jeu. Nov 26th, 2020

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand mĂŞme

Un Parc, des Princes

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Le Parc des Princes se modernise. En vue de l’Euro 2016 et des projets qataris, l’enceinte construite au dĂ©but des annĂ©es 1970 subira un gros lifting. Plus de places, plus de loges, plus de salons VIP … Le Parc nouveau devrait voir le jour d’ici deux saisons. Un Ă©nième changement dans l’histoire d’un des plus hauts lieux du sport français.

Il y a quelques siècles, le Parc des Princes n’était qu’une parcelle forestière, intĂ©grĂ©e au Bois de Boulogne. Un endroit oĂą, depuis Louis XIV, la plus haute noblesse du royaume de France ainsi que la famille royale venait se divertir, et notamment profiter de son gibier. La première installation sportive s’y installe en 1882. Pas un stade, pas un gymnase, mais une station scientifique. Sous la direction d’Etienne Jules Marey, un des plus grands mĂ©decins de ce temps, on rĂ©alise sur sa piste un grand nombre d’Ă©tudes sur le mouvement. D’ailleurs, c’est Ă  l’intĂ©rieur de ses murs que naĂ®t ainsi une technique de capture du mouvement, la chronophotographie, dont s’inspireront quelques annĂ©es plus tard les frères Lumière pour inventer le cinĂ©matographe. Le Parc des Princes venait dĂ©jĂ  de rentrer dans l’histoire du cinĂ©ma. Bien avant Thiago Motta et Marco Verratti.

VĂ©lodrome_Parc_des_PrincesIl faudra attendre l’Ă©tĂ© 1897 pour assister Ă  l’ouverture de la toute première  vĂ©ritable installation sportive : le vĂ©lodrome du Parc des Princes, copieusement critiquĂ© Ă  l’Ă©poque pour son architecture jugĂ©e trop avant-gardiste. MalgrĂ© Ă  peine plus de 3 000 places, et pas de toit toit, il connaĂ®tra rapidement un succès fou, autour des compĂ©titions de la petite reine. Surtout le hasard fait bien les choses. Le directeur du vĂ©lodrome n’est autre qu’Henri Desgrange, directeur et rĂ©dacteur en chef de L’Auto-Velo, mais aussi crĂ©ateur du Tour de France. Rien de plus logique donc, que l’arrivĂ©e de l’Ă©preuve soit jugĂ©e au Parc des Princes. L’engouement autour du Parc est immense. Le 23 avril 1932, malgrĂ© les premiers relents de crise, ce sont ainsi pas moins de 32 000 personnes qui assistent Ă  l’inauguration du tout nouveau vĂ©lodrome. Cette nouvelle enceinte grandiose fait le bonheur des parisiens qui peuvent dĂ©sormais assister aux exploits des plus grands sportifs de l’Ă©poque. Mais les princes de la petite reine ne sont pas les seuls Ă  s’illustrer au Parc. L’ovalie va rapidement en faire son jardin, et notamment le XV de France. Un vĂ©ritable coup de foudre, une histoire d’amour qui durera plus de vingt ans. Le Parc reprĂ©sente un stade Ă  part, « le temple mondial du rugby » comme l’avouera Christophe Juillet en 2001. « Le Parc, c’Ă©tait le jardin secret de Serge Blanco. Le haut lieu du french flair« . En ces annĂ©es 1970, l’enceinte parisienne va pourtant faire connaissance de ses nouveaux princes.

