Ça s'est passé... le 24 aout 1963 : le kidnapping d'Alfredo Di Stefano

C'est un véritable tremblement de terre qui secoue le monde du football ce 24 aout 1963 lorsqu'on apprend que tôt dans la matinée, 4 hommes armés ont fait irruption dans la chambre d'hôtel de Caracas au Vénézuela d'Alfredo Di Stefano, buteur du Real Madrid.
Profitant des projecteurs qu'offrait la venue du club Madrilène pour un tournoi amical l'opposant au FC Porto et Sao Paulo, des membres du Front National de Libération du Vénézuela décident de kidnapper le double ballon d'or 1957 et 1959. Tout le monde craint le pire, le FNLV ayant déjà tenté d'assassiner le président vénézuélien, Romolu Betancourt, 1 mois plus tôt.
2 jours durant, on restera sans nouvelle de l’icône du Real Madrid. Il sera finalement relâché le 26 aout devant l'ambassade d'Espagne au Vénézuéla sans que l'on connaisse immédiatement les dessous de l'opération appelée « Julian Grimau », par les ravisseurs, du nom d'un communiste espagnol fusillé par un peloton d'exécution en avril 1963.

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Di Stefano indiquera quelques années plus tard dans son autobiographie qu'il a pensé au début que le groupe rebelle le tuerait, mais que, rapidement, il s'est rendu compte des intentions pacifiques de ses ravisseurs, au point de jouer aux cartes et aux échecs avec eux pour faire passer le temps.
« Le commandant du groupe rebelle, Maximo Canales, était avec moi tout le temps. Il est excusé mille fois pour la gêne occasionnée. J'étais inquiet à cause de l'angoisse que ça a dû provoquer chez ma femme et mon fils de huit ans. Le lendemain de l'enlèvement ils m'ont laissé écouter la radio, j'ai pu apprendre que mon équipe avait battu le FC Porto ».

Il faudra attendre plus de 40 ans pour que Maximo Canales, dirigeant de l'opération, dévoile en 2005 les véritables raisons de l'enlèvement, à l'occasion de la sortie d'un film sur l'histoire du Real Madrid, revenant brièvement sur cette histoire :
« Nous l'avions kidnappé en raison de sa renommée au Real Madrid (...). L'équipe est venue jouer un match amical et nous avons, malheureusement, dû lui infliger un carton rouge à quelques heures du coup d'envoi ».

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Cette affaire a permis de révéler à quel point le footballeur est devenu plus qu'une icône sportive, et la médiatisation de l'affaire a pu donner des idées par la suite. Récemment, des histoires similaires ont pu être enregistrées, telles que l'enlèvement du père de John Obi Mikel en 2011, de Fabrice Fiorèse en 2012, ou encore du père de Carlos Tévez en 2014. Les exemples ne sont pas rares, mais la plupart se différencient de « l'opération Julian Grimau » par leur objectif, puisque la grande majorité des kidnappings de sportifs ont pour but l'obtention d'une rançon aujourd'hui.

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