jeu. Nov 21st, 2019

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Wayne Ronney : « Oh Captain, my Captain »

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C’était dans les petits papiers depuis déjà quelques temps, la nouvelle est désormais officielle. Wayne Rooney sera le capitaine de Manchester United cette saison sous la houlette de Louis Van Gaal. En concurrence avec Van Persie, Evans et Fletcher pour le poste, l’international anglais s’est imposé comme un choix logique pour le technicien hollandais. Et pourtant ce dernier est loin de faire l’unanimité dans les rangs des supporters mancuniens…

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 Un choix qui dépasse le cadre sportif

« Pour moi, choisir un capitaine est toujours très important. Wayne a montré une belle attitude sur tout ce qu’il a fait sur et en dehors du terrain. J’ai été très impressionné par son professionnalisme, son attitude à l’entrainement et son respect pour ma philosophie de jeu. Il est une grande source d’inspiration pour les plus jeunes de l’équipe et je suis sur qu’il mettra tout son cœur et son âme dans ce rôle de capitaine ». La déclaration de Van Gaal après le match face à Valence (2-1) a le mérite d’être claire. Limpide. L’ex sélectionneur hollandais a choisi de mettre en avant l’attitude et le professionnalisme de Wayne Rooney, en dépit des critiques qui pleuvent sur le numéro 10 mancunien depuis quelques saisons.

La cause ? Deux épisodes noirs qui restent gravés dans les mémoires des supporters. Le premier intervient en octobre 2010, lorsque Rooney refuse de prolonger son contrat en prétextant être inquiet « de la faculté du club à attirer des joueurs de classe mondiale ». Deux jours plus tard il est prolongé par le club pour une durée de cinq ans et un contrat de 14 millions d’euros par an.

En 2013, rebelote lors du mercato estival quand le joueur clame vouloir rejoindre Chelsea. Il prolongera finalement son contrat  de six ans avec le club en mars 2014 pour un salaire de 18.5 millions par an, ce qui en fait le joueur le mieux payé de la planète (hors publicité). Les critiques fusent alors sur les réels liens qui unissent Manchester United et Rooney : l’argent ne dépasserait-il pas l’amour du maillot ?

Pour certains cela ne fait aucun doute : Rooney a pris le club en otage pour une seconde fois en quatre ans, et devra prouver deux fois plus que les autres sur le terrain. C’est le cas de Krissmoha, bloggeur mancunien, qui a toujours en travers de la gorge ces deux épisodes : « Je ne le juge pas plus durement que les autres par rapport à son salaire, mais par rapport au fait que ce soit LUI qui ait fait des pieds et des mains pour avoir un salaire aussi élevé. A partir de là, il y a une hiérarchie qui s’installe et il doit hausser son niveau de jeu. C’est lui qui a exigé cette revalorisation salariale, il se doit d’être le top player de l’équipe…et ne l’est pas aujourd’hui. L’an dernier c’est De Gea qui est logiquement élu meilleur joueur de la saison. Rooney a été bon jusqu’en décembre avant de réaliser une deuxième partie de saison très contrastée à mes yeux ».

Pour d’autres au contraire, il faut relativiser. Romain Duchateau, journaliste à SoFoot et supporter de Manchester United, le cas Rooney est loin d’être isolé et doit être relativisé : « Dire que Rooney ne prête pas d’attention à l’argent relèverait du pur mensonge. Ce penchant découle, notamment, de l’influence jugée pernicieuse par beaucoup de son agent, Paul Stretford. Alors, forcément, il a été incité à renégocier son contrat dans des circonstances où United était affaibli. Mais ça fait partie du football moderne, les joueurs veulent des garanties et certains souhaitent voir où réside leur intérêt. Mais a-t-on vu autant de personnes s’offusquer quand Cristiano Ronaldo et Lionel Messi ont prolongé (avec des salaires astronomiques à la clé) respectivement leur bail avec le Real Madrid et le Barça ? Je ne crois pas. Un autre exemple, il y a quelques années, Gerrard avait présenté une « transfer request » après une offre de Chelsea et aucun des fans de Liverpool ne lui en tient rigueur aujourd’hui. »

 

Rooney : irréprochable sur un terrain ?

