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1.Mainz 05 II - TSV Steinbach ou quand j’ai délaissé les Bleus pour une D4 allemande

Aujourd’hui, petite envie incongrue dans ma vie de passionné de football. Les tribunes me manquent. Je consulte les sites locaux afin de dénicher la perle rare. Projet d’autant plus difficile puisque nous sommes dans une période de trêve internationale. Seules les équipes amateur ou semi-professionnelles ont le droit au terrain. Pour cette occasion, je préfère délaisser la PogSérie, épisode russe. Un match champêtre vaudra sûrement son pesant. Après quelques recherches, je tombe sur le fameux 1.Mainz II-TSV Steinbach, chaudement conseillé par un collègue se rendant au stade.

Ce choc de Regional Liga Südwest (équivalent du National 2 français, ex-CFA) entre le 7è et le 8e me tente. Le rendez-vous est donc donné au Bruchwegstadion.

18h31 au compteur de la C3. La tribune Orgentec se dessine à l’horizon. J’étais loin d’imaginer une telle structure pour un club de quatrième division. Je me suis soudain souvenu de ce fameux stade, découvert au détour d’une recherche Wikipédia sur le 1.Mainz 05. Cette arène pouvait accueillir 20 300 personnes jusqu’en 2011 avant de s’éclipser au profit d’un stade ultra moderne en pleine campagne. Quand on le cherche sur Google, on nous présente un stade Lego. Quelques gradins (qui avaient pour nom "die Molitor-Tribüne") sont venus "se clipser" à la tribune principale. Ils ont aujourd'hui disparu.

Pour les Mainzer, il a une signification et une symbolique forte. Délaissé par l’équipe professionnelle, ce sont les jeunes et les U23 (que je m’apprête à découvrir) qui ont le privilège d’utiliser cet écrin historique. Mythique seulement pour les fans du M05 puisqu'au-delà des parcours en Coupe UEFA des Nullfünfter, son seul fait d’arme international reste un match d’éliminatoire à la Coupe du Monde 2010 entre l’Irlande et la Géorgie. C'était pendant la Deuxième Guerre d'Ossétie du Sud. C’est aussi le théâtre des premiers exploits d’entraîneur d’un certain Jurgen Klopp.

Bref. Retour au sujet du jour.

Une seule tribune est ouverte pour l’occasion : la tribune Entega. C'est le cas pour la plupart des matchs des U23 m’apprendra-t-on. Les seules exceptions faites sont pour la réception des grosses cylindrées du groupe comme le FC Saarbrucken (dont les ultras sont très copains avec les nancéiens), les Kickers Offenbach (dont les matchs à l’extérieur font carton plein dans chaque stade) ou encore les réserves du Vfb Stuttgart, du FC Freiburg ou du TSG Hoffenheim.

Steinbach ne me disait rien pour être honnête. Petite ville de 10000 habitants, c’est une équipe composée de joueurs habitués à ce niveau, passés par les réserves de clubs professionnels ou des clubs étrangers (D2 turque, D1 bosnienne par exemple).

Côté Mainz, ce sont essentiellement des U23 formés au club pour la plupart. Ils sont encadrés par des vieux briscards comme Sebastian Tyrala, capitaine de l’équipe et ex-international polonais (1 sélection) passé par le Borussia Dortmund notamment ou encore Karl-Heinz Lappe, ex-serial buteur d’Ingolstadt ou de la réserve du Bayern Munich.

Ticket en poche, la tribune Entega me tend les bras. Une belle tribune d’ailleurs. Première chose qui tape à l’œil: les posters des maillots des joueurs emblématiques du club: Schürrle, Subotic ou Erik Durm pour ne citer qu'eux. Gros vivier de joueurs passés par le BVB. Echauffement à la frontière entre le professionnel et le district pour être honnête. Des tirs envoyés sur le chantier de la tribune en cours de démolition, une sono qui crache du Crazy Frog remixé (oui), des projecteurs allumés 15 minutes avant le début du match. L’auteur « (des) phrases qu’on peut entendre qu’au niveau district » se serait régalé.

Mainz

La tribune se remplit. 501 spectateurs selon le site officiel du 1.M05. Belle affluence pour un match de D4 un mardi soir en pleines vacances scolaires. Est-ce qu’un FC Lorient B-AC Boulogne Billancourt ferait pareille recette ? Difficile de l’imaginer.

Le match démarre. Beaucoup de rythme et d’engagement et déjà les premières spécificités du jeu à l’allemande (n’importe quelle équipe teutonne d’ailleurs) : le gardien joue haut. On disait que Neuer avait révolutionné son poste. Allez voir n’importe quel match sur le territoire d’Angela et vous verrez l’application « neuerienne ». Presque comme un libero, le gardien est à la base de la construction du jeu et il parle beaucoup, beaucoup comme tous les joueurs d'ailleurs. De la tribune, on entend tout ce que disent les joueurs et les staffs.

Un défenseur de Mainz a également mis en lumière tout ce qu’un défenseur ne doit pas faire : sens de l’anticipation équivalent à une commode, tête baissée, relance brouillonne, cadeaux à l’adversaire. Une serpillière puisque toutes les occasions (et les buts) de Steinbach sont à mettre à son actif.

2-1 à la pause pour les visiteurs qui ont décidé de ne pas rentrer bredouille au village. Mi-temps agréable où les joueurs cherchent à relancer proprement et à proposer des séquences de jeu de qualité. Bon OK, parfois, on retrouve l'esprit amateur avec les grosses galettes vers le 'numéro 9' mais on a la même chose en Ligue 1. Dépaysement footballistique à nuancer sur ce point.

La deuxième mi-temps est plus terne malgré le score final. Peu de choses à retenir, peu d’occasions de part et d’autre si ce n’est les deux nouveaux buts de Steinbach. L’ancien goleador de la réserve du Bayern a tenté pour les locaux mais sans réussite.
L’arbitre Timo Klein a tenu à démontrer que c’était lui le patron sur le rectangle vert. Il a offert un carton à presque tous les acteurs dont deux cartons rouges assez comiques en l’espace de 5 minutes. Un de chaque côté pour équilibrer. Généreux. Même le sexagénaire à ma gauche qui vient à toutes les rencontres du club depuis sa retraite en 2013 n’en revient pas.

Score final 4-1 pour les visiteurs et une belle immersion dans le monde semi-professionnel allemand. Bilan satisfaisant avec de belles découvertes de chaque côté comme Sebastian Tyrala et Petermann côté Mainz ou Herzig côté Steinbach.

Je quitte le vieux Bruchstadion satisfait de cette expérience et de ce beau spectacle avec l’album Panini/Onze Mondial de l’association 1.Mainz 05 entre les mains.

Rendez-vous dans deux semaines à l’Opel Arena pour le match de l’équipe fanion contre Fribourg, match au sommet pour le maintien en Bundesliga.

NB: J’apprends en rentrant que le défenseur de Mainz qui jouait 9 pour Steinbach, avait été international U17 allemand. Il vaut mieux se coucher.

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