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Un Petit Cours de Samba? E23 - Portugal - João Moutinho, l'artiste

Ah le Portugal, son histoire, ses découvertes maritimes, ses traditions, sa gastronomie riche, son fado, sa Saudade, son PIB, sa situation économique et sociale catastrophique et ses éternels espoirs déchus en football. Voilà comment beaucoup voient ce petit pays à l’extrême occident de l’Europe qui, proportionnellement à sa taille et sa population (11 Millions d’habitants) aura tout de même réussi à se faire sa place dans le paysage footballistique mondial. Cela est principalement dû au fait qu’il s’agit d’une sélection qui a déjà compté trois fois dans ses rangs le meilleur joueur de la planète : Eusebio dans les années 60 – Luis Figo au début des années 2000 – Cristiano Ronaldo aujourd’hui.

Mais un seul joueur, même bien entouré, même par une « Génération Dorée » (double Championne du Monde U20 en 1989 et 1991), ne peut pas tout faire. C’est ainsi que le Portugal reste aujourd’hui aux yeux de tous un éternel outsider au palmarès vierge dans les grandes compétitions (Euro – Coupe du Monde). Les épopées historiques existent pourtant, et le peuple Portugais se souvient du podium accroché par les « Magriços » d’Eusebio et Coluna en Angleterre 1966 pour sa toute première participation ou encore de la plus récente Allemagne 2006 où la bande à Figo, Ronaldo et consorts se hissera à la 4e place après une finale de l’Euro 2004 ratée et un échec face à la bête noire Française en demi-finale de ce Mondial.

Aujourd’hui, l’horizon est assez flou pour la Seleção das Quinas. Bien malin celui qui peut dès maintenant prédire le parcours des « Conquistadores » (surnom donné par le quotidien Record à cette sélection). Les plus optimistes croient en l’exploit final bien entendu puisqu’ils ont le meilleur joueur du monde, l’un des meilleurs défenseurs de la planète et des joueurs de niveau international pour les épauler. Oui mais voilà, Pepe est sur la touche depuis des semaines, toujours incertain, pire encore, Cristiano Ronaldo s’est forcé à jouer la finale de Champion’s League blessé à la cuisse et souffre en plus aujourd’hui d’une tendinite rotulienne qui fait frémir tout un peuple. Mais la Coupe du Monde doit se jouer à fond, alors qui pour porter les rêves d’une nation follement amoureuse du jeu de football ???

Comme chacun le sait, malgré un taux de chômage hors normes, le Portugal reste une patrie travailleuse, ses immigrés l’ont assez prouvé de par le monde entier, alors intéressons-nous à l’un des travailleurs de l’ombre de la sélection. Un joueur peu souvent dans la lumière mais qui pourrait s’avérer être l’une des pièces maitresses de la Sélection Lusitanienne : João Moutinho.

Cette image et bien d’autres sont à retrouver sur la BD « Footmaniacs – T12 » spéciale Coupe du Monde - Les Footmaniacs © Bamboo Édition - J, S, C & Saive

Cette image et bien d’autres sont à retrouver sur la BD « Footmaniacs – T12 » spéciale Coupe du Monde - Les Footmaniacs © Bamboo Édition - J, S, C & Saive

Réputé pour être assez discret du haut de ses 1m70, João Filipe Iria Santos Moutinho est sorti des écoles du Sporting CP comme bon nombres de grands joueurs Portugais (Luis Figo, Paulo Futre, Simão Sabrosa, Cristiano Ronaldo, Nani, Ricardo Quaresma etc.). Ces donc tout naturellement chez les Lions que son talent se révèlera, lui le meneur dépositaire de l’entrejeu. Il y deviendra une coqueluche pour le public et même le capitaine du club dès l’âge de 20 ans. C’est aussi pendant sa période Sportinguista qu’il découvrira la sélection, en 2005, à l’âge de 19 ans, lors d’un amical contre l’Egypte. Dépassant allègrement les 250 matchs (32 buts) sous les couleurs du club évoluant à Alvalade, João a des envies d’ailleurs et notamment d’Angleterre où Everton aimerait pouvoir compter sur ses passes millimétrées et sa vision du jeu hors pair. Les dirigeants le retiendront, il sera prolongé, augmenté, chouchouté puis c’est le drame. Tout du moins pour les supporters verts et blanc, qui voient partir leur capitaine vers l’ennemi du Nord, le FC Porto, pour ce qui reste le transfert interne à la Liga Portugaise le plus cher de l’histoire : 11 Millions d’Euros.

Décrit alors par le président du Sporting (José Eduardo Bettencourt) comme une pomme pourrie du vestiaire pouvant contaminer tout le reste de l’équipe, João Moutinho ira surtout transmettre un autre virus du côté des Dragons, celui du beau jeu. Ne perdant rien de sa vista et de sa technique, il s’installera à nouveau avec aisance comme le patron du milieu de terrain du FCP. Il parviendra surtout à ce qu’il voulait au dessus de tout en quittant Sporting : des titres majeurs !!! Malgré 2 Coupes du Portugal et 2 Supercoupes avec Sporting, ce que João voulait c’était le titre national qu’il remportera avec Porto à trois reprises entre 2010 et 2013. Il y ajoutera aussi une nouvelle Coupe du Portugal, 3 nouvelles Supercoupes et surtout une Europa League en 2011 pour sa première saison chez les bleus et blancs. Aimé par les supporters qui le nommeront joueur de la saison en 2012-2013 il se décide enfin à faire le saut vers l’inconnu en découvrant un nouveau championnat.

Comme vous le savez, c’est en France, ou plutôt à Monaco, que João décide de poser ses valises en carton (Linda de Souza si tu nous regardes), pour faire partie du projet de Dimitry Rybolovlev en Principauté. La saison sera vierge en titre et minée par les blessures. Il aura peiné à démontrer toute sa véritable valeur aux yeux d’un public Français assez sévère avec lui mais il arrive en sélection avec une ambition intacte et sans doute l’envie d’enfin participé lui aussi à une belle épopée internationale après une demi-finale de l’Euro 2012 perdue aux tirs au but face à l’Espagne.

Pour ce faire, le Portugal devra, une fois encore, comme à l’accoutumée, ça devient une habitude (rayez la mention inutile) se défaire d’un « groupe de la mort » où ils retrouveront le Ghana, surprenant quart de finaliste en 2010 ; les Etats-Unis, qui les avait éliminés lors de la piètre campagne en Corée 2002 ; et à nouveau l’Allemagne qui après l’Euro 2000, 2008 et 2012 ainsi que la Coupe du Monde 2006, se dressera comme l’ogre du groupe G de ce Mondial Brésilien.

Rendez-vous dès lors le 16 Juin prochain pour un premier choc face à l’Allemagne de Joachim Low et d’Angela Merkel pour voir ce que la Seleção das Quinas nous réserve dans ce Mondial sur les terres « découvertes » par Pedro Alvares Cabral en 1500.

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