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Interview de David Camhi, coach français à la conquête de la Chine (part 2)

Dans la première partie de notre interview de David Camhi nous avions évoqué en longueur la Chinese Super League (structure, mentalités, supporters, etc). Vous pouvez retrouver tout cela par ici.

Aujourd'hui nous allons revenir un peu plus sur son club et lui-même, et notamment sur sa relation avec un certain Philippe Troussier. Bonne lecture !



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Vous pouvez me parler un petit peu de votre club, Baotou Nanjiao FC, et de vos objectifs ?

Mon club est un club amateur qui est devenu professionnel l'année dernière parce qu'il a été promu en 3ème division et que tous les clubs de 3ème division doivent être professionnels et payer leurs joueurs. Les structures du club ainsi que la façon de travailler, ne sont pas professionnelles. Donc moi, une partie de mon travail, à la demande du président, est de professionnaliser le club avant tout. Les résultats sont secondaires. Le fonctionnement de l'équipe est très amateur, la mentalité des joueurs l’est aussi... Mais bon, on n’est pas plus amateur qu'une autre équipe de D3 en Chine. On est ni la plus mauvaise ni la meilleure des équipes. L'année dernière Baotou a fini 6ème sur 10 et l'objectif de cette année est de faire aussi bien.

 

Dans votre effectif avez-vous un ou deux joueurs qui ont le talent pour jouer au haut niveau ?

Oui, mon attaquant Chen Chengye, il a la carrure et l'intelligence de jeu d'un footballeur qui pourrait jouer plus haut. Il a encore quelques défauts techniques, mais il a tout pour réussir. Il est de 1995 donc il est jeune et a le temps de progresser, mais surtout doit devenir plus professionnel dans son comportement. Après, non pas vraiment car on est une équipe d'amateurs qui découvre les exigences du niveau professionnel.

 

Pour les étrangers qui veulent suivre votre équipe comment peuvent-ils faire ?

On ne peut trouver ça que sur des sites chinois. Il y a deux sites internet qui font un peu de publicité pour la D3, le premier c'est celui de la fédération chinoise de football. On y trouve le calendrier, les résultats et les publications officielles, sinon il y a un autre site un peu plus pour les supporters, ou l’on trouve quelques vidéos, interviews et articles mais il y aura du nouveau contenu une fois toutes les une à deux semaines seulement.

 

J'ai vu que votre équipe vous avait accueilli comme un roi dès votre premier jour, qu'est-ce que ça fait de devenir entraîneur d'une équipe ?

Ça m'a fait plaisir mais quelque part j'ai l'habitude. Pas parce que c'était moi, mais parce que c'était Troussier. Partout ou Troussier allait, il y avait ce genre d'ambiance. Donc quelque part j'ai un peu baigné dedans et là, je l'ai vécu comme quand j'étais avec Troussier… mais sans lui.

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Si vous pouviez choisir un joueur parmi tous ceux que vous avez eu, qui serait le joueur avec qui vous partiriez "à la guerre" ?

Tout dépend, c'est difficile à répondre parce que le choix d’un entraîneur est aussi bien footballistique que politique. Donc par exemple je prendrais volontiers un joueur comme Chen Po-Liang que j'ai eu avant. Là à Baotou j'ai fait venir deux joueurs que je connaissais et je sais qu'ils me soutiendront jusqu'à la fin de la saison. C'est plus dans cet esprit là. Le premier s'appelle Wang Xiao que Troussier avait à Shenzhen et qui jouait en équipe réserve. Il a marqué 8 buts mais comme il avait peu de chances de jouer avec l'équipe première il est parti en D2, ou il est devenu défenseur central. Nous l’avons retrouvé à Hangzhou un peu par hasard, et il était encore défenseur central mais toujours en équipe réserve. Il a aussi eu Takashi Okada comme entraîneur entre temps. Quand j'ai pris Baotou je lui ai demandé de venir et de jouer attaquant. Au début il était réticent, mais il a fini par accepter. Si il marque 8 buts cette saison, je serais ravi.

Puis le deuxième qui s'appelle Adi Parhat que j'ai fait venir de la province du Xinjiang et qui avait fait un essai à Shenzhen en 2011. A l’époque, je l'avais trouvé très bon mais on ne l'avait pas pris. J’ai retrouvé sa trace grâce à des amis. Lui c'est un super joueur avec qui je partirais à la guerre. Il me stabilise ma défense centrale. C’est pas rien.

 

Parlons un petit peu de Philippe Troussier, comment l'avez vous rencontré ?

