Coupe d'Asie 2015 : Retour sur les quarts

Après un premier tour sans réelle surprise mais sans matches nuls et franchement plutôt fun, c’était le temps des quarts de finale pour la Coupe d’Asie, jeudi et vendredi matin. Corée du Sud – Ouzbekistan, Chine – Australie, Iran – Irak et Japon – Emirats Arabes Unis. Quatre vraies oppositions de style.

La Corée à l'expérience

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Accrocheurs mais vaincus, bravo aux Ouzbeks.

 

Ce Corée du Sud – Ouzbékistan était sur le papier un match alléchant, avec deux bonnes équipes qui n’avaient pas semblé donner leur pleine mesure pendant la phase de poules et qui n’attendaient que les matches à élimination directe pour se donner à fond. On a donc vu un match extrêmement tactique, puisqu’on voulait voir du spectacle. Bien évidemment, ce n’était pas le meilleur match de la Coupe, mais on a vu deux équipes très bien en place même avec une réelle domination coréenne. Cependant, l’absence de Koo Ja-Cheol se fait un peu sentir et ses compatriotes manquent de réussite, de chance et de créativité sur l’ensemble des 90 premières minutes. N’oublions cependant pas de signaler l’énorme match du portier ouzbek Ignatiy Nesterov et la blessure à la demi-heure de jeu du meilleur joueur de l’équipe Odil Ahmedov.

Après une phase de poules sans matches nuls, il était évident que nous allions bouffer de la prolongation dès le premier quart et ça n’a pas loupé. La Corée pousse mais Nesterov ne rompt pas jusqu’à la 104e minute et l’ouverture du score par l’excellent Heung-Min Son, peu après une occasion vendangée par ses soins (et quelques tweets le dénigrant sur Twitter, à croire que…). L’Ouzbékistan n’abandonne pas, mais se fait piéger en contre, à la suite d’une magnifique percée de l’increvable Cha Du Ri, qui sert Son dans la surface à la 119e, pour que ce dernier cale une grosse minasse sous la barre. (2-0), qualification de la Corée, qui jouera l’Irak lundi matin à 10h. Notons aussi qu’ils n’ont perdu aucun joueur, cette fois-ci. Bon signe.

Tim Cahill = Parker Lewis ?

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Le fair-play, cette notion inconnue des Australiens.

 

Parker Lewis, c’est un bon nom d’Australien, vous ne trouvez pas ? Il collerait parfaitement à Tim Cahill tant il est synonyme de bonheur pour les fans Australiens. C’est effectivement lui qui, d’un doublé, qualifie son pays pour les demi-finales de sa Coupe d’Asie. Affrontant une Chine extrêmement décevante après une phase de poules remarquable, ils ont totalement fait oublier la déconvenue du dernier match face à la Corée. C’est bien simple : hormis deux ou trois courses maladroites du Maradona chinois Wu Lei (même si nous le rapprocherons plus d’un Freddy Adu qui aurait réussi), les hommes d’Alain Perrin n’ont jamais été dangereux et le match s’est transformé en une attaque défense avec des Australiens peu inspirés devant, butant sans cesse sur l’exceptionnel Wang Dalei, une des grosses satisfactions du tournoi côté Chinois. On peut expliquer cela de deux manières : le milieu de terrain chinois complètement dépassé par des Australiens surmotivés et surtout une composition de départ aberrante d’Alain Perrin, pourtant responsable du retour en grâce de la sélection depuis quelques mois.

