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East Asian Football Championship 2013 : la compétition

On en arrive au sujet central : la phase finale de l’EAFF Cup. Premier problème : ce qui visait à améliorer le football d’une région se retrouvait être une petite épine dans le pied de certaines fédérations. La coupe se déroulant en plein été, les équipes possédant beaucoup d’expatriés en Europe ne purent disposer de leur effectif au complet. On s’est donc retrouvés avec une coupe un peu au rabais, où l’Australie, la Corée du Sud et le Japon utilisèrent des équipes B, voire C. En effet, il y avait plus de quinze joueurs à 0 sélection dans l’effectif des Samurai Blue, Zaccheroni n’ayant pris que des joueurs évoluant au pays. C’était donc l’occasion de découvrir des nouveaux joueurs pour ces 3 équipes.

1e Journée (au Seoul World Cup Stadium de… Seoul)

Tomoaki Makino, l’homme le plus classe d’Asie.

Corée du Sud 0-0 Australie

Deux équipes bis de deux nations un peu dans le creux de la vague en ce moment, on ne s’attendait pas à un grand spectacle. Eh bien on ne s’est pas trompé, on a vu un match d’un ennui mortel, conclu par un bon vieux 0-0 des familles. On oublie.

 Japon 3-3 Chine

        Entre un pays qui aligne une équipe ter tout en enchaînant les résultats médiocres depuis le début 2013 et un autre qui a totalement gâché sa jeune génération (voir l’affaire Wang Dalei, par exemple), le Japon – Chine semblait tout aussi inintéressant pour les non-supporters. Et pourtant…

        Le Japon se fait cueillir à froid dès la quatrième minute avec un penalty concédé par Yuzo Kurihara, un des rares expérimentés du XI aligné par Zaccheroni. Wang Yongpo, le pilier du Shandong Luneng, transforme l’offrande. Sans convaincre, le Japon égalise à la demi-heure de jeu par l’intermédiaire de Kurihara, encore, d’une tête plongeante en pleine lucarne. Au retour des vestiaires, on retrouve une équipe du Japon totalement changée, avec un Yoichiro Kakitani intenable qui va scorer à la 59e à la réception d’un super centre du plus stylé des Est-Asiatiques, Tomoaki Makino, avant qu’il ne serve parfaitement Masato Kudo pour le 3e but dans la minute qui suit.

        On pense alors le Japon sorti d’affaire. Mais c’est sans compter le manque cruel de mental des hommes de Zaccheroni, qui se voient sanctionnés d’un deuxième penalty logique, sur une faute du très expérimenté Yuichi Komano, coupable d’un pied haut à la suite d’une énorme frappe de Zhang Zhi qui tape la barre de Nishikawa. Wang Yongpo ne se fait pas prier pour le transformer à nouveau. A la 86e, Sun Ke se libère du marquage de Kurihara (totalement aux choux sur ce match) et marque une minasse sous la barre de Nishikawa, sur un centre venu de la droite. Le Japon laisse donc échapper 2 points donnés.

1.      Japon 1 pt

2.      Chine 1 pt

3.      Corée du Sud 1 pt

4.      Australie 1 pt

 

2e Journée (au Hwaseong Stadium de Hwaseong. C’est facile, la Corée)

L’Australie est dans le creux de la vague


Corée du Sud 0-0 Chine

        Encore une fois, un match bien pénible avec un total exceptionnel de… 8 tirs. 2 pour la Chine, 6 pour la Corée. Pas de buts. Les perdants ? Les supporters.

Japon 3-2 Australie

        En cas de victoire, un des deux pays pouvait prendre une belle option pour le titre. C’était d’ailleurs le choc de cette EAFF Cup, avec une équipe Japonaise totalement remaniée par rapport au XI qui a affronté la Chine.

        Hiroki Yamada annonce la couleur dès la 4e minute avec une frappe énorme qui aurait dû être le but de l’année si elle eût été cadrée : les Japonais allaient attaquer. Et c'est Manobu Saito qui marque le premier but de la partie après un festival dans une défense de plots australiens d’une jolie frappe croisée imparable. Les Japonais doublent même la mise à la 56e grâce à un duel gagné de Yuya Osako face au portier adverse, bien lancé par une déviation de génie de l’excellent Yuhei Toyoda. On se dit que le Japon est bien parti pour écraser ce match, tant l’Australie semble sous l’eau. Mais nul ne pouvait prévoir un tel dernier quart d’heure.

        En effet, sur une grosse erreur défensive de la charnière centrale japonaise, pourtant irréprochable jusque-là, Mitchell Duke va tromper Shuichi Gonda d’une frappe croisée, à la 76e. Sur le coup d’envoi, alors que la réalisation sud-coréenne continue à montrer le ralenti, les Japonais perdent le ballon et Tomi Juric trompe Gonda d’une frappe à ras-de-terre juste en dehors de la surface. 2-2. Les réalisateurs ne s’y trompent pas, ils ne passent que deux ralentis. Heureusement, car sur l’engagement,  les Japonais partent à l’attaque et, avec une attaque en triangle que n’aurait pas renié Phil Jackson, reprennent les devants dans la minute qui suit par un tir à 20 mètres de Yuya Osako. Les Australiens vont pousser pendant 10 minutes, mais rien n’y fait, le Japon l’emporte 3-2.

1.      Japon 4 pts

2.      Chine 2 pts

3.      Corée du Sud 2 pts

4.      Australie 1 pt

 

3e Journée (au Jamsil Olympic Stadium de Jamsil. Mais non, de Séoul)

Le match du titre

Australie 3-4 Chine

        Au point où on en était, les 4 équipes pouvaient encore gagner l’EAFF Cup. Alors même cet Australie – Chine était important.