J'ai appris un jour sur le site de l'équipe.fr qu'il avait signé au Shenzhen Ruby F.C. J'ai envoyé un message à un ami que nous avons en commun, Tom Byer, pour proposer mes services sans vraiment y croire en lui disant que j'étais un entraîneur diplômé, et que je parlais chinois. Trois jours plus tard Troussier m'a appelé sur mon portable et m'a fait venir au début comme traducteur, puis comme coordinateur technique. Je suis devenu son assistant personnel. J'étais lui quand il n’était pas là en quelque sorte. J'ai eu ce rôle pendant quatre ans, et j'ai tout appris auprès de lui. J'ai la méthode Troussier, c'est à dire que j'ai appris a mettre une barrière entre moi et mes joueurs. Je fais attention à l’utilisation de mon autorité vis-à-vis des joueurs, sans me compromettre. Ce qui veut dire que je ne vais pas m'amuser à régler les petits problèmes de joueurs en retard aux repas, des joueurs qui ont les écouteurs ou ce genre de bêtises là. Garder cette barrière, ne pas diluer cette autorité, c'est Troussier qui me l'a appris. Parce qu'avec lui j'ai presque tout vécu. J'ai même vu un joueur qui pendant l’embarquement sur un vol, s’est enfuit de l'aéroport. Maintenant il pourrait m'arriver n'importe quoi, je me dirais : Que ferait Troussier dans ses situations là ?

 

Comment est Philippe Troussier avec ses joueurs ?

Il y a deux Troussier. Un qui est très paternaliste ce qui veut dire qu'il les aime beaucoup et qui s’intéresse a leur épanouissement comme « individu footballeur ».  L’autre,  un Troussier sur le terrain beaucoup plus sévère, mais toujours juste. Il va souvent dire à un joueur « toi je t'aime, mais tu ne joue pas ou alors toi je t'aime pas, mais tu joues, tu préfères lequel ? » Il a cette relation avec les joueurs. Quelque part il a raison. La vérité ne vient que de ce qui se passe sur le terrain. Moi, j’essaie de ne pas être ami avec mes joueurs. Il faut cette barrière, pour n’avoir de comptes à rendre a personne.

 

Est-ce que c'est dur de ne pas être ami avec les joueurs ?

Dans un club de D2 ou de D1 bien organisé, non, c'est très facile. Par contre dans un club comme Baotou, je ne peux pas faire autrement. Je suis obligé d'être proche avec les joueurs parce qu'ils sont amateurs et j'ai du mal à ce niveau là, parce que beaucoup de joueurs de mon équipe n’ont jamais évolué a un niveau plus haut. Ils ne comprennent pas. Je suis obligé de faire des concessions car je manque de staff, et le système que je veux mettre en place, qui s'inspire de celui de Troussier, j'ai du mal à le tenir. Je suis souvent obligé de revenir en arrière.

 

A qui pourrait-on le comparer ?

A Bielsa, Simeone ou Mourinho.

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Epoque Hangzhou.

Pourriez-vous nous raconter une ou deux anecdotes avec Troussier ?

Notre attaquant chinois était arrivé à l'entrainement le jeudi et nous avait dit qu'il était blessé et qu'il ne pouvait pas jouer le samedi. Cela a mis Troussier dans une colère noire. N’oublions pas que Troussier a une formation de Kiné. Il faut savoir qu’il ne blâme jamais les joueurs hors du terrain. Si un joueur dévisse, le staff a sa part de responsabilité. Donc ce jour là Troussier a « responsabilisé un peu durement » le docteur selon les arguments qu’un bon docteur doit savoir gérer son département médical et doit décider si un joueur est apte ou pas de jouer. La, selon le coach, il y avait déficience sur les deux aspects et il pensait le joueur capable de jouer sous injection ou avec un bon bandage. Ce que le docteur aurait du savoir. Donc Troussier force le joueur à s’entraîner, ce qu’il a fait, mais sans motivation, car lui-même se considérait comme blessé. Finalement, le coach l'a viré de l'entrainement. La veille du match il a forcé le joueur à revenir dans le groupe pour lui prouver qu'il avait raison, et que le joueur était apte. Le lendemain, il l'a fait jouer titulaire, le joueur a marqué et on a gagné le match. C'est ça Troussier, il arrive toujours à mettre les joueurs au dessus de leur niveau.

Je vais vous dire une autre anecdote, récurrente celle-là. On avait un traducteur qui est assez petit, et souvent pendant les conférences d'avant match, Troussier se mettait épaule contre épaule avec lui et il disait à ses joueurs  « Mais le mec collez le, appuyez vous sur lui !!! » et le traducteur valsait souvent, ce qui faisait rire tous les joueurs.

 

Avez-vous un rêve en tant qu’entraîneur ?

Oui, j'aimerais utiliser le football pour voir tous les pays d'Asie mais pas en tant que touriste. L'objectif serait d’entraîner une équipe nationale ou un bon club, et gagner des titres.

