Sign in / Join

Cinq histoires de foot en Corée du Nord

Le football et la Corée du Nord. Les deux éléments peuvent apparaître contradictoires, entre d’un côté un pays replié sur lui même et un sport symbole de la mondialisation. Le football, introduit en Corée à la fin du 19ème siècle, a pourtant pendant longtemps fait figure de moyen de lutte et de résistance contre le Japon, qui a envahi le pays dès 1905. Mais depuis la fin des années 40 et la proclamation des deux Corée, la situation s’est considérablement compliquée, notamment dans le Nord. Compte tenu du blackout médiatique dans le pays, il est d’ailleurs difficile d’avoir des informations fiables, y compris sur le football. Un silence qui aura au moins le mérite de nourrir tous les fantasmes des médias occidentaux sur la patrie des Kim.

middlesbrough

1966, le match de leur vie

1966. Les Beatles montent une dernière fois sur scène, la France assiste aux naissances d’Hervé Mathoux et d’Eric Cantona, et la Corée du Nord réalise un des exploits les plus retentissants de l’histoire du football. Totalement inconnue sur le Vieux Continent, la sélection parvient à se qualifier pour les quarts de finale du Mondial anglais, sortant ni plus ni moins que l’Italie en poules.

La Corée du Nord n’avait alors jamais participé à la moindre Coupe du monde, ni même à une Coupe d’Asie des nations. Son voyage en Angleterre, elle le doit en grande partie à la FIFA, qui quelques mois plus tôt, avait en effet pris la décision qu’une seule sélection représenterait les zones Afrique, Océanie et Asie. En guise de contestation, presque toutes les équipes concernées décident de boycotter la compétition … Sauf deux : l’Australie, et la Corée du Nord. Mais l’issue du barrage final  entre les deux nations - deux matchs disputés sur terrain neutre à Phnom Penh, au Cambodge - n’offre sur le papier guère de suspens, tant les Socceroos font figure de grandissimes favoris. Personne ne donne alors à cette méconnue sélection nord-coréenne la moindre chance. Mais cet excès de confiance aura la peau des Australiens, dont l'insouciance se heurte à la rigueur quasi-militaire coréenne. Après deux victoires 6-1 et 3-1, c’est donc l’Asie qui enverra un représentant chez la Perfide Albion.

pgi

Le symbole est fort. Le pays se relève alors encore difficilement de la guerre qui a détruit une grande partie de son territoire au début des années 50. A l’image du stakhanovisme en Russie soviétique, l’Etat met alors en place une mouvement de propagande pour encourager la productivité des travailleurs : le Chollima. Basé sur la vitesse, sur l’énergie, il est censé représenter l’idéal de l’ouvrier nord-coréen, mais aussi du footballeur, de l’homme nouveau socialiste : “Notre grand leader soulignait que pour être un excellent footballeur, on devait courir vite et tirer précisément” expliquera Myung Rye-hun, le sélectionneur en 1966. A tel point d'ailleurs que Chollima deviendra le surnom de l’équipe nationale. La Coupe du Monde doit être une vitrine pour le pays, Kim-Il sung lui même, lorsqu’il reçoit les joueurs, leur confie “Les nations européennes et sud américaines dominent le foot international. Comme représentants de l’Afrique et de l’Asie, je vous encourage à gagner un ou deux matchs”.

Tout commencera pourtant bien mal. L’Angleterre, hôte de la compétition, ne reconnaît pas la Corée du Nord et ne veut pas la voir représentée sur son sol, refusant un temps de délivrer des visas à la délégation. Le problème réglé, - l'équipe pourra jouer mais le pays ne sera pas reconnu - la sélection connaîtra pourtant un accueil surprenant outre-manche. Sa poule, avec l’URSS, l’Italie et le Chili, disputera en effet ses matchs dans la cité ouvrière de Middlesbrough, et malgré une défaite inaugurale 3-0 contre les puissants Soviétiques, les Coréens parviennent à obtenir la sympathie du public, à tel point que désormais, ils évoluent presque à domicile. Dans le nord de l’Angleterre, ils sont rapidement adoptés par la population, les gamins peuvent les approcher, leur demander des autographes, tous sont surpris par leur humilité et leur politesse. A tel point que plusieurs dizaines d’habitants du coin les suivront jusqu’à Liverpool pour leur quart de finale, le drapeau coréen flotte même dans les tribunes de Goodison Park !

