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Pedro Caixinha, les Rangers : existe-t-il un problème avec les entraîneurs étrangers en Ecosse ?

Arrivé en grande pompe d’Al Gharafa (Qatar) en mars dernier, Pedro Caixinha devait être l’homme qui allait remettre les Rangers sur les rails du succès. Huit mois plus tard, il est renvoyé après un nul contre Kilmarnock. Retour sur l’échec d’une expérience peut-être vecteur d’un mal plus profond aux Gers et aussi en Ecosse.

Les Light Blues reviennent de loin

Du côté de Glasgow, les bleus sont en berne tandis que les verts font la fête, et ce depuis 2012, année de la liquidation des Rangers FC. Sevco, mené par Charles Green a racheté ce qui appartenait aux Rangers pour que le stade et les infrastructures appartiennent encore au club. Cette entité s’est renommée en Rangers FC et a dû repartir de D4 lors de la saison 2012-2013. C’est très simplifié mais au moins vous avez la base.

Entre temps, le Celtic a amassé les trophées nationaux : 5 Premiership, 2 coupes d’Ecosse & 2 coupes de la Ligue. Les dents grincent à Ibrox. Surtout que les ennuis n’arrêtent pas, notamment en coulisses. Mike Ashley, propriétaire de Sports Direct & de Newcastle, devient actionnaire minoritaire des Light Blues. Il a tenté de prêter de l’argent au club en échange du stade et du terrain d’entraînement du club, provoquant l’ire des supporters. Tous ces remous en coulisse n’aident évidemment pas sur le terrain à ce que les Gers remontent en Premiership.

Une première saison compliquée en Championship

Lors de la saison 2014-2015, les Teddy Bears se retrouvent dans la Championship la plus relevée de l’histoire avec Hearts & Hibs, tout juste relégués de Premiership. Seul le premier monte directement, l’autre place possible doit se jouer à travers des tours de barrages. Alors que les Gers étaient favoris, de par leur effectif, ils ne parviennent jamais à tenir le rythme de Hearts. De plus, les soucis en coulissent fragilisent l’équipe, qui va se retrouver avec 3 entraîneurs différents.

Ally McCoist, artisan des 2 montées consécutives de la D4 à la D2, démissionne en décembre 2015, avec en prime d’être interdit d’accès au camp d’entraînement. Son remplaçant, Kenny McDowall, tient 3 mois avant de lui aussi démissionner. Stuart McCall, auteur de la plus belle chute de l’histoire, finit la saison sur le banc, et ne parvient pas à faire monter son équipe. Il perd en finale de barrage 6-1 en cumulé contre Motherwell avec, au passage, la bagarre en fin du match retour provoquée par Bilel Mohsni, rajoutant de nouveaux problèmes autour des Rangers.

Enfin de retour en Premiership

Mark Warburton signe en 2015 pour 3 saisons à Glasgow. Il réussit à faire remonter les siens dès sa première saison, en remportant le Championship mais aussi en remportant la Challenge Cup, trophée réservé aux clubs allant de la D2 à la D5. Le coach anglais emmène même son équipe en finale de coupe d’Ecosse, en ayant sorti le Celtic en demie aux TAB. Cependant, il ne réalisera pas le triplé, stoppé par Hibernian, 3-2. Mais la lune de miel ne va pas durer.

Dès la saison suivante, les Gers sont loin du niveau attendu. Lors de la Saint-Sylvestre, le Celtic remporte un nouveau Old Firm, mettant les Gers à 19 points et fragilisant le poste de Warburton, qui finit par céder en février 2016, non sans remous. Le 10 février, le club annonce la démission de son entraîneur, son adjoint et du chef du recrutement. La surprise est totale, et continue de grandir quand ces derniers annoncent ne pas être au courant de leur démission. De quoi alimenter les réseaux sociaux, peu avares en raillerie sur les Gers.