Comme dit en préambule, c’est Tim Cahill qui libère les siens à la 49e minute d’un retourné aussi surprenant que traitre pour le grand Wang Dalei, alors que Ren Hang se roulait de douleur à quelques centimètres. En revanche, le deuxième but de Tim Cahill (de la tête bien évidemment) n’est entaché de rien du tout et consacre un match parfaitement bien géré par les Australiens (2-0). Alain Perrin tente de réagir trop tard en lançant Yu Hai et Yang Xu dans les 20 dernières minutes, mais malgré quelques occasions, les Chinois ne trouvent pas la faille. Quand on voit que Yu Hanchao et surtout Gao Lin sont restés sur le banc alors que Ren Hang et Cai Huikang absolument horribles tous les deux ont joué 90 minutes… L’Australie affrontera donc les Emirats Arabes Unis pour leur demi-finale.

L'Irak au bout de la folie

Iraq-beat-Iran-by-7-6-in-quarterfinal-to-qualify-for-semifinal-of-asian-cup-2015On avait du mal à s'emballer pour les deux quarts de finale de ce vendredi 23 Janvier tant ceux-ci semblaient les plus déséquilibrés du tableau final. Surtout alors que la compétition ne nous avait offert aucune surprise depuis le coup d'envoi de celle-ci. Mais ce fut en fait le jour où tout a basculé...

Dans un duel très chaud sur le papier et en tribunes, l'Iran fort de son costume de favori réalise une entame de match idéale en ouvrant la marque d'une jolie tête de Sardar Azmoun à la 24ème minute. On se dit alors que ça va être long pour l'Irak mais les faits de jeu allaient en décider autrement. Juste avant la mi-temps, l'arbitre de la rencontre, l'australien Ben Williams, donne un carton jaune pour le moins sévère à Merhdad Pooladi... Oubliant qu'il s'agissait du deuxième pour l'iranien. Laissant alors les siens a 10 contre 11. L'Irak en profite pour égaliser à la 56ème par Ahmed Yasin. Cela est suivi cinq minutes plus tard d'un autre coup du sort contre l'Iran avec la sortie sur blessure de Azmoun. Malgré cela, les iraniens s'accrochent et décrochent les prolongations sur ce 1-1. C'est là que la folie commence.

FBL-ASIA2015-IRI-IRQLa fatigue physique et la désorganisation sont compensées par le coeur et la fierté des deux camps. pour nous offrir 30 minutes de football brut. L'Irak prends les devants à la 93ème minute par son capitaine Yunis Mahmoud passé sur le coup en mode renard des surfaces. L'Iran remets la pression et s'appuie sur ses forces sur coup de pied arrêtés. Sur l'un d'entre eux le latéral droit Morteza Pouraliganji égalise d'un maître coup de tête (103ème minute). 2-2 au changement de côté. Et on garde le même rythme après cela. L'Irak obtient un penalty indiscutable que transforme Dhurgham Ismael. On joue la 116ème minute alors, mais sur l'engagement l'Iran gratte un corner. Le gardien iranien Haghighi monte pour faire le nombre et au bout d'un superbe bazar c'est Reza Ghoochanehjad qui égalise une fois encore !

On en restera là dessus et à la loterie des penaltys c'est l'Irak qui passera (7-6). C'est au final très dur pour une équipe iranienne qui a montré plus de qualités footballistiques que son adversaire du jour. Mais le football n'est pas toujours une science exacte et les faits de jeu sont là pour nous le rappeler... A contrario l'Irak disputera la demie-finale face à la Corée du Sud, sans que personne ne pouvait les imaginer à ce stade il a encore deux semaines de ça. On a du mal à imaginer une issue heureuse pour eux. Comme pour ce quart de finale en somme. Ok je me tais donc.

Le séisme émirati

UAE

Les statistiques dans le football je trouve que c'est nul. Mais là il y en a tout de même une qui est très forte et qui donne une idée du match que se sont livrés japonais et émiratis. 35-3. C'est le nombre de tirs des deux équipes au bout des 120 minutes de jeu. Oui presque 12 fois plus de tirs côté nippon. Et oui c'est les EAU qui sont qualifiés pour les demies-finales. Alors que s'est-il passé?

