Le transfert chaotique de Stélios Venetídis

Lorsque nous sommes en plein mercato, un effectif ou même un club peut se retrouver chamboulé par les différents départs et arrivés. Les transferts sont sujets à débat. Lorsqu'un joueur important d'une équipe s'en va, qui plus est pour l'ennemi, il n'est pas rare que les supporters expriment leur mécontentement. Au début des années 2000, Internet est à ses balbutiements, les réseaux sociaux n'existent pas et il était très difficile de se faire entendre directement. Que faire dans ce cas ? Ecrire ? Manifester ? Les supporters du PAOK Salonique ont préféré opter pour une manière moins catholique.

TLM S'en Foot vous propose de découvrir l'un des transfert les plus mouvementé du mercato estival 2001 en Europe à savoir celui de Stélios Vénetidis, qui prendra la route de l'Olympiakos après deux saisons au PAOK.

Stélios Venetidis est un arrière gauche, né à Larissa, en plein milieu de la Thessalie. Formé à l'Oréstis Orestiádas, il commence sa carrière en troisième division lors de la saison 1994-1995 où le club manque de décrocher la promotion, terminant troisième du Groupe Nord, à six points du leader Kastorias et quatre de l'Athlitikos Trikala, deuxième. La saison suivante, le club a moins de réussite et se débat dans le ventre mou du championnat. Venetidis ne reste pas longtemps sur cette deuxième saison, ne jouant que six matchs avant de prendre la direction du Skoda Xanthi, évoluant parmi l'élite du football grec. Dès son arrivée, il est propulsé comme titulaire sur le côté gauche et va s'imposer comme l'un des piliers de cette équipe pendant quatre saisons.

En 1999, sa carrière arrive à un tournant. Il est transféré au PAOK et fait ses débuts en équipe nationale, sous la direction de Vassilis Daniil, le 20 août 1998, remplaçant Manólis Dermitzákis à la mi-temps d'un match amical contre le Salvador. En club, la greffe est réussie et le joueur parvient à évoluer au sein d'une défense composée du capitaine Tasos Katsabis au centre et du russe Omari Tetradze, à droite, qui arrive la même année que Venetidis, en provenance de la Roma.

Pendant deux saisons, le PAOK tente de jouer les premiers rôles mais termine derrière les grosses cylindrées du championnat, à savoir l'Olympiakos, le Panathinaïkos et l'AEK. Le 12 mai 2001, il remporte son premier titre en professionnel, à savoir la Coupe de Grèce au terme d'une démonstration de force 4-2 face au Pirée. Mais l'arrière gauche va recroiser les joueurs du port d'Athènes.

Dusan Bajevic, lors d'un entraînement de l'Atromitos, en 2012 / Crédits : onsports.gr

Dusan Bajevic, lors d'un entraînement de l'Atromitos, en 2012. Crédits : onsports.gr

L'Olympiakos propose au club de Salonique de recruter Venetidis mais l'entraîneur du PAOK, le serbe Dusan Bajevic ne l'entend pas de cette oreille et refuse la transaction. Cependant, c'est le président du club Giorgos Batatoudis qui prend le dossier et les négociations en main. Il accepte alors la proposition de l'Olympiakos qui s'élève à 1,2 milliards de drachmes (monnaie officielle de la Grèce avant l'arrivée de l'Euro) soit 3.5 millions d'euros. Le joueur quitte l'Allemagne où Bajevic est en stage avec le reste de l'effectif, et signe un contrat de cinq ans le 19 juillet 2001. Si l'Olympiakos ne communique pas d'avantage sur le ce contrat, on apprends que le salaire du joueur sera de 150 millions de drachmes par an, soit 440 200 euros.

L'annonce de ce transfert met dans une colère noire quelques fans du PAOK. Bajevic ne se réjouit pas non plus de cette nouvelle et écrit, dans un communiqué depuis l'Allemagne qu'"aucun entraîneur dans le monde ne donnerait un joueur avec une aussi grande valeur s'il a une place importante dans l'équipe". De plus, il faut ajouter que la rivalité est assez forte entre l'Olympiakos et le PAOK depuis plusieurs années, notamment après le transfert avorté de Giorgios Koudas, à la fin des années 60, du PAOK à l'Olympiakos, et qui sera considéré comme un véritable scandale dans le nord du pays. Cette histoire atteint des sommets au moment où la junte militaire au pouvoir doit intervenir dans les discussions pour renvoyer Koudas à Salonique.

Pendant qu'une fracture semble se dessiner entre l'entraîneur et la direction et que nous avons l'impression de revivre un nouveau cas Koudas, une douzaine de supporters du PAOK prend d'assaut le siège du club et détériore de nombreuses installations, prenant pour cible Batatoudis et lui demandant des explications. Choses que les supporters n'auront pas. Après l'arrivée de la police, les casseurs sont repoussés. Le coût des dégâts est estimé à cinq millions de drachme (14.700 euros).

Stelios Venetidis lors de la saison 2004-2005 / Credits : redarchivesblog.blogspot.fr/

Stelios Venetidis lors de la saison 2004-2005 Credits : redarchivesblog.blogspot.fr

Pendant ce temps là, Venetidis rejoint l'Autriche le lendemain de sa signature où ses nouveaux coéquipiers sont en stage. Le choix du défenseur s'avère payant pour la suite de sa carrière avec trois championnats de Grèce et une coupe, sans oublier son titre de Champion d'Europe 2004 avec la sélection d'Otto Rehhagel où il joue quatre matchs. Toutefois, la suite est moins rose car il perd sa place de remplaçant au sein de l'équipe nationale quelques semaines après la victoire au Portugal et se blesse aux ligaments du genou droit au début de l'année 2005, devant déclarer forfait pour le reste de la saison.
Après une saison vierge, il signe à l'AEL Larissa, en 2006, où il termine sa carrière, gagnant sa dernière Coupe de Grèce dès sa première saison. Au total, il joue quarante-deux matchs sous le maillot de la sélection grecque de 1999 à 2004.

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