Mark Warburton viré du Rangers FC, source: Daily Record

Arrivée d'un nouveau coach

Le départ du trio est pourtant bien officialisé et les dirigeants des Rangers doivent trouver un remplaçant solide et fiable pour porter leurs ambitions. Ils se tournent vers Pedro Caixinha, alors entraîneur d’Al Gharafa au Qatar. Malheureusement, le Portugais arrive avec un bagage difficile à dissimuler. Il a été scout pour le rival honni, le Celtic, et il les a même félicité pour leur quatrième titre, dans une vidéo qui a vite fait le tour d’Internet en Ecosse au moment de sa signature.

Loin de tout ce barnum, Caixinha s’est vite mis en marche pour assurer le podium à son équipe. Premier match officiel sur le banc, victoire 4-0 contre Hamilton, en gardant la même équipe que lors des deux rencontres précédentes. Troisième match sans défaite de son équipe, gérée auparavant par Graeme Murty, entraîneur des U20. Jusqu’au 23 avril, les Teddy Bears enchaînent les matchs sans perdre, notamment une victoire 3-0 à Aberdeen, le rival du club pour la deuxième place.

Les premiers doutes autour de Caixinha

En un mois, la saison du club va prendre une tournure beaucoup plus amère et les premiers doutes autour de Caixinha vont émerger. Deux défaites de rang contre le Celtic, en demi de Scottish Cup, puis en championnat. Cette dernière rentrant même dans l’histoire: plus large défaite à domicile dans un Old Firm pour les Rangers, humiliés 1-5 par le champion. La deuxième place s’éloigne, surtout qu’une nouvelle défaite fait mal aux Gers, à domicile, contre Aberdeen. 26 ans que les Dons n’avaient plus gagné à Ibrox. Caixinha, homme de records. 9 points de retard sur la place de dauphin au final, mais une place sur le podium et une participation aux phases de qualification de l’Europa League.

source: The Scotsman

Il faut toutefois signaler qu’il n’a pas été aidé: de nombreuses blessures ont frappé ses joueurs, notamment en défense. Ainsi, les piliers Lee Wallace, Rob Kiernan ou encore Clint Hill ont été touchés. Caixinha a donc dû lancer dans le grand bain deux jeunes: Myles Beerman, qui a plutôt convaincu, et David Bates, encore un peu juste pour le haut niveau. Par contre, son choix de titulariser le milieu Jon Toral aussi régulièrement, alors que l’Espagnol n’était pas à la hauteur, a surpris.

Au final, les Rangers version Pedro Caixinha ne perdent que trois fois, donc deux défaites contre le Celtic, sur onze matches. Pas si mal, surtout quand tes attaquants ne répondent pas présents: Joe Garner a passé plus de temps à donner des coups qu’à se créer des occasions et Martyn Waghorn n’a pas encaissé le changement de division. Il était donc temps pour le Portugais de construire une équipe plus solide, soutenu par le board, notamment financièrement.

11 arrivées au bord du Clyde

Près de 10M de dépensés pour les recrues et trois axes qui se démarquent. Tout d’abord, 4 Portugais sont venus. Deux DC (Fabio Cardoso & Bruno Alves), 1 ailier (Daniel Candeias) et un MC (Dalcio). Ensuite, les sud-américains avec deux attaquants (Eduardo Herrera & Alfredo Morelos) et un milieu central (Carlos Pena). De part sa nationalité & son passé d’entraîneur au Mexique au Santos Laguna, ces deux filières ne sont pas dénuées de sens mais elles sont risquées. On se souvient des nombreux changements apportés par Paul Le Guen lors de son arrivée. On en vient au troisième axe, les Britanniques.

2 Ecossais, un Gallois & un Anglo-Français ont débarqués à Glasgow cet été. Graham Dorrans est arrivé dans les derniers jours du mercato en provenance de Norwich, Ryan Jack était en fin de contrat à Aberdeen tandis que Declan John & Aaron Nemane sont prêtés par Cardiff City et Manchester City. Deux milieux centraux, un latéral gauche et un ailier pour un total de 11 arrivées.