Si le Japon s'est crée la première occasion du match après 50 secondes de jeu et une jolie frappe d'Inui mise en corner par le portier, les EAU ont néanmoins démarré fort ce match. Ali Mabkhout est recherché en permanence dans la profondeur et lors de sa seconde opportunité il ouvre la marque d'une belle frappe croisée du droit (1-0, 7ème minute). Et a partir de là le plan de jeu émirati va quelque peu changer. Finies les prises d'initiatives, le bus est garé dans leur surface, et place à l'attente. La maîtrise du ballon est totalement japonaise. Mais à l'inverse des matchs de poules, celle-ci est tout à fait stérile. Le temps passe et le nombre de tirs ne fait pas le nombre d'occasions. C'est au final à la 81ème minute que le coffre fort est percé. Le grand espoir Gaku Shibasaki s'appuie sur Honda pour le une-deux avant d'envoyer sa frappe des 20 mètres dans le petit filet émirati (81ème minute). Ce but libère les hommes de Javier Aguirre. Mais ni Yohei Toyoda ni Shinji Kagawa, pourtant en positions idéales, ne peuvent trouver le cadre avant la fin du temps réglementaire. (1-1) donc, et troisième prolongation de ces quarts de finale.

kagawaLes prolongations ne seront pas palpitantes. Car Yuto Nagatomo, excellent tout le tournoi, se blesse. Les trois changements étant depuis longtemps faits, l'intériste ne peut être remplacé et finit donc le match en restant dans son camp, pouvant à peine trottiner. Dans les faits le Japon joue à 10, mais les EAU ne quitteront malgré cela jamais leur moitié de terrain. C'est donc après 30 minutes de quasi non jeu que la séance de tirs au but est déclarée. Keisuke Honda, premier tireur, envoie le sien bien au dessus. Lui qui en avait marqué deux en poules. Sans conséquence puisque son homologue émirati fait de même peu après. Egalité après 5 tireurs. Pour la mort subite, c'est Shinji Kagawa qui s'y colle. Et comme un symbole cruel de sa perte de confiance et d'influence le meneur du BVB trouve le poteau. Et offre une occasion en or aux EAU de filer en demie-finale. Elle ne sera pas gâchée.

Le tenant du titre et grand favori à sa succession (avec l'Australie) est donc éjecté de la compétition dès les quarts de finale. Une première depuis 1996... La gestion d'effectif de Javier Aguirre fait l'objet de toutes les critiques. Il est difficilement imaginable pour un sélectionneur avec de l'expérience (parait-il) de ne jamais ménager ses joueurs importants lors d'un premier tour facile. Et bien c'est pourtant ce qu'a fait le mexicain. Il aura aligné quatre fois le même onze de départ en autant de rencontres malgré le fait que certains sortent de saisons chargées. Ajoutées à des conditions météo chaudes et exigeantes, il n'est pas très étonnant d'avoir vu des joueurs comme Nagatomo ou Okazaki blessés lors du quart de finale ou simplement exténués comme l'a été Yasuhito Endo. Trois des joueurs les plus en forme lors du premier tour pourtant... Aguirre devra répondre de tout cela. En attendant son procès en Espagne pour une affaire de matchs truqués lors de son passage à Saragosse il y a bientôt 10 ans. Autant dire que son avenir à la tête du Japon est pour le moins compromis.

De leur côté, les EAU écrivent une belle page de leur histoire et confirment l'émergence de leur belle génération menée par le sélectionneur Mahdi Ali. Ils atteignent le carré final de la compétition pour la première fois depuis 1996 (décidément). A cette époque ils avaient même finis finalistes. Présage? Ça sera compliqué. Parce que leur opposant australien n'aura pas eu à faire de prolongation face à la Chine et a un jour de plus de récupération. Sans parler de leur niveau intrinsèque, sur le papier supérieur. Mais bon, depuis ce jour, ce n'est pas forcement là dessus que ça se joue dans cette Coupe d'Asie !

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