 ans. On assainit le métier d'agent de joueur par la qualité de notre formation, par la qualité des intervenants, et surtout par la prévention qu'on met en place auprès de nos agents. Mais encore une fois, ce n’est pas parce qu'un agent sort de chez nous, qu'il ne fera peut-être pas de dérive et prendra le mauvais chemin, on ne peut pas le contrôler.

  • C'est votre code de déontologie ?

C'est la même chose exactement. On les accompagne tout au long de l'année, on reste en contact après avec nos élèves. On essaie vraiment de l'accompagner au mieux et de ne pas le lâcher dans la nature parce que c'est un milieu où on a vite fait de se faire bouffer et si on commet une erreur, on la paye pendant très longtemps.

  • Pour finir, qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent que ce sont les agents qui choisissent la destination des joueurs ?

C'est complètement faux. Il ne faut pas oublier qu'un joueur peut changer d'agent. Ribéry en 2011 a changé sept fois d'agent dans l'année, plus d'un agent tous les deux mois ! Le joueur il est libre de faire ce qu'il veut. Alors effectivement l'agent aura peut-être un meilleur recul que le joueur pour lui dire « écoutes ça serait bien que tu partes de ce club là pour aller dans ce club-là, car dans ce club-là tu peux pas avoir de temps de jeu », et il faut savoir que quand un joueur n'a pas de temps de jeu, pour aller dans un autre club c'est un peu plus compliqué. « Essaye d'aller dans un club où t'auras plus de temps de jeu, met toi en avant dans ce club-là, tu vas être payé un tout petit peu moins mais c'est pas grave », mais c'est en aucun cas les agents qui décident de la carrière des joueurs, les joueurs sont assez grands. Après ça me fait rire quand certains joueurs disent que c'est leur agent qui les a obligé à jouer là, j'ai jamais vu un agent arriver, mettre un flingue sur la tempe de son joueur et lui dire  « suis moi, montes dans la camionnette, on va jouer en Turquie ». Donc chaque joueur est libre de faire ce qu'il veut mais effectivement, l'agent est là pour aiguiller, il a le droit de dire « va jouer à Marseille parce que t'y seras mieux, t'auras plus de temps de jeu, le cadre de travail est sympa, ta famille est à côté », après si le mec veut jouer à Paris ou à Sochaux, il est libre de faire ce qu'il veut.

 

Remerciement à Donass et Damien pour leur aide dans la préparation des questions.