ven. Juil 3rd, 2020

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

George Best, Belfast Boy

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Baby Best

Il y a cinquante ans, le 14 septembre 1963, un frêle gamin venu d’Irlande du Nord entrait pour la première fois sur la pelouse d’Old Trafford. Une ascension fulgurante pour un fils d’ouvrier ayant plus une allure de jockey que de footballeur.

L’imprimeur de Belfast

17 ans plus tôt, c’est dans une ville de Belfast à moitié détruite par les bombardements allemands de 1941, et où la mode reste aux tickets de rationnement, que le petit George voyait le jour. A part peut être le fait d’être irlandais, rien dans son enfance ne laissait alors présager son destin tragique. Son enfance est des plus heureuses, entre un père ouvrier sur un chantier naval et une mère officiant dans une usine de cigarette. Dans leur tout nouveau lotissement du 16 Burren Way, dans l’est de la capitale nord-irlandaise, la famille vit des jours heureux. Consciencieux, ses parents lui offrent une bonne éducation, si bien que le petit George est même assez doué à l’école, bien loin des clichés des gosses de la working class qui grandissent dans la rue, livrés à eux-mêmes. Mais le gamin lui, à une autre passion. A 11 ans, il parvient à obtenir une bourse d’étude pour intégrer un des meilleurs collèges du coin, mais où on pratique un sport avec un ballon un peu trop ovale. A sa poste de demi d’ouverture, George ne se plait pas. Il sèche, se fait gauler, si bien que ses parents décident rapidement de le remettre dans un établissement où il pourra s’adonner à sa passion.

En famille

Sa toute première photo, prise alors qu’il marche à peine, le montrait déjà avec un ballon au pied. Une suite logique, dans la lignée de son père – ancien défenseur réputé pour ses tacles rugueux – et surtout son grand-père, qui habite juste à côté du stade de Glentoran, l’un des clubs de Belfast. Qu’importe s’il s’agit du club de la communauté catholique et que George lui, est presbytérien, et il parvient régulièrement à s’incruster lors des rencontres. Dès son plus jeune âge, il se met à imiter ses idoles, notamment celles de Wolverhampton, qui trustent alors les championnats d’Angleterre. Tout ce qui est rond l’attire. Pendant que sa mère s’adonne au polo, il tape dans des balles de tennis le long de la ligne de touche, avant de prolonger ses sessions à la maison, contre un mur. « Avec George, c’était toujours le ballon » reconnaitra des années plus tard sa mère. Sur le terrain, cela paye puisqu’il se fait rapidement un nom parmi les amateurs de football de Belfast. Malheureusement, il est encore trop petit, trop maigre pour le haut niveau, et donc contraint de se chercher une issue de secours. Et alors qu’il doit commencer un stage d’imprimeur au sein du Belfast Telegraph, une rencontre arrangée par son coach et Bob Bishop, l’un des recruteurs de Manchester United, va changer la donne.

Mal du pays

Les Red Devils, sous la coupe du mythique Matt Busby, sont alors parmi les clubs les plus réputés pour leur formation. Malgré cela, depuis le crash de Munich en 1958 qui aura couté la vie à plusieurs joueurs, l’équipe peine à retrouver les sommets, et végète en queue de classement. Alors quand le coach reçoit un télégramme depuis Belfast « Je pense que je t’ai trouvé un génie », pour un gamin de seulement 15 ans, la décision de lui faire faire un essai fait l’unanimité. Dès 1961, George est ainsi envoyé de l’autre côté de la mer d’Irlande. Un véritable choc pour ce timide adolescent, aucun membre de la famille n’ayant eu la possibilité de quitter le pays jusque là. Si bien qu’il se retrouve complètement désarçonné dans la bruyante métropole mancunienne. Après avoir vécu dans un rêve, il prend soudain conscience de la réalité, ses coéquipiers sont plus grands, plus costauds … Il est persuadé que United le renverra à Belfast à la fin de la période d’essai. Au bout de seulement deux jours d’entrainement, il plante tout le monde et monte dans le premier bateau en direction de chez lui. Sur place, il se ressource, reprend confiance et parvient, en misant sur l’espoir que Busby a en lui, à obtenir une nouvelle chance.

Belfast boy

Mais la galère n’est pas terminée. En vertu d’un accord entre les fédés irlandaises et anglaises visant à éviter un exode trop massif des jeunes joueurs vers la Perfide Albion, il ne peut intégrer l’équipe junior. C’est donc avec les amateurs qu’il est contraint de s’entrainer, tout en travaillant à côté. Après avoir contourné illégalement l’obstacle, pour sa deuxième année sur place, il s’acclimate, se fait des potes, descend ses premières pintes … Et le jour de ses 17 ans, se voit offert son premier contrat pro. Entre sa vitesse, sa vision du jeu et sa souplesse, Busby est sous le charme du jeune nord-irlandais. Pour sa première saison, et alors qu’il devait jouer avant tout avec l’équipe B, Best profite après seulement sept journées, de l’hécatombe de blessures à son poste, pour être titulaire contre West Bromwich Albion. S’il ne marquera pas malgré la victoire de United, et qu’on l’accuse de se la jouer un peu perso, son talent en a impressionné plus d’un, un journaliste local évoquant même son « talent naturel ». La légende est en marche.

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