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Scottish Premiership : Les enjeux de cette fin de saison

Si vous pensez que le championnat écossais ne se résume qu’au Celtic, vous vous foutez le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate. On est surtout débarrassé d’un faux suspense, laissant place au vrai football, à celui que les amateurs scrutent. A l’approche des play-offs et des play-down, focus sur les enjeux de cette fin de saison entre podium, Europe et maintien.

 

Lutte pour le podium :
2e : Aberdeen – 67 points
3e : Rangers – 58 points
4e : St Johnstone – 49 points

C’est une bataille qui va être haletante, surtout avec le système des play-offs qui fait que les 6 premiers jouent 5 matchs, chacun l’un contre l’autre. Rien n’est donc joué pour le podium, même si Aberdeen & les Rangers sont bien partis.
Aberdeen est devenu la deuxième force du championnat depuis la descente des Rangers. Emmenés par un Derek McInnes de plus en plus reconnu à sa juste valeur, les Dons peuvent compter sur des cadres importants.
En défense, Andrew Considine, formé au club, enchaîne sa 14ème saison en pro et semble au sommet de sa forme. La tour de contrôle de la défense centrale, délocalisée dans le couloir gauche, se permet même d’être prolifique avec 6 buts en 30 matchs, soit le double de son record en carrière. Sur le côté gauche, on aurait pu retrouver l’oublié de la sélection, vice-capitaine des Dons, Graeme Shinnie, mais il fait les beaux jours d’Aberdeen en tant que milieu de terrain. Tandis que son frère tente de faire revivre sa gloire d’antan à Hibernian (D2), Graeme est un habitué des saisons pleines. Pour sa deuxième saison à Aberdeen, il est un joueur incontournable du onze de McInnes. Pourtant, ses performances ne suffisent pas à convaincre Gordon Strachan de le prendre en sélection. Incompréhensible.
Au milieu, l’arrivée de Ryan Christie en prêt du Celtic a renforcé un secteur qui brillait déjà par sa qualité. Les ailes notamment, avec Jonny Hayes et Niall McGinn (17 buts à eux deux), sont des armes redoutables pour les défenses adverses. C’est peut-être en pointe que le bât blesse. Il manque un véritable tueur. Si le vrai Rooney, Adam, réalise une saison correcte (11 buts en 32 matchs), il est parfois très maladroit et ses compères ne lui emboîtent pas le pas niveau stats (5 buts pour Jayden Stockley, 1 but pour Miles Storey). C’est le point faible de cette équipe.

Calendrier : v St Johnstone, @ Heart of Midlothian, v Celtic FC, @ Rangers FC, @ Partick Thistle

Pedro Caixinha, nouvel homme fort des Rangers

Pour les Rangers, c’est une saison encore une fois compliquée. Après la démission mais en fait c’est un limogeage mais en fait on ne sait pas de Mark Warburton, les dirigeants des Light Blues ont misé sur Pedro Caixinha, venu du Qatar avec une belle réputation. Arrivé en mars, il n’a pas eu le temps de faire des recrues et il fallait composer avec un effectif fort mais inconstant et surtout très imposant.
L’inconstance est véritablement le maître mot puisque depuis l’arrivée du Portugais, trois victoires et deux nuls sont à signaler : des victoires convaincantes contre Hamilton (4-0) et Partick Thistle (2-0) ainsi qu’un hold-up sur la pelouse d’Aberdeen (0-3 avec les trois buts marqués dans le dernier quart d’heure) mais des nuls assez décevants contre Motherwell et Kilmarnock. Si cette fin de saison va servir à Caixinha pour jauger son équipe pour la saison prochaine, il reste deux objectifs : essayer de revenir sur Aberdeen et gagner la coupe d’Ecosse en passant notamment le Celtic en demi. Si Emerson Hyndman, prêté par Bournemouth depuis janvier, est un peu plus dans le dur après de brillants débuts, les Gers peuvent compter sur l’inusable Kenny Miller en attaque, auteur de neuf buts et d’une activité impressionnante du haut de ses 37 ans. Il faut aussi souligner la bonne saison de Clint Hill en défense malgré son âge avancé de 38 ans. Il reste solide et fiable, et il se permet même de marquer quelques buts, notamment contre le Celtic en mars dernier pour un match nul 1-1. Les Gers ont les cartes en main pour assurer un podium et surtout une place en Europa League.

