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Bilan de la 1ère journée de la phase de groupes

TLMSF revient sur les moments forts, les révélations, les confirmations et les déceptions de ces 16 premiers matchs du mondial. Entre une Espagne qui vacille, un Thomas Muller explosif, un Costa Rica surprenant, un arbitrage contesté, un Angleterre-Italie remarquable, une France qui démarre bien et des équipes africaines en difficulté les amateurs du ballon rond se sont régalés depuis jeudi dernier.

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Quelques éléments pour débuter :

- 49 buts inscrits sur les 16 premières rencontres (moyenne de 3,06 buts/match) les bases sont élevées par rapport aux autres coupes du monde (25 en 2010, 39 en 2006, 46 en 2002, 37 en 1998 ...)

- Sur ses 3 précédentes compétitions (Euro 2008, Mondial 2010 et Euro 2012) l’Espagne n’avait concédé que 6 buts en 19 rencontres, elle vient d’en prendre 5 sur une seule ...

- 4 mondiaux d’affilés que les allemands inscrivent 4 buts ou plus pour démarrer leur coupe du monde : 8-0 contre l’Arabie Saoudite en 2002, 4-2 contre le Costa Rica en 2006, 4-0 contre l’Australie en 2010 et 4-0 contre le Portugal cette année.

- Dempsey est le 5e buteur le plus rapide de la coupe du monde après son but inscrit au bout de 29 secondes. Il reste loin derrière Hakan Sukur en 2002 et son but contre les sud-coréens au bout de 11 secondes.

- Troisième compétition d'affilée que le Ghana et les Etats-Unis se rencontrent, le même score à chaque fois : 2-1 mais cette fois-ci après deux défaites en 2006 et 2010 les américains ont pris leur revanche.

- Le dernier buteur belge dans un mondial avant Fellaini était Marc Wilmots en 2002 … aujourd'hui sélectionneur des diables rouges.

Les 5 matchs qui nous ont marqués :

1/ Espagne 1-5 Pays-Bas : personne ne pouvait prévoir un tel scénario. La pire performance de Casillas dans sa carrière, une charnière centrale Piqué/Ramos totalement dépassée et surtout une attaque hollandaise FLAM-BO-YANTE. Van Persie et Robben (deux doublés chacun) se sont régalés. On retiendra le but génial de l'attaquant mancunien sur une sublime ouverture de Blind, son lob de la tete est une inspiration dont lui seul a le secret. Ils ont pu profiter du placement hasardeux de Casillas et surtout de la lenteur de la défense ibérique. Il ne faut pas négliger le face-à-face perdu par David Silva devant Cillessen alors que le score était de 1-0 en faveur des espagnols. Robben s’est même permis de battre le record du monde d’un joueur balle au pied (37 km/h).

10390239_10204033427418371_3740544441843704666_nVan Persie en mode Superman.

2/ Angleterre 1-2 Italie : une affiche prestigieuse entre deux équipes qui se partagent à elles seules 5 coupes du monde (Bon ok 4 pour l’Italie, il faut rendre à César...). La clé de ce match s’est située au milieu de terrain où Prandelli a voulu une supériorité en mettant De Rossi, Pirlo et Verratti face aux deux récupérateurs anglais : Henderson et Gerrard. L’ancien technicien de la Fiorentina ne s’y est pas trompé, les milieux transalpins ont eu une meilleure utilisation du ballon variant les longs ballons sur Balotelli comme point d’appui et le jeu sur les cotés avec une très bonne activité des ailiers Marchisio et Candreva. D’ailleurs ces deux derniers ont été les artisans de la victoire italienne. Le premier sur un corner tiré à la rémoise, Pirlo laisse passer le cuir entre ses jambes et laisse le soin à Marchisio d’allumer Hart aux 20 mètres. Le second sur un centre au millimètre qui permet à Balotelli de reprendre l’avantage. Car oui comme le dit l’adage «pour qu’il y ait un bon match il faut deux bonnes équipes», les anglais ont livré une partie intéressante malgré un Rooney un peu effacé dans un rôle de 9 et demi. Sterling et Sturridge ont été excellents (Liverpool’s touch) notamment dans la percussion et la capacité à éliminer son vis-à-vis en 1/1. Limité par un Welbeck trop inconstant et un Rooney dans un mauvais soir les anglais repartent avec une défaite et ils peuvent nourrir de légitimes regrets.

