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Preview Coupe d'Asie 2019 : Qui pour succéder à l'Australie ?

Les Emirats Arabes Unis sont en ébullition ! Le pays se prépare en effet à accueillir la 17e édition de la Coupe d'Asie du 5 Janvier au 1er Février, la première à compter 24 équipes ! Ce nouveau format est directement inspiré de celui déjà vu lors de l'Euro 2016 et nous offre donc six groupes de quatre équipes avec des huitièmes de finale en plus dans l'arbre final. Les quatre meilleurs troisièmes de groupes étant ajoutés aux douze équipes terminant dans le Top 2 de chaque groupe.

Alors que la compétition démarre samedi avec le duel entre les hôtes et le Bahreïn, on vous propose de faire un tour d'horizon des principales forces en présence. Entre favoris, pays émergents et joueurs à suivre de près.

Un trio de vrais favoris

Difficile à l'heure d'aborder cette Coupe d'Asie de ne pas penser au meilleur joueur d'Asie. La Corée du Sud de Son Heung-min va débarquer à Abu Dhabi avec la forte volonté de renouer avec le succès pour la première fois depuis 1960 ! Une longue période de disette que l'attaquant de Tottenham entend bien terminer. Néanmoins son pays devra faire sans lui pour les deux premiers matchs de la compétition. Conséquence de l'accord entre la fédération et le club londonien pour lui permettre de participer aux Jeux Asiatiques cet été, où il a enfin pu obtenir son exemption de service militaire en gagnant la médaille d'or. Cela ne devrait pas être un grand problème pour les Guerriers Taeguk qui affronteront les Philippines et le Kirghizistan en ouverture avant d'affronter la Chine pour conclure un premier tour très abordable.

S'il est la star de l'équipe, la Corée du Sud ne se résume pas à lui et possède à la fois des joueurs de grande expérience comme Ki Sung-yueng (Newcastle) ou Koo Ja-cheol (Augsburg) ainsi que de jeunes prometteurs comme le défenseur central Kim Min-jae (Jeonbuk). Et puis le sélectionneur Paulo Bento s'est aussi trouvé un vrai avant-centre avec l'éclosion de Hwang Ui-jo, éblouissant au Gamba Osaka depuis deux saisons. De la confiance, une faim à rassasier, pas d'absences majeures à déplorer, un jeu un peu meilleur depuis le départ de Stielike... Un favori au titre donc, comme la plupart du temps.

Ce statut de favori est aussi bien accolé à l'équipe nationale d'Iran. La solidité défensive et la rigueur tactique de l'équipe de Carlos Queiroz en a même fait la meilleure équipe du continent pendant les qualifications pour la Coupe du Monde 2018. Première équipe qualifiée pour la Russie, la Team Melli avait survolé son groupe avec 22 points sur 30 possibles et n'encaissant que deux buts en dix matchs (les deux lors du dernier match où la première place était déjà actée!). La régularité aussi bien dans le choix des hommes que dans leurs performances donne une équipe qui se connait par cœur. Cela compense largement l'absence de véritable star, ce qui ne veut pas dire que l'Iran ne dispose pas de joueurs de talent !

On pense notamment à Sardar Azmoun (Rubin Kazan) et Saman Ghoddos (Amiens) pour le secteur offensif ou encore à l'infatigable Alireza Jahanbakhsh (Brighton) et au gardien Alireza Beiranvand (finaliste de l'AFC Champion's League avec Persepolis). Il sera toujours aussi dur de jouer cet Iran et de leur marquer des buts. L'Espagne et le Portugal peuvent en témoigner après leur mois de Juin en Russie... Et sur la scène asiatique ils devraient de plus avoir l'opportunité d'être plus efficaces offensivement.

Enfin le troisième favori pour le titre de champion d'Asie n'est autre que l'équipe asiatique ayant réalisé le meilleur parcours lors de la dernière Coupe du Monde. Après avoir été tout près de s'offrir la Belgique en 8e de finale du Mondial, le Japon arrive aux E.A.U. avec de vraies ambitions. Et pourtant le Samurai Blue a bien changé en quelques mois ! Le départ de Vahid Halilhodzic a libéré beaucoup de monde et le Japon retrouvé son vrai visage avec un jeu léché, offensif et axé sur la possession du ballon. Un nouveau sélectionneur est arrivé en la personne de Hajime Moriyasu, successeur d'Akira Nishino, et celui-ci a incorporé les nouvelles pépites du football nippon dans son équipe-type. Au détriment de grands noms comme Kagawa, Inui ou Okazaki !

