Mais qui es-tu Ronny Deila ?

Ronny Deila est le nouveau manager du Celtic. Jeune coach charismatique, idéaliste du football, foi en soi et peut-être futur grand entraîneur, voilà le portrait robot du successeur de Neil Lennon.

 Ronny Deila

« Ronny who ? » aurait pu titre le Scotsman ou le Herald au lendemain de sa nomination. Si sa réputation reste encore à parfaire en Ecosse, la Norvège l’appelle déjà « Super Ronny ». Ou le « Jürgen Klopp norvégien », c’est selon. Stromsgodset, c’est là où Deila a fait ses armes. Avec un budget limité et le départ de ses meilleurs éléments à chaque intersaison, il transforme le club de Drammen d’un candidat à la relégation en un champion national, qualifié pour la Ligue des champions. Adepte d’un jeu offensif, basé sur la vitesse et la technique dans un système en 4-3-3, l’homme de 39 ans est comme un guide pour sa jeune équipe. Ses qualités ? Son aptitude au management et sa facilité à transmettre ses idéaux à ses joueurs. Deila profite de son temps libre pour partir en pèlerinage à travers l’Europe, afin de s’inspirer des maîtres tacticiens et des esthètes. À Liverpool, Manchester City, Barcelone, Amsterdam et même Rennes. Une soif de connaissance inaltérable.

Joueur au passé modeste (deux apparitions avec la Norvège U21 et une Coupe de Norvège en 2000), il achève sa carrière à Stromsgodset en 2008, occupant aussi depuis deux ans le poste d’assistant. Puis prend les rennes du club cette année-là. Le club se maintient de justesse les deux premières saisons, mais Deila implémente déjà les bases d’une philosophie conquérante. L’équipe perd une grande partie de ses matchs à l’extérieur ? Lui persévère. Et en 2010, il remporte la coupe nationale. Après avoir fini deuxième derrière le Molde d’Ole Gunnar Solskjaer en 2012, il remporte le titre de champion la saison suivante avec sa jeune équipe (moins de 23 ans de moyenne d’âge), couronnant ainsi la progression spectaculaire d’un petit club évoluant devant 6000 spectateurs à domicile. Ce qui ne l’empêchera pas de faire de son stade une forteresse (44 matchs d’affilée sans défaite).

 "Si je rends les gens heureux..."

« Je veux gagner des titres, jouer des matchs européens, former des joueurs et créer une culture au sein du club, confiait-il à son arrivée au Celtic. La culture de tout développer. Je dois penser au processus et à ce que nous allons faire sur le terrain. Les résultats viendront ensuite. Sans développement, vous n’obtiendrez pas de résultats. Si je rends les gens heureux et si prends les bonnes décisions, nous aurons des résultats. » L’un des produits de la méthode Deila n’est autre que Stefan Johansen, recruté par le Celtic à Stromsgodset en janvier dernier. Alors qu’il avait perdu la passion pour son métier. « Alors que je stagnais, Ronny m’a appelé, raconte le milieu de terrain norvégien. Il m’a donné ma chance. C’est ce qu’il fait avec les jeunes joueurs. Il a donné du tempo à mon jeu et m’a aidé avec quelques détails. A t-il changé ma vie ? Oui, il m’a beaucoup aidé. »

Certains questionneront sa volonté d’introduire une telle philosophie novatrice dans un pays rétrograde au niveau du jeu – de moins en moins certes. Certains se rappelleront de Tony Mowbray, le dernier idéaliste à avoir pris place sur le banc à Parkhead… et à avoir échoué totalement. Peut-être adoptera t-il une tactique plus pragmatique à l’extérieur sur des terrains de mauvaise qualité. Mais cela pourra être une arme en Europe contre des équipes plus techniques. Une chose est certaine : si ses joueurs le suivent tels des dévots, le Celtic va grandir. Et le football écossais dans son ensemble aussi.

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