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TLMSF interviewe Robert Pirès : "J'envisage de devenir entraîneur" (exclusif)

Nouveau parrain de Sports Élite Jeunes, une entreprise qui propose des stages sportifs aux enfants, Robert Pirès a accepté de répondre à quelques questions pour Tout le monde s'en foot. Il évoque son futur proche, les chances de l’équipe de France au Mondial ainsi que l’actualité de deux de ses anciens clubs : Arsenal et Marseille.

Robert Pirès devrait disputer le championnat indien la saison prochaine (ANDRE ALVES/ASF)

Allez-vous disputer le championnat indien la saison prochaine ? C’est dans cette optique que vous vous entraînez avec Arsenal en ce moment ?

J’ai eu la chance de m’entraîner avec l’équipe première d’Arsenal car j’ai gardé de bonnes relations avec le club et surtout avec Arsène Wenger. Ça me facilite la tâche puisqu’à partir de septembre, je vais prendre la direction de l’Inde pour le nouveau championnat.

Pourquoi ce projet ne s’est pas mis en place il y a deux ans ?

Tout simplement parce que le championnat n’était pas prêt et structuré pour organiser un événement comme celui-ci. Il y avait beaucoup de retard donc les organisateurs ont préféré annuler. Aujourd’hui, c’est l’agence IMG qui organise le championnat et il devrait débuter en septembre. (Sur les autres joueurs présents) Je ne sais pas qui sera présent. Je ne connais pas la liste des joueurs qui ont été approchés. On m’a demandé si j’étais prêt physiquement à jouer et je rentre dans les critères recherchés. Sportivement et financièrement, c’est un projet très intéressant. Je serai aussi un ambassadeur pour la France. J’ai vu l’Angleterre, l’Espagne et si je peux découvrir l’Inde, j’irai avec grand plaisir !

Comment voyez-vous votre avenir après votre carrière ?

Je suis actuellement consultant pour BeIN SPORTS et Europe 1. C’est la voie que j’ai choisi. En ce qui concerne un éventuel rôle d’entraîneur, je vous aurais clairement dit non il y a un an, mais j’ai mûri dans ma réflexion. Il faut déjà que je passe mes diplômes d’entraîneur. Je vais m’y atteler, ça sera une nouvelle étape dans ma vie. Peut-être une nouvelle carrière même. C’est un métier difficile, mais qui ne tente rien n’a rien !

Vous êtes devenu l’un des ambassadeurs de Grassroot Soccer, une organisation qui lutte contre le SIDA en Afrique. Expliquez-nous les raisons pour lesquelles vous avez décidé de vous impliquer.

Je suis très fier d’être le parrain de cette association, avec Bacary Sagna et Freddy Ljungberg. Quand il s’agit d’enfants, j’essaye de répondre favorablement afin de leur dire qu’ils ne sont pas abandonnés. Je suis là pour tenter de les aider au maximum. Malheureusement, on ne peut pas aider tous les enfants, mais si on a la possibilité pour certains, c’est ce qu’il faut faire. Nous allons prochainement nous rendre en Afrique du Sud pour rencontrer des jeunes et passer un bon moment avec eux.

Comment jugez-vous la saison des Gunners à quelques semaines de la fin ?

Ça sera une bonne saison si Arsenal remporte la FA Cup et termine dans les quatre premiers. Dans le cas contraire, ça serait une très mauvaise saison. C’est une évidence. Depuis 2005, le club n’a rien gagné, donc remporter un trophée est un objectif pour le club. Les supporters commencent à s’impatienter, à être un peu inquiets. Espérons que l’équipe batte Wigan en demi-finale de la Coupe !

Est-il difficile d’imaginer Arsenal sans Arsène Wenger ?

Oui, ça l’est. J’espère qu’il va prolonger son contrat à la fin de la saison. Après, il faut savoir s’il a envie de continuer, s’il en a la force surtout. Cela fait 17 ans qu’il est manager d’Arsenal. Est-il prêt psychologiquement et mentalement ? Ça, on ne le sait pas. Seul lui peut nous répondre à ce sujet. Gagner la FA Cup lui permettrait d’avoir un peu moins de pression vis-à-vis des supporters.

Comment jugez-vous la première saison au club de Mesut Özil ?

Özil possède une forte personnalité. Il est très doué techniquement. Il a déjà prouvé ses qualités ses qualités avec le Real Madrid et avec l’Allemagne, où il est titulaire. Le potentiel, il l’a. Sa première année à Arsenal est moyenne, il en a conscience. De toute façon, la première saison est toujours compliquée en Angleterre, je le sais grâce à mon expérience. Le jeu est rapide et physique. On ne te fait pas de cadeau. Mesut sera dans le bon tempo en août prochain, j’en suis convaincu.

