lun. Mai 27th, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

George Best, Red Devil

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Le premier épisode de la saga « George Best, Belfast Boy » est à retrouver ici

 

Il y a cinquante ans, George Best, un maigrichon venu d’Irlande du Nord, faisait ses débuts à Old Trafford. Quelques années plus tôt, la catastrophe aérienne de Munich, avait presque eu raison de la compétitivité de United. A la fin de la saison 1962-1963, la relégation semblait même plausible … Mais le coach, Matt Busby, parvint tant bien que mal à reconstruire une équipe compétitive, moins de cinq ans après le drame. Pour la saison 1964-1965, le technicien écossais trouva l’équilibre entre des joueurs expérimentés comme Bobby Charlton, des stars achetées au prix d’or comme Denis Law, ou encore une classe biberon, les « Busby Babes », menée de main de maître par George Best.

 

 

« George devait avoir des boules de coton dans les oreilles »

Pour sa première saison complète dans l’élite, le gamin de Belfast s’installe tranquillement dans le 11 de Manchester. Maillon essentiel, quand il s’ennuie sur son aile et que la balle ne vient pas, il n’hésite pas à dézoner complètement, à rejoindre ses coéquipiers qu’importe où ils se trouvent. Dès l’automne 1964, un journaliste du Daily Mirror n’hésite même pas à le comparer aux autres ailiers de légende : Stanley Matthews, ou encore Garrincha. En février 1965, à l’occasion d’un match de FA Cup contre Burnley, le fait d’avoir perdu une chaussure après un rugueux choc avec un défenseur, ne l’empêche pas de délivrer un caviar pour Denis Law. La « Sainte Trinité », Charlton-Best et donc Law, fait frissonner tous les stades d’Angleterre, et pour sa première saison complète avec le maillot des Red Devils, le nord irlandais remporte son tout premier championnat. Best illustre alors parfaitement cette nouvelle génération de footballeurs dans cette décennie de la jeunesse.

Mais il manque encore de reconnaissance aux yeux du gratin européen du football. A la fin de l’hiver 1966, une occasion en or lui est donnée de sortir de ce relatif anonymat, à l’occasion d’un quart de finale de Coupe d’Europe contre le Benfica du mythique Eusebio, alors à son apogée. A l’aller, United parvient à l’emporter 3-2 à Old Trafford, mais la mission demeure bien difficile. Les Aigles n’ont en effet jamais perdu à domicile dans une compétition européenne, y plantant 78 pions et en encaissant seulement 13. Pas de quoi effrayer Best et consorts. Une victoire 5-1 avec un doublé du Nord Irlandais, pour ce qui reste aujourd’hui, l’un des plus grands matchs européens d’une équipe anglaise. Et pourtant, Busby révélera que pendant son discours d’avant match « George devait avoir des boules de coton dans les oreilles. J’aimerais qu’il ne m’écoute pas un peu plus souvent ». Un match à l’instinct, sans se fier aux tactiques de son coach, qui aura fait de lui l’un des joueurs les plus admirés du Vieux Continent.

 

Etoile filante

La suite est bien plus difficile pour Best. Quelques jours plus tard, contre Preston North End, il se pète. Une sérieuse blessure au cartilage du genou qui l’empêche de jouer à son plus haut niveau, et United finit tant bien que mal sa saison, avec une piteuse élimination face au Partisan Belgrade et un championnat laissé à Liverpool … Pas de titre certes, mais une reconnaissance grandissante pour Best, troisième au classement du footballeur européen de l’année, alors qu’il vient à peine de souffler ses 20 bougies. Après s’être fait opéré, il revient même en pleine forme, et permet à MU de remporter dès 1967, son second titre de champion en trois ans. Mais c’est lors de la saison 1967-1968 qui Best va prendre une nouvelle ampleur. Avec les blessures à répétition de Denis Law, Busby fut contraint de trouver un nouveau serial buteur. Et alors que sont évoqués les plus grands attaquants de pointe du royaume, c’est Best qui est finalement repositionné au centre, lui donnant plus de liberté. Une véritable réussite, puisqu’il double son meilleur total de buts en une saison, en atteignant les 32 réalisations, dont 28 en championnat. En pleine confiance (peut être trop), il va même jusqu’à se laisser pousser la moustache.

Malgré la folie Best qui s’empare de tout le royaume, United ne parvient pas à conserver son titre, qui s’envole à quelques kilomètres de là, au Maine Road du rival Manchester City, à la surprise générale. Mais c’est sur la scène européenne que les mancuniens vont une nouvelle fois frapper un grand coup. Après avoir tapé le Real Madrid en demi finale, c’est une nouvelle fois le Benfica et sa panthère noire qui se mettent sur la route des anglais lors d’une finale d’anthologie à Wembley. La tension est au maximum au début des prolongations, quand les deux équipes sont à égalité 1-1. Mais en dix minutes de pure folie, United va faire la différence, inscrire trois buts, dont un par Best, et devenir la première équipe anglaise championne d’Europe. A 22 ans, champion d’Europe et tout nouveau Ballon d’or, la carrière du cinquième Beatles est alors déjà à son apogée. Encore plus dure sera la chute …

 

A suivre …

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