Barrages : la Croatie compte sur Niko Kovac !

L’ancien milieu de terrain a pris les reines de la sélection nationale après la démission forcée d’Igor  Stimac. Pour son premier match, il est directement lancé dans le grand bain.

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Tout a commencé avec des sourires.

Pour Davor Suker, président de la fédération croate, soulagé d’expliquer la décision de libérer Stimac de ses fonctions « Nous devions faire ce qui était le mieux pour l’équipe ».

Pour les supporters aussi. Bien qu’ils n’aient pas d’importance dans la prise de décision, ils étaient plus qu’heureux de se débarrasser du tant détesté Stimac (95% d’impopularité !).

Nul doute que le sentiment était également partagé par la plupart (sinon la totalité) des joueurs croates. Les bricolages tactiques incessants de Stimac a semblé les déboussoler tant et si bien qu’on ne reconnaissait plus l’équipe qui avait fait de très bon matchs depuis quelques années. Ce n’est pas en rejetant la faute sur ses joueurs que l’ancien arrogant sélectionneur a du arranger sa côte de popularité en interne.

Et puis Nico Kovac est arrivé. Le capitaine emblématique de la magnifique équipe qui avait battu l’Angleterre dans une nuit pluvieuse à Wembley, en 2007, s’est pourvu d’un autre genre de sourire, rassurant. « Je pense que nous serons prêts » a-t-il déclaré après une visite éclaire à travers l’Europe, de Madrid à Rostov-sur-le-Don, qui l’a vu rencontrer les joueurs clés de la sélection. Cette décision contraste déjà avec celle de Stimac qui, de son côté, préférait rester devant son poste de télévision et joindre au téléphone les joueurs plutôt que d’aller les voir.

Plus tôt, dans sa première conférence de presse dans les habits de sélectionneur, le bel homme de 42 ans a démontré une prise de conscience et un sens de l’humour, en plaisantant avec le parterre de journalistes, ce que ne partageait pas son prédécesseur.

Cependant, quand il s’agit de choses importantes, Kovac ne plaisante plus. Il a d’ailleurs rejeté l’euphorie des médias qui s’imaginaient avoir tiré le jackpot avec le tirage du petit poucet, l’Islande, en précisant qu’il avait visionné les matchs de l’Islande et que la Croatie allait avoir fort à faire pour se qualifier au Brésil. « Nous n’avons pas pris le train de la révolution tactique du football en marche » a-t-il déclaré, ajoutant que l’introduction d’un style de jeu moderne et d’une organisation plus efficace serait sa mission. Tant pis pour les stéréotypes sur sa mentalité allemande.

Né et ayant grandi à Berlin-Ouest dans une famille d’immigrés croates-bosniaques, Kovac ne possédait pas le style de jeu léché propre aux joueurs des Balkans. Il n’était pas un artiste, sa technique était d’ailleurs très moyenne. Sa progression, elle, a été régulière, des clubs de quartier à la 2e division allemande au Hertha, avant d’être réuni avec son frère Robert au Bayer Leverkusen puis au Bayern Munich, sommet de sa carrière. Il a effectué ses débuts internationaux pour la Croatie à seulement 25 ans mais à réussi à obtenir bon nombre de sélections -83- à la fin de sa carrière. Cerise sur le gâteau, il est devenu le premier capitaine non né en Croatie de la sélection.

 A 36ans, il a été le joueur clé de l’équipe qui a battu l’Angleterre à 2 reprises dans les qualifications pour l’Euro 2008, ruinant les espoirs de qualification des anglais. Travailleur infatigable au milieu de terrain, il a permis à Slaven Bilic d’aligner 3 milieux créatifs devant lui ainsi que 2 attaquants. Après sa retraite, la Croatie n’était plus tout à fait la même. « On a perdu notre métronome, il est irremplaçable » déclara Bilic, pour un bel hommage.

Après avoir travaillé à l’académie du Red Bull Salzbourg, puis en tant qu’assistant de l’équipe première, il a repris les espoirs (-21ans) croates en Janvier 2013, avec son frère comme assistant. Son bilan parle de lui-même : 5 matchs, 5 victoires, 16 buts marqués, 0 encaissé et un jeu attrayant s’appuyant sur une tactique en  4-1-4-1 ou 4-2-3-1.

Même s’il est encore un débutant dans ce rôle, il va débuter son mandat avec une adhésion populaire plus grande que n’importe quel sélectionneur avant lui. Bien qu’il ne soit pas attendu comme le sauveur, le pays compte sur son charisme pour redonner du jeu et de la confiance en l’équipe ce qui est peut être le plus important avant les affrontements décisifs contre l’Islande.

Kovac a obtenu l’emploi dont il rêvait plus tôt que prévu, mais dans une situation avec un grand en jeu. Il n’a jamais rechigné aux défis, même compliqués, durant sa carrière de joueur et les a toujours affrontés avec un sourire confiant. C’est ce qu’il fait encore aujourd’hui.

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