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Maudits barrages

On les redoute, mais on les connait. Ils n'ont toujours eu le format des rencontres entre les seconds de chaque groupe comme aujourd'hui, mais le match décisif pour la qualification et l'équipe de France, c'est une histoire ancienne. Portrait des cinq barrages qui auront marqué - en mal, le football français.

Yougoslavie, Coupe du Monde 1950

Cette fois ci, la France n’a pas à s’emmerder dans une phase de poule pour accéder aux barrages. En face d’elle, la Yougoslavie, médaille d’argent aux Jeux de Londres deux ans plus tôt, a du se farcir deux matchs contre Israel, écrasé 11-2 sur l’ensemble des deux matchs. Face à un adversaire redoutable, les Bleus parviennent toute de même à ramener un bon match nul 1-1 de Belgrade, grâce à une réalisation de l’attaquant bordelais Henri Baillot. Quelques semaines plus tard, à Colombes, rebelote, puisque si Baillot ouvre rapidement le score, la superstar du Partizan Belgrade, Stjepan Bobel, égalise juste avant la pause. Les deux équipes devront donc se départager lors d’un match d’appui disputé sur terrain neutre, à Florence … A la 83e minute, le niçois Jean Luciano croit offrir à la France son billet pour le Brésil, mais les yougos parviennent à égaliser dans la foulée, avant de crucifier les Bleus grâce à un dernier but pendant les prolongations. La France n’ira pas à cette Coupe du Monde, et une génération s’éclipse pour laisser place à une autre: celle des Fontaine, Kopa, Piantoni … Qui termineront les années 1950 bien mieux qu’elles n’avaient commencé.

Fichier:Logo de la Coupe du monde de football 1962.jpg

Bulgarie, Coupe du Monde 1962

Emil Kostadinov n’était pas encore né que son pays martyrisait l’équipe de France. La génération qui avait marqué les fifties vient de d’éteindre, Fontaine a pris sa retraite, Kopa est en conflit avec le coach … Et comme pour la Coupe du Monde de 1950, le sort n’est pas du côté des français. Dans un groupe de trois, avec la Finlande et la Bulgarie, les français finissent à égalité de points avec les Lions de Sofia. A l’aller, les Bleus leur ont pourtant planté trois pions, mais lors du match retour, les bulgares sont parvenus à arracher une victoire 1-0 à l’ultime seconde … La différence de buts (+7 pour les français, +2 pour les bulgares) ne rentre pas encore en compte. Une nouvelle fois, la France jouera sa place en Coupe du Monde sur un match d’appui en Italie. Une nouvelle fois, la France s’inclinera d’un rien, 1-0 sur un CSC du défenseur du Stade Français, André Lerond, avec un arbitrage critiquable (je te laisse en juger http://www.ina.fr/video/CPF86630937). Une grosse déception pour une équipe qui avait terminé troisième de la dernière édition … Surtout que quelques mois plus tard, au Chili, les bulgare feront de la figuration.

Hongrie, Euro 1964

Parce que la France n’a pas foiré que ses barrages pour la Coupe du Monde, les qualifications pour les Championnats d’Europe des Nations ayant aussi été le théâtre de désillusions. Pour accéder à la phase finale, il faut alors venir à bout de trois adversaires, sur des matchs aller-retour. Au premier tour, les Bleus étrillent une équipe d’Angleterre qui sera championne du Monde deux ans plus tard, en lui collant un sévère 5-2 lors du retour au Parc des Princes. Au printemps, pour le second tour, les hommes d’Henri Guérin retrouvent ces diables de bulgares, grand habitués des rendez vous internationaux. Et cela commence mal puisque les bleus s'inclinent à Sofia 1-0. Mais la bande à Robert Herbin a de l’honneur et parvient au retour à arracher la victoire et la qualification, 3-1. Lors de l’ultime rencontre se dresse alors une nouvelle équipe de l’Est, la Hongrie, avec la génération succédant au Puskas et Kocsis. Une grosse cylindrée qui renversera les bleus, avec deux victoires tranquilles, dont un 3-1 à Colombes ( http://www.ina.fr/video/CPF86630966). La France ouvre alors une vaste période d’absence à l’Euro, puisqu’il faudra attendre 1984 pour voir des français y participer. Et de la plus belle des manières.

Yougoslavie, Euro 1968

Après des années de déceptions, de doutes et de résultats exécrables, les Bleus de Louis Duguauguez semble amorcer un début de renouveau. Lors de la phase de poule, ils n’ont fait qu’une bouchée des belges, des polonais et des luxembourgois. Mais lors du match décisif pour la qualif, contre les expérimentés yougoslaves, les choses ne vont pas se passer comme prévu. Deux ans plus tôt pourtant, les Bleus étaient parvenus à arracher leur place pour la Coupe du Monde contre cette même équipe … On dit alors que la France peut retrouver son lustre d’antan, contre une équipe yougoslave qui peine à se renouveler. Il n’en sera rien. A l’aller, Fleury Di Nallo parvient à arracher le match nul au Vélodrome (http://www.ina.fr/video/RAF03027218), mais c’est peine perdu. Au retour, les yougos n’auront aucune pitié pour atomiser les Français, 5-1. Les malheurs de l’équipe de France n’étaient pas terminés.

Irlande, Coupe du Monde 2010

Certes, la France remportera ce barrage (1-0 en Irlande, 1-1 au Stade de France). Mais c’est aussi le début d’un mauvais rêve, le début d’une période désastreuse qui ne s’est toujours pas refermée. La main de Thierry Henry, un sentiment de honte, la preuve que la France n’a pas de culture foot, le prologue aux mutins de Knysna … Non, la France n’aime pas les barrages.

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