Le trio composé de Shoya Nakajima (Portimonense), Takumi Minamino (Red Bull Salzbourg) et Ritsu Doan (Groningen) a instantanément trouvé ses repères et fait exploser toutes les défenses qui se sont mises sur leur chemin. Notamment celle de l'Uruguay, battu 4-3 en Septembre pour ce qui est le match référence de ce nouveau Japon. En pointe devant ces trois-là, Yuya Osako (Werder Brême) devrait pouvoir se mettre en évidence. Une sélection qui compte toujours plusieurs éléments de grande expérience pour encadrer les jeunes, malgré les départs de Makoto Hasebe et Keisuke Honda. On pense notamment à Hiroki Sakai (OM), Yuto Nagatomo (Galatasaray) et au capitaine Maya Yoshida (Southampton). Le Japon arrive dans cette compétition avec un XI type de grande valeur. Le quadruple vainqueur de la Coupe d'Asie est donc, vous l'aurez compris, un très sérieux prétendant à un nouveau sacre continental après celui de 2011. Seul point d'interrogation : le duo de milieux de terrain. Gaku Shibasaki (Getafe) est en manque de temps de jeu et personne ne s'impose vraiment à côté de lui depuis la retraite internationale de Makoto Hasebe. Et si c'était là l'occasion pour Hidemasa Morita, auteur d'une grande saison rookie avec Kawasaki Frontale, de prendre la place ?

Deux grosses cylindrées à l’affût des faux pas

L'Australie est le tenant du titre mais arrive cet hiver diminué à l'heure de défendre son titre acquis à la maison il y a quatre ans. La faute à la blessure de son meilleur élément, le milieu de terrain Aaron Mooy (Huddersfield) qui fut une des révélations de la Premier League 2017-2018. Une absence qui va forcement peser lourd pour les Socceroos désormais emmenés par Graham Arnold et qui devront aussi faire sans les icônes Tim Cahill et Mile Jedinak, jeunes retraités. Dès lors on peut se poser la question : qui sera le patron des Aussies ? Si le brassard de capitaine revient désormais à Mark Milligan (Hibernian), le vrai patron technique sur le terrain sera clairement Tom Rogic.

Le joueur du Celtic est amené à prendre les rênes de l'équipe et le club écossais se passerait bien de son absence tant il est devenu important pour le géant vert & blanc. Les circonstances font aussi que la révélation d'il y a quatre ans, Massimo Luongo (Queen's Park Rangers), devrait retrouver une place de titulaire après avoir connu une évolution assez décevante ces dernières années. Une occasion en or qu'il ne devra pas manquer. Si l'Australie semble moins armée qu'auparavant, elle restera toutefois une équipe à craindre. Mathew Leckie (Hertha Berlin) et Robbie Kruse (Bochum) peuvent toujours faire une différence et la nouvelle génération menée par Andrew Nabbout (Urawa Reds) et Awer Mabil (Midtjylland) se montrer à son avantage. On regrettera aussi en passant les absences de la pépite Daniel Arzani, plus jeune joueur de la Coupe du Monde 2018, qui s'est fait les croisés à l'automne et celle très récente de Martin Boyle.

Triple vainqueur de l'épreuve, l'Arabie Saoudite est toujours dans le coup. Vainqueur de l'Egypte pour son dernier match de Coupe du Monde après un cauchemar en match d'ouverture contre la Russie, la sélection toujours menée par Juan Antonio Pizzi aborde cette Coupe d'Asie avec un état d'esprit revanchard. Les 23 joueurs retenus pour l'occasion évoluent tous au pays et une bonne partie des joueurs majeurs de cette équipe sont à Al Hilal (finaliste de l'ACL 2017). Parmi eux on scrutera les performances de Salem Al-Dawsari et Salman Al-Faraj et on espère voir le dragster Fahad Al-Muwallad (lui à Al Ittihad) sous son meilleur jour dans un rôle d'"impact player" en sortie de banc.

Nombre de joueurs saoudiens avaient été prêtés 6 mois en Espagne juste avant la Coupe du Monde mais c'est peut être cet hiver lors de la Coupe d'Asie que l'on va le plus remarquer ces passages en Liga... Parfois punie pour être trop joueuse en Juin dernier, les leçons ont sans doute été apprises. Il faudra le démontrer au sein d'un groupe homogène mais évidemment loin d'être insurmontable.

Des outsiders pour une grosse surprise ?