Calendrier : v Celtic FC, @ Partick Thistle, v Heart of Midlothian, v Aberdeen, @ St Johnstone

 

Du côté de St Johnstone, on est obligé de s’incliner devant le talent de Tommy Wright. D’abord adjoint, il est passé entraineur principal en 2013 suite au départ de Steve Lomas pour Milwall. Pour sa première saison, il élimine Rosenborg en Europa League avant d’offrir au club sa première Scottish Cup en battant Dundee United, rival du Tayside Derby, 2-0 en finale. Voilà deux saisons que les Saints finissent à la 4ème place et ils espèrent bien faire la passe de trois au minimum. Malgré la perte, à chaque mercato, de leur meilleur élément (Stevie May en 2014, Michael O’Halloran en 2015), St Johnstone réussit des coups pour garder une constance dans le niveau, tout en ayant une masse salariale faible [10ème masse salariale (£47 206), près de deux fois moins que Hearts (£86 890), trois fois moins qu’Aberdeen (£134 670) et huit fois moins que les Rangers (£316 888)].
St Johnstone est une équipe qui marque peu, mais qui compense par une défense très solide (5ème attaque, 5ème défense) : quatre buts encaissés sur les cinq derniers matchs et une défense type composée de Richard Foster (DD, 31 ans), Brian Easton (DG, 29 ans), Tam Scobbie (DC, 29 ans) et Joe Shaughnessy (DC, 24 ans). Ces quatre joueurs sont expérimentés et apportent une solidité que Zander Clark, le gardien, apprécie forcément.

Calendrier : @ Aberdeen, @ Celtic FC, v Partick Thistle, v Heart of Midlothian, v Rangers FC

 

Mais pour les Saints, il faudra regarder devant mais aussi derrière, car solidifier la 4ème place est peut être plus importante que de viser le podium.

Lutte pour la 4ème place :
4e : St Johnstone – 49 points
5e : Hearts – 45 points
6e : Partick Thistle – 41 points

La quatrième place sera sans doute qualificative pour l’Europe grâce à la Coupe d’Ecosse. Les trois premiers de D1 sont en demi, et seul Hibernian, club en Championship et qui joue Aberdeen, peut empêcher une qualification en Europe pour la 4ème place en cas de succès.

Hearts est clairement la déception de cette saison. Il faut dire qu’elle fut loin de tout repos. En décembre, Robbie Neilson quitte le club pour rejoindre MK Dons (D3 Ang), satisfaisant les partisans de son départ. Néanmoins, il a amené le club de la D2 à la D1 en une saison avec le record de points et le titre le plus rapide de l’histoire et il a ramené le club en Europe pour sa première saison en Premiership. Il a laissé le club en 3ème position, avec 4 points de retard sur Aberdeen et avec un match en moins. Situation plutôt favorable. Pour le remplacer, les dirigeants ont choisi Ian Cathro, venu avec une réputation assez importante et une envie de bien faire. Pourtant, nous sommes en avril et certains supporters demandent le départ du coach. Les raisons ? Un manque d’envie des joueurs, un recrutement hivernal raté et des résultats en dent de scie. Si la quatrième place est encore possible, il ne faudra pas perdre de points dans ce sprint final. On peut aussi targuer que Cathro a subi les blessures longue durée de Callum Paterson et John Souttar, éléments clés de la défense, et même du jeu de Hearts (Paterson est le deuxième meilleur buteur des Jambos bien qu’il n’ait pas joué depuis fin décembre). La seule satisfaction cette saison est Jamie Walker. L’ailier est indispensable aux Jam Tarts par sa technique et son sens du jeu. Il serait de bon ton pour Hearts de bien finir la saison afin de fêter l’arrivée de leur nouvelle Main Stand la saison prochaine de la meilleure des manières.