Arsène Wenger devra t-il recruter un nouvel attaquant pour épauler Olivier Giroud la saison prochaine ?

Oui, je le crois. Giroud est dans une position confortable et quand on est un joueur de haut niveau, on a besoin de sentir la pression d’un autre joueur. Cela permet de progresser. Il sait que s’il y avait un autre attaquant dans l’effectif, cela lui aurait fait du bien car il est le seul à ce poste. Il est sûr de jouer. Arsène Wenger a pourtant tout essayé pour recruter un autre avant-centre. Il a approché Luis Suarez, Gonzalo Higuain, Wayne Rooney… Ça ne s’est pas fait malheureusement, mais c’était son intention. S’il est encore l’entraîneur d’Arsenal la saison prochaine, sa priorité sera d’acheter un attaquant.

Quels sont vos meilleurs souvenirs sous les couleurs d’Arsenal ?

Il y a bien sûr nos deux doublés (1998 et 2002), les trois FA Cup remportées (1998, 2003 et 2005, il était blessé lors de la finale en 2002), notre série d’invincibilité de 49 matchs en 2004, qui n’a toujours pas été battue. Elle le sera un jour, mais on a marqué les esprits.

Cette série s’arrête contre Manchester United (0-2), dans un match mémorable…

De toute façon, il n’y a qu’eux qui pouvaient nous arrêter. Ou plutôt l’arbitre sur cette rencontre. Il a le droit de se tromper, mais c’est vrai que ce jour là, il a sifflé un penalty imaginaire sur Rooney alors qu’on pensait finir tranquillement le match sur un 0-0.

Et votre pire souvenir ?

C’est incontestablement la finale de la Ligue des champions perdue contre Barcelone (1-2) en 2006. En plus, c’était ici, au Stade de France. C’est le lot d’un sportif de haut niveau, tu ne peux pas gagner tout le temps.

Vous avez joué à l’OM de 1998 à 2000. Que manque t-il au club pour rivaliser avec le PSG ? Un nouvel investisseur peut-être ?

Déjà, pour lutter avec le PSG, il faut avoir une très bonne équipe. Ce que j’aimerais, c’est qu’un mécène arrive sur la Cannebière et dépense beaucoup d’argent, afin de rivaliser avec Paris et Monaco. Marseille fait partie du patrimoine français, c’est le seul club qui a remporté la Ligue des champions (en 1993). Avec son passé et sa notoriété, l’OM possède une identité. L’équipe fera toujours parler d’elle, en bien ou en mal. Ce qu’il manque aussi, c’est un entraîneur. José Anigo l’a dit, ce n’est pas son rôle. Pour moi, il fallait garder Élie Baup car il faisait du bon boulot avec un effectif assez réduit par rapport aux autres cylindrées. En tant qu’ancien marseillais, je n’avais pas compris cette décision même si je la respecte. Le club est actuellement dans une zone de turbulence car il y a un manque de stabilité. On ne sait pas où va le club. Il y a donc un potentiel énorme à exploiter.

Vincent Labrune, le président marseillais, a déclaré à plusieurs reprises vouloir imiter le Borussia Dortmund…

Oui, ce club est un très bon exemple. Ce que Dortmund fait avec son budget, c’est beau ! Mais a t-on la discipline allemande en France ? Je n’en suis pas certain… Seule Margarita Louis-Dreyfus sait ce qu’elle veut faire du club. À elle de répondre à la question.

Quel rôle l’équipe de France peut-elle jouer à la Coupe du monde ?

Un rôle important ! Ce que j’apprécie, c’est notre position d’outsider. Nous ne faisons pas partie des favoris et ça nous enlève de la pression. Avec les joueurs et le sélectionneur que l’on a, je ne suis pas inquiet. Je crois en cette équipe que je soutiendrai quoi qu’il advienne. En voyant les noms qui la compose et leurs clubs respectifs, on peut dire que c’est un bon groupe. Je leur souhaite de gagner la Coupe du monde comme nous en 1998. Pourquoi pas récidiver là-bas ? Même si le Brésil est le grand favori, une revanche contre la France ne serait pas déplaisant ! Surtout que l’on réussit très bien contre eux au Mondial (victoires des Bleus en 1986, 1998 et 2006). Par contre, s’ils gagnent 3-0, ça ne le ferait pas trop…

Propos recueillis par Adrien Debargue

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