Du côté des départs

Pour compenser tout ça, les Rangers se sont débarrassés de 10 joueurs avec la particularité d’être tous des Britanniques, à l’exception de Philippe Senderos, Suisse. Plus que les départs, ce sont les circonstances qui sont autour qui posent problème. Michael O’Halloran a été prêté à St Johnstone, son ancien club. Qu’en pense Pedro Caixinha ?

Ce n’est pas mon type de joueur. Il n’est pas le type de joueur dont les Rangers ont besoin actuellement.

Andy Halliday, milieu aux Rangers depuis 2015 ? Prêté à Qabala en Azerbaïdjan car Caixinha n’en voulait pas. Martyn Waghorn, 44 buts en 78 matchs ? Vendu à Ipswich pour faire de la place.
Barrie McKay, jeune ailier de 22 ans très prometteur ? Mis au placard et bradé à Nottingham Forrest pour 500K. Une action dénoncée par l’agent de McKay, en expliquant que Forrest aurait payé facilement le double au club si Caixinha n’avait pas publiquement dit qu’il voulait se débarrasser de son joueur.

Arrivée à NFFC de McKay, source: Twitter NFFC

La saison passée, Pedro Caixinha avait fait les louanges de Joe Garner après un doublé contre Hearts en championnat. Résultat, bazardé à Ipswich pour plus d’1 Million d’euros. Matt Crooks, milieu défensif ? N’a même pas eu sa chance avec les Gers. Prêté à Scunthorpe la saison passée, il a signé pour Northampton Town cet été. On rajoutera les prêts de Joe Dodoo & Harry Forester ainsi que le départ de Rob Kiernan pour compléter cette liste.

Un tour d'Europa League et puis s'en va

10M de dépensés pour seulement 3 de récupérés. Le board des Rangers a posé ses couilles sur la table et a suivi les conseils de Caixinha. 8 des 11 recrues étaient au club le 22 juin soit 1 semaine avant le premier tour aller de qualification en Europa League, Herrera & Peña étant les derniers arrivés. On pouvait donc espérer un groupe fort pour jouer l’ogre Luxembourgeois qu’était le Progrès Niederkorn. Seuls Dalcio et Cardoso étaient titulaires au début du match, remporté 1-0 à Ibrox par les Teddy Bears. L’unique buteur ? Kenny Miller, 37 ans au club depuis 2014 pour son 3ème passage chez les Light Blues. Un match dominé par les Rangers, qui laissaient présager d’une qualification facile. Et puis est arrivé le match retour.

Morelos, Cardoso & Candeias titulaires, Dalcio & Herrera sont rentrés en cours de match, rien n’y a fait. 2 buts en 10 minutes en 2ème mi-temps ont tué les espoirs de qualification des Rangers. Plus que la défaite, le jeu pratiqué par les hommes de Caixinha a inquiété les suiveurs. Sur-usage de longs ballons, peu de créativité et d’envie, un cocktail qui a fait monter les premières grosses critiques envers Pedro Caixinha. Cette défaite, couplée à celle de St Johnstone contre les Lituaniens de Trakai, et celle de Hearts une saison auparavant contre les Maltais de Birkiraka ont provoqué un élan de grogne contre les équipes Ecossaises, au point de soulever le débat éternel de changer de calendrier et de commencer la saison en mars plutôt qu’en aout. Un marronnier au même titre que la possible présence du Celtic & des Rangers en Angleterre.