Calendrier : v Partick Thistle, v Aberdeen, @ Rangers FC, @ St Johnstone, @ Celtic FC

 

Enfin, la belle surprise c’est Partick Thistle. Le troisième club de Glasgow de l’élite prend le dernier spot dans ces play-offs au prix d’une belle saison. Et au départ de tout ça, il y a Alan Archibald. Ancien joueur des Jags (entre 1997 et 2002 puis entre 2007 et 2013), Archibald est devenu entraîneur en 2013 suite au départ de Jackie McNamara à Dundee United. Il parvient à faire monter son équipe de la First Division (aujourd’hui Championship) à la Premiership dès sa première demi-saison. Depuis, il parvient avec un budget ridicule à maintenir son équipe en Premiership, non sans difficultés. Mais cette saison, son équipe est portée par trois joueurs, un par ligne, avec pour démarrer, Liam Lindsay. Il n’a que 21 ans, mais le défenseur formé au club montre déjà des signes de maturité et de grandeur, avec six buts en trente matchs pour couronner le tout. Il est une des raisons pour laquelle Partick est quatrième meilleure défense. Au milieu, Adam Barton a montré de suite qu’il ne pouvait y avoir qu’un seul Barton de qualité en Premiership. Joey s’est planté, mais lui, a imposé sa patte dans le système d’Archibald. Il était fini pour le football après une grave blessure au dos contractée quand il avait 15 ans. Aujourd’hui Adam Barton renait du côté de Partick et nul doute que certains clubs vont avoir un œil sur lui cet été, surtout qu’il a également été excellent en début de saison dans la défense à trois des Jags.
Enfin, comment parler de Partick sans parler de son buteur Kris Doolan. Voilà neuf saisons qu’il porte le maillot rouge et jaune. Toujours une dizaine de buts en championnat au compteur depuis 2010 (sauf en 2014-2015 ou il reste à neuf buts) et surtout, un chiffre symbolique de buts marqués pour son équipe. Il a dépassé la barre des 100 buts le 1er avril dernier contre Ross County. C’est une légende du club qui est bien seule en attaque, puisque Partick n’est que la 6ème attaque ex aequo avec Ross County (8ème au classement) et avec un seul but de plus de marqué par rapport à Motherwell et Inverness qui sont 11e et 12e. Voilà le seul point noir de cette équipe qui voit le futur d’une belle manière puisqu’ils auront, enfin, leur propre centre d’entrainement d’ici quelques années. De quoi finir de convaincre Alan Archibald de rester, lui qui a refusé l’offre de Shrewsbury Town (D3 Ang) en octobre 2016.

Calendrier : @ Heart of Mildothian, v Rangers FC, @ St Johnstone, v Celtic FC, v Aberdeen

 

Concernant le bas du tableau, il faut savoir que le dernier du classement est automatiquement relégué tandis que l’avant-dernier doit en passer par deux matches contre le vainqueur des play-offs de montée en D2. Ainsi, la saison passée, Kilmarnock a sauvé sa place dans l’élite grâce à son succès 4-1 (score sur les deux rencontres) contre Falkirk.
7e : Kilmarnock – 35 points
8e : Ross County – 33 points
9e : Hamilton Accies – 32 points
10e : Motherwell – 32 points
11e : Dundee FC – 30 points
12e : Inverness – 25 points

5 points entre la 7ème place et la 11ème. Cette fin de championnat risque d’être serrée jusqu’au bout. Kilmarnock est un habitué des joutes pour la relégation, mais le club de l’Ayrshire devrait bien s’en sortir jusqu’à la fin de la saison. Le bon nul glané contre Hearts est une preuve de la qualité défensive dégagée par les hommes de Lee McCulloch. Un homme surnage, Kristoffer Ajer. La jeune pépite norvégienne est prêtée par le Celtic et Brendan Rodgers avait posé ses conditions. Il voulait qu’Ajer joue en défense centrale, lui le milieu de terrain. Un choix payant puisqu’il a montré une solidité et une maturité tout au long de son prêt. Killie est la deuxième meilleure défense des six derniers. Par contre, ce qui pêche c’est l’attaque puisqu’ils ont le pire nombre de buts marqués de Premiership à égalité avec Hamilton (30 buts marqués en 33 matchs). Il faut dire que Sammon et Boyd ne performent pas des masses. L’Irlandais est prêté par Hearts après quatre premiers mois ratés à Edimbourg et ne fait pas franchement mieux à Killie dans le domaine des statistiques. De son côté «Boydie» montre son implication à chaque rencontre, mais la finition pêche. Il faudra un regain d’efficacité à Killie pour être tranquille dans cette fin de saison, même si les courses de Jordan Jones sur l’aile sont un véritable poison pour les adversaires.

