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Vitor Oliveira : Au Portugal appelez-le Roi des montées !

Il y a de cela un mois, l'équipe de TLMSF vous présentait un personnage à la carrière peu commune : Natalio Lorenzo. Pourtant bon joueur, celui-ci a connu le malheur de la descente… A 6 reprises, avec 6 clubs différents. Aujourd'hui, nous allons nous tourner vers le Portugal pour vous présenter son antithèse : l'entraîneur du SC Portimonense, Vitor Oliveira. Son surnom ? "Rei das subidas", que vous pouvez traduire par "Roi des montées". Et pour cause, Vitor Oliveira (64 ans) a obtenu 10 promotions en Liga Nos et ce avec 10 clubs différents… Et cela en l'espace de seulement 32 saisons passées en tant qu'entraîneur. Portrait d'un parcours tout aussi brillant qu'instable.

L'été dernier, la ville de Portimonense poussait un second cri de joie. Quelques semaines après avoir validé son ticket pour la Liga Nos, le Portimonense SC s'est assuré le maintien de Vitor Oliveira à la tête de l'équipe première. Et à en juger la carrière de ce grand monsieur, l'exploit est considérable : de 2012 à 2017, le natif de Matosinhos a entraîné 5 clubs de seconde division. Pour un bilan de… 5 montées. Un bilan unique dans le monde du football, et une réputation de Rei das subidas largement méritée. D'autant plus qu'à ces 5 dernières montées, il faut ajouter 5 autres montées acquises depuis 1991. Avant d'aborder sa nouvelle vie de coach de Liga Nos, revenons ensemble sur les différentes montées de ce grand monsieur du football portugais.

Et oui, ce beauf qui ressemble à ton oncle alcoolique est l'un des entraîneurs les plus reconnus au Portugal.

 

 

 

Après 2 premières expériences compliquées à Portimonense (1985 - 86) et au FC Maia (1988), Vitor Oliveira débarque au FC Paços de Ferreira.  Et dans ce qui fut la première édition de la Liga Honra, premier chemin vers la professionnalisation de la D2 portugaise, son équipe a brillé : championne devant Estoril, l'équipe de Paços aura accumulé 21 victoires en 38 matchs à la faveur d'un jeu déjà offensif… Mais où l'équilibre est roi.

Les premiers mots d'une légende donc. Mais une légende qui va se former avec le temps puisque Vitor Oliveira n'a pas toujours été un vagabond : après cette montée, il est resté 3 ans en première division avec Paços… Et finira par connaître la relégation. Un crève cœur, mais qui ne semble pas être un frein à sa carrière puisqu'il a ensuite officié 3 ans à Gil Vicente et une année au Vitoria Guimaraes, toujours en première division. Sans faillir, mais également sans briller. Un passage qui l'amène ensuite à retourner en seconde division…

 

 

 

Porteur d'un projet ambitieux, le club de Coimbra décide de parier sur Vitor Oliveira. Pour ce qui ne sera que sa seconde expérience en deuxième division, il ne décevra pas puisqu'il obtiendra la montée. Pas le titre de seconde division, échouant à Campomaiorense, et ce du fait d'une attaque trop peu efficace. Sans doute frustré par cette "simple" 3ème place, Vitor Oliveira fait rapidement son choix : il ne restera pas à la tête de l'Academica. S'il n'a pas encore choisi de devenir o Rei das subidas, le technicien commence à voir sa côte grimper et tout particulièrement en seconde division… Et va donc naturellement y rester. Pour forger sa légende.

 

 

 

 

C'est chez un relégué qu'il va continuer sa carrière, à savoir l'Uniao Leiria. Et c'est avec ce club qu'il va écraser la Liga Honra. Jugé trop peu offensif l'année passée à l'Academica, il répond de la plus belle manière : avec un titre de champion facilement acquis, et une attaque exceptionnelle (73 buts marqués en 34 matchs !). Un succès qui lui ouvre de nouveau les portes de la première division et qui fait remonter sa côte de popularité… Et va donc l'amener au SC Braga. Où il connaîtra son premier véritable échec, étant licencié juste avant Noël suite à un bilan désastreux (3 victoires en 14 matchs). Mais une nouvelle fois, cela fut une nouvelle étape vers la légende : suite à ce licenciement, il va se retourner vers la seconde division.

 

 

 

Dans la foulée de son licenciement, il rejoint OS Belenenses. Alors englué au milieu de tableau, le club de Lisbonne cherche surtout à préparer la saison suivante… Et va se retrouver en première division à la faveur d'une superbe deuxième partie de saison. Une immense surprise, qui ramène Belenenses en première division pour la première depuis presque dix ans… Et permet à Oliveira de signer sa 4ème montée en 9 saisons professionnelles, dont seulement 4 en seconde division. Le début d'une légende… Mais également la fin. Du moins c'est que l'on peut être tenté de croire : chassant les records en seconde division, Vitor Oliveira refuse de poursuivre l'aventure avec Belenenses et se met en quête de nouvelles aventures en seconde division. Il en connaîtra 4 (Rio Ave, Gil Vicente, de nouveau l'Academica & Moreirense), sans la moindre nouvelle montée. Au total, il restera silencieux de 1999 à 2006.

 

 

 

C'est finalement en 2006 que Vitor Oliveira va retrouver la formule magique. Et, spécificité de cette montée, ce sera non pas en un "one-shot" mais lors de sa seconde saison passée au club. Mais le ton avait été donné dès son arrivée : stagnant en Liga Honra, le club va finir à 2 petits points d'une 2ème place, et ce malgré la meilleure différence de but du championnat. Un coup du sort, qui au final ne fera qu'ancrer davantage la légende de Vitor Oliveira.