Dès les annĂ©es 1960, l’Ă©tat des stades français inquiète, notamment en comparaison des grandes enceintes europĂ©ennes qui viennent de sortir de terre comme le Camp Nou de Barcelone ou le San Paolo de Naples. Si le Parc a accueilli en 1956, la finale de la toute première C1 entre le Real et Reims, il est dĂ©sormais bien trop petit. Le temps est alors Ă  la modernisation, on construit et dĂ©truit Ă  tout azimut. Le Parc n’Ă©chappera pas aux pelleteuses qui l’achèvent en 1967. Cinq ans plus tard, le nouveau Parc sort de terre. MalgrĂ© sa couleur grise, nombreux sont les parisiens Ă  l’admirer, Ă  l’image d’un certains Jacques Chirac, alors maire de la capitale en campagne pour la prĂ©sidence en 1981, qui n’hĂ©sitait pas Ă  le comparer Ă  une “gigantesque fleur de bĂ©ton qui s’ouvre sur le ciel”. Avec ses 50 000 places, le nouveau Parc reprĂ©sente une prouesse architecturale pour l’époque, d’autant plus qu’aucun pilier ne vient gĂŞner la visibilitĂ© du public. Une enceinte ovale, 77 000 mètres cube de bĂ©ton, des tribunes suffisamment inclinĂ©es pour qu’aucun spectateur ne soit Ă©loignĂ© du terrain de plus de 45m. Une vĂ©ritable rĂ©volution technique. Les seules critiques qu’on trouve Ă  ce nouveau Parc ? Il serait trop petit. Et il n’y a pas parking. InaugurĂ© le 4 juin 1972 par Pompidou, après trois ans de travaux, la piste de cyclisme a donc disparu. Impossible aussi d’y faire de l’athlĂ©tisme, la star, c’est la pelouse. Pour preuve, le premier Ă©vĂ©nement reçu est une finale de Coupe de France remportĂ©e par l’OM de Skoblar sur le Bastia de Papi. Le baptĂŞme footballistique du nouveau Parc, c’est dont Ă  l’OM qu’on le doit. Mais cela ne durera guère.3873211839_0a50f0f081_z

Le 10 novembre 1973, le cĂ©lèbre couturier Daniel Hechter parvient Ă  faire dĂ©localiser sur la pelouse du Parc, un match de deuxième division entre son jeune club du Paris Saint-Germain et le voisin du Red Star. Un an plus tard, le PSG dĂ©croche de justesse sa montĂ©e en D1 et accède dĂ©finitivement au Parc, qui devient son jardin officiel. Mais les matchs du dĂ©sormais « club de la capitale » ne parviennent encore que très rarement Ă  remplir les tribunes. Pendant près de vingt ans, la moyenne d’affluence ne dĂ©passe guère les 25 000 spectateurs. Il faudra attendre les annĂ©es 1990 pour que l’ambiance y devienne vĂ©ritablement Ă©lectrique, grâce notamment Ă  la structuration des virages d’Auteuil et de Boulogne. L’Ă©quipe de France elle aussi, va reprendre ses aises au Parc. Et si le XV de France en a fait son stade de cĹ“ur, les cousins du foot entretiendront eux une relation bien plus mitigĂ©e avec l’antre de la Porte de Saint Cloud. En 1984, les coĂ©quipiers de Michel Platini y deviennent la première Ă©quipe de sport collectif français Ă  soulever un trophĂ©e. Mais derrière cet apogĂ©e, les dĂ©sillusions seront grandes. D’Arconada Ă  Kostadinov il n’y a qu’un pas, puisqu’en 1993, après deux dĂ©faites contre Israel et la Bulgarie, le Parc silencieux et dĂ©pitĂ© n’ovationnera pas une Ă©quipe qui vient de rater la qualification pour le mondial  amĂ©ricain. « C’est un beau stade, avec une belle ambiance. Mais on ne peut pas dire que j’y ai mes meilleurs souvenirs… C’est mĂŞme le pire de ma carrière. DĂ©sormais, cela fait partie de mon passĂ©, de ma vie » racontait mĂŞme Didier Deschamps il y a quelques mois. Une page majeure du football français, Ă  la fois belle et terrible, s’est Ă©crite entre les murs du Parc. Cinq ans après la dĂ©sillusion bulgare, c’est Ă  Saint Denis que le cĹ“ur des Bleus dĂ©mĂ©nagera, avec le succès qu’on lui connait. D’ailleurs, quand ils y reviendront en 2007 pour un France-Ecosse dĂ©localisĂ© en raison de la Coupe du Monde de rugby, ils s’y inclineront une nouvelle fois.

Comme pour le rugby, le Parc va perdre Ă  la fin des annĂ©es 1990, ses Bleus. Le tout nouveau Stade de France, deux fois plus grand que lui, vampirise dĂ©sormais les matchs des Ă©quipes nationales. Mais celui que les puristes considèrent comme « le temple du footix » peine encore Ă  faire ses preuves : trop froid, sans ambiance, parfois mĂŞme versatile … Le Parc lui, continue sa mutation. Les nouveaux propriĂ©taires qataris y installent dès 2011 une ambiance familiale, bien loin de celle qui effrayait les adversaires dans ces terribles annĂ©es 1990. Un dernier changement dans l’histoire centenaire des Princes, qui en appellera surement d’autres.

Article tirĂ© de l’Archives Sporting Club (va donc y faire un tour).

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