Un début de saison compliqué

La saison de Premiership attaque donc avec la déception de ne plus être en Europe. 5 recrues titulaires + un rentrant pour la victoire à Motherwell lors de la première journée avec un doublé de Graham Dorrans, arrivé après la débâcle Luxembourgeoise. Mais le premier accroc arrive dès la journée suivante, à domicile, contre Hibernian, tout juste promu. Défaite 3-2 contre les hommes de Neil Lennon, la légende du Celtic, avec un carton rouge pour Ryan Jack. 5 recrues titulaires + 2 entrants et pas de prestations forcément marquantes. Néanmoins, 2 joueurs ressortent du lot : Graham Dorrans & Alfredo Morelos. L’attaquant Colombien acheté au HJK enchaîne les buts. 6 en 6 journées de Premiership et 2 lors du premier tour de League Cup contre Dunfermline. Le buffle était l’arbre qui cachait la forêt.

Deux nouveaux accrocs entachent la réputation de Caixinha

En 4 jours, les Gers se déplacent 2 fois chez le voisin Partick, en Championnat puis en Betfred Cup. Premier match, nul 2-2, sauvé grâce au rouge d’Erskine qui a permis à Dorrans de marquer à 13 minutes du terme. Sans ça, les Light Blues perdaient 2-1 et semblaient bien partis pour laisser filer des points. En Betfred Cup, il a fallu une prolongation pour que les Gers se qualifient, toujours à Firhill. 7 recrues titulaires, Morelos qui rentre en prolongation et une équipe de base qui ne ressemblait pas à une équipe bis.

Ce qui commence à poser problème c’est que les recrues ne montrent pas de grandes choses, Carlos Peña en tête. Ainsi, Peña, placé comme numéro 10 ou milieu central, est inexistant dans le jeu. En plus de ses faiblesses techniques, il ne semble pas très intéressé parce ce qui se passe autour de lui sur la pelouse. Autre recrue qui divise, Bruno Alves. Le défenseur central a beau être international portugais et champion d’Europe avec son pays, il n’a pas montré tout ce qu’on pouvait légitimement attendre de lui. S’il a plutôt bien commencé, son niveau a ensuite baissé. Alors, il s’est essentiellement distingué par de vilaines fautes.

Le premier Old Firm de la saison ne calme pas les critiques

Défaite 2-0 à domicile dans un match où les Gers auront été inexistants. 5 recrues titulaires + 2 entrées en jeu qui n’ont rien apporté.

Comme souvent, il y a une période de mieux avant une rechute. 2 victoires consécutives en championnat, à l’extérieur qui plus est. Un succès 4-1, avec la manière, à Hamilton, après avoir été mené au score dès la 1ère minute. Et un 3-0 après la trêve internationale à St Johnstone. 7 buts en 2 matchs inscrits par des recrues (Declan John x2, Candeias, Dorrans x2 & Peña x2). De bonne augure avant la réception de Motherwell en demi-finale de Betfred Cup. Sauf que les ennuis en coulisses continuent. Kenny Miller, attaquant emblématique, est exclu du groupe pro et placardisé. Une altercation aurait eu lieu après le Old Firm, provoquant la mise au placard du vétéran. Des ennuis qui n’ont pas aidé à la préparation de la demi.

Une demi chaotique

7 recrues titulaires, 2 qui rentrent en jeu, un Pedro Caixinha exclu et une défaite honteuse 2-0 qui va remettre de l’huile sur le feu des critiques. Un doublé de Louis Moult plonge, en effet, les Gers dans la crise avant la réception de Kilmarnock, qui venait de changer de coach avec l’arrivée de Steve Clark. 3ème carton rouge de Ryan Jack en championnat, un penalty raté à la 93ème et un but encaissé lors de la contre-attaque. Score final 1-1, le couperet tombe le lendemain.

Pedro Caixinha et Stephen Robinson ont dû être séparés pendant le match, source: Daily Record

Pedro Caixinha est viré lui et son staff avec une nouvelle casserole sur le dos. Lee Wallace, Niko Kranjcar & Kenny Miller se sont vus interdits d’Ibrox Park par leur coach pour la rencontre contre Kilmarnock. Rappelons que Wallace est capitaine des Gers. Le remplaçant n’est pas encore connu, mais l’intérimaire est l’entraîneur des U20 Graeme Murty. 2 matchs à son compte au moment de l’écriture de l’article, 2 victoires avec surtout une réintégration des Britanniques dans le 11, Kenny Miller en tête. Ce dernier lui rendant bien en marquant un doublé contre Hearts lors de son retour. Un dernier pied de nez à Caixinha.

