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On était au Grande Torino pour le Derby de Turin

Le match était plutôt bien choisi pour ma deuxième étape de groundhopping en Italie après l'Inter Milan à San Siro. : Le derby de Turin, dit également le Derby della Mole en référence au monument qui symbolise la ville de Turin. De plus, le derby de ce jour semblait revêtir une importance capitale au classement pour les deux clubs.

La Juventus a rarement eu à combattre face à un adversaire aussi fort que Naples pour le titre. Et le Torino grâce à 3 victoires et 2 nuls en 5 matchs pouvait espérer se relancer dans une course à l'Europa League. Pour continuer à vous joindre le contexte avant d'aller plus loin, j'avais une certaine appréhension sur ce Stadio Olimpico Grande Torino liée à la distance entre les virages et le terrain.

Mais cette affiche allait forcément me profiter avec un stade plein. Un cas qui ne doit se présenter que pour le derby puisque l'affluence moyenne tourne à 18 000 pour 28 000 sièges. Lors de la mise en vente publique (seulement une semaine avant le match), il ne restait qu'un millier de places mais il a bien fallu toute la semaine pour écouler les places restantes dans un tarif compris entre 40 (virage Curva Primavera seulement disponible) et 60€ (bien placé dans les latérales).

C'est 2 à 3 fois plus cher que n'importe quel autre match mais dans sa globalité la politique tarifaire semble cohérente et accessible. Pour le groundhopper, se faire un derby de Turin pour 40€ est un excellent plan. La preuve :

 

L'avant-match

 

Ma journée débute très tôt puisque le bus nous fait arriver sur les coups de 5 heures du matin. Je n'ai aucunement l'intention de visiter Turin un dimanche dans le froid tandis que le derby débute dès 12h30 ! Après quelques heures ici et là à passer le temps en mangeant et dormant, j'arrive au stade vers 9h45 en pensant me retrouver seul encore pour au moins une heure.

Je vois pourtant déjà quelques centaines de supporters aux couleurs toujours bien présentes du Torino. Les différents stands ambulants étalés sur une centaine de mètres ont déjà de quoi nourrir des bouches ou vendre du merchandising. Et le stade étant plutôt bien placé, c'est sans compter les bars également occupés par les supporters. Ça n'en reste pas moins calme, mais voir cette activité autour du stade dès 10h du matin m'a épaté.

On est 2h30 avant le coup d'envoi, le stade est dans la ville, on se gare n'importe où à Turin et c'est le calme d'un dimanche matin en ville. Bref, tous les voyants seraient au vert pour se pointer au dernier moment.

De plus, les fans du Torino habitent historiquement Turin, là où la Juventus représente davantage l'Italie que Turin. Ce qui dans l'Histoire n'a d'ailleurs pas manqué d'être moqué par les fans du Torino, par exemple avec cette banderole "Bienvenue à Turin" en 2014. Je ne vais d'ailleurs croiser aucun fan de la Juventus dans la journée.

Que ce soit en France ou en Angleterre, j'avais plutôt toujours entendu, vu et vécu la même chose pour des matchs à 13 ou 14h : "La flemme de se lever dès 10h", "c'était l'une des pires ambiances de la saison, c'est un peu logique aussi..." Et bien sur ce match on se rend vite compte que ça ne gênera pas le spectacle des tribunes.

 

 

L'arrivée des joueurs

 

Sur les coups de 11h30, les bus des joueurs arrivent. A noter les services de police bien présents et équipés pour assurer la sécurité.

Les joueurs du Torino reçoivent les premiers applaudissements et chants de la journée.

Tandis que celui de la Juve reçoit toute la haine des supporters. C'était un moment assez fort. J'en ai eu les frissons quand ils se sont fait insulter par un quinquagénaire surexcité. C'était magnifique. En face de moi, deux mères de familles tiennent chacune un dessin sous pochette plastique dans les mains : Un bon gros doigt d'honneur pour l'une, et un beau caca qui sent le bianconeri pour l'autre.

