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On était à Go Ahead Eagles – RKC Waalwijk

On vous a déjà parlé de Go Ahead Eagles chez Tout le monde s'en foot. Une première fois l'année dernière avec le derby qui les oppose au PEC Zwolle, le club du très bon entraîneur Ron Jans. Et si PEC est resté dans le milieu de tableau, Go Ahead Eagles a quant à lui connu une fin de saison catastrophique en descendant malgré une victoire historique à De Kuip face à Feyenoord. On a pu parler avec leur capitaine il y a quelques mois, l'occasion de comprendre l'objectif unanime du club et des joueurs : remonter le plus vite possible. Malheureusement tout ne se passe pas comme prévu et malgré un plutôt bon début de saison avec même une courte apparition sans démériter en Europa League, obtenue grâce à une qualification au fair-play, l'équipe avance désormais au ralenti et semble loin de ses objectifs.

Face à GAE se présente un club connu de longue date pour celui qui aime suivre l'Eredivisie : le RKC Waalwijk. Club du sud des Pays-Bas, le RKC qui signifie « Union catholique romaine » vit mal sa relégation en Eerste Divisie au terme de la saison 2013/14 : le club a fini bon dernier de deuxième division la saison dernière et s'est vu sauvé car aucun club amateur n'était tenté de monter. Triste destin pour un club qui vient justement du monde amateur. Devenu pro seulement en 1984, le RKC avait réussi à s'imposer une vingtaine d'années dans l'élite sans jamais descendre avant de chuter par deux fois à la fin des années 2000. Rien de bien grave, la montée était regagnée à chaque fois dans la foulée. Mais cette dernière descente semble bien plus compliquée à gérer.

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Home of Football

C'est de Rotterdam que débute notre aventure vers Deventer où aura donc lieu ce match entre deux équipes bien connues du football néerlandais un peu en galère. Un trajet d'une bonne heure vers l'Est avec deux correspondances, parce qu'on n'avait pas envie de prendre le train direct. A Utrecht des amis montent, on commence à parler du stade de Go Ahead, on ouvre une bière, on continue sur les actualités du football néerlandais. On change de train et il est tellement bondé qu'on est obligé de faire la fin du trajet debout. Arrivés à Deventer, c'est l'occasion d'aller faire un petit tour dans la ville et de se poser sur le Brink, la place centrale. Dommage qu'il fasse froid et que se glisser dans un pub semble la seule solution pour ne pas se transformer en croustibat. Parce que la ville est belle : faite de petites rues, de vieilles façades, on pourrait aisément lire dans un guide touristique que c'est une ville néerlandaise authentique. La bière bue, il est temps d'aller au match. Sur la route du stade, on prend les traditionnels frites et petits pains fourrés d'une kroket pour se rassasier. Le soleil s'est couché et alors qu'on rentre dans un quartier résidentiel composé de petits pavillons, on voit au loin les projecteurs inonder le stade. C'est notre point de repère pour y arriver. La magie du lieu commence à opérer.

Quelques centaines de mètres plus loin, on arrive sur Vetkampstraat et son mur mythique longeant le stade. Sur le portail est écrit « Home of Football » et on le croit sans mal. De Adelaarshorst a été rénové cet été mais là où certains clubs choisissent une modernité froide, le club a décidé de donner un coup de lifting en s'inspirant de Craven Cottage et du célèbre architecte anglais de stades, Archibald Leitch. Tribunes aux murs de briques rouges, ouvertes, toiture d'acier, on se croirait en Angleterre. Ou alors bien à Deventer, une ville ouvrière néerlandaise. On découvre le supporters home en dessous de la tribune principale : construit cet été c'est un véritable petit musée du club où une foule de supporters se masse pour boire et écouter des vieux tubes néerlandais. Ambiance populaire kitch et terriblement football. Le fauconnier passe avec l'aigle du club pour ceux qui voudraient prendre une photo, on succombe à la tentation d'avoir une photo avec la mascotte des Eagles.

L'heure du match. Les amis rentrent en B-Side et il faut aller chercher l'entrée presse dans les bureaux du club. La tribune presse tout comme la tribune présidentielle restent plutôt vides malgré les sièges en cuir très confortables. Il fait froid alors la bande est à nouveau réunie en B-Side où il fait toujours chaud, comme nous dit un stadier sourire aux lèvres. Les supporters tous debout chantent dans des vapeurs de bière, de frites et des cris d'enfants qui n'arrêtent pas de courir partout. Ici tout le monde semble se connaître, Deventer n'est pas très grand après tout. Puis tout le monde aime « Kowet ». Le match commence et les premiers chants à la gloire des Eagles résonnent dans la tribune. « Say Eagles Deventer »

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Go Ahead is niet te kraken

Le match lui n'est pas passionnant et un mec à côté s'interroge sur ces joueurs qui ne font que se faire des passes, sur la droite, sur la gauche, ils n'ont pas de plan de jeu ? Mais à ce moment, Leon De Kogel vient marquer un superbe but du pied gauche dans la lucarne, le stade peut souffler et tout le monde peut se prendre dans les bras. Un remix de l'hymne du club passe dans la sono, « Go Ahead is niet te kraken. » On ne plaisante pas avec Go Ahead ! La première mi-temps se finit doucement. Au retour de la pause, on a le droit à 15 minutes où Go Ahead ne laisse pas RKC jouer son jeu, l'équipe domine et la passion du terrain fait que le stade commence à pousser son équipe. Les supporters de la B-Side et de l'IJsseltribune se répondent. Puis tout le stade se lève, frappant dans les mains en chantant « Ga staan als je Eagles bent ! » Passion communicative de ces supporters pour leur club, on se prend au jeu. Le match plutôt brouillon quant à lui prend fin quand RKC rate une belle occasion de revenir. 1-0 pour Kowet.

A la fin du match, on va voir Barts Vriends qui nous confie être très satisfait de la victoire et qu'elle leur permet d'être plus sereins pour la suite. Cliché, pourtant on entend Sander Duits dire la même chose au journaliste de la radio locale. L'équipe enchaînait les mauvais résultats et peut enfin commencer du bon pied la dernière période de la saison. Et si les hôtes sont satisfaits de briser une série de 4 matchs sans victoires et croient à nouveau un peu en leur chance de remonter en Eredivisie, les joueurs du RKC ont eux encore connu une sale soirée et partent têtes baissées vers le bus, sans un mot. Les joueurs mettent leurs sacs dans la soute du bus quand on quitte le stade pour aller s'arrêter dans un pub, que cette soirée continue un peu avant le retour à la maison, pour nous aussi.

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