Aris Salonique : De l'Europa League à la D3

1er décembre 2010.
L'arbitre croate Ivan Bebek siffle la fin du match. Le ballon devient mort sur la pelouse de Vincente Calderon.
L'Aris Salonique l'emporte 3-2 face à l'Atlético Madrid notamment grâce à un but de Nikos Lazaridis profitant d'une véritable partie de ping-pong dans la surface de réparation madrilène pour ajuster David De Gea. Le club, entraîné par l'argentin Hector Cuper, devient la première équipe grecque à s'imposer, à l'extérieur, contre une équipe espagnole en compétition officielle. Ce cinquième match du groupe B est le tournant de la phase de poules. Les deux équipes sont à égalité de point, derrière le Bayern Leverkusen mais Madrid est devant grâce à une meilleure différence de but (+2 contre 0). Cette précieuse victoire permet à l'Aris de toujours croire en une qualification.
Deux semaines plus tard, ils s'imposent 2-0 face aux Norvégiens de Rosenborg, notamment grâce à un but du Sénégalais Ricardo Faty, et profitent du nul de Madrid contre Leverkusen, pour coiffer les Espagnols au poteau et se qualifier pour les seizièmes de finale. L'Aris tombe sur Manchester City. Après un courageux match nul 0-0 à la maison, Hector Cuper est limogé par la direction du club. Remplacé par Giannis Michalitsos qui assure l'intérim, le miracle ne se reproduit au match retour et les Citizens ne font pas de détails : 3-0. C'est la dernière fois que les jaunes et noirs volent dans les étoiles.

Le Stade Kleánthis-Vikelídis, terrain de l'Aris FC. Crédits : www.arisfc.gr

Le Stade Kleánthis-Vikelídis, terrain de l'Aris FC.
Crédits : www.arisfc.gr

L'Aris Salonique est un club assez populaire au moment de cette surprise. Trois fois champion de Grèce dans les années 40-50, le club jouit d'une bonne réputation et d'une petite expérience au niveau européen.

La crise économique touche le football grec assez durement. L'un des cas les plus emblématiques est celui de l'AEK Athènes qui partagent les mêmes couleurs que l'Aris. L'AEK Athènes, considéré comme un poids lourds du championnat derrière l'Olympiakos et le Panathinaikos, est marqué par les problèmes financiers et doit vendre et faire des économies avant le début de la saison 2012-2013. Cependant, la jeunesse et l'inexpérience de l'équipe ainsi que des soucis extra-sportifs conduisent le club a être relégué à la fin de la saison. Un véritable électrochoc pour cette équipe qui est déclaré en état de faillite et redémarre en troisième division.

L'élimination de l'Aris Salonique face à Manchester City constitue un point de rupture. Malgré ses résultats prometteurs, les coéquipiers de Michalis Sifakis ne parviennent pas à confirmer. Ils terminent sixième de l'exercice 2010-2011, à deux points d'une place qualificative pour l'Europe. Cette déception est suivie d'une saison très difficile. Victime de soucis financiers, le club demande à ses joueurs de l'aider à survivre et ne verse plus une partie des salaires, tentant de trouver des compromis avec certains joueurs importants. L'objectif d'une qualification européenne s'éloigne du fait de multiples contre-performances. Une grève de deux jours frappe le club, les joueurs refusant de s'entraîner pour pouvoir discuter avec leurs dirigeants, certains joueurs ne percevant plus aucun salaire. Pour sa première saison à l'Aris, le franco-algérien Karim Soltani doit regretter son départ de l'Iraklis. Il n'y restera qu'une saison. Cet exercice est couronnée d'un retrait de trois points après des incidents lors d'un match face à l'Asteras Tripolis où un arbitre est touché par une bouteille en provenance des tribunes. Le match est également déclaré perdu sur tapis vert 3-0. Au final, l'Aris termine à la neuvième place, bien loin des places européennes. Beaucoup de joueurs importants de l'équipe, comme Ricardo Faty, Nelly Castillo, Francis Dickoh ou encore Neto décide de quitter le navire. Rares sont ceux comme Kostas Kapetanos qui restent après cette saison en enfer.

