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Josh Parker, un caribéen au pays des ours

A l’été 2013, en pleine période de mercato estival, un transfert retient l’attention en Slovénie : l’international antiguayen (d’Antigua et Barbuda) Joshua Parker signe à Domzale. Pourquoi le grand espoir des Queens Park Rangers s’est-il résigné à venir jouer dans un petit club slovène de milieu de tableau ?

 © www.siol.net Domzale et l’Olimpija, 2 déceptions de ce début de saison

© www.siol.net Domzale et l’Olimpija, 2 déceptions de ce début de saison

Il est rare qu’un footballeur de 23 ans signe pour le 9e club de sa carrière. Josh Parker n’y était pourtant pas destiné. Au centre de formation des Queens Park Rangers, il était considéré comme le plus grand espoir de sa génération et semblait se destiner vers une ascension rapide pour devenir un joueur clé des QPR avant de partir pour un plus grand club. Mais la pression des entraîneurs, des médias et des supporters auront eu raison de ce talent brut, prêté sans succès à 3 clubs de divisions inférieures anglaises au cours de l’année 2010.

A l’été 2011, Parker pensait se relancer en signant à Oldham Athletic où il avait la confiance du coach. Seulement, après 13 apparitions et aucun but, il était clair que le jeune joueur ne produisait pas l’impact escompté à la signature. Un prêt plus tard, Parker était libéré de son contrat et s’engageait avec Oxford United où il fut rapidement mis de côté. Pas simple pour un joueur de passer en 2 ans d’une attente démesurée dans un club comme QPR à l’équipe réserve d’un club de division 4.

Le natif de Slough (sud de l’Angleterre) aurait pu sombrer et ne jamais s’en remettre. Il a préféré choisir une perspective différente pour se remettre dans le droit chemin : signer dans un petit championnat loin de son Angleterre natale où il sera préservé de toute pression. C’est ainsi que Parker débarque à Domzale, petite ville rurale de 35000 âmes proche de Ljubljana. L’homme est motivé et veut aider à atteindre l’objectif ambitieux du club qui est de terminer dans les 3 premiers en championnat et d’accrocher la phase de groupe de l’Europa League.

Sauf qu’au bout de quelques petites semaines et une élimination dès le 1er tour des qualifications de la coupe d’Europe, Parker se fâche méchamment avec l’entraîneur serbe, Stevan Mojsilovic, et demande à partir. Demande rejetée par le président qui décide de virer Mojsilovic pour le remplacer par Luka Elsner. Le feeling passe mieux avec le nouvel entraîneur qui comprend les besoins de son protégé.

Avec la confiance d’Elsner, Parker va rapidement devenir une révélation de la première partie de saison de la PrvaLiga en marquant 7 buts (+2 passes décisives) en 14 matchs de championnat. Le style du football slovène convient au milieu offensif qui n’appréciait pas particulièrement les duels et le rythme rapide du football anglais. Désormais, Parker peut garder le ballon plus longtemps et se créer facilement des opportunités avec sa technique. Avec également le prolifique Slobodan Vuk (8buts, 5 passes décisives), Domzale tient un sacré duo d’attaque malgré sa mauvaise 7eme place à 11 points du surprenant 3eme, Zavrc.

En dehors du football, Parker semble aussi trouver ses marques dans l’ancien pays yougoslave, bien éloigné du confort de vie anglais. Les doutes concernant son adaptation ont donc rapidement été balayés, probablement facilitée par la venue de sa femme et de son fils ainsi que par la maîtrise de la langue anglaise par quasiment tous les slovènes.

La nourriture est bonne et la vie est belle en Slovénie. De plus, en continuant à briller avec son club, Parker renforcera ses chances d’être incontournable avec sa sélection d’Antigua et Barbuda. Né en Angleterre, il possède la nationalité par ses parents. Pas particulièrement enclin à vouloir enfiler la tunique rouge et noire au début, il fut persuadé de rejoindre la sélection par son ancien coéquipier à QPR et membre de l’équipe nationale, Mikele Leigertwood. C’est ainsi qu’il honora sa première cape contre Suriname lors des qualifications pour la coupe caribéenne des nations. Pour information, c’est Trinidad et Tobago qui a remporté le plus de fois la coupe (10) devant la Jamaïque (5) et Martinique (3).

Rapide, technique et élégant, la pièce centrale du jeu de Domzale semble avoir franchi un palier en Slovénie et mis le destin de son côté. Malgré la place décevante en championnat, la 2eme partie de saison a encore beaucoup à offrir. Ca tombe bien, Josh Parker aussi.

[ La plupart des infos de cet article viennent de « The home of caribbean football », excellent site qui traite de façon très intéressante le football des pays composant les Caraïbes. http://thehomeofcaribbeanfootball.wordpress.com/

Pour ceux qui aiment le football dont tout le monde se fout, je ne peux que vous conseiller de les suivre sur twitter @caribbeanftbl ]

Group B  England v Trinidad v Tobago - World Cup 2006

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