C'était l'occasion rêvée par tous les Emirats Arabes Unis. Organiser la Coupe d'Asie à la maison au moment où sa génération dorée allait atteindre son apogée. Si l'espoir est toujours vivant, celui-ci a pris un coup sévère après la grave blessure cet automne d'Omar Abdulrahman. Le joueur-star du Moyen-orient dans son ensemble s'est fait les croisés et laisse donc l'opportunité d'une vie lui filer entre les doigts. Le coup est très rude et le meneur de jeu va bien manquer aux deux autres vedettes de la sélection que sont Ahmed Khalil (Shabab Al Ahli) et Ali Mabkhout (Al Jazira) qui devront faire oublier le génial meneur de jeu. Le défi est donc immense pour Alberto Zaccheroni, vainqueur de la compétition en 2011 avec le Japon. Les derniers résultats n'incitent pas à un immense optimisme mais les émiratis sauront peut être puiser dans le soutien de leurs supporters pour se transcender. Le match d'ouverture contre le Bahreïn donnera tout de suite le ton quand à leurs réelles prétentions...

L'Ouzbékistan est de son côté entre présent et futur. Les progrès constatés depuis une décennie se heurtent toutefois à une incapacité à passer le cap supplémentaire qui les mettrait parmi les grandes nations d'Asie. Vainqueur il y a un an de la Coupe d'Asie U23, les jeunes pousses semblent grandir mais ont du mal à s'affirmer en équipe première. Seuls trois joueurs de cette équipe (le défenseur Dostonbek Tursunov, le milieu de terrain Javokhir Sidikov et le MVP de la compétition Odiljon Hamrobekov) sont aujourd'hui dans les 23 d'Hector Cuper. Le sélectionneur argentin fait toujours la part belle à un groupe assez expérimenté mené par l'indéboulonnable capitaine Odil Ahmedov, sacré champion de Chine cette saison avec Shanghai SIPG. Symbole de cela, le gardien Ignaltiy Nesterov qui s'apprête à battre à 35 ans un record en disputant sa cinquième Coupe d'Asie. Une première !

Après une superbe campagne d'éliminatoires qui les a vu aller jusqu'au barrage AFC, la Syrie déboule dans cette Coupe d'Asie avec la volonté de continuer à jouer les trouble fêtes. Le groupe composé par l'allemand Bernd Stange devrait ne pas avoir de difficultés à finir dans le Top 2 de son groupe avec l'Australie. Discipline tactique pour tous et un duo offensif performant avec Omar Kharbin (Al Hilal) et Omar Al-Somah (Al Ahli), telles sont les armes footballistiques d'un pays toujours en guerre mais qui parvient malgré tout à montrer de bonnes choses sur les terrains d'Asie.

Le constat concernant l'Irak n'est pas si différent. Le vainqueur surprise de l'édition 2007 n'est pas l'équipe la plus attrayante mais garde toujours une certaine régularité. Auteur d'une bonne prestation lors de la dernière Coupe d'Asie U23 (quart de finale), le sélectionneur slovène Srečko Katanec a fait massivement appel à ces joueurs. Seul le portier et capitaine Mohammed Gassid (Al-Quwa Al-Jawiya) dépasse la barre les 30 ans et treize joueurs ont 24 ans ou moins ! Un groupe jeune et mené par quelques cadres comme Ahmed Yasin (Al Khor) ou Ali Adnan (Atalanta Bergame) qui n'aura peur de rien.

Ces émergents qui s'annoncent joueurs !

Seule équipe d'Asie du sud-est à avoir atteint le dernier tour de qualifications pour la Coupe du Monde, la Thaïlande montre depuis quelques années des progrès assez spectaculaires. Les Éléphants de guerre de Milovan Rajevac n'ont certes pas fait illusion face au Japon, l’Australie ou l'Arabie Saoudite dans un groupe relevé mais ils y ont beaucoup appris. Le championnat local devient de plus en plus qualitatif et les meilleurs joueurs ont commencé à s'exporter. Chanathip Songkrasin est le symbole de cette montée en puissance. Le numéro 10 de poche (1m58!) est devenu la star du football thaïlandais et du Consadole Sapporo où il est arrivé il y a un an et demi. Son adaptation express et le feu qu'il a dans les jambes en ont fait un des joueurs les plus excitants du meilleur championnat d'Asie et l'ont même propulsé dans le XI type de la J.League 2018 ! Teerasil Dangda ou encore Theerathon Bunmathan qui reviennent d'une saison au Japon devront également faire profiter la sélection de ce qu'ils y ont appris. Dans leur sillage les joueurs thaïlandais font de moins en moins de complexes et voudront s'affirmer comme les leaders d'une partie du continent où le football est en plein essor. Et dès cette Coupe d'Asie.