L'équipe de l'Aris FC lors de la pré-saison 2011-2012. Crédits : www.arisfc.gr

L'équipe de l'Aris FC lors de la pré-saison 2011-2012.
Crédits : www.arisfc.gr

L'équipe redevient un club grec basique, avec un effectif plutôt jeune encadré par des vétérans comme Daniel Aganzo ou encore Ruben Pulido. L'entraîneur Makis Katsavakis démissionne en octobre 2012, soit quelques semaines après le début du championnat. Après un intérim assuré par un binôme d'adjoints, c'est Lucas Alcaraz, ancien entraîneur du Recreativo et du Racing Santander, qui est nommé. Cependant, les mauvais résultats persistants entraînent sa démission un peu moins de deux mois après son arrivée. L'équipe est alors quatorzième, aux portes de la relégation. Giannis Michalitsos, assure l'intérim, pour la troisième fois de sa carrière, mais là non plus les choses ne s'arrangent pas et le club entre dans la zone rouge. Soulis Papadopoulos, fraîchement libéré de l'Olympiakos Volou, est nommé et termine la saison. Salonique arrache son maintien, notamment grâce à David Aganzo, et termine treizième, à six points du premier relégable... l'AEK Athènes. Sur cette saison chaotique, le club connaît cinq entraîneurs.

Toutefois, l'échéance n'est que retardée pour Salonique. La saison suivante voit les mêmes problèmes ressurgir. Le club perd ses trois premiers matchs de sa saison, entraînant le départ de Giannis Chatzinikolaou et l'arrivée du serbe Zoran Milinkovic, ayant joué pendant deux saisons à Nice. Le club est bon dernier et doit attendre la septième journée pour décrocher son premier succès face au Panionios. Après une seconde victoire contre Veria, l'Aris plonge dans une terrible spirale de seize matchs sans victoire (neuf défaites et sept nuls). A partir de la mi-décembre 2012, le club retourne au dernier rang de la Superleague et n'y bougera plus. Le retour de Soulis Papadopoulos n'y changera rien. David Aganzo reste muet devant les cages et Michalis Manias tente d'être la locomotive de l'équipe sans y parvenir. Le 26 mars 2014, après une défaite 2-0, sur sa pelouse, face à l'Ergotelis, l'Aris FC est officiellement relégué en deuxième division, le lendemain des célébrations du centenaire du club !

Papadopoulos est limogé quelques heures après cette annonce et Giorgos Foiros, ancien grand joueur, avec plus de 300 rencontres, et entraîneur, reprend les rênes.  Aris termine dernier de la saison 2013-2014 avec 22 petits points (environ 0,58 point par match), 26 buts inscrits (pire attaque du championnat) et 53 buts encaissés. Cette saison entraîne un vaste mouvement de protestation de la part des supporters du club contre Lambros Skordas, le président de l'équipe, désigné comme le responsable de la situation.  L'après-saison est mouvementé et la direction temporaire de Skordas est dissoute. La nouvelle direction décide alors de descendre, non pas en seconde, mais en troisième division (au niveau amateur) en septembre 2014 pour tenter de retrouver un équilibre dans ses comptes.

Jouant dans le groupe A de la Football League 2, Aris commence la saison comme grand favori et s'impose comme l'un des ténors du championnat, en lutte avec le Panserraikos pour la première place, synonyme de promotion en deuxième division. Toutefois, cela n'empêche pas de nouveaux contentieux en coulisses. L'entraîneur Dimitris Kalaitzidis décide de démissionner après que le président par intérim, Giorgos Galanos, ai fait signé le défenseur Spyros Gogolos. Non consulté pour ce choix, Kalaitzidis se sent trompé et quitte le club à la fin du mois d'octobre 2014. Aris tentera de trouver la bonne recette avec le coach brésilien Paulo Campos ou encore le chypriote Sinisa Dobrasinovic mais rappelle, avec un nouveau président, Dimitris Kalaitzidis en février avec pour objectif de décrocher la montée.

Aujourd'hui, Aris se trouve en deuxième position, à un point de Panserraikos. Il reste encore trois matchs aux coéquipiers du français Gael N'Lundulu pour espérer envisager un renouveau sur le plan sportif. Et qui sait, retrouver les étoiles qui ont tant fait vibrer le Stade Vikelidis.

1 comment

  1. T-Brawl 30 avril, 2015 at 17:05 Répondre

    On notera, pour l’anecdote, que l’Aris Salonique est invaincu en coupe d’Europe à domicile depuis 1968 (26 rencontres dont la Roma, l’ASSE ou Benfica en plein des clubs que vous avez mentionné). Petit record qui tiendra le plus longtemps possible, je l’espère pour eux.

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