En effet, après avoir arraché l’égalisation à la 88ème contre le Chili, les Chollima se sont offerts l’Italie, une des nations majeures du football, 1-0, dans ce qui reste l’une des plus grosses surprises de l’histoire des Coupes du Monde. Elle est alors la première nation asiatique à se qualifier pour les quarts de finale, un match dramatique contre le Portugal, tombeur du Brésil de Pelé en poule. Après avoir mené rapidement 3-0, les coéquipiers du désormais légendaire Pak Doo-ik s’inclinent 5-3, avec notamment un quadruplé d’Eusebio. Et alors que les vaincus italiens reviennent au pays sous les œufs et les tomates des supporters, les Nord-Coréens eux, rentrent en véritables héros, glorifiés par la propagande d’Etat. Le football a changé la vie des joueurs de 1966, comme en témoigne l’excellent documentaire The Game of Their Lives : “Si je faisais une infraction au code de la route et que les agents voyaient Pak Doo-ik sur ma carte d’identité, ils me laissaient partir directement”.

après chili

Et si la performance nord-coréenne avait marqué le football mondial ? Il y a quelques mois, l’universitaire italien Gianlucca Spezza, a en effet noté que le football total de Rinus Michels aurait été influencé par leur style de jeu, notamment lors du quart contre le Portugal. Cruyff lui même aurait été impressionné par les performances des Chollimas à l’été 1966, pendant qu’il expérimentait une forme d'entraînement intensive. Le coach Myung Rye-hun, qui s’occupe de la sélection depuis près de trois ans, s’est inspiré des méthodes venues d’Hongrie, d’Allemagne de l’Est et d’URSS. Après une excellent préparation, les Nord-Coréens impressionnaient en effet par leur ténacité, et ce malgré leurs capacités techniques et physiques moindres. 

2005, les hooligans de Pyongyang

Pyongyang est sûrement la ville la plus calme au monde. Pas de circulation, pas de manifestations et encore moins de violence, dans une cité qui accueille en grande partie des classes moyennes récompensées par le régime. Pourtant en mars 2005, la police dut contenir des troubles à l'ordre public aussi inhabituels que surprenants quand on sait ce qui a provoqué la fureur des nord-coréens … L’équipe nationale venait en effet de voir son rêve de qualification pour la Coupe du Monde 2006 s’évanouir après une troisième défaite en trois matchs dans sa poule, contre l’autre très démocratique Iran au Kim Il Sung stadium, au cœur de la capitale nord-coréenne. Le coach iranien de l’époque, le Croate Branko Ivankovic, confiera des années plus tard au site NK News, ses anecdotes sur ce drôle de voyage. Et tout d'abord qu’on avait demandé à sa sélection de débarquer dans le pays avec sa propre nourriture … “On a ramené la nourriture nous-mêmes, parce qu’ils n'en avaient pas assez pour nous. L’hotel était correct, mais on pouvait voir qu’il n’était pas propre, pas bien entretenu. Le stade était aussi correct, même s’ils n’avaient pas terminé de nombreux éléments”.

kimilsungstadium

50 000 spectateurs se massent - plus au moins volontairement - dans l'enceinte, située à proximité du Stade du Premier-Mai, qui peut en accueillir le triple (il est d'ailleurs officiellement, le plus grand stade du monde, mais est plus consacré aux manifestations du régime qu’au sport). Malgré deux défaites initiales contre le Japon et le Bahreïn, il est alors même à guichets fermés. “Ce fut un match très dur. La Corée du Nord a une bonne équipe. Ils ont des bons joueurs, ils jouaient avec beaucoup de patience, avec beaucoup de passion. Pour eux, le football est toute leur vie, il offre au joueur une meilleur vie”. Sauf que la rencontre va dégénérer après une décision arbitrale contestable de l'arbitre syrien, M. Kousa, qui après une faute visiblement iranienne décide de sortir le carton rouge ... pour un joueur nord-coréen.

