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Liga MX: l'América champion au mental !

Réduits à 8 dès la 70ème minute, les Tigres ont craqué dans un match qui s’est d’avantage joué dans les têtes qu’avec les pieds. L’América, qui va se séparer de son entraîneur argentin Antonio « El Turco » Mohamed devient le club le plus titré du football mexicain avec 12 titres.

"El Tuca" Ferretti, le coach des Tigres avait brillamment permis à son équipe de remporter le match aller au Stade Universitaire de Monterrey. Gonflés à bloc et aidés par 45 000 âmes en furie, les Tigres avaient réussi à endormir les joueurs de la capitale avant que Joffre Guerron ne marque de la tête à l’heure de jeu. Cet unique but avait clos un match bien maîtrisé par les milieux de terrains auriazules que sont Jose Torres et l’international uruguayen Egiodio Arevalos Rios. En fin tacticien, "El Tuca" avait placé son équipe dans de parfaites dispositions avant d’aborder le match retour à l’Azteca. Le coach brésilien est à la Liga MX ce que Mourinho est à l’Angleterre, en terme de rigueur et choix tactiques.

100 000 billets vendus en 9 minutes

Il aura fallu 9 minutes pour que les quelques 100 000 places de l’Estadio Azteca se vendent, en début de semaine. Ce dimanche, autour du temple du football mexicain, un dispositif de sécurité impressionnant a été déployé. 20 000 supporters des Tigres ont investi la capitale mexicaine pour soutenir leur équipe et la masse humaine a fait irruption dans les gradins 3 heures avant le match pour ne pas entrer directement en contact avec le peuple de l'América. Le décor était planté, ne manquait plus que les acteurs pour que la fête soit parfaite. Antonio Mohamed, le coach de l’América avait prévenu, suite au match aller: « dimanche,100 000 personnes soutiendront nos aigles et on espere que ce nombre sera un poids important au même titre que le fut El Universitario ce jeudi ». Aussi, cette finale était une revanche personnelle pour "El Turco", en froid avec sa direction. En effet, celle-ci aurait commencé à sonder d'autres coaches le mois dernier. Celui qui va quitter son poste d’entraîneur de l’América rêvait de réaliser son souhait le plus cher: remporter le trophée final face à son public pour son dernier match à la tête de l’América.

L'invasion des supporters Tigres source: Récord

L'invasion des supporters Tigres

Pour cela, les Americanistas se devaient de déployer un jeu plus lécher et surtout d’être plus entreprenants qu’à l’aller où les occasions en leur faveur se comptaient sur les doigts d’une seule main. Aussi, dès le début du match, la pression de l’Azteca s’est faite sentir sur les Tigres qui ont abandonné la possession aux locaux qui ne demandaient pas tant. Frileux, "El Tuca" Ferretti avait pourtant dominé mentalement et tactiquement le match aller. Mais sur ce match retour, l’approche mentale et tactique a été catastrophique. La première mi-temps a finalement accouché d’un but à la 36ème minute: Michael Arroyo a récupéré un ballon aux 30 mètres, a pris la défense féline de vitesse avant de placer une minasse imparable pour Nahuel Guzman, le portier des Tigres. Logique, l’ouverture du score de l'América laissait place à un suspens des grands soirs. A 1-1 sur l’ensemble des deux matches, les Tigres pouvaient encore espérer une victoire finale, mais pour cela, il fallait absolument inscrire un but. Au retour des vestiaires, Guzman a retardé l’échéance après une tête à bout pourtant d’Oribe Peralta. Puis sur un nouveau coup de pied arrêté, le central Pablo Aguilar a doublé le score (2-0, 61ème, 2-1 sur l’ensemble des deux matches).

Peur bleue, lasers verts et cartons rouges

Ce coup de tête a été une vraie bouffée d’air frais pour les joueurs de l’América. Dans ce match tendu, ils n’ont jamais réellement tremblé. Au contraire, ce sont les Tigres qui, en plus de n’être que peu dangereux, n’ont jamais réussi à maitriser les événements et les faits de jeu. La peur de subir les assauts azulcremas, probablement, mais surtout l’incapacité à gérer le score du match aller, comme le cul entre deux chaises. La pression de l’Azteca et ses 100 000 aficionados n’a probablement pas non plus joué en faveur des joueurs de Monterrey, dont les 20 000 supporters se faisaient à peine entendre. Les lasers de couleur verte, probablement achetés pour l’occasions se comptaient par centaine, et laissaient croire à une nouvelle forme de varicelle couleur émeraude ayant touché les joueurs des Tigres et même l’arbitre, l'obligeant même à interrompre durant quelques minutes la partie. En somme, tous les facteurs étaient réunis pour que les joueurs auriazules perdent les pédales. et c’est ce qui s’est produit.

Michael Arroyo porté en triomphe par son capitaine Miguel Layun

Michael Arroyo porté en triomphe par son capitaine Miguel Layun

Suite au second but, "El Tuca" Ferretti a procédé à son second changement. Sur un corner des Tigres, le milieu récupérateur, José Torres a laissé sa place à Hernan Dario Burbano, un ailier colombien virevoltant. Mal tiré, ce coup de pied arrêté a laissé place à un contre express des joueurs de l’América où Miguel Layun est parti seul face au but. Dans un geste de désespoir, celui qui venait de faire son entrée sur la pelouse aztèque a accroché le latéral de la sélection mexicaine, le faisant tombé lui et son équipe dans les profondeurs de ce match. Rouge. Direction le vestiaire pour Burbano qui aura joué 30 secondes durant cette finale. Rapidement, un hashtag #CosasQueDuranMasTiempoQueBurbanoEnLaFinal - #CeQuiDurePlusQueBurbanoDansLaFinale en VF- s’est lancé sur Twitter, au grand dam des aficionados des Tigres qui sentaient que la finale échappait à leur équipe (63ème).

La victoire d’El Turco

Trois minutes plus tard, Damian Alvarez, capitaine d’un soir, s’est lui aussi fait sortir pour une gifle alors qu’il tentait un débordement sur l’aigle gauche. Réduits à neuf, la mission  devenait presque impossible. Puis cinq minute plus tard, le gardien Nahuel Guzman a reçu un second jaune pour avoir taclé un joueur americanista alors que l’arbitre avait déjà sifflé un hors-jeu. En dix minutes, les Tigres venaient de prendre un but et trois cartons rouges. A huit, et sans leur gardien providentiel, les Tigres ont perdu leur finale au mental. Oribe Peralta a donné plus de consistance à la victoire de l’América sur une belle frappe à l’entrée de la surface (3-0, 77ème), que les 80 000 supporters ont commencé à fêté bien avant la fin de la partie.

Au coup de sifflet final, "El Turco" Mohamed a célébré comme un gamin le trophée. fier d’avoir apporté ce que les dirigeants lui avaient demandé. Cette victoire, dit-il, est pour le public et le peuple americanista. En réalité, ce trophée est comme un doigt d’honneur adressé à ses dirigeants. Filmant la scène de la remise du trophée avec son Iphone, on pouvait lire dans ses yeux quelque chose comme « vous vouliez le titre, vous vouliez devenir le club le plus titré du football mexicain ? Et bien voilà, ciao, à plus. ». Avec la clôture de cet Apertura 2014, l’América remporte son 12ème titre et devient le seul club le plus titré du pays, juste devant leurs ennemis juré, les Chivas de Guadalajara. A la fin du match, l'Azteca ne s'est pas trompé, et a célébré son titre ainsi, au son des " Olé, olé olé, olé, Turco, Turco ! Olé, olé, olé, olé, Turco, Turco !"  Que viva el futbol.

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