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Vu d'Italie #5 : L'Inter de retour, grâce à qui?

Les débats transalpins sont de retour ! Après s'être occupé du grand malade AC Milan, il est temps de se préoccuper de sa soeur qui brille : l'Inter Milan. A quoi est dû ce renouveau?
L'équipe en forme - crédits : sportune.fr

L'équipe en forme - crédits : sportune.fr

Mr Mehdi (AS Roma) : On dit souvent que les grandes équipes ont toujours de la chance. Cet Inter n'étant pas une grande équipe, il serait très réducteur de n'évoquer que le facteur chance lorsque l'on se re-penche sur leur réussite du début de saison.

D'autres voix ne font reposer le succès Interiste que sur les performances de Samir Handanovic, mais là aussi, si il suffisait d'un grand gardien pour être en tête de la Serie A, la Juve ne serait jamais descendue en Serie B.
A mon sens, la réussite de l'Inter tient du fait que Mancini a su être le coach le plus efficace du début de saison. Contrairement à d'autres, il n'a pas eu à trop tâtonner, fixant rapidement sa colonne vertébrale, Avec un gardien au dessus du lot, et un vrai buteur efficace, en la personne d'Icardi.
Au milieu, là non plus, pas de génie, mais des bosseurs, comme notamment Gary Medel. Ce n'est pas une surprise si cet Inter plus solide que technique a du mal à intégrer des éléments plus "fantasques", comme Jovetic. Mais si Mancini réussit à le faire, en réussissant à combler les éventuels déséquilibres, le Scudetto ne sera pas très loin, même s'il faudra faire mieux lors des grands rendez-vous.
Difficile donc, de dissocier Mancini et ses cadres de ce succès, peu attendu au regard du recrutement, finalement peu efficace : Jovetic brille peu, Kondogbia est remplaçant, et les autres recrues ne sont finalement pas les gros plus de cette saison.

LeCalcioFoot (Inter): Facile: LA CHATTE, uniquement. Voilà, au revoir.
Du moins, c'est l'avis de beaucoup. Pour d'autres, c'est Mancini, ou sa chatte à lui. C'est un peu vrai oui. Mais j'aimerais aller un peu plus loin et évoquer un autre aspect que la défense centrale ou la grinta de Melo-Medel. Le renouveau de l'Inter est le fruit d'autres fondements, ce dont les centaines de journalistes payés pour écrire et parler football ne disent pas, trop occupés à l'analyse du moment. La révolution date d'octobre 2013, quand l'Inter a eu un nouveau propriétaire: Erick Thohir.
Je vais passer outre tout ce qu'il a fait au niveau restructuration commerciale du club, ça mériterait un sujet à part. Je vais m'attarder sur le niveau de l'effectif, la différence abyssale entre celui d'il y'a 2-3 ans et aujourd'hui. Cet effectif est le fruit d'une politique bien précise. C'est pas une Inter en ruine que Thohir a repris de Moratti. Sur des ruines tu peux rapidement reconstruire. Non l'Inter était un château vétuste et insalubre, qui devait d'abord être détruit, rasé. Qui se souvient de l'effectif made in Branca et Moratti à ce moment là? Mieux vaut l'avoir oublié. Pereira, Kuzmanovic, Mariga, Taider, Mudingayi, Botta, Campagnaro, Belfodil, Jonathan, Alvarez..  Sans compter Milito, Chivu ou Cambiasso encore avec leurs contrats en diamant. Vous savez ce qu'il y a de pire que de mauvais joueurs? De mauvais joueurs qui gagnent trop, car ils sont invendables, inrefourguables, impossible à raser d'un coup. Un véritable effectif cancer, qui a rongé pendant des années le budget masse salariale. "Ouvre ton portemonnaie l'Indonésien!" "Il fait rien Thohir" pouvait-on lire sur Twitter. Bande d'idiots, son portemonnaie il aurait d'abord du l'utiliser pour payer l'indemnité de résiliation de 10 joueurs au moins. Sinon quoi? Acheter sans vendre et se retrouver avec 45 joueurs? Avec quel argent? Fair-play financier, au top du buzz en 2014, ça vous parle? Il faut vendre pour acheter, mais vendre qui? Personne ne veut de ces types et eux ne veulent pas toucher moins ailleurs. Il a fallu soit les brader, soit attendre la fin de leur contrat. La dépression des interistes à cette période était telle que le tunnel semblait sans fin. Avant Thohir, toujours le même type de joueur sans présent ni avenir en remplaçait un autre. A peine 3 millions se libéraient, on courait les mettre sur la starlette du mois d'Atalanta (oui toi, Schelotto..). C'est Erick qui a changé tout ça, qui a imposé un nouveau modèle à moyen terme.
Focus sur le jeune de qualité, qui même s'il explose pas, est facilement revendable pour aller de l'avant. Investir plus en transfert, moins en salaire. Murillo, Kondogbia, Brozovic, Telles.. Un explosera, un flopera peut-être, mais l'idée est là, le flop sera jeune et talentueux, il pourra être revendu comme ce fut le cas de Kovacic et Shaqiri cet été, et ce pour reconstruire. Après certes, c'est Ausilio et non Thohir qui a géré le mercato concrètement (et très bien), et Mancini qui a repris le projet sportif (avec sa chatte). Mais c'est Erick qui les a placé là où ils sont et a instauré ce nouveau modèle viable à long terme. Bien déléguer, c'est bien gérer. Bien sûr, Erick a fait quelques erreurs aussi, comme faire affaire avec Lotito (Hernanes) ou prolonger Mazzarri. Mais il a vite corrigé le tir et appris de ses erreurs. C'est ça le job du président. Egal s'il n'est pas au stade tous les matchs (et tant mieux.. les vrais savent pourquoi). Le fait est qu'en janvier 2016, un peu plus de 2 ans après le rachat du club, l'Inter est de retour dans le groupe de tête, leader même, mais ça c'est limite anecdotique. Le principal c'est que l'Inter a à nouveau une richesse sportive. Même si elle termine 4ème par déchatte, on est maintenant en droit d'avoir de l'espoir pour l'année suivante, car le modèle est le bon, l'effectif est jeune et pleinement un des Assets du club. Et si la chatte s'invite cette année, je dirais quand même la même chose: MERCI ERICK!
inter