Pour le public, habituellement aussi sage que celui du Parc des Princes, c’en est trop. Convaincu que l’arbitre est partial, il commence à jeter des chaises, des bouteilles, des pierres sur le terrain … Plusieurs centaines de supporters se jettent même sur la pelouse dès le coup de sifflet final, empêchant même les iraniens de monter dans leur bus. “On devait sauver nos vies, parce que les gens couraient sur le terrain. J’étais effrayé, et personne ne savait ce qu’il se passait”. Ils attendront plusieurs heures cloîtrés dans leur vestiaire, le temps que la foule se disperse. Les motivations réelles de cet événement demeurent inconnues, s'agirait-il d'une manifestation contre le pouvoir ? D'une simple hystérie sportive ? Quoiqu'il en soit, les faits sont réels, et l'ultime rencontre de poules des nord-coréens, contre l'ennemi japonais qui plus est, sera délocalisé à Bangkok, à huis clos, et avec pour arbitre la légende Franck de Bleeckere.

2010, le téléphone secret et les punis

Juin 2010. La première Coupe du monde sur le continent africain voit enfin le retour de la Corée du Nord dans la compétition. Ils en sont d’ailleurs l’une des principales attractions, d’autant plus que le tirage au sort leur a réservé le groupe de la mort, avec le Brésil, le Portugal et la Côte d’Ivoire. Difficile donc de rééditer l’exploit de 1966, même si l’effet de surprise semble à nouveau marcher d’entrée, avec une honorable défaite 2-1 contre l’ogre brésilien.

Le secret de la sélection est alors sûrement un objet de haute technologie, jusque là jamais vu dans nos contrées occidentales. Le coach nord-coréen, le bien nommé Kim Jong-Hun (avec un H, s’il vous plait), racontera aux médias qu’il recevait en effet “des conseils tactiques réguliers pendant les matchs”, de la part ni plus ni moins de Kim Jong-Il, le “Dear Leader”, le tout grâce à des téléphones portables qui ne sont pas visibles à l’oeil nu, développés par ailleurs par le président himself. Dans les tribunes, un petit millier de supporters nord-coréens attirent même l’attention des médias. Dans les faits, il s’agirait de citoyens chinois que le régime aurait tout simplement “loué”, selon l’agence de presse officielle de Pékin.

cdn2010

Sauf que deux matchs plus tard, la Corée du Nord a fini son Mondial et n’a plus été capable de marquer, tout en encaissant 10 pions contre le Portugal - la télé nationale aurait d’ailleurs cessé sa retransmission après le 4ème - puis la Côte d’Ivoire, dont des réalisations des immenses Liedson et Romaric. A Pyongyang, c’est le drame, même si le match n’est pas retransmis, si bien qu’à leur retour, les joueurs sont suspectés d’avoir “trahi” la lutte idéologique de la nation communiste.

Dès leur arrivée sur le sol de la mère patrie, les joueurs sont convoqués devant un auditorium du régime à Pyongyang, forcés à monter sur scène pour subir une pluie de critiques sur leur performances en Afrique du Sud. Près de 400 athlètes et étudiants en sport, ainsi que le ministre des sports assistent à ce “grand débat”. Selon la presse sud-coréenne, le Christian Jeanpierre local, un certain Ri Dong-kyu, organise le blâme collectif, en soulignant les défauts de chaque joueur, un par un. Comme sous Staline, les joueurs auraient ensuite été invités à balancer des attaques verbales envers leur coach. Seuls deux joueurs, Jong Tae-se et Ahn Yong-hak, nés et vivant au Japon, auraient été épargnés.

On craint même alors pour la sécurité de Kim Jong-Hun. Une radio douteuse évoque alors une source prétendant qu'il a été envoyé en travaux forcés sur un chantier. Selon les renseignements sud-coréens, il n’est en effet pas rare que les athlètes et dirigeants nord-coréens qui déshonorent la nation soient punis de cette manière, s'ils ne sont pas envoyés en prison. Le Chosun Ilbo, équivalent du Figaro à Séoul, précise même “Étant donné les grands espoirs que les Nord-Coréens avaient pour la Coupe du Monde, le régime pourrait avoir fait encore pire à l’équipe qu’une simple réprimande”. Les régimes totalitaires sont connus pour leurs punitions envers les sportifs qui les ont “déshonoré”, à l’image de l’Irak de Saddam Hussein.