 

Avez-vous des équipes de préférences en Asie ?

Oui bien-sur, plusieurs même. En Chine j'aime bien Shenzhen parce que j'y ai travaillé. Je regarde toujours leurs résultats. Sinon il y a d'autres équipes pour qui j'ai de la sympathie mais je ne suis pas supporter, notamment une équipe qui s'appelle Yanbian Funde, ou il y a une très forte influence Coréenne,  qui joue toujours bien au football, et qui a un public de fou. D’'ailleurs je suis ravi pour eux car ils viennent de monter en Chinese Super League.

En Thaïlande, j'aime beaucoup un club qui s'appelle Thaï Port FC qui a un vieux stade à l'anglaise de 10'000 places souvent plein. Je suis supporter de l'OGC Nice et ça me rappelle l’ambiance du stade du Ray. Il y a une base de supporters là-bas qui me plait. Ils viennent de descendre en D2 et c'est le genre de challenge que j'aime, c'est-à-dire les refaire monter en D1. Après au Japon, j'ai un petit feeling pour Urawa Reds parce que tout simplement j'avais voulu voir un match à Tokyo et qu'en arrivant au stade après 2 heures de train j'avais entendu l'ambiance hors du stade, mais malheureusement je n'ai pas pu rentrer car c’était plein.  De plus, j'aime bien les couleurs rouge et noir.

 

Que pensez-vous du football japonais ?

Je pense que c'est le meilleur en Asie. Le Japon est installé comme référence maintenant, ils sont à un bon niveau et ils ne redescendront pas alors que les chinois, quand le président Xi Jinping ne sera plus là et que l'argent partira, ça tombera. Il n'y a pas la base de la pyramide alors qu'au Japon la pyramide est là.

D’ailleurs, j’avais cité une fois le dirigeant de la DTN Japonaise (j’ai oublie son nom) qui a l’époque était basé à Fukushima (avant le tsunami de Mars 2011 donc) qui avait dit la chose suivante : « On ne peut pas créer de talent, mais on peut créer un environnement favorable pour permettre aux jeunes talents de s’épanouir » Je crois a ça.

 

Est-ce qu'il y a des joueurs que vous aimez bien au Japon et que vous suivez ?

Oui je suis Honda et Kagawa. J'aime beaucoup Honda, je trouve que c'est un très bon joueur.

 

Est-ce que vous aimeriez entraîner au Japon ?

Bien-sur, c'est un rêve d’entraîner au Japon. Pour moi, le Japon c'était le meilleur pays pour entraîner mais bon je suis très content d'être en Chine. C'est très bien la Chine aussi.

 

J'ai entendu plusieurs fois en France des personnes qualifier Troussier de mercenaire, qu'en pensez-vous ?

Troussier n'est pas un mercenaire, c'est quelqu'un qui travaille sur des projets à long terme, mais c'est son projet à lui, c'est à dire que c'est un éléphant dans un magasin de porcelaine, c'est la méthode Troussier et pas une autre, car il y croit. Il ne pense que « long terme », et toujours dans l’intérêt du club, ou du pays qu’il entraîne bien-sur.

 

Et vous vous pensez long terme aussi ?

Non moi j'aimerais bien voyager et profiter du football. Mais là, si le club de Baotou fonctionne bien, j'aimerais bien rester quelques années pour pouvoir emmener ce club en D1. Il faut que je réussisse à faire de ce club un club qui inspire le respect.

 

Combien d'années faut-il pour pouvoir juger un entraîneur dans un club ?

Pour juger un entraîneur il faut 3 ans. L'idéal ça serait même 4 ans pour gagner le titre. La première année tu fais avec ce que tu as, la deuxième tu montes ton équipe et la troisième année tu affines.

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Quelle serait votre philosophie de jeu ?

Ma philosophie est adaptée à celle des joueurs. Moi ce que j'aime dans le football c'est le numéro 10 et c'est pour ça que j'aime Honda, ou ce genre de joueurs. J'ai de la chance d'en avoir un dans mon équipe mais maintenant jouer comme ça… les joueurs ne comprendraient pas. C'est difficile de jouer avec un 10 en Chine car ils jouent tous en 4-2-3-1 ou 4-1-4-1, et avec beaucoup de longs ballons. Maintenant, dans le football il n'y a plus trop souvent d’équipes avec deux attaquants axiaux, et si on joue avec un 10 tu dois avoir deux attaquants axiaux pour mettre en valeur ses qualités. J'aime bien aussi avoir un seul numéro 6 plutôt que deux milieux défensifs. J'aime bien ce diamant au milieu. Mais, la, on est plus sur ma conception stratégique du football.