En effet, la saison 2005-2006 fut la toute dernière saison de la Liga de Honra, réformée pendant l'été et devenant la Segunda Liga. Et c'est symboliquement que Vitor Oliveira, premier champion de Liga de Honra avec Paços, devint également le premier champion de Segunda Liga. En écrasant une nouvelle fois tout sur son passage.

Pour autant, ce qui devait être le renouveau de Vitor Oliveira fut une simple éclaircie entre deux zones d'ombres puisqu'il connaîtra ensuite 6 ans sans la moindre montée, malgré le passage dans 3 clubs différents (Leiria de nouveau, Trofense & Aves). Mais comme on dit, après le calme vient la tempête…

Vitor Oliveira

5 montées en 5 ans ? Challenge accepted.

 

 

 

Le premier épisode de ce qui sera la période la plus faste de sa carrière fut donc Arouca. Ce jeune club, grandissant à une vitesse exponentielle (4 montées en 6 ans !), va flairer la bonne opportunité de relancer ce vieux manitou de la seconde division dès 2011. Tout juste promu, Arouca finit à une très satisfaisante 5ème place lors de la première saison de Vitor Oliveira. Et comme à Leixoes, la seconde saison sera la bonne puisque qu'Arouca arrachera la seconde place du championnat (loin derrière l'ovni Belenenses, champion avec 96 points en 42 matchs). Sûr de son ambition, le club de la banlieue de Porto était persuadé de pouvoir retenir Vitor Oliveira… Mais n'y arrivera pas. En effet, ce dernier a une légende à écrire : déjà auréolé de 6 promotions, il lui faut atteindre la barre incroyable des 10 montées. Barre qu'il atteindra en seulement… 4 ans.

 

 

 

 

Après avoir mené en première division le jeune club affamé de gloire qu'est Arouca, Vitor Oliveira se penche sur un club relégué (ndlr : et d'ailleurs bien parti pour l'être de nouveau cette année) : le Moreirense FC. Et là encore, ce sera un succès éclatant : champion sans trembler devant le FC Porto, Moreirense peut se targuer d'avoir proposé un jeu d'excellente facture et tout aussi solide défensivement. Cela se traduit avec une différence de but de +40, et bien entendu ce titre de champion. Le 3ème de la carrière de Vitor Oliveira.. Et sa 7ème montée donc.

 

 

 

Bien décidé à aller chercher sa decima, Oliveira n'a donc pas souhaité tenter l'aventure en première division avec Moreirense. Inutile de dire que face à un tel CV, presque tous les clubs de D2 se sont arrachés le technicien… Et c'est finalement l'Uniao da Madeira qui a décroché le gros lot. Un choix qui peut surprendre : le club de Madère ne semble pas avoir les moyens d'accrocher une montée en Liga Nos, tant sur le plan financier que sportif. Un constat partagé par tous, Oliveira le premier… Mais qui ne l'empêchera pas de conduire l'Uniao sur la seconde marche du podium, et donc en Liga Nos. Si la marge fut incroyablement faible (l'Uniao n'a devancé Chaves qu'à la différence de but et Covilha au goal-avérage particulier !), l'exploit est retentissant. Mais pas suffisant aux yeux de Vitor Oliveira qui décide de poursuivre sa route vers la Decima.

 

 

 

3ème malheureux de la saison passée, le CD Chaves refuse de rester plus longtemps en seconde division. Et pour ce faire, une solution miracle apparaît : embaucher Vitor Oliveira. Ce constat est partagé par beaucoup de monde… Et confirmé par le technicien lui-même en conférence de presse, avec cette phrase quasi mythique.

" Comment monter en première division? Embauchez-moi."

Une phrase mythique, mais également une phrase prophétique. Sans la moindre surprise, le GD Chaves obtient son billet pour accéder à la première division, en accrochant la seconde place. Et c'est toujours sans la moindre surprise que Vitor Oliveira a annoncé son départ de Chaves sitôt la montée acquise… Déjà sa 9ème montée, la 4ème consécutive. Mais avec qui le magicien va-t-il décider de conclure son incroyable défi, celui des 10 montées ?

 

 

 

 

Comme un symbole, c'est à Portimonense que Vitor Oliveira va décider de poser son sac. Preuve que, malgré son instabilité, l'ancien milieu de terrain a du cœur : c'est à Portimonense qu'il a commencé sa carrière d'entraîneur. Reconnaissant d'avoir eu une telle opportunité, Vitor Oliveira est donc venu boucler la boucle… Et le fera de manière éclatante. Reprenant une équipe en excellente forme (4ème la saison précédente), il va totalement écraser la Segunda Liga avec un excellent rendement offensif (19 points d'avance sur le 3ème, 70 buts marqués en 42 matchs). Fort de ce titre de champion, Vitor Oliveira entre définitivement dans l'histoire avec un record absolument incroyable : 10 montées en Liga Nos, dont 5 consécutives. Une bien belle manière de terminer son histoire avec cette seconde division… Et de démarrer (enfin) son histoire avec l'échelon supérieur.

Avec Portimonense, Oliveira prend des risques : c'est un des effectifs les plus faibles de la Liga Nos tant qualitativement (ndlr: sauf Shoya, obrigado!) que quantitativement, avec très peu de moyen. Mais pour l'instant, les choses se passent plutôt bien : sans abandonner son style de jeu, entre rigueur et jeu direct vers l'avant, le club de Portimao est aujourd'hui installé à une confortable 10ème place. 8 points devant Moreirense, premier relégable, et surtout en progrès constants comme en atteste la série de 5 matchs consécutifs sans défaite. Le début d'une nouvelle légende ?

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