Gylfi Sigurdsson : l'Ange Blond

Alors comme ça, vous êtes tous passés à côté du phénomène de ce début de saison ? Qui êtes-vous pour ne pas avoir succombé à la Sigurdssonmania ? Vous pensez être au-dessus du lot c'est ça ? Pour vous l'Islande c'est une terre de pêche où on se les gèle, pas un endroit où une génération de talent brut est en train d'éclore ? Bah vous avez tout faux, et de très loin.

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Du coup, bande de veinards, je vais prendre un peu de mon temps pour vous présenter l'homme qui remet à la mode le poste de numéro 10. Celui éclaire le jeu par ses talonnades bien senties. Celui qui fait fondre le cœur des femmes au premier regard. Non, ce n'est pas Francesco Totti, ça aurait pu mais nous sommes dix ans trop tard faudrait arrêter d'hiberner.

Comme toutes les histoires, celle-ci a un début. Commençons donc par le commencement. Rien de moins évident parfois.

Ici, tout à débuté le 9 septembre 1989 à Reykjavík, date à laquelle le petit Gylfi Sigurdsson va convertir sa première occasion en profondeur. Bien lancé, il terminera son action en pleurs dans les bras d'une sage femme qui s'écroulera, comme touchée par la grâce. Certaines mauvaises langues diront plus qu'elle a été touchée au plexus. Pourtant, cette sérénité affichée des les premiers instants prouve déjà que le petit se destine à un grand futur.

Peu à peu, et bien aidé par le temps, l'enfant grandit. Jusqu'au jour où sa belle gueule d'ange va finir par culminer à 1m86, soit la parfaite distance pour que sa connexion cerveau/pied droit ait une efficacité maximale.  A 17 ans, alors qu'il distribuait les caviars (islandais) dans le club local de Breidablik il est repéré et engagé par Reading. Ces derniers dans le but de l'aguerrir aux futures joutes du football professionnel anglais vont d'abord le faire jouer pendant deux ans dans leur équipe U18. Émerveillés par tant de classe, les dirigeants lui font signer son premier contrat professionnel à l'été 2008. Il est immédiatement prêté à Shrewsbury Town. Pour son premier match, il ouvre son compteur face à Bournemouth. Ce sera son seul but avec le club. Le prêt n'étant que d'une durée d'un mois, il n'aura que le temps de participer à six matchs. A la non-trêve hivernale (nous sommes en Angleterre que diable!), il rejoint, toujours en prêt, Crew Alexandra. A peine deux jours après son arrivée au club il marque pour ses débuts lors d'une victoire 4-0 contre Brighton. Son prêt est finalement étendu jusqu'à la fin de la saison, il terminera avec 3 buts au compteur en 15 matchs. Nous pouvons donc affirmer que le génie se développe.

SIGURDSSON : HE SCORES WHEN HE WANTS

L'envol de l'ange :

La saison suivante sera celle de son explosion. Comme diraient certaines personnes « l'ange s'est envolé ». A seulement 20 ans sa saison est exemplaire. 16 buts, 9 passes décisives en 38 matchs de championnat. Un but, une passe dé' lors de son seul match de league cup. En plus de ces performances affolantes, il participe à l'épopée de Reading en FA cup. Lors de ce parcours, le club va sortir Liverpool à Anfield lors d'un replay, puis Burnley (alors en Premier League), West Bromwich chez eux lors d'un nouveau replay. Finalement, Reading s'inclinera 2-4 à domicile face à Aston Villa lors des quarts de finale. Gylfi marquera 3 buts lors de cette campagne, tous d'une importance capitale. Il plante l'égalisation sur pénalty à Liverpool lors du temps additionnel. Il sera ensuite le seul buteur du match face à Burnley (87'). Enfin, c'est lui qui offre la victoire face à WBA dans le temps additionnel. Un véritable homme providentiel.

Lors de cette saison, Sigurdsson sera nommé joueur du mois de janvier en championship. Les supporters l'éliront même joueur de Reading de la saison. Fort de ces performances, il signe en mai un contrat le liant pour 3 ans au club anglais.

