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Liga MX - Entre Histoire et rivalités

Le championnat aztèque offre à tout passionné de foot le suspens nécessaire grâce à des derbys de feu. Malgré la religiosité des mexicains, les querelles au sein d’une même ville, les rivalités entre la capitale et la province ainsi que les disparités sociales offrent à tout un chacun une raison de détester son prochain.

mexique

Depuis 2004, le championnat mexicain compte 18 équipes en son sein. Ce nombre n’a cessé de croitre et devrait se stabiliser de nombreuses années ainsi. On distingue de nombreux clubs historiques, la plupart provenant de la mégalopole de México et de la région de Guadalajara, la seconde ville du pays. Ainsi, l’América CF ( club le plus populaire), les Pumas de l’Université Nationale Autonome de Mexico (UNAM) et le Cruz Azul nous offrent des derbys enflammés dans des stades surchauffés.

La classiques de Mexico

Le Clasico Capitalino entre l’América et la UNAM remonte à une vieille rancoeur des Pumas qui avaient vu leur meilleur joueur Enrique Borja être transféré de manière très louche chez le voisin du Stade Aztèque. Dans les années 80, les trois finales de championnat disputées entre les deux clubs est venu accentuer cette rivalité et créer pour l’éternité le derby de la capitale le plus important. Les joueurs de l’América jouent depuis les années 60 dans le mythique Monumental Estadio Azteca de 110 000 places et les Pumas jouent dans le Stade Universitaire de 70 000 places en plein coeur du campus de la UNAM. Construit avec des pierres volcaniques, ce stade offre également l’héritage laissé par le muraliste Diego Rivera qui n’a cessé de peindre l’histoire du Mexique, du Palacio Nacional jusqu’au stade de la UNAM.

Estadio de la UNAM    source: DiegoTonatiuh

Estadio de la UNAM                                                             source: DiegoTonatiuh

Le Clasico Joven ( le Classique Jeune en VF) oppose quant à lui l’América et le Cruz Azul, autre club de la capitale. Le Cruz Azul est un club relativement jeune, et ce n’est que depuis les années 70 et la décennie Celeste ( cinq championnat remportés par « La Machine ») que la rivalité est réelle. Les joueurs et supporters du Cruz Azul sont surnommés les maçons ou encore les cimentiers car le club a été créé par l’entreprise de ciment Cooperativa Cruz Azul. Jouant dans l’Estadio Azul ( le Stade Bleu) de 40 000 places, le Cruz Azul est derrière l’América puis l’UNAM le troisième grand club de la capitale.

Kop du Cruz Azul source: delapatada

Kop du Cruz Azul                                           source: delapatada

Le PSG-OM mexicain

Le Clasico Nacional ou encore Clasico de los Clasicos est au Mexique ce que PSG-OM est à la France. Le derby entre ll’América CF, club le plus puissant et le plus populaire de la capitale - mais aussi le plus détesté - et le club de la seconde ville du pays, les Chivas de Guadalajara. Dans un pays aussi centralisé que le Mexique, ce genre de rivalité était inévitable. Les deux clubs les plus populaires du pays sont aussi ceux qui ont remporté le plus de championnats. Ce Clasico représente la rivalité entre gens de la capitale et de « l’intérieur du pays », entre « citadins » et « paysans », et a largement été alimenté par les médias afin de donner plus d’ampleur à ce duel et générer évidement plus d’argent. Canal + a trouvé son penchant mexicain, Televisa, propriétaire de l’América.

Gamin supportant les "Aguilas" de l'América, lors d'un Clásico Capitalino

Gamin supportant les "Aguilas" de l'América, lors d'un Clásico  source:Diegotonatiuh

Rivalités régionales mais aussi sociales

Le Clásico Tapatío est le derby de la ville de Guadalajara, agglomération de près de 5 millions d’habitants situé dans l’ouest du pays. Il oppose le club des Chivas ( les chèvres ou chevreaux, aucune notion péjorative là-dedans) et l’Atlas. C’est le plus vieux derby du pays, la rivalité datant de 1916. L’Atlas est le club de la classe aisée, créé par de grands propriétaires terriens qui ont appris le football durant leurs voyages au Royaume-Uni. Le club des Chivas est le club du peuple, des gens d’en-bas, ce qui en fait le second club le plus populaire derrière le très détesté América. Avec onze titres, le Rebaño Sagrado ( troupeau sacré) des Chivas domine l’Histoire du football mexicain. L’Atlas, quant à lui est au Mexique ce que Schalke 04 est à l’Allemagne: un club de losers. Avec un seul titre arraché en 1951, les Rojinegros lutent pour exister à l’ombre de leur grand rival. Durant de nombreuses années, les matches se déroulaient uniquement au Stade Jalisco, enceinte pouvant accueillir 50 000 âmes et portant le nom de l’État dont Guadalajara est la capitale. Mais depuis 2010, les Chivas jouent dans le très éloigné Stade Omnilife, nouvel écrin écologique construit selon la volonté de Jorge Vergara, le propriétaire des Chivas, détesté par ses propres supporters.