Calendrier : @ Hamilton, v Dundee, v Inverness, @ Motherwell, v Ross County

 

Au nord, les Highlands ne sont pas à la fête cette saison. Inverness est en queue de peloton et Ross County n’est pas beaucoup mieux. L’an passé, ces derniers étaient la belle surprise avec une sixième place et une Scottish League Cup remportée face à Hibernian. Cette saison, les hommes de Jim McIntyre n’y arrivent pas. Pourtant ils sont capables de coups comme les points glanés contre Hearts (une victoire et deux nuls) ou encore les nuls fait contre les deux big teams de Glasgow. Mais ce sont contre les autres que County est inconstant. L’homme providentiel est Liam Boyce. L’attaquant de 26 ans est essentiel pour les Staggies. Au club depuis trois saisons, il augmente à chaque fois son nombre de buts marqués passant de 10 à 15 et aujourd’hui 16 alors qu’il reste cinq matchs. Il faut dire que ses coéquipiers en attaque ne sont pas de son niveau, à commencer par Alex Schalk, meilleur en plongeon qu’en plantage de but. Le match le plus important sera le premier à venir : le derby qui peut rassurer les fans de Ross County, ou bien relancer Inverness et plonger les Staggies dans le doute.

Calendrier : v Inverness, @ Motherwell, @ Dundee FC, v Hamilton, @ Kilmarnock

 

Cette saison, Inverness traîne dans les profondeurs depuis un bon moment maintenant. Le club des Highlands n’a gagné qu’une seule fois en championnat depuis la fin octobre. En même temps, quand ton meilleur buteur est ton arrière-gauche (Carl Tremarco avec 7 buts), c’est qu’il y a un souci. Richie Foran n’a pas réussi à créer une dynamique, notamment après la victoire obtenue à l’arrachée contre les Rangers en février dernier. L’Irlandais, légende du club comme joueur, est notamment critiqué pour ses choix comme la titularisation de Iain Vigurs, apôtre de la nonchalance, ou la mauvaise gestion tactique de Liam Polworth, baladé partout au milieu. Il a d’ailleurs régulièrement fait amende honorable dans les interviews d’après-match. A sa décharge, la perte de Miles Storey, seule vraie arme offensive en 2015-2016, ainsi que les départs d’Andréa Mbuyi-Mutombo et Jason Roberts, qui ont offert de temps en temps quelques buts et actions, n’ont pas été compensés. En effet, si le franco-guinéen Lonsana Doumbouya a marqué 5 buts en championnat, Scott Boden a été un flop retentissant et Alex Fisher a longtemps été porté disparu. Les arrivées des ailiers Jake Mulraney et Billy King, prêté par Hearts, n’ont pas eu non plus l’impact escompté, surtout pour le dernier, et la blessure (très) longue durée d’Aaron Doran n’a rien arrangé.
Il faut donc insister sur les blessures qui ont touchées tous les secteurs, notamment la défense avec parfois un seul DC de disponible. L’expérimenté Kevin McNaughton, par exemple, n’a eu le temps de prendre part qu’à sept matches toutes compétitions confondues avant de rejoindre l’infirmerie qu’il vient juste de quitter. Foran a ainsi souvent fait du bricolage, embêté par un banc peu rempli. Le mercato d’hiver a permis de rectifier le tir : le roi Billy Mckay est revenu dans son royaume, deux ans après son départ, et deux défenseurs sont arrivés, Louis Laing et Jamie McCart (prêté par le Celtic). Mckay a déjà fait oublier Doumbouya avec trois buts et sa si précieuse activité tandis que McCart s’est imposé en défense centrale. Malgré tout, cela n’est pas encore suffisant pour remonter la pente. Le manque de réalisme, de technique ainsi que les erreurs individuelles coûtent trop de points à Caley Thistle. Enfin, il faut noter la baisse de forme de plusieurs cadres, y compris du capitaine Gary Warren, méconnaissable.