Mais non loin de là, le Vietnam aussi monte sérieusement en puissance  ! Toute place est maintenant faite à la nouvelle génération menée par Nguyen Quang Hai (Hanoi FC), et avec succès ! Grande surprise de la Coupe d'Asie U23 2017 en terminant finaliste de la compétition, le Vietnam a remporté le mois dernier face à la Malaisie l'AFF Suzuki Cup qui rassemble les meilleures équipes du sud-est asiatique. Une première depuis 10 ans et le jeune Quang Hai fut élu meilleur joueur de la compétition. Le quatuor d'attaque composé en plus de Nguyen Cong Phuong (Hoang Anh Gia Lai), Phan van Duc (Sông Lam Nghe An) et enfin Nguyen Tien Linh (Becamex Bình Duong) en pointe n'a que 22 ans de moyenne d'âge et est là pour une dizaine d'années au minimum. On notera également que les 23 vietnamiens jouent tous en V-League. Ce qui ne devrait plus être le cas dans un avenir proche vu les jeunes talents proposés. Pour leur première sortie à ce niveau, il faudra regarder de près ce qu'ils vont offrir. Seule ombre au tableau : un groupe pas facile avec l'Iran, l'Irak et le Yemen. La troisième place devrait au pire leur permettre de passer en huitièmes...

Pour le Qatar il s'agit de la dernière répétition générale avant 2022 et la Coupe du Monde à la maison. Pas de pression car peu de réelles attentes pour cette fois : un mal pour un bien ? L'essentiel est avant tout de préparer les plus jeunes espoirs pour la suite. On pense en particulier à Akram Afif (Al Sadd) et Almoez Ali (Al Duhail) qui forment le trio offensif aux côtés du bien plus expérimenté Hassan Al-Haydos (Al Sadd). Si tous les joueurs convoqués évoluent dans le championnat qatari, certains d'entre eux comme Afif ont pu goûter quelques temps à l'Europe à travers quelques prêts. Xavi en tant que bon porte parole médiatique du football qatari a pronostiqué récemment que le Qatar allait remporter la compétition. Un petit coup de buzz qui ne doit pas faire oublier que la sélection avait fini dernière de son groupe il y quatre ans. Et que malgré les progrès un quart de finale serait déjà une satisfaction et une bonne base de travail pour 2022.

Le cas de la Chine est lui assez particulier. Alors qu'il quittera la sélection après la compétition, Marcelo Lippi semble débarquer dans cette Coupe d'Asie avec un certain fatalisme. Un groupe quasiment pas renouvelé depuis l'édition 2015 faute d'un réservoir de joueurs digne de ce nom et des résultats récents médiocres. Voici ce que le champion du monde 2006 a sous la main. La lueur d'espoir viendra encore une fois de l'excellent Wu Lei, meilleur buteur de CSL et champion avec Shanghai SIPG. Mais il semble plus seul que jamais... Ce sera aussi le dernier tour de piste de la légende Zheng Zhi. Âgé de 38 ans, le capitaine emblématique de Guangzhou Evergrande laissera la place aux moins vieux après cette ultime Coupe d'Asie. Un dernier baroud d'honneur pour une génération et un avenir des plus incertains.

Trois petits nouveaux avec des étoiles plein les yeux !

Le nouveau format à 24 équipes ouvrait forcément le tournoi à des sélections que l'on a pas l'habitude de voir en phase finale. C'est donc trois novices que la Coupe d'Asie 2019 accueille dans ses rangs. Bienvenue aux Philippines menées par Sven-Goran Eriksson, au Kirghizistan d'Aleksandr Krestinin et au Yemen de Ján Kocian ! Il est intéressant aussi de voir que les deux premiers sont tombés dans le même groupe avec la Corée du Sud et la Chine. De quoi laisser la place au rêve d'un huitième de finale !

 

2 comments

  1. Un rédacteur de Footballski 4 janvier, 2019 at 21:14 Répondre

    Très bon article et preview très très complète. Petit question, la non présence du Kirghizistan dans le paragraphe des favoris est-il un oubli volontaire? Du racisme déguisé car vous n’aimez pas les nomades jouant avec des carcasses de chèvres décapitées dans la steppe? Ou simplement car le nom du pays est trop compliqué à écrire?

    Quoi qu’il en soit, il faudra faire attention à la bande à Krestinin qui est l’équipe nationale avec l’une des plus fortes progression depuis cinq ans sur le continent. Rappelons nous de la défaite « seulement » 2-1 à Bishkek en 2015 et des résultats qui depuis sont vraiment intéressants. Un match nul face à la Chine et il sera permis de rêver.

    Au pays on y croit!

    • Bastien M 8 janvier, 2019 at 14:29 Répondre

      L’espoir n’est plus permis depuis la défaite :/.
      Qu’adviendra-t-il du pauvre Pavel Matyash ? Un petit goulag au milieu des steppes pour s’entraîner avec des carcasses humaines ?
      Vous pourrez en tout cas noter sur votre palmarès l’honorable défaite de « seulement » 2-1 face au puissant empire du milieu. Ca fera beau dans 50 ans quand ils vont rouler sur le monde entier.

      Allez, on y croit pour les 2 prochains matchs !

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