Enfin la lumière du Scudetto au bout du tunnel pour l'Inter ?


EnzoCalcio (Juve) : L'Inter à la première place  à la trêve, chose qui n'était pas envisageable si l'on regarde le classement des saisons précédentes, mais il semblerait que le travail d'Erick Thohir, propriétaire depuis Octobre 2013, commence à porter ses fruits. La transition Moratti-Thohir fut compliquée pour les Nerazzurri car les dernières années de Moratti à la tête de l'Inter ont été catastrophiques avec un effectif comportant très peu de qualité (Kuzmanovic, Schelotto, Taider pour ne citer qu'eux) et des joueurs vieillissant avec des contrats en or. L'Indonésien a donc du attendre 3 saisons pour se débarrasser de ces joueurs n'étant pas au niveau avant de pouvoir enfin recruter selon sa politique, le mercato estival 2015 a été mené intelligemment avec le recrutement de jeunes joueurs étant déjà assez bon pour apporter de suite (Telles, Kondogbia, Murillo).

Mais ce retour au premier plan est aussi grâce à Roberto Mancini qui a commencé la saison en force avec un peu de réussite également, (3 défaites en 17 matchs) mais il n'y a pas eu de période d'adaptation ni de changement tactique, ce sont d'ailleurs souvent les mêmes 11 qui sont alignés avec Mancini qui a su vite trouver la solution adéquate, alors certes le jeu proposé n'est pas le plus spectaculaire mais il est efficace (22 buts marqués, 9 encaissés en 16 matchs). Si l'Inter ne sera probablement pas championne en fin de saison, elle sera surement présente dans le haut de tableau et pourra sans doute continuer son retour dans les saisons à venir.


AcMilan France : Avant de remercier qui que ce soit, les Interisti devraient probablement un peu attendre encore...

Une chose est certaine : l'Inter va mieux, elle est en tête à la trêve et figure parmi les favoris pour le scudetto, quel changement en une année !
L'artisan principal de ce renouveau est Mancini, qui, malgré les réserves qu'on peut parfois nourrir à son sujet sur la lecture des matchs, est un formidable manager lorsqu'il s'agit de construire une équipe et surtout de donner une mentalité de vainqueur à ses joueurs.
Après quelques mois d'observation, il a parfaitement compris quelles étaient les limites physiques, techniques et psychologiques de l'effectif de l'Inter, et a bâti, sans frais excessifs (à part peut-être pour Kondogbia...) une équipe qui remédie à l'essentiel des lacunes et des béances des dernières années, avec des joueurs costauds, sérieux et solides. Si l'Inter a su attirer ces profils de haut niveau, c'est en grande partie grâce à Mancini : ces joueurs ne seraient probablement venus pour Ramaccioni ou Gasperini...
S'il est impossible de dire à quelle place finira l'Inter cette année, Mancini a redonné fierté et ambition au club, chapeau à lui.
Le mérite revient également aux dirigeants qui lui ont donné les moyens et surtout la liberté pour agir. Thohir ne connaissant pas grand chose en football, il a l'intelligence de donner les coudées franches à ceux qui s'y connaissent... Certains dirigeants de l'autre côté de la ville, à Milan, devraient peut-être s'en inspirer.

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