lun. Juil 6th, 2020

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

George Best, les ailes coupées

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L’épisode 1 « George Best, Belfast Boy » est à retrouver ici.

L’épisode 2, « George Best, Red Devil » est pour sa part ici.

 

En 1967, dans son Journal d’un vieux dégueulasse, Bukowski inventait un certain “Jimmy Crispin”, superstar de baseball. Une figure christique, un ange, qui du jour au lendemain, à cause de ses excès (l’alcool et :es femmes), se retrouvait privé de ses ailes. Personne ne se doutait alors que de l’autre côté de l’Atlantique, dans le monde réel, George Best, alors à son apogée, allait bientôt connaitre un sort similaire. Un destin tragique, qui au même titre que ses talents de footballeurs, fera sa légende.

La fin de l’idylle

En 1971, le départ définitif de Matt Busby marque le début de la fin pour Best. Le nord Irlandais perd son père spirituel, et aucun de ses successeurs ne parviendra à le canaliser. Pire, il coule. Après avoir tout gagner très jeune, il ne remporte plus le moindre trophée majeur. Certains disent même qu’il s’ennuie sur le terrain. En revanche, en dehors, il est bien plus actif. Il se lance dans les affaires, ouvre des boites de nuits, de boutiques de fringues … Et surtout, il cède aux plaisirs, et en abuse : les femmes, le jeu, les belles voitures, et surtout l’alcool. Selon ses proches, qui pour beaucoup, ne l’avaient que très peu vu boire auparavant, il se mit à la boisson pour surmonter sa timidité naturelle, notamment avec les filles, puis pour trouver un échappatoire quand sa situation à Manchester se compliquait, un vrai cercle vicieux. Pour Busby, il fuit ses problèmes au lieu d’y faire face. S’ils avaient toléré ses frasques pendant qu’il restait performant sur la pelouse, quand ses excès finissent par avoir raison de son jeu, ses dirigeants ne peuvent rester muets …

Bobby Charlton, avec qui les relations n’ont jamais été cordiales, lui même ne se prive pas de le tailler sur ses performances. A l’entrainement, “J’ai beaucoup voyagé dans ma carrière. J’ai fait Miss Canada, Miss Royaume-Uni, Miss Monde …”
quand il vient, il n’est pas rare qu’il soit encore bourré de la veille, pendant que sa vitesse elle, commence à décliner sous son poids de plus en plus excessif. On raconte même que sa barbe naissante sert avant tout à cacher son double menton. En championnat, il enchaîne les suspensions, ne se pointe pas à la commission de discipline car il sort tout juste de soirée, vomit sur le terrain (mais ridiculise quand même son adversaire) … C’en est trop. Les dirigeants mancuniens ne peuvent plus tout tolérer, devant ce qui peut passer comme du favoritisme. Il est mis sur la liste des transferts, puis, en 1972, il annonce même sa retraite à seulement 26 ans … Une décision sur laquelle il reviendra quelques semaines plus tard, après des vacances à Marbella. Après plusieurs années d’alcoolisme, Manchester United décide même de s’en séparer définitivement à l’hiver 1974. De quoi l’achever.

La plus longue tournée

Commence des années de périple, pendant lesquelles, sans repères, sans attaches, Best écume les bars des quatre coins du monde, de l’Australie à la Californie, en passant par l’Afrique du Sud. “J’ai beaucoup voyagé dans ma carrière. J’ai fait Miss Canada, Miss Royaume-Uni, Miss Monde …” balançait il avec son humour inimitable. L’une de ses piges les plus connues reste celle avec les Los Angeles Aztec à la fin des années 1970, où son arrivée parvient à engendrer un engouement médiatique énorme dans “Je suis né avec un don particulier, et parfois, un tel privilège s’accompagne d’une tendance à l’autodestruction. Sur le terrain, je voulais en faire plus que tout le monde. Quand je sortais en ville, c’était la même chose”
une ligue qui est pourtant en train de couler (il ramène notamment Elton John pour y investir). Mais la Californie ne l’aide pas à résoudre ses addictions, bien au contraire. Même s’il y trouve sa future femme, qu’il trompe régulièrement, le gamin de Belfast s’éclate plus dans les soirées branchées que sur le terrain “J’avais une maison au bord de la mer. Mais pour aller à la plage, il fallait passer devant un bar. Je n’ai jamais vu la mer”. Mais le summum reste sa fin de carrière, la vraie, en 1984. Ses derniers matchs, il les dispute en effet avec une équipe inconnue, la “FOP”, la Ford Open Prison, l’équipe de la prison dans laquelle il est incarcéré après avoir conduit en état d’ivresse. Et tapé un flic.

Sa vie entre après le foot sera une alternance entre rechutes et rédemptions. “Je suis né avec un don particulier, et parfois, un tel privilège s’accompagne d’une tendance à l’autodestruction. Sur le terrain, je voulais en faire plus que tout le monde. Quand je sortais en ville, c’était la même chose”. Les médias l’adorent, autant sa personnalité que ses punchlines, Sky Sport l’embauche comme commentateur, même si sa sobriété à l’antenne n’est pas assurée (demandez donc à la BBC en 1991). Mais l’alcool ne l’aura jamais véritablement quitté, malgré les séjours à réptition en cure de désintox ou en prison. Après avoir eu raison de son niveau de footballeur, de sa vie familiale et professionnelle, la boisson lui prend sa santé. En 2002, il est assez logiquement, opéré du foie, on le sait sur la fin. Il décède quelques mois plus tard, le 25 novembre 2005, il avait 59 ans.

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