3/ Allemagne 4-0 Portugal: Der Branlée. Entre les deux favoris du groupe G on pouvait s’attendre à une rencontre équilibrée où les portugais résisteraient à des allemands privés de Reus et qui avaient aligné au coup d’envoi 4 défenseurs centraux (Boateng et Howedes sur les cotés). Lahm avait été également replacé en milieu récupérateur (Low se guardiolise à une vitesse folle). Les coéquipiers de CR7 n’ont tout simplement jamais existé, plusieurs faits de jeu sont venus contrarier leurs plans : l’expulsion de Pépé à la 35e, les blessures de Coentrao et Almeida, les coups-francs non cadrés de Cristiano ... Malgré un milieu Meireles/Moutinho/Veloso qui tourne ensemble depuis 4 ans les portugais n’ont jamais su bien utiliser le cuir. Thomas Muller a profité des errements défensifs des lusitaniens : Alves se fait vieillissant, Joao Pereira n’était pas à 100% physiquement et Pepe nous a fait du très mauvais Pepe à savoir un pétage de plomb. Muller inscrit donc le premier triplé de ce mondial et surtout son 8e but en coupe du monde en seulement 7 matchs (5 marqués en 2010). Hummels avait inscrit le second but sur un corner de Kroos. Les allemands ont magnifiquement débuté ce mondial tandis que les portugais vont devoir lutter avec deux adversaires redoutables pour se qualifier : les Etats-Unis et le Ghana.

pepePepe ou la tendresse incarnée.

4/ Uruguay 1-3 Costa Rica : après la déroute espagnole c’est l’autre énorme surprise de ce début de compétition. Les demi-finalistes de 2010 se sont littéralement écroulés lors des 45 dernières minutes. L’absence de Luis Suarez n’est pas une raison suffisante pour cette Celeste venue au Brésil avec de solides ambitions. Cavani avait ouvert la marque sur un penalty concédé par Diaz. Les «Ticos» faisaient une bonne impression durant cette première période sans pour autant concrétiser leurs occasions. le 5/3/2 aligné par Pinto finit par payer : les attaquants costariciens bien plus vifs qu’un Lugano rouillé ou un Godin usé par sa saison à plus de 50 matchs se sont régalés. Campbell égalisa d’une demi-volée limpide, Duarte permit aux siens de prendre l’avantage sur une tête imparable puis Urena lancé en profondeur par Campbell trompa Muslera d’un subtil tir croisé. Dans un groupe D où on leur promettait l’enfer les ticos font jouer un véritable rôle de trouble-fête. Leur système très compact a permis de museler Cavani, Forlan et Rodriguez tandis que les joueurs techniques ont pu ressortir proprement les ballons tout en comptant sur la vitesse des attaquants pour déborder les vieux briscards uruguayens. Le prochain Uruguay-Angleterre s’annonce brulant.

5/ France 3-0 Honduras : allez un peu de patriotisme. Depuis 1998 les bleus n’avaient pas gagné leur premier match en coupe du monde et depuis 1998 et un certain Zidane aucun bleu n’avait inscrit un doublé. Face à des honduriens très limites au niveau de l’agressivité (alors qu’en qualification cette équipe développait un jeu agréable en contre, lié à la bonne technique de ses milieux) les bleus n’ont pas failli, portés par un grand Benzema. On se souviendra particulièrement pour son aspect historique, en effet c’est la première fois qu’un but est validé après l’assistance de la goal line technology. Sur un centre de Cabaye, Benzema reprend de volée mais sa frappe s’écrase sur le poteau puis revient sur Valladares qui l’a met dans ses propres cages avant de se dégager. L’arbitre valide dans un premier temps puis demande à l’assistant vidéo qui diffuse les images sur les écrans géants de lui dire si le cuir a entièrement franchis la ligne. La réponse est effectivement oui mais de peu.

goalQuelle belle invention ...

Les 5 choses qui nous ont plu :

1/ l’ambiance : pour faire un grand mondial il faut des supporters gonflés à bloc. Et pour le moment c’est un véritable régal. Entre spectatrices sublimes, fans aux tenues délirantes, hymnes chantés à capella on se rince l’œil et les oreilles. Il faut également noter: PAS DE VUVUZELA. Souvenez-vous en 2010 à quel point ce bruit de fond nous avait pourri notre mondial, cette espèce de corne de brume qui agressait nos oreilles en continue. Là nous avons des chants, des olas (si on enlève les footixs qui les déclenchent au bout de 3 minutes de jeu c’est très bien), des hymnes repris à tout moment ... le rendu est très agréable. Malgré de nombreux doutes sur les finitions, les stades sont resplendissants malgré quelques sièges vides (en même temps Suisse-Équateur quand tu gagnes 300 euros par mois tu peux t’en passer). Bref le spectacle dans les tribunes est au rendez-vous, pour notre plus grand plaisir.