Simple rumeur ? La FIFA lance malgré tout une enquête. Elle aurait reçu des infos que les joueurs et l’encadrement “ont été condamnés ou puni” selon Sepp Blatter. En réponse, l’institution enverra une lettre à la fédé locale pour avoir sa version “La première étape est la fédération et on verra quel sera la réponse, et ensuite on pourra entrer dans les détails”. Aucune preuve tangible de ces punitions ne sera amenée au dossier, logiquement clôt. Même Mohamed bin Hamman, le président de la Confédération asiatique, n’en a pas eu connaissance alors qu'il affirme avoir contacté plusieurs joueurs nord-coréens. D’ailleurs, la source principale de l’affaire n’est autre que Radio Free Asia, station fondée ni plus ni moins que par la CIA et financée par le Congrès américain …

2011, la foudre et le cerf

Si la sélection masculine a des résultats en dents de scie, les féminines sont elles bien plus performantes, faisant partie depuis plusieurs années des 10 meilleures équipes du monde. Simon Cockerell, un des rares spécialistes du football nord-coréen, en fait d’ailleurs l’équivalent féminin de l’Italie : elle n’est pas la meilleure équipe du monde, mais demeure très clairement un adversaire redoutable, pouvant battre n’importe qui.

cdnwomen

A l’exception de la Coupe du monde senior, elle a d'ailleurs toujours fait bonne figure, voir carrément glané tous les autres titres internationaux, quelques soient les catégories d’âge. La sélection U20, championne du monde en 2006, a même eu le droit à une série télé en son honneur ! Et comme un symbole, à l’automne 2010, l’équipe féminine de Middlesbrough, cette même ville qui a soutenu les exploits de l’équipe masculine de 1966, est invitée pour une improbable tournée en Corée du Nord ! Et malgré des défaites à répétition contre des sélections locales, l’accueil nord-coréen en a surpris plus d’une, se sentant reçues comme de véritables stars.

Mais sauf que comme bien souvent dans les pays communistes, URSS et surtout RDA en témoignent, le dopage n’est pas très loin des vestiaires. En 2011, celui de la sélection nord coréenne est en effet le cadre d’un des plus gros scandales de l’histoire des Coupes du Monde. 5 joueuses, pas moins, sont en effet contrôlées positif aux stéroïdes à l’issue des phases de poule. Le président de la fédé allemande n’hésitera d’ailleurs pas à faire le comparaison, estimant que l’affaire donnait “l’impression d’un système inhumain où l’on tente de mener les sportifs au succès par tous les moyens, [...] Des succès qui peuvent ensuite être instrumentalisé par la propagande étatique”.

La suspicion est d’ailleurs telle que toutes les joueuses feront exceptionnellement l’objet d’un contrôle. Résultats : plusieurs centaines de milliers de dollars d’amende, soit autant que les gains nord-coréens lors du tournoi, et une suspension pour le Mondial 2015. Pour leur défense, les responsables de la sélection évoqueront une étrange excuse : avant la Coupe du Monde, plusieurs joueuses auraient été frappé par la foudre et on leur aurait donné un remède chinois à base de glande de cerf qui contenait également le stéroïde prohibé. 5 joueuses sont suspendues pour plus d’un an, et logiquement près de cinq fois plus pour le médecin.

Et malgré cette indésirabilité, la sélection continue à progresser, s’ouvrant même sur l’extérieur, contrairement à la sélection masculine ! A l’été 2013, elle s’offre ainsi une tournée de prestige en Allemagne, où elle tape plusieurs grands clubs professionnels. La preuve, un an plus tard, aux Jeux Asiatiques, elle remporte l’or, s’offrant le champion du monde japonais en finale. 34 buts marqués, deux encaissés, en 6 matchs, et surtout l’ennemi historique vaincu “Le Japon est l’équipe que toutes les équipes nord-coréennes veulent battre”, témoigne Cockerell. Autant dire que la sélection est complètement tournée vers les jeux de Rio, preuve qu’il faudra compter sur elle.

2012, Kim Jong-Un en short

Les régimes autoritaires et le football ont toujours eu des liens étroits, comme on a déjà pu le lire sur le site à travers les Hussein et les Khadafi. Mais au delà des régimes arabes, les communistes ne sont pas en reste. L’URSS a ainsi toujours fait du sport international une vitrine en faveur de son homme nouveau socialiste, un véritable athlète en pleine santé physique, performant au travail et prêt à défendre la patrie. En Corée du Nord, patrie des leaders potelés, il fut pendant longtemps difficile d’imaginer que le sport faisait partie des priorités nationales.