Estadio Jalisco, kop des Chivas

Estadio Jalisco, kop des Chivas

La rivalité entre les deux clubs de la ville de Monterrey dans l’État du Nuevo Léon, au nord du pays a accouché du Clásico Regiomontano. Les Tigres de l’Université Autonome du Nuevo Léon détestent les Rayados et les deux clubs se disputent la suprématie sur la troisième ville du pays, la plus américanisée car très influencée par la culture de l’Oncle Sam. Le rêve américain n’est qu’à quelques heures de route de là … Historiquement, les Tigres de l’UANL sont les soldats du peuple et des classes ouvrières, tandis que les Rayados sont suivis par la classe moyenne. Mais avec le temps, le développement social et la création d’une classe moyenne au Mexique et surtout à Monterrey, ville très riche, a fait s’évaporer cette frontière sociale, et on trouve des supporters des Tigres et des Rayados dans tous types de quartiers. Depuis les années 90, la montée en puissance des clubs du nord a donné plus de consistance a ce derby.

Clásico Regiomontano dans le "Volcán" des Tigres source: adiccionrayada

Clásico Regiomontano dans le "Volcán" des Tigres          source: adiccionrayada

Clubs historiques mais isolés

D’autres grands clubs participent à la culture foot du pays. A deux heures de Mexico chacuns, les clubs des villes de Pachuca et Toluca ont toujours été candidats aux premières places lors des tournois avec respectivement 5 et 10 championnats remportés. Pachuca et Toluca ont grandement profité du passage aux tournois d’ouverture et de fermeture, remportant la majorité de leurs trophées sous se format. Sans réels ennemis, ils participent tout de même à alimenter les rivalités entre gens de la capitale et provinciaux.

Le club de la ville de Léon fait également parti de l’Histoire du football mexicain avec sept championnats dans sa vitrine à trophées. Après avoir végété en seconde division, leur remontée en 2012 ainsi que le récent doublé - victoires en Ouverture 2013 et Fermeture 2014- a permis au club de redorer son blason. Grâce à l’un des meilleur kop du pays, La Fierra est tout de même à l’étroit dans son Nou Camp de 33 000 places. Certaines mauvaises langues accusent les supporters de Léon, à seulement deux heures et demi de route de Guadalajara d’avoir lâcher le club Esmeralda lors de son séjour en seconde division et de s’être tourné vers les Chivas. Mais le fait est que le Léon FC jouit d’une bonne côte de popularité.

Supporters du Léon CF au Nou Camp, Léon          source: urban360

Supporters du Léon CF au Nou Camp, Léon                       source: urban360

Depuis une dizaine d’années, on assiste également à une poussée des clubs du nord, créés grâce à de nouveaux entrepreneurs. Ces « villes nouvelles » qui ont poussé grâce à la proximité avec les États-Unis ont remportés quelques championnats ces temps-ci. C’est le cas de Torréon avec le Santos ( 4 championnats depuis 1996) et le club des Xoloizcuintles ( on se contentera de Xolos) de Tijuana fondé en 2007 et déjà champion d’un tournoi, l’Ouverture 2012. La culture est clairement différente que dans le reste du pays, on que « l’entertainment » à l’américaine est plus profond qu’à Mexico ou Guadalajara. Parfois, on croirai assister à un match de football américain avec pom-pom girls et engins pyrotechniques. Mais ces club font désormais du paysage footballistique national et sont présents pour durer.

On finira par citer d’anciens clubs de la capitale dont les franchises ont été déplacées afin de désengorger le Stade Azteca et décentraliser le football mexicain. Necaxa, 3 championnats dans les années 90 a été délocalisé à Aguascalientes en 2003 et Atlante, 3 championnats également a été déplacé dans la « ville nouvelle » de Cancún, où réside le million d’ employés des grands hôtels pour gringos. Mais ces deux clubs sont désormais en deuxième division et luttent pour la montée chaque année.

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