On était à Charléty pour Paris FC - Amiens

Charléty, 19h45. TLMSF fait son entrée en tribune de presse pour assister au dernier match de cette neuvième journée de National entre le leader, le Paris FC et Amiens. Deux rédacteurs ont pu assister à ce choc : Camille, alias CeeSnipes et Julien Choquet, alias Julien Choquet. Si l’un est totalement neutre, l’autre ne l’est pas du tout. Retour sur ce match à travers deux regards bien différents.

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Paris FC – Amiens dans l'oeil de Julien Choquet

Le Paris Football Club. Le leader du National vit un début de saison très satisfaisant trop souvent sous-médiatisé, dans l’ombre d’un PSG toujours plus bling-bling et aguicheur de nouvelles icônes. Mardi soir, le Parc des Princes accueillait Jay-Z et Beyonce. Vendredi à Charlety, les people se nommaient Nicolas Vilas et Raymond Domenech, commentateurs « Ma Chaine Sport » qui diffusait le match en direct. Pas de verrines, ni de champagnes proposés aux journalistes et bloggeurs présents sur place, mais des sandwichs low-cost et des canettes bon marché. Et ce n’est pas pour nous déplaire : ça pue le football simple. Celui qu’on aime.

Peu de temps avant le coup d’envoi, on nous distribue les feuilles de matchs, feuille de papier volante contenant elle aussi ses imperfections. Elle donne le numéro 28 à l’attaquant Ablaï Baldé (au lieu du 18), et prénomme le milieu amiénois El Hajjam « Gualid »   au lieu de « Oualid ». Des petits détails sans importance qui nous font plus sourire qu’autre chose.

A l’inverse du Parc des Princes, le stade est loin de faire le plein, mais l’ambiance est néanmoins au rendez-vous, assurée par un noyau dur de supporters présents à chaque rencontre. Dès le coup d’envoi, le ton est donné par le leader du Kop, armé d’un mégaphone qui rappelle aux supporters que « le club est premier et qu’ils ne doivent rien lâcher ». L’ambiance est bon enfant, et les chants retentissent au cœur d’un stade qui sonnerait bien vide sans eux.

Ambiance en tribune lors de PFC/Amiens

Durant le match, ces derniers n’hésiteront d’ailleurs pas à passer des messages de soutien à leurs homologues toulousains et montpelliérains en rendant hommage à Brice Taton, supporter du TFC décédé il y a 5 ans, et à Casti, ultra montpelliérain ayant perdu l’usage de son oeil droit après un tir de flash-ball des forces de l’ordre il y a deux ans.

Sur le terrain, le PFC domine totalement le début de rencontre et va rapidement être récompensé grâce un penalty transformé par Ech-Chergui (25ème) après une grosse erreur défensive d’Heloise, le défenseur amiénois. Tout le monde exulte et le stade se libère. Tous ? Non. Un irréductible amiénois déverse une haine que l’on peut facilement entendre sur la vidéo du but ci-dessous. Bon allez je vous révèle la surprise : il s’agit bien entendu de CeeSnipes, mon acolyte d’un soir et spécialiste du football batave sur TLMSF, qui en plus d’être fan de Feyenoord est un fervent supporter d’Amiens.

L'ouverture du score sur penalty de Ech-Chergui

Et la soirée va devenir cauchemardesque pour notre supporter amiénois. Juste avant la mi-temps, le même Heloise va se trouer et offrir sur un plateau le deuxième but au PFC par l’intermédiaire de Keita. Cette fois-ci c’est bon, le PFC va garder sa place de leader, on en est sur. Sauf que dès le retour des vestiaires, un missile des 25 mètres du milieu amiénois Beynie va venir glacer les tribunes de Charlety et réchauffer le cœur de CeeSnipes. Heureusement pour les parisiens, Amiens va se montrer bien trop timide durant le reste du match, et encaisser un troisième but logique à 15 minutes du terme par Ech-Chergui qui réussit le doublé. Le match se finit sur le score de 3-1 pour le PFC, un résultat amplement mérité tant les amiénois ont été fébrile défensivement et inconsistant dans le jeu ce vendredi.

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CECI N’EST PAS UN EXERCICE, JE REPETE, CECI N’EST PAS UN EXERCICE, CEESNIPES PREND LE CONTRÔLE DE CET ARTICLE.

Ce n’était pas une découverte pour moi, la tribune de presse, j’avais pu en profiter une fois grâce aux amis d’Outsider. Il en reste que ce PFC – Amiens, c’était mon rendez-vous de l’année, le grand moment de football que j’attendais, la deuxième vraie équipe parisienne (rangez votre Red Star pseudo-gauchiste de banlieusards) contre l’équipe qui me fait vibrer depuis 1999, privé de leur gardien titulaire Luca Veronese, suspendu hier. Non je ne me cherche pas d’excuses.

Julien vous a raconté un peu le match en restant correct et par un accord tacite, je suis censé l’être aussi. Toujours est-il que j’ai enfin pu profiter du bord du terrain en avant-match, avec un Christophe Taine confiant qui serrait des mains à tour de bras et un Raymond Domenech bien couvert alors qu’il ne faisait pas froid hier soir à Charléty, une première depuis 1924 pour un match du PFC. Hier soir, nous avions les conditions idéales pour un bon match de football.

Julien vous parlait de l’ambiance, moi je n’avais d’yeux que pour mon équipe, qui ne me l’a pas vraiment rendu. D’après les dires de David Ducci, directeur sportif, à la fin du match, Amiens ne l’a pas convaincu. Du tout. Ducci s’est quand même retenu d’utiliser le mot que j’ai le plus prononcé du match. Non ce n’est pas ”putain !”, c’était ”catastrophique”. Ce mot, en revanche, fut utilisé par Mathieu Dubrulle, le commentateur de France Bleu Picardie, que j’ai pu rencontrer à la mi-temps autour d’un succulent sandwich au jambon. Julien vous confirmera, je suis resté digne devant la présence du type que j’écoute tous les vendredis depuis bien longtemps. Pas de cris de groupie… On saluera quand même l’énorme prestation des joueurs du PFC, Abdoulaye Baldé compris malgré ses 4 occasions vendangées, et un arbitre qui a su ne pas se faire influencer par mes cris incessants et mes insultes répétées.

On passe sur la zone mixte où, à part l’immense Romain Poyet qui estime que la première partie de saison d’Amiens est un échec et le sympathique Idriss Ech Chergui qui nous faisait part de ses ambitions élevées pour le PFC, on n’a pas appris grand chose. On a fini par rentrer, la queue entre les jambes, attendant un an de plus pour le prochain PFC – Amiens, qui aura lieu en L2, ça on y croit.

Peut-être ne serons-nous plus en tribune de presse vu la vitesse à laquelle celle-ci se remplit une fois que le Paris FC enchaîne les bons résultats (étrangement, je ne reconnais personne de Déjérine), mais nous serons bien présents. Parce qu’après tout, l’AlterFoot, le Football Vrai comme on dit, ne se joue-t-il pas dans une tribune populaire peuplée de mecs paumés virés du Parc des Princes il y a quelques années, avec une Fricadelle dégueulasse et une Kro bien fraîche ?

Vive le football vrai, le football faux, vive Amiens, vivement un deuxième club professionnel à Paris, vive les belles soirées football d’automne comme celles-ci !

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