Les Chinois l’ont vite compris, avec l’ouverture du score de Yu Dabao qui reprend un centre à ras-de-terre de Li Xuepeng à l’entrée de la surface à la 5e minute. Qu’à cela ne tienne, Aaron Mooy fusille Yang Zhi d’une frappe tendue de 30 mètres à la demi-heure de jeu. Après un pep talk digne d’une équipe américaine de basketball de high school et un cri de guerre, les Chinois repartent à l’attaque. Sun Ke se voit bénéficier d’une faute de main de Mark Birighitti (il se rappellera longtemps de cette première cape) et redonne l’avantage à la Chine à l’heure de jeu.

Rien ne se passe jusqu’à la 87e. Et là, comme face au Japon, les Australiens vont enflammer le match. Premièrement parce qu’ils ne savent pas défendre, en témoigne le raid d’une lenteur incroyable de Yang Xu pour marquer le 3e but chinois, à la suite d’une aile de pigeon millimétrée de Yang Hao. La même charnière centrale se fait avoir sur un contrôle loupé (pousser la balle 20 mètres devant soi n’est pas un bon contrôle) de Wu Lei, qui va inscrire le 4e but chinois. Le match est-il fini à 4-1 à la 89? NON ! En effet, l’Australie se redonne un peu d’espoir grâce à une couverture du ballon gaguesque de Zhang Zhi et Yang Zhi qui loupent la balle tous les deux, le ballon atterrissant dans les pieds d’Adam Taggert qui n’a plus qu’à la pousser au fond. A la 93e, Mitchell Duke parvient à tromper pour la troisième fois Yang Zhi, mais il est trop tard, l’arbitre siffle la fin du match sur ce 4-3.

Corée du Sud 1-2 Japon

        Avec la victoire de la Chine, il fallait que le Japon marque un but et ne perde pas pour remporter l’EAFF Cup, alors que la Corée du Sud devait gagner de 2 buts, sous une ambiance délétère où les supporters coréens sont allés siffler l’hymne japonais avec des banderoles assez insultantes envers le pays. La fédération Japonaise a d’ailleurs porté plainte.

        Les Japonais rentrent assez mal dans le match et subissent toute la première période les assauts des Sud-Coréens déterminés à remporter la coupe à domicile. Et pourtant, sur un long dégagement de Yojiro Takahagi, Yoichiro Kakitani se retrouve tout seul face au gardien sud-coréen (encore aujourd’hui, personne ne sait où sont passés les défenseurs) et ne manque pas l’occasion d’ouvrir la marque, à la 27e. Piqués au vif, les Coréens ne lâchent pas la pression et marquent leur seul but de la compétition par l’intermédiaire de Yun Il-Lok. Un seul but, certes, mais quel but… Départ arrêté, ballon arrêté, un pas d’élan et vlan, frappe de 27, 28 mètres qui lobe Nishikawa.

        Au retour des vestiaires, le match devient lent, les deux équipes jouent avec le frein à main, la Corée parce qu’ils sont cramés, le Japon parce qu’ils sont titrés si le score en reste là et on s’ennuie ferme. Les Japonais obtiennent un contre que Yuya Osako semble vendanger avec une frappe dégueulasse au lieu de centrer, mais le gardien coréen repousse sur Kakitani qui, avec une facilité déconcertante, enroule le ballon, qui va se loger dans le petit filet gauche des cages, à la 91e. Le Japon est donc tranquille. Ah oui ? L’arbitre laisse 6 minutes d’arrêts de jeu (on est en Corée, on ne dira rien), ce qui permet à Nishikawa de se trouer deux fois sur deux centres successifs, tous deux sauvés par Tomoaki Makino, qui a définitivement marqué des points sur cette coupe et qu’on retrouvera surement au Brésil, à la place du pauvre Yuzo Kurihara, à la pêche aux moules cette semaine. Score final 2-1 Japon.

1.      Japon 7 pts

2.      Chine 5 pts

3.      Corée du Sud 2 pts

4.      Australie 1 pt

 

Le Zac Japan remporte son deuxième titre.

        Le Japon succède donc à la Chine et remporte donc la 5e édition de l’EAFF Cup, la première victoire de son histoire dans cette compétition (si l’on ne compte pas la Dynasty Cup, si vous avez bien suivi). Ils font un carton plein avec le meilleur buteur, Yoichiro Kakitani, 3 buts et le meilleur joueur, Hotaru Yamaguchi, ce qui est assez étrange, soyons honnêtes.

        Cette coupe a-t-elle servi à quelque chose, étant donné qu’il n’y avait que des équipes B ou C (sauf la Chine, déjà éliminée de la course au Brésil 2014, avant même le dernier tour des éliminatoires de l’AFC) ? Oui, vraiment. Elle est comparable au tournoi des JO, avec des jeunes ou des oubliés qui ont pu taper dans l’œil d’un Zaccheroni pourtant habitué à garder le même groupe. Étant supporter du Japon, je ne peux vraiment parler avec assurance des autres équipes, mais il semble évident que les 2 autres sélectionneurs ont réfléchi de la même façon.

        La prochaine EAFF Cup aura lieu en Chine, vraisemblablement en 2016 (la date n’est pas encore arrêtée) étant donné qu’il y aura le Mondial Brésilien en 2014 et la Coupe d’Asie en Australie en 2015.

Si cet article vous a plu, je verrais avec M. Le Gérant du Site Tout Puissant s’il est intéressé pour que je vous fasse des comptes-rendus plus récurrents des Samurai Blue. Et comme je me refuse à finir cet article par un Sayonara ultra-cliché, bonjour chez vous !

P.S. : Les photos sont de Zimbio, de Wikipédia, du site officiel de l’AFC et de la FIFA, histoire de citer la source iconographique

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