Le bilan de Pedro Caixinha

Le Portugais aura donc laissé le club avec 8 points de retard sur la tête du classement, des soucis en interne, des choix douteux mais un bilan pas si honteux. Il est l’entraîneur viré le plus vite du club, devant Paul Le Guen, les intérimaires ne comptant pas. 227 jours contre 240 pour le Français. 26 matchs contre 31. 53.85% de victoire contre 51.61% pour Le Guen. Meilleure attaque pour le portugais, meilleure défense pour le français et des circonstances de départ similaires.

Le 1er janvier 2007, Barry Ferguson, capitaine emblématique du club, est destitué et est interdit de jouer pour son club tant que Le Guen est coach. 3 jours plus tard, l’entraîneur est viré. A son actif, Le Guen aura été invaincu en UEFA Cup, permettant aux Gers d’être en 16ème de finale. Malheureusement, une défaite en quart de finale de League Cup contre St Johnstone, alors en D3 et une gestion d’effectif calamiteuse conduiront à son départ.

L’Ecosse : La peur du changement ?

Voilà depuis la saison de Paul Le Guen, le nombre d’entraîneurs non britannique en Première Division Ecossaise. On évitera de compter le dernier nombre, qui a gonflé grâce, ou à cause, de Hearts et de la période Vladimir Romanov, trois entraîneurs en une saison. MadVlad n’étant pas réputé pour ses choix de coachs. On remarque qu’il n’y a pas plus de deux coaches étrangers par saison, avec souvent les mêmes qui reviennent. Mixu Paatelainen 2007/2008, 2008/2009, 2010/2011, 2015/2016, Ronny Deila 2014/2015, 2015/2016. Sur les deux dernières saisons, le seul étranger est Caixinha.

Mais au final, est-ce bien la nationalité qui gène ou autre chose ?

Ian Cathro est un entraîneur britannique arrivé au milieu de la saison passée pour remplacer Robbie Neilson à Hearts. Aucune expérience de coach mais des idées reconnues en tant qu’adjoint. Il arrive affublé d’une réputation de « geek » puisqu’il aime beaucoup utiliser des ordinateurs pour préparer ses matchs, ses tactiques etc. Il s’était fait descendre dans un édito de Kris Boyd dans les journaux écossais. Dans le style, Cathro a tenté de faire adopter à son équipe un style très « espagnol » : conservation de balle, construction longue, du mouvement sans ballon.

Malheureusement, ça n’a pas pris et les fans se sont vite retournés contre lui. Aujourd’hui, c’est Craig Levein qui tient les rênes du club, remplaçant un Ian Cathro viré après un début de saison pas au niveau. Et dans le style de jeu, ça se sent, c’est très écossais. Grands ballons. Jeu direct. Cathro a payé un changement qui n’a pas pris et un recrutement hivernal raté avec beaucoup d’étrangers pour peu de britanniques, chose rétablie lors du mercato estival 2017.

Donc finalement ça serait le style et non la nationalité le problème ?

Demandons à Ronny Deila. L’entraîneur norvégien est arrivé au Celtic Park en juin 2014. Son mercato estival est un échec total avec un seul britannique, Craig Gordon, de retour en Ecosse pour remplacer Fraser Forster parti en Angleterre. Pour le reste, 5 prêts (Berget, Tonev, Denayer, Wakaso & Guidetti) et un joueur acheté (Stefan Scepovic). Denayer n’a pas été trop mal en défense centrale tandis que John Guidetti a eu sa période de hype avant de s’éteindre doucement. Berget, Wakaso & Scepovic n’ont absolument rien fait tandis que Tonev s’est fait remarquer par une affaire de racisme. Chose amusante, en janvier 2017, le Celtic recrute 3 britanniques : Michael Duffy, Nord-Irlandais, qui ne jouera pas un match, Gary Mackay-Steven & Stuart Armstrong, espoirs venants de Dundee United. Le premier ne percera jamais à Parkhead tandis que le second est indispensable maintenant.