Certainement des travaux d'école. Les enfants sont formidables ! Pour situer la haine, j'ai notamment lu sur The Guardian que les supporters des deux camps se sont déjà nargués au sujet de deux tragédies (celle de Superga concernant le Torino, celle du Heysel pour ceux de la Juventus).

Le match

 

Lorsque ce spectacle est terminé, il est temps de rentrer dans le stade. Un tour de stade inutile pour trouver ma tribune bien cachée me permet d'entendre rugir la Curva Maratona, tribune des supporters les plus chauds du club et dont on trouve quelques écharpes en leur honneur. L'entrée dans le stade est un peu compliqué puisque n'étant pas membre du Torino, seulement deux guichets me sont destinés pour rentrer dans la Curva Primavera.

C'est peu mais à peine surprenant puisque ce stade est vraiment d'époque. Il ne semble jamais avoir été rénové et on reste donc dans un autre temps sur les guichets ou l'entrée dans le stade. Je n'ai d'ailleurs pas vraiment parlé du stade mais de l'extérieur il n'y a finalement pas grand chose à en dire, c'est une arène en béton bien protégée par des énormes grilles qui ne permettent pas de nous offrir une belle vue générale du stade.

A l'intérieur, rappelez-vous que j'étais dubitatif en début de compte-rendu, c'est finalement une bonne surprise. Quand un stade de cette forme est plein, cela devient une arène très intimidante avec les couleurs grenats portées par tous. Et finalement je pensais "rien voir" en virage mais nous ne sommes pas si éloigné du terrain.

Je pensais également que ma place au second rang dans un angle allait être un problème. Bien que non officiel, le placement est par la force des choses libre puisque toute la tribune est debout, que les escaliers sont larges et également occupés. D'ailleurs, c'est plus de la moitié du stade qui devait se tenir debout sur ce match. C'est quand même beaucoup...

Une latérale s'est même exceptionnellement mise à suivre le mouvement avant le match en sautant. La Curva Primavera n'est pas "familiale" avec la présence notamment du second groupe d'Ultras, et surtout des supporters adverses à proximité pour exciter tout le monde. Sauf sur quelques chants où les deux tribunes se répondent, je ne vais pas souvent prêter attention au bruit de la Maratona mais plutôt à celui de ma tribune et de la Juve.

Malheureusement je ne comprends rien à l'italien et c'est toujours un problème pour l'expérience. Je ne peux pas vraiment participer. D'autant plus que l'animation était surtout constituée de chants mais que ça restait sinon statique (à l'exception des drapeaux toujours en nombre).

Le Torino va se procurer quelques bonnes occasions mais finir par encaisser un but en fin de première mi-temps. Ce qui devient rédhibitoire face à une équipe qui me parait bien éloigné des idéaux européens de "jeu". La Juventus n'était ni vraiment entreprenante avant, ni entreprenante après même si Dybala a égayé un peu ça en rentrant en jeu.


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Pourtant on dira certainement qu'elle a fait un bon match. Parce que c'est comme ça avec elle, mais c'était chiant, en plus des nombreux joueurs au sol à tort ou à raison. A la fin du match, je file rapidement pour qu'aucun imprévu ne puisse me faire rater mon bus.

Et j'ai donc raté un formidable moment (lire "horrible" pour les fragiles) entre un supporter du Torino et de la Juve dans ma tribune. Des images plutôt que des mots :

Avis

 

Vous avez compris que j'ai beaucoup aimé ce club du Torino (ndlr: je détestais déjà la Juve). Un club du peuple dont l'atmosphère nous pousse immédiatement à l'aimer. Et un derby qui sans véritable excès a montré malgré tout une rivalité pesante. Une date à cocher sur le calendrier chaque saison. Mais l'envie est aussi maintenant de les voir pour d'autres matchs, dans la Curva Maratona.

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