Calendrier : @ Ross County, v Hamilton, @ Kilmarnock, @ Dundee FC, v Motherwell

Kevin Gomis joue bien à Dundee FC, enfin il essaye. Crédits : dundeefc.co.uk

Toutefois, Inverness n’a pas perdu tout espoir. Dundee FC plonge complètement en cette fin de saison. Les Dees restent sur sept défaites sur les sept derniers matchs, dont un humiliant 7-0 reçu à domicile par Aberdeen. Il faut dire qu’il y a eu beaucoup de départs non remplacés qualitativement. Ainsi, les deux attaquants que sont Greg Stewart et Kane Hemmings ont été une énorme perte pour Dundee. Henrik Ojamaa, prêté par les Go Ahead Eagles, et Faissal El Bakhtaoui n’ont clairement pas été au niveau cette saison puisque Dundee est la deuxième pire attaque du championnat avec 33 buts marqués en 33 matchs. Mais la défense aussi a connu de nombreux coups durs. Tout d’abord, le départ de Paul McGinn (frère de Stephen jouant à St Mirren et de John évoluant à Hibernian). Le défenseur droit était un pilier de la défense et n’a pas été remplacé. James McPake, capitaine et clé de voûte de ce secteur de jeu, est out depuis août. Et il ne reviendra que la saison prochaine. Enfin, les recrues ne sont pas au niveau comme Kévin Gomis, qui est un gros flop. L’ancien Niçois fait partie des joueurs pris en grippe par les supporters, notamment après le 7-0.
Il y a quand même quelques motifs de satisfaction avec Marcus Haber, attaquant carrivé cet été qui a depuis été prolongé pour deux saisons par le board. Six buts en vingt-deux rencontres, ce n’est pas le nirvana mais ça reste correct et son implication dans le jeu laisse présager de bonnes choses pour Dundee. Enfin, il faut parler de Mark O’Hara, défenseur repositionné au milieupar Paul Hartley. Ce choix s’est montré payant puisqu’il est un des rares à briller dans cette saison terne des Dees, même s’il est plus en retrait qu’au début.
Dundee doit d’ailleurs se trouver un nouvel entraineur après le limogeage de Paul Hartley ce lundi (ndlr le 17/04). Ils sont pour le moment en position de barragistes, et il faut faire attention à ce que ça ne devienne pas plus inquiétant.

Calendrier : @ Motherwell, @ Kilmarnock, v Ross County, v Inverness, @ Hamilton

 

