TLMSF interviewe Grégory Sofikitis

Des hauts et des bas, Grégory Sofikitis en a connu. Ce milieu de terrain de 30 ans, pouvant aussi évoluer comme latéral gauche, a vécu plusieurs expériences qui ont fait ce qu'il est devenu. Sur son palmarès, un titre de champion de National avec Istres ainsi qu'un autre de CFA, avec le Marseille Consolat.

TLM S'en Foot s'est entretenu longuement avec cet originaire de Martigues qui a côtoyé André-Pierre Gignac, Franck Prioul et plus furtivement Clairefontaine. Interview d'un homme cherchant un nouveau challenge, notamment à l'étranger.

Grégory Sofikitis, lors de la rencontre Istres / Avranches, du 1er mai 2015. Crédits photo : G. Boitiaux

Grégory Sofikitis, lors de la rencontre Istres / Avranches, du 1er mai 2015. Crédits photo : G. Boitiaux

Grégory, quand as-tu commencé à tâter du ballon ?
Je joue depuis mon plus jeune âge. Si je me souviens bien, j'ai commencé au moment des classes de foot, vers cinq-six ans.

Où prends-tu ta première licence ?
Au FC Istres, d'où je suis originaire. J'y suis resté jusqu'à l'âge de treize ans. J'y garde des bons souvenirs parce qu'à cet âge là, on s'amuse, on se prend pas la tête. J'ai croisé quelques joueurs avec qui j'ai fais un bout de chemin.

Pourquoi quittes-tu le FC Istres ? C'est un choix personnel ou c'était une décision du club ?
Non, c'est un choix personnel. Je vais chez le voisin, le FC Martiques qui, à l'époque, était un club professionnel. Je faisais partie des sélections de Provence et il y avait beaucoup de recruteurs qui étaient là. A ce moment là, Saint-Etienne, Auxerre, Nice, Martigues, l'Olympique de Marseille me sollicitent. L'OM me propose de venir chez eux. Mais je décide de rejoindre Martigues pour la proximité et j'intègre leur centre de formation à quinze ans.

Est-ce que tu observes une différence entre Martigues et Istres au niveau de la formation ?
A Istres, j'étais jeune, je ne fréquentais pas les joueurs du centre. Mais non, ce sont deux clubs structurés de la région. Mais en jeune, mes meilleurs saisons sont à Martigues. Je suis demi-finaliste de la Coupe Gambardella, je suis dans une sélection pré-France et je signe des contrats d'aspirant et de stagiaire professionnel.

Une sélection pré-France ? Qu'est ce que c'est ?
En fait, c'est une sélection de joueurs à Clairefontaine avec les meilleurs d'une génération. Puis ils font un brassage et gardent les meilleurs pour l'équipe de France. J'étais le seul, avec un coéquipier, venant d'un petit club. Les autres étaient représentés par des grosses écuries comme l'OM, le PSG, Montpellier, Bastia, Lyon, Monaco, tous les gros clubs.

Après le dépôt de bilan du FC Martigues, tu prends la direction de l'AS Cannes ?
Non, avant l'AS Cannes, je signe à Lorient. Un ancien agent, avec qui j'étais allé plusieurs fois à Saint-Etienne, m'envoie à l'essai à Lorient. Ça se passe bien et je signe. Je retrouve mon coéquipier de Martigues, "Dédé" Gignac (NDLR : André-Pierre Gignac). Je ne fais qu'un an. Suite à un événement tragique dans ma famille, je n'avais plus la tête au football. Je rentre chez moi pendant trois mois pour rester auprès de ma famille. Ensuite, mon entourage m'incite à reprendre mon activité mais le cœur n'y est pas. Je finis la saison à Lorient et on ne me reconduit pas. Je préfère rentrer dans le sud, à l'AS Cannes.

Est-ce que tu retrouves cette envie de jouer avec les Cannois ?
Ça va un peu mieux. Mais je ne retrouve toujours pas cette envie d'avant malgré les conditions idéales. J'en garde un souvenir mitigé. Le directeur sportif me reprochait de ne pas être assez souriant, de n'être pas assez ouvert. Mais bon, quand dans la tête tout ne va pas comme il faut, ce n'est pas évident de tout le temps sourire. Donc je reviens aux sources à Istres. Dans ma tête, je pensais arrêter. Mais l'entraîneur de la réserve, Franck Priou, me contacte et me livre un discours qui me donne envie de repartir. Je fais cette saison et j'intègre les pros en Ligue 2. Le club descend en fin de saison et je signe mon premier contrat professionnel, en National.

Qu'est ce que ça te fait de signer ton premier contrat pro avec cette équipe ?
C'est beau de signer son premier contrat dans le club de sa ville. Je signe pour deux ans. La première année, on ne remonte pas malgré les joueurs de qualité comme Olivier Giroud, Walid Mesloub, Julien Palmieri. Mais la seconde année, on finit champion de National et on monte. Mon agent de l'époque me montre une prolongation de contrat que j'accepte mais rien ne se fait. Jusqu'à aujourd'hui, je n'ai pas encore compris. Donc je reste six mois sans rien et je file en Espagne.