10487344_10204033458459147_7431998809368163276_nEnchanté madame.

2/ l’immortalité de Pirlo : à 35 ans le milieu de la Juve n’a jamais paru aussi jeune dans son jeu. Son match face à l’Angleterre est un véritable récital : 103 passes réussies sur 108 tentées, une feinte subtile sur l’ouverture du score de Marchisio et un coup franc déroutant envoyé sur la barre. Placé un peu plus haut que son poste de la Juve, il a tout simplement régalé alternant jeu court avec ses milieux tout en cherchant Balotelli avec ses transversales. Avec De Rossi derrière lui en 6 il a eu beaucoup plus de liberté à distribuer, Prandelli le sait, le niveau de son équipe dépendra de son baromètre au numéro 21.

10384692_10204033384217291_4730286165582631907_nEl "Pirlovado"

 3/ les individualités colombiennes. Avec l’absence de Falcao et Muriel sur blessures et Bacca, Ramos et Martinez sur le banc on pouvait douter du potentiel offensif des «Cafeteros». Peckermann avait parfaitement préparé son coup : James en 10, Cuadrado en ailier droit explosif, Gutierrez en pointe et Ibarbo sur la gauche. Ces 4 joueurs ont été excellents tant sur le repli défensif que l’utilisation du ballon. Le 1er but colombien est un modèle du genre, Cuadrado centre après s’être débarrassé de son vis-à-vis grec, James laisse passer pour Armero qui trompe Karnesis d’une frappe subtile. Teofilo Gutierrez longtemps considéré comme l’enfant terrible du foot colombien a inscrit un but confirmant ses bonnes performances en éliminatoires. James y est allé de son but tout en finesse sur la fin de la rencontre. Les coéquipiers de Yepes transcendés par leur public venu en nombre à Belo Horizonte risquent bel et bien d’etre la surprise de ce mondial brésilien.

4/ l’arbitrage avec la bombe : ce spray magique est en train de conquérir la planète football. Utilisé depuis longtemps en Amérique du Sud, il permet aux arbitres de mettre une ligne indiquant où doit se placer le mur de l’équipe A sur un coup franc de l’équipe B. Cette mousse est un véritable frein aux défenseurs voulant s’avancer pour perturber le tireur et surtout fausser l’arbitre. Grâce à sa composition à base d’eau elle disparait en 1 ou 2 minutes ne laissant aucune trace pour d’autres coups de pieds arrêtés. Si son succès continue il est fort à parier que l’Europe devra s’y conformer un jour.

10303735_10204033486579850_7820921234596701149_nUn seul spray et les joueurs se tiennent à carreau.

 5/ les systèmes de jeu à 5 défenseurs. Souvent réputés pour être des freins au spectacle, les tactiques à 5 éléments défensifs sont pour le moment des bonnes surprises de ce mondial. Le Mexique, le Costa Rica et les Pays-Bas en sont les parfaits exemples. Les sélectionneurs comptent ainsi sur 3 défenseurs centraux avec des gabarits athlétiques pour lutter contre la vivacité des attaquants adverses tout en misant sur la capacité des latéraux à se muer en véritables ailiers. On l’a bien remarqué avec les performances de Layun/Aguilar Blind/Janmaat et Gamboa/Diaz, les buts sont souvent venus d’actions amorcées sur les cotés.