En vérité, ce qui me passionne dans ce métier, c’est de trouver la meilleure équipe possible, c'est-à-dire la meilleure tactique possible, en partant d’un groupe de joueurs disponible, avec leurs qualités et leurs défauts. C’est d’ailleurs pour ça que pense être à l’aise avec une sélection. C’est un « new deal » presque permanent.

 

Avec votre équipe vous utilisez quelle formation ?

Je joue pour l’instant en 4-1-4-1 mais ce n'est pas du tout ce que j'aime. En fait,  je fais ça parce que lors d'un match amical que l'on avait perdu 4-0, je me suis rendu compte qu'ils ne savaient pas bien défendre, c'est à dire qu’ils n’étaient pas assez agressifs sur le ballon et avaient tendance à défendre en reculant. En faisant ce 4-1-4-1 je sais qu'avec quatre joueurs hauts au milieu, on peut instaurer un pressing sur les côtés.

Par comparaison, si tu joues en 4-2-3-1 il te manque un joueur haut pour aider sur les côtés, et les joueurs latéraux vont reculer pour s’aligner naturellement avec les deux milieux défensifs du système. A l’inverse, tu auras deux joueurs disponibles sur le côté gauche et droit plus l'attaquant. C'est donc pour les forcer à défendre en avançant, ce n'est pas tellement parce que j'aime le 4-1-4-1.

 

Allez-vous changer de système au fil de la saison ?

Oui je veux changer. J'aimerais jouer avec deux attaquants parce que moi, si je suis arrivé dans ce club ce n'est pas pour finir 6 ou 7ème. Mon objectif c'est de faire un miracle. On va jouer pour marquer des buts, je préfère gagner 4-0 que 1-0, même si je sais bien que jouer avec deux mecs devant ne garantit pas forcement le fait de marquer plus de buts !

 

Avec Troussier vous avez été les premiers à faire venir un taïwanais en Chine, comment ça s'est passé ?

Oui en quelque sorte, même si Chen Ao Wei est arrivé en même temps, mais Po-Liang a été le premier à jouer. On cherchait un milieu offensif et j'ai pris un risque en disant à Troussier que je connaissais un joueur taïwanais, Chen Po-Liang. On l'a fait venir à l'essai, et il a signé à Shenzhen et a connu Troussier.


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Comment ont été ses débuts avec Troussier ?

Au début très mal, parce que Troussier est un entraîneur qui joue avec trois défenseurs et on n’arrivait pas à trouver sa place. Donc il a joué milieu gauche, milieu droit, en 10, attaquant et finalement il a fini arrière gauche avec trois défenseurs, mais un arrière gauche très offensif. Il a trouvé sa place comme ça, il est devenu indispensable, un peu comme ce que Troussier avait fait en 2002 avec le Japon, quand il avait mis Ono arrière droit. Il a fait la même chose avec Po-Liang. Mais il a quand même fallu 6 mois à Po-Liang pour être titulaire.

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Epoque Taiwan. (crédits: http://davidcamhi.net/)

Quand vous êtes allé à Hangzhou Greentown après Shenzhen vous avez emmené Po-Liang avec vous, pourquoi lui plus qu'un autre ?

Premièrement parce que c'est un mec sympa, et parce que on peut compter sur lui. En plus il est bon. Le coach peut le mettre milieu gauche, arrière gauche ou milieu offensif et il sait que de toute façon, c'est un joueur très professionnel dans son attitude. C'est un travailleur et il ne pose aucun problème.

Quel autre joueur taïwanais aurait le niveau pour jouer en D2 chinoise ?

Tous. Le problème c'est qu'ils ne sont psychologiquement pas prêts à faire les sacrifices nécessaires. Ils ne sont pas prêts parce qu'ils aiment beaucoup Taiwan et parce qu'ils se disent pourquoi aller jouer en Chine alors que je vais gagner la même chose ici, avec beaucoup moins d’exigence dans leur vie professionnelle. De tous les joueurs taïwanais qui sont venus ici, ce n'est pas pour rien que ce sont principalement des aborigènes, comme Chen Ao Wei ou Wen Zi Ao, ou des « naturalisés » comme Xavier Chen, Yaki, Onur ou encore Victor Chou. Ils en veulent beaucoup plus. Avec Po-Liang ça été très dur de le convaincre de venir en Chine et j'ai eu le même problème avec le petit numéro 10 de l'équipe nationale de Taiwan, Lin Chang Lun. Je lui avais trouvé un club de D2, mais au dernier moment il n’a pas signé. Ils se sentent comme dans un cocon à Taiwan, mais c’est aussi ce qui fait le charme de cette île…


 

David je vous remercie pour cette interview tout à fait passionnante et je vous souhaite une très bonne saison en espérant vous voir en CSL avec votre club d'ici quelques années ou au Japon à la tête d'une équipe de J League !

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