Ça s'est passé... le 7 aout 1973 : La D1 adopte le système du point de bonus pour 3 buts marqués dans un match

Fin de saison 1972-1973, l'Assemblée Générale du Groupement des Clubs Professionnels (ancêtre de la LFP) tente de dynamiser le spectacle proposé en D1. Pour cela, une solution est proposée : celle d'accorder des points de bonus aux équipes marquant beaucoup. Le 19 mai 1973 est alors adopté le système dit du « bonus ». Désormais, toute équipe inscrivant 3 buts au cours d'un match, quel que soit le score final, aura droit à 1 point supplémentaire au classement général. Idée intéressante.

Le championnat de D1 débute ainsi ce 7 aout 1973 avec cette règle révolutionnaire en place. Lyon (vainqueur de Nancy 4-0), Sochaux (vainqueur de Bordeaux 4-1), Monaco et Reims (faisant match nul 3-3), sont les premiers clubs à profiter de ce point supplémentaire lors de la toute première journée.

Le résultat est plutôt prometteur, puisqu'en fin de saison, à l'heure du bilan, 1151 buts ont été inscrit sur l'ensemble du championnat, tandis que 1.050 avaient été inscrits la saison précédente (par comparaison, la saison dernière, seuls 947 buts ont été marqués).

Pourtant, la règle sera modifiée la saison suivante pour ne plus profiter qu'aux seules équipes remportant le match en inscrivant 3 buts ou plus, puis abrogée en 1976. La raison ? L'AS Nancy Lorraine.

Remettons-nous dans le contexte : nous sommes le 25 mai 1974, au soir de la 38ème journée du championnat de France de D1 1973-1974, Nancy est premier relégable avec 2 points de retard sur Monaco et Troyes qui ont une différence de buts beaucoup plus favorable. Pour espérer se maintenir, le club lorrain doit gagner en inscrivant au moins 3 buts pour se garantir 3 points (rappelons qu'à l'époque nous somme dans un système de victoire à 2 points), tandis qu'au moins un de ses concurrents directs ne doit prendre aucun point.

Au coup de sifflet finale à Marcel-Picot, l'ASNL croit se sauver en ayant remporté le match 3-1 contre Lyon, et en ayant entendu quelques minutes plus tôt les défaites annoncées de Troyes (mené alors 4-0 à Sedan) et Monaco (mené 4-1 à Reims). Fous de joie, les joueurs entament un tour d'honneur, portant aux nues leur président, Claude Cuny, qui avait lui même initié la réforme du point de bonus un an auparavant auprès du groupement.

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La joie sera de courte durée quand le stade apprendra que dans les derniers instants des rencontres, Monaco et Troyes, bien qu'ayant perdus leurs matchs, ont inscrits respectivement 4 et 3 buts pour empocher le point de bonus offensif. Au final, Troyes s'inclinera 3-4 à Sedan, et Monaco 4-8 (!) à Reims.

Bien qu'ayant remporté son match, Nancy est condamné à la relégation, malgré les réclamations de l'équipe les jours suivants, qui suspectera des arrangements entre les équipes concernées dans les autres rencontres. La commission sportive du groupement des clubs professionnels conclura quelques jours plus tard qu'aucun arrangement n'a eu lieu lors de la dernière journée, et entérine les résultats définitifs du championnat de France. Nancy est relégué, et la règle modifiée.

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