Le problème des paris sportifs en Écosse

Le problème des joueurs adeptes de paris sportifs refait surface dans le football écossais cette saison. Deux joueurs suspendus, dont un des Rangers : le retour de cette pratique inquiète.

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Cent soixante matchs ! C’est le nombre de rencontres sur lesquelles Ian Black, le milieu de terrain des Rangers, a parié depuis sept ans, d’après la justice écossaise. Dont trois paris contre sa propre équipe ! Verdict : dix matchs de suspension et 7500 livres d’amende. Une première en Ècosse. La règle est simple pourtant. Les footballeurs ont l’interdiction de parier sur les matchs. Si l’ancien joueur d’Inverness CT et Hearts est le premier à être condamné pour avoir enfreinte cette loi, il n’est pas le dernier joueur à souffrir de cette addiction. Cela permet au moins d’initier le débat et la prévention. La SFA a d’ailleurs lancé la campagne Keep it clean pour sensibiliser les joueurs sur ces pratiques interdites et dangereuses. Depuis jeudi dernier d’ailleurs, un second cas de paris frauduleux secoue le football écossais. Michael Moffat, l’attaquant d’Ayr United, a reçu une suspension de six matchs pour avoir parié sur 150 rencontres entre février 2012 et septembre 2013, dont six de son équipe. À chaque occasion, la Fédération écossaise de football (SFA) n’est pas parvenue à déterminer si les paris sur les matchs auxquels participaient Black et Moffat ont eu une influence sur les résultats. Le danger apparaît comme réel et délicat néanmoins. Il l’est pour l’intégrité du jeu, mais aussi pour certains joueurs qui peuvent accumuler les dettes en cas d’addictions aux paris sportifs. Le cocktail est explosif. Cela implique donc une tolérance zéro envers les fautifs.

Le football écossais se mobilise

Kevin Kyle, ancien attaquant international, dévoile les coulisses de ces pratiques dans un témoignage pour le moins inquiétant. « C’est juste notre culture, parier fait partie du football, avoue le joueur à la BBC. Si vous allez voir n’importe quel club en Écosse, la majorité des joueurs parient chaque semaine. » Selon lui, les instances sont sur la bonne voie, mais il pense que cela reste impossible à éradiquer complètement. « Cela va des équipes de jeunes aux professionnels et on parle là de six ou sept joueurs en moyenne par équipe, avoue Kyle. Les footballeurs pensent être avantagés et ils tentent seulement d’arrondir leurs fins de mois. Certains le font par plaisir et d’autres en sont malades par contre. » Une analyse partagée par l’ancien joueur Kevin Twaddle dans son livre intitulé Life On The Line – How To Lose A Million And So Much More. « Ce que l’on vient de découvrir n’est que la partie immergée de l’iceberg », déclare t-il. Le débat ne fait que commencer et durera certainement plusieurs années. Pour l’instant, on nie le problème du côté de la Fédération écossaise de football et de l’association des joueurs. Un combat homérique attend la SFA. Si elle souhaite l’engager.

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