Les 5 déceptions :

1/ les équipes africaines : 5 rencontres disputées pour 3 défaites, 1 nul et une seule victoire. L’Afrique n’est pas vraiment à la fête au Brésil. À part la Cote d’Ivoire qui a fait preuve d’un beau sursaut d’orgueil face aux japonais en inscrivant deux buts en 3 minutes. Pour le reste c’est très moyen. Le Nigeria n’a pas su retrouver son niveau de jeu qui a fait de lui le vainqueur de la CAN en 2013, buttant ainsi sur de valeureux iraniens. Le Cameroun n’a jamais existé face au Mexique et sera privé de Samuel Eto’o pour les deux prochaines rencontres. Les algériens ont réalisé une très bonne première période avant de se retrancher dans leur moitié de terrain ce qui a permis une meilleure utilisation du ballon coté belge, qui ont pu trouvé la faille à deux reprises. Le Ghana n’a pas su répondre présent face aux américains, encaissant un but dès les premières secondes sur un rush de Dempsey qui a profité des errements du rennais John Boye. Il y a eu une lueur d’espoir après l’égalisation d’André Ayew mais Brooks sur corner terrassa des ghanéens visiblement trop confiants. On espère voir plus d’audace pour leur deuxième match avec notamment les rentrées d’Aboubakar, K-P Boateng, Brahimi ou encore Drogba.

2/ La défense espagnole : cette raclée monumentale est due en grande partie à la piètre performance du trio Ramos/Piqué/Casillas débordé par la vivacité des attaquants bataves. Robben s’est régalé avec ses habituels crochets tandis que Van Persie a profité des errements du portier madrilène à deux reprises : le lob magnifique de la tête mais surtout le contrôle très hasardeux qui lui a permis d’inscrire le 4e but. Del Bosque va devoir trouver les mots justes pour remobiliser son arrière-garde surtout avant un match périlleux contre le Chili.

10426751_10204033384697303_205347185761795514_nSan Iker à terre.

 3/ Igor Akinfeev : ici c’est le spécialiste TLMSF du football russe qui vous parle, au pays du président Poutine le gardien du CSKA est vu comme une véritable idole, il est désigné partout comme le successeur du grand Lev Yachine, le portier soviétique qui remporta le ballon d’or en 1963 (le seul gardien à ce jour). En sélection comme en club c’est une garantie pour son entraineur avec son expérience et son sens des responsabilités. Mais ce 18 juin 2014 à 1h25 heure français il a failli. Sur une frappe anodine de Keun Ho Lee, il capte le ballon mais en le faisant rebondir contre lui ce qui le propulse au fond des filets. Heureusement pour lui que Kerzhakov égalisa 5 minutes plus tard car avec cette bourde sans réparation il aurait pu perdre sa place au profit de Lodygin ou Rijikov.

4/ Fred : en tant qu’arbitre c’est presque un déchirement de devoir mettre en lumière les décisions de monsieur Nishimura mais les réactions envers cet homme en noir japonais ont été disproportionnées. Le vrai fautif dans cette affaire c’est Fred, coupable d’une très grossière simulation après avoir été au duel un court instant avec Lovren. Son placement l’a porté en faux vis-à-vis de cette faute, Fred ne manifestant de surcroît aucun remord. Pour un match d’ouverture cela fait tache, surtout que les théories du complot «arbitrage maison» ont vite surgi dans la plupart des médias.

10371946_10204033498060137_3306088209932222343_nL'antigeste de ce début de mondial.

 5/ la Grèce : c’est devenu presque trop facile de taper sur eux mais depuis 2004 c’est la même rengaine : jeu ultra défensif misant sur des contres explosifs pour inscrire des buts. Face à un adversaire aussi technique que la Colombie cela ne pouvait pas marcher et pourtant les coéquipiers de Katsouranis n’ont rien changé au cours des 90 minutes. Cette fois-ci il y a de quoi pester, le sélectionneur Fernando Santos dispose de joueurs talentueux comme Koné, Mitroglu, Tachtsidis, Torosidis ou Manolas mais le collectif fut plus que brouillon. Face à une défense qui ne dégageait rien d'impressionnant : Yepes 38 ans et Zapata connu pour sa lenteur, les grecs se sont entêtés à passer sur les cotés plutôt que tenter les duels en un contre un dans l’axe. Ça sent la bonne déroute comme en 2010.

L’équipe type de ce début de mondial :

Cillessen

Blind, Hummels, Aurier

Muller, Lahm, Valdivia, Marchisio

Campbell, Benzema, Robben

Remplaçants : Ospina, Debuchy, Moreno, De Jong, Di Maria, Van Persie, Neymar

L’équipe «déception» de ce début de mondial :

Casillas

Joao Pereira, Piqué, Ramos, Maxi Pereira

Veloso, Palacios, Song

Hulk, Rooney, Nani

Remplaçants : Akinfeev, Pepe, Lugano, Obi Mikel, Forlan, Samaras, Maxi Rodriguez

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