Grégory Sofikitis, lors de son passage à l'UJA Alfortville, saison 2010-2011. Crédits : foot-mediterraneen

Grégory Sofikitis, lors de son passage à l'UJA Alfortville, saison 2010-2011. Crédits : foot-mediterraneen

Justement, comment se font ces contacts avec l'Espagne ? Tu avais un autre agent ?
Un ancien joueur me présente son agent qui me trouve un essai. Ça se passe bien et je signe. Les deux premiers mois se passent bien. Ensuite, les problèmes d'argent arrivent comme c'est connu en Espagne. Le club ne paie plus. Leur phrase favorite était "la semana que viene" ("la semaine prochaine"). J'en rigole. Mais bon, heureusement que la vie là-bas n'est pas chère et que j'étais célibataire. J'ai poursuivi le club avec un avocat, j'ai gagné et je n'ai eu mon argent que l'année dernière et pas la totalité encore.

A part ces soucis au niveau budgétaire, qu'as-tu pensé de la D3 espagnole ?
Hormis ça, les Espagnols vivent le football. Ils viennent en famille au match. Et pour moi, le football espagnol est le meilleur du monde par sa technique mais également sa rapidité.

Tu reviens en France, à l'UJA Alfortville, qui est promu en National, ce retour au pays se passe-t-il bien ?
Pas vraiment. Un club qui monte en National, c'est soit ça passe, soit ça casse. On me promet un appartement que je n'ai pas. Je vis dans un hôtel mais je ne préfère même pas vous en parler. Mais bon, j'aime le football et j'ai besoin de jouer. Donc je prends sur moi. Je fais la saison mais les résultats ne sont pas là. Le club change trois fois d'entraîneur. Au final, on descend. Les mentalités du sud et de la capitale ne sont pas les mêmes. Les gens ne se mélangent pas trop. L'accueil a été aussi froid que le temps qu'il fait là haut. Donc je reviens dans le sud, la saison suivante, au GS Consolat, en CFA.

Tu ne fais pas une pige à Cognac avant ?
Non, je ne sais pas pourquoi il y a écrit ça sur internet. Je n'ai jamais joué à Cognac. J'ai eu des contacts et il devait me faire un contrat fédéral. Mais le club ne pouvais pas donc je ne suis pas rester. Même une minute, je ne l'ai pas fait à Cognac.

D'accord. Donc tu t'engages avec Marseille Consolat et vous parvenez à vous hisser jusqu'en National !
Pas la première année mais la seconde. On finit champion. Ça était un moment magnifique pour les joueurs, le staff et le club qui est un quartier de Marseille. Historique.

Et comment tu parviens à revenir, pour la troisième fois, du côté d'Istres ?
Un agent, Faouzi, que je connais depuis plusieurs années, me propose à Istres. Il joue le rôle d'intermédiaire avec le nouveau directeur sportif "Momo" Dridi (NDLR : Mohamed Dridi). Je dois mon retour à ces deux personnes. C'est une opportunité que j'ai saisi malgré le mauvais classement du club. Istres recrute alors huit joueurs. Pour ma part, je me suis donné à fond durant ces six mois, espérant le maintien. Mais on est relégué. Suite au dépôt de bilan d'autres clubs, Istres aurait pu être repêché en National, j'avais encore un an de contrat. Mais le club ne s'est pas présenté. Et la sanction est tombée, Istres repartant en DHR, au niveau district. Ça fait mal au cœur de voir un club réputé, dans la région, tomber aussi bas. Donc, comme j'ai attendu la décision finale jusqu'au dernier moment, je suis resté six mois sans club.

Tu n'as pas été contacté par d'autres équipes après ton départ d'Istres ?
Si mais rien de concret. Dans un premier temps, je devais signer à Martigues. A côté, j'avais des touches en National mais ça ne s'est pas fait. Je ne voulais plus rester en France, je cherchais un challenge à l'étranger, qui est toujours d'actualité d'ailleurs.

Jonathan Parpeix, l'ancien joueur du Nîmes Olympique, nous avait confié que "les clubs sont de plus en plus vigilants sur le plan financier. Il réduisent leurs effectifs au détriment de certaines choses". Est-ce que tu le rejoins ?
Tout à fait. D'ailleurs, j'ai parlé avec lui il n'y a pas longtemps. En France, ce n'est plus comme avant. Il y a beaucoup de joueurs mais moins de budget. Et aujourd'hui, ils vont préférer prendre un jeune plutôt que quelqu'un de trente piges.

Grégory Sofikitis lors de la rencontre Istres/Le Poiré-sur-Vie, le 17 avril 2015. Crédits : G. Boitiaux.

Grégory Sofikitis lors de la rencontre Istres/Le Poiré-sur-Vie, le 17 avril 2015. Crédits : G. Boitiaux.

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