"JOUEEEEEEEZ" source: Daily Record

L’année d’après, Deila mélangera paris sur l’avenir et appauvrissement du championnat. Un seul prêt, Tyler Blackett en provenance de Man U. 7 autres recrues viendront (Boyata, Janko, Bailly, Ciftçi, Allan, Christie, Simunovic). 2 sont encore titulaires maintenant au club, Boyata & Simunovic, défenseurs centraux. Les 3 pillés au championnat Ecossais sont prêtés par leur club (Ciftçi, Allan & Christie). Janko & Bailly ont été vendu cet été mais n’ont jamais percés. Carlton Cole signera en cours de saison mais sera un flop, tout comme Colin Kazim-Richard acheté lors de l’hiver 2016. Erik Sviatchenko, DC de 24 ans signera, tout comme Patrick Roberts pour un prêt d’un an et demi. Le Danois est important en défense et Roberts a signé pour un nouveau prêt cet été sous l’égide du nouveau coach.

Un nouvel échec

Rien que sur le mercato Ronny Deila a échoué. Très peu de bons coups. Et ça s’est confirmé dans le jeu. Beaucoup de matchs pauvres de la part du Celtic. Un seul trophée domestique de gagné, la League Cup en 2014 contre Dundee United lors de la seule finale de Deila en 2 ans. Le Championnat ? Remporté par 2 fois sans vraiment briller devant un Aberdeen en constante progression. Ce qui a surtout frappé c’est la régression sur le plan Européen. 2 éliminations en play-off de la Ligue des Champions contre Maribor puis Malmö. Élimination en 16ème contre l’Inter en 2014/2015, élimination en phase de poules de l’Europa League la saison suivante, dernier derrière Molde, Fenerbahçe et l’Ajax.

Il se fait remplacer en 2015 par Brendan Rodgers qui sur un seul mercato a réussi à effacer Deila. Kristofer Ajer, Moussa Dembele, Scott Sinclair. Ces seuls 3 noms suffisent à montrer le nez du Nord-Irlandais. On rajoutera Olivier Ntcham lors de cette saison qui est très impressionnant avec les Bhoys. Mais là ou Rodgers a été bon, c’est en faisant marcher ses connaissances de l’Angleterre. 12 recrues en 2 saisons, 9 venant d’Angleterre, ou même d’Ecosse avec Jonny Hayes cette année. Des recrues pas forcément Britanniques de nationalité, mais Britanniques d’antécédent et donc préparées à l’Ecosse. Un mélange intelligent qui fonctionne très bien puisque le Celtic est invaincu en Ecosse depuis le 11 mai 2016. Pour couronner le tout, Rodgers a réussi là où Deila a échoué puisqu’il a ramené le Treble, soit le triplé Championnat, Coupe d’Ecosse, League Cup.

En conclusion

Du coup, pour Deila et Cathro les problèmes sont au niveau du mercato et du style. Pour Le Guen et Caixinha, on est aussi sur le recrutement mais surtout sur un vestiaire britannique mis à dos. Qu’en est-il de la sélection Écossaise ? Le problème est le même. Le dernier étranger sur le banc remonte à 2002 avec l’Allemand Berti Vogts. 25.81% de victoires en 2 ans. Et même 50% de défaites, un ratio inquiétant, bien loin de celui de Gordon Strachan et ses 47,5% de victoires sur 4 ans. Et quand on voit les noms qui fuitent pour remplacer Strachan en tant que sélectionneur, on se dit que l’Ecosse n’est pas encore prête pour le changement.

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