Et pourtant, on savait Kim Jong-il fan de cinéma, son fils Kim Jong-chol grand amateur d’Eric Clapton, on a encore du mal à croire que Kim Jong-un lui, ait le sport comme péché mignon (ou alors uniquement devant sa télé). Son “ami pour la vie” le plus connu pourtant, n’est autre que l’ancienne gloire de la NBA Dennis Rodman, devenu avec le temps une sorte d’ambassadeur américain à Pyongyang alors même qu’il représente tout ce que le régime nord-coréen est censé mépriser. En vérité, ni les dirigeants ni le peuple ne sont totalement impassibles devant les sports étrangers, jusqu’à nourrir tous les fantasmes, comme quand The Mirror avançait que Kim Jong-un était supporter de Manchester United et qu’il obligeait la télévision publique à diffuser les rencontres des Red Devils.

Mieux, dans les faits, le régime semble s’être lancé ces dernières années dans une véritable politique économique sportive. De nouveaux stades sortent de terre, tout comme les salles, les centres aquatiques, une station de ski, et même une de surf. La raison ? Même les plus grands spécialistes du pays n’en savent pas grand chose, cette évolution demeure un mystère, même si l’hypothèse que le régime souhaite améliorer son image en offrant aux classes moyennes de nouveaux loisirs, reste la plus probable. Un peu de pain et beaucoup de jeux en somme. Yang Song-ho, professeur à l’université d’éducation physique de Pyongyang, donne officiellement quelques pistes à cette campagne en faveur de la forme physique : s’assurer que les citoyens deviennent “des êtres humains complètement développés et possédant un corps sain ainsi qu’une solide volonté, pour qu’il puisse contribuer au travail et à la défense nationale”.

Curtis Melvin, spécialiste des relations entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, surveille lui les budgets du régime depuis plusieurs années et y a vu une tendance récurrente “Kim Jong-un a vraiment donné la priorité aux dépenses sur le sport. On peut voir une augmentation de 6-7% dans le budget des sports tous les ans depuis 2012, et même de 17% en 2014”. D’ailleurs, plusieurs des slogans patriotiques officiels publiés par le régime en 2015 s’y réfèrent : “Améliorons farouchement le vent du sport à travers le pays !”, “Élevons le statut de notre pays à celui de puissance sportive le plus vite possible !”, ou encore le guerrier “Faisons du sport d’une manière offensive, comme les guérillas anti-japonaises l’ont fait”.

4973

Cette nouvelle orientation a logiquement eu plusieurs réalisations dans le foot. Simon Cockerell, manager de Koryo Tours, une agence de voyage spécialisée dans le tourisme en Corée du Nord, raconte en effet que “L’école de foot - d’ailleurs construite avec l’aide de la FIFA - à côté du Stade du Premier Mai semble très bien. Les gens parlent de plus en plus de football, mais je n’ai pas encore vu les effectifs augmenter. Il ne s’agit peut être que des bases, qui deviendront plus importantes dans le temps”. Il ajoute d’ailleurs “Je sais que des enfants ont été envoyé en Europe pour apprendre en Allemagne et en Espagne, et il y a un espoir que quand ils reviennent, ils ramènent de nouvelles techniques et méthodes, et améliorent le niveau de jeu”.

Plus généralement, depuis l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-un, le sport nord-coréen semble connaître un renouveau. Les champions internationaux sont grassement récompensés, la télé accorde plus de temps aux programmes sportifs … En 2013, quand il visite son Stade du Premier Mai en plein travaux de modernisation, il déclare vouloir en faire “un stade convenable à l’apparence d’une grande nation civilisée”. Le rêve des officiels ? Accueillir un jour les Jeux Olympique, ou alors la CDM de foot. Et pourtant, la situation géopolitique reste tendue :  en mars 2015, avec les tensions grandissantes entre Nord et Sud, la FIFA - censée être apolitique ? - annonce retirer plus de 1,5M d’euros d’aide au football nord coréen ...

Laisser un commentaire