Motherwell est dans une période troublée également. Avec deux points d’avance sur Dundee, les Steelmen peuvent craindre une fin de saison compliquée. Mark McGhee avait pourtant gardé quasiment la même équipe qui avait fini 5e en 2015-2016, même si le départ de Stephen Pearson a laissé un vide au milieu et celui de Marvin Johnson a privé le club d’un ailier percutant. En outre, l’arrière-droit Richard Tait s’est parfaitement intégré, tout comme le jeune DC Ben Heneghan alors que Chris Cadden et Jack McMillan, produits du centre de formation, ont impressionné. Alors, pourquoi Motherwell se retrouve en queue de peloton ?
Tout d’abord, le duo d’attaque Louis Moult-Scott McDonald est moins efficace, surtout le second malgré sa constante influence dans le jeu. De son côté, l’ailier Lionel Ainsworth n’a pas le rendement attendu au vu de ses prestations passées. Surtout, Pearson et sa vision du jeu ont énormément manqué, les six premiers mois. Son ancien compère Keith Lasley, certes toujours capable de tacles bien appuyés, est bien moins efficace qu’avant. Les renforts au milieu n’ont pas prouvé leur valeur et les attaquants recrutés pour concurrencer Moult et McDonald n’ont rien apporté. Autre problème, le poste de gardien de but. Craig Samson n’a jamais été contesté, malgré de nombreuses bourdes. Dean Brill, excellent sous le maillot d’Inverness entre 2013 et 2015, n’a pas eu la moindre chance, ce qui est incompréhensible. Finalement, le plus gros souci de Motherwell a été Mark McGhee lui-même. Malgré une belle équipe sur le papier, il s’est trop souvent planté, avec quelques défaites retentissantes (7-2 à Aberdeen, 0-3 contre Hearts, 1-5 face à Dundee FC). Il n’a jamais montré une continuité dans ses choix tactiques, changeant à chaque match les hommes et le dispositif. De plus, le football pratiqué n’avait rien de séduisant. Alors que les fans réclamaient sa tête depuis quelques temps, son désormais fameux «Get that tae fuck», adressé à un supporter d’Aberdeen qui le filmait en février après son expulsion, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Le 28 février, il a été remercié, laissant la place à son adjoint Stephen Robinson. Depuis, Well a montré des progrès dans le jeu avec davantage de velléités offensives mais n’a pas les résultats qui vont avec, le succès 3-0 contre Inverness ne pouvant être pris comme référence, Inverness étant en délitement total.

Calendrier : v Dundee FC, v Ross County, @ Hamilton, v Kilmarnock, @ Inverness

 

Hamilton Academical, situé dans la même région que Motherwell, n’est pas beaucoup mieux. L’équipe managée par Martin Canning, lui aussi ancien joueur devenu entraîneur, était déjà en difficulté la saison dernière. Cette fois, c’est pire. Il n’y a plus l’excellent Michael McGovern dans les cages, ni l’arrière-droit Ziggy Gordon, ni le défenseur central Lucas Tagliapietra. Or, même si Hamilton a plus de ressources qu’Inverness, ce n’est pas non plus Crésus. Et, comme le vainqueur de la Coupe d’Ecosse 2015, Hamilton a vu quelques blessures de cadres venir s’ajouter à ses problèmes : Jesús García Tena, Gramoz Kurtaj ou encore Greg Docherty. De plus, les Accies voyagent très mal : ils ont attendu ce samedi (le 15/04) pour enfin gagné un match à l’extérieur, où ils ont la moins bonne différence de buts.
La perte de McGovern n’a, logiquement, pas été compensée, ce qui fait qu’Hamilton perd davantage de points, ne pouvant plus se reposer sur les exploits de son gardien nord-irlandais malgré les prestations correctes de ses remplaçants. Massimo Donati, ancien milieu du Celtic, apporte toute son expérience et Ali Crawford est capable d’exploits individuels, dans le jeu ou sur coup-franc. Les Mikey Devlin, Dougie Imrie et autres Darian MacKinnon tiennent la baraque du mieux qu’ils peuvent, comme ils le font depuis des années. La combativité ne suffit cependant pas. Eamonn Brophy ne confirme aucune des promesses entrevues, laissant le poste d’attaquant à Alex D’Acol, qui fait le boulot mais sans particulièrement briller. Les latéraux, qui changent très souvent, sont invisibles la plupart du temps et la défense dans son ensemble semble avoir constamment un temps de retard ; aucun des nouveaux venus dans cette zone n’a d’ailleurs convaincu. Hamilton est parvenu à se maintenir ces deux dernières saisons mais le danger se rapproche petit à petit. La grogne des supporters n’arrange rien, grogne qui se dirige vers Canning, rendu coupable des mauvais résultats et critiqué pour son empilement de joueurs. Le printemps va être chaud dans le Lanarkshire.

Calendrier : v Kilmarnock, @ Inverness, v Motherwell, @ Ross County, v Dundee FC

 

La fin de saison réserve donc son lot de suspens, notamment pour la relégation. A la fin du mois de mai, nous saurons les Européens, les déçus, le relégué et le barragiste. De quoi nous enthousiasmer pendant de longues semaines, n’en déplaise à ceux pour qui le championnat écossais ne se résume qu’à un duel entre le Celtic et les Rangers.

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