La célébration du but à Liverpool

La saison 2010-2011 débutera sur les mêmes bases : premier match et premier but contre Scunthorpe. Finalement il ne jouera que 4 matchs (deux buts) pour Reading cette saison-là. Son niveau de jeu ayant attiré un bon nombre de clubs de Premier League et de première division dans d'autres pays, il est transféré au TSG Hoffenheim 1899 à la fin de l'été. C'est un record de vente pour le club qui laisse partir l'islandais pour plus de 6M£. Une fois encore, le bel homme va parfaitement s'adapter à son nouveau club. Dès sa deuxième apparition il marque un splendide coup-franc face à Kaiserslautern. Au total, il participera à 32 matchs toutes compétitions confondues avec Hoffenheim cette saison-là. Malgré seulement 13 matchs disputés en tant que titulaire, il trouvera quand même le moyen de marquer 10 fois et de délivrer 3 passes décisives. Quel bel homme. Une fois de plus, les supporters l'élisent homme de la saison. Une preuve de plus que le bon goût est international.

Le retour en Premier League :

 

Pourtant, l'impensable va se produire. Marco Pezzaiuoli, alors entraîneur intérimaire, va laisser sa place à Holger Stanislawski. Ce dernier étant aveugle et sourd (je ne vois que ça pour comprendre le « pourquoi du comment » de cette situation), il va laisser Sigurdsson cirer le banc pendant 6 mois. A peine 7 apparitions avant que Swansea, meilleur club gallois, ne propose un prêt avec option d'achat. Alors coaché par Brendan Rogers, le promu enchaîne les belles performances. L'arrivée de Gylfi dans ce club est la cerise tactique sur le gâteau.

Je m'explique rapidement : le club est remonté de la sixième division anglaise à la Premier League grâce à une identité de jeu. Tous les entraîneurs du clubs (Roberto Martinez aujourd'hui à Everton, Brendan Rogers aujourd'hui à Liverpool..) ont constitué leur effectif autour d'un 4-2-3-1. L'arrivée de Sigurdsson va permettre à l'équipe de disposer d'un véritable numéro 10. Créateur, passeur, buteur, c'est exactement le rôle qui convient à l'islandais. Une fois de plus ses débuts sont fracassants. Pour son premier match (entrée à la mi-temps), il réalise sa première passe décisive en offrant le but de la victoire contre Arsenal (3-2). La suite de ses performances sera tout aussi exceptionnelle. 18 matchs, 7 buts, 5 passes décisives, il sera élu meilleur joueur de Premier League pour le mois de mars.

Tout cela sera suffisant pour convaincre les gallois de  faire une offre de 6.8M£. Malheureusement, le départ de Brendan Rogers pour Liverpool fera capoter le transfert et c'est Tottenham qui s'offrira les services du joueur pour 8.8M£. Les deux saisons suivantes seront difficiles pour Sigurdsson. Il faut dire que l'instabilité chronique qui caractérise le club londonien n'aidera en rien son adaptation. En deux saisons, il réalisera 83 apparitions (pour une moyenne de 50' jouées par match), il marquera 13 buts et fera 9 assists.

Finalement, ce sera un nouveau changement d’entraîneur qui relancer sa carrière : la nomination de Garry Monk à la tête de Swansea. Le nouveau coach ayant été coéquipier de Gylfi lors de son premier passage au Pays de Galles, il connaît ses qualités de meneur de jeu. Gallois et londoniens vont alors s'entendre sur un transfert un peu particulier : le jeune espoir gallois Ben Davies et un peu de liquidités contre l'islandais. On peut ainsi estimer le transfert autour des 8.5M£.

Et pourquoi changer les bonnes habitudes, premier match officiel avec le club et premier double-double. Un but, une passe décisive et voilà Manchester United qui perd son premier match d'ouverture à domicile depuis 1972. La suite ? 7 autres passes décisives qui sont là pour faire briller les coéquipiers et propulser Swansea aux portes de la zone Europe.

Pour les gens qui auront loupé son coup-franc fabuleux contre Arsenal, je n'ai qu'une chose à dire : je pose ça là.


Pendant ce temps, inutile de préciser que l'homme est international islandais. Comme sa sélection il est d'ailleurs en feu depuis le début des qualifications pour l'Euro 2016. Buteur lors des trois matchs déjà disputés, il a même marqué un doublé lors de la victoire de prestige face aux Pays-Bas. C'était ses 8e et 9e buts en 37 sélections.

Voilà pour la présentation du génie islandais, quand j'aurais le courage je vous ferais une explication tactique de son apport en tant que numéro 10. Parce qu'il y a beaucoup à dire et le sujet est particulièrement intéressant. En attendant, je vous laisse admirer sa vision du jeu fantastique dès ce week-end face à West Ham.

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