Si De Gea a été élu meilleur joueur de Manchester United l’an dernier, Wayne Rooney n’a pas a rougir de son exercice 2013/2014. Malgré une saison bousculée par la prolongation de son contrat, il a livré une saison plus que correcte sur le front d’une attaque mancunienne trop souvent amputée d’un Robin Van Persie abonné à l’infirmerie. Le numéro 10 mancunien a fini l’exercice 2013-2014 avec 17 buts et 10 passes décisives, soit un meilleur total que la saison précédente où Manchester United avait décroché le titre (12 buts 10 passes décisives).

Autre point important : la mutation de son rôle au fil du temps. Recruté en 2004 pour être le buteur vedette du club, il s’est vu offert par Ferguson une position de faux numéro 10 lors de l’arrivée au club de Robin Van Persie. Un rôle que l’international anglais apprécie particulièrement, comme il l’avoue dans son autobiographie : « J’aime beaucoup mon nouveau rôle au milieu.  Quand je me retrouve au cœur de l’action en tant que meneur de jeu, j’adore ça ».  Une analyse que partage Sir Alex Ferguson qui déclarait en 2013 que « Rooney possède toutes les qualités nécessaires pour être un milieu de terrain central ». Son compère offensif Robin Van Persie ne tarissait pas d’éloges non plus à son égard après son 200ème but sous les couleurs mancuniennes face à Leverkussen : «  Il a très bien joué, il sait tout faire. Il peut décrocher, partir dans mon dos, jouer long, jouer court. J’adore jouer avec Wayne ».

Sa longévité au sein du club et sa capacité à constamment évoluer sont également des points importants à prendre en compte pour le capitanat selon Romain Duchateau : « Dans son histoire, Manchester United a toujours généralement nommé comme capitaine et vice-capitaine des titulaires en puissance. Et qui d’autre que Rooney, bientôt également capitaine des Three Lions, pouvait y prétendre ? De la formidable épopée victorieuse en 2008, il est aujourd’hui le seul à demeurer un cadre essentiel. Inamovible, même. Les noms de Fletcher – nommé vice-capitaine  Carrick, voire van Persie ont circulé. Mais le premier a un physique chancelant, le second est sur le déclin et, quant au dernier, il faut rappeler qu’il a porté le brassard à Arsenal et n’est là que depuis deux saisons »

De plus lorsqu’on se penche sur les statistiques du bonhomme, les détracteurs ne peuvent qu’abaisser la garde et reconnaître le talent.  Wayne Rooney, c’est dix saisons de présence au club, 442 matchs pour 216 buts ce qui en fait le troisième meilleur de l’histoire du club derrière Denis Law (237) et Bobby Charlton (249). Il est aussi le meilleur buteur anglais en Ligue des Champions avec 30 réalisations. Monsieur a les maths qui parlent pour lui, et les chiffres ne mentent que très rarement.

Si l’homme peut être décrié, il est plus difficile de critiquer le joueur qui reste un exemple dans la longévité du club. Comme le précisait hier le journaliste du Times Sam Pilger sur Twitter : « Rooney a toujours été détesté pour ses demandes de transferts. Mais Denis Laws a fait la même chose à son époque et George Best a quitté le club.  Les deux ont aujourd’hui leurs statues ». Alors Rooney, future statuette d’Old Trafford ou capitaine décrié ? Quoi qu’il en soit, il aura fort à prouver cette saison avec le brassard, afin de redevenir le chouchou d’Old Trafford.

Remerciements à Romain Duchâteau (@Rom_Duchateau7) et Krissmoha (@krissmoha dont vous pouvez retrouver le blog ICI) pour leurs aides respectives. 

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