sam. Juil 20th, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

Les ancêtres du football #1 : Cuju et Kemari

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Le football. Le sport le plus populaire du monde aujourd’hui. On le dit originaire d’Angleterre, mais est-ce vraiment le cas ? D’où vient véritablement le football ? TLMSF vous propose un petit voyage à travers l’espace et le temps pour parler de ces sports considérés – à tort ou à raison – comme… des ancêtres du football.

Première étape de notre voyage, l’Asie ! Et plus particulièrement la Chine et le Japon, où l’on va pouvoir évoquer deux jeux de balles identiques et millénaires.

Le plus vieux jeu de balle du monde ?

Le premier de ces jeux est le Cuju, pratiqué en Chine et considéré par Sepp Blatter, le 15 juillet 2004, comme le véritable ancêtre du football. C’est même une information que l’on peut directement retrouver sur le site officiel de la FIFA : « La forme la plus primitive du jeu dont l’existence a pu être prouvée scientifiquement est un exercice décrit dans un manuel militaire chinois datant du deuxième ou troisième siècle av. J.-C. Cet ancêtre du football contemporain date de la Dynastie des Han et a pour nom le Tsu’ Chu. » (NDA – Note De l’Auteur, pas le politicien  : on retrouve plus souvent la forme francisée Cuju). Cette information est reprise par certaines agences de voyages, comme absolutechinatours.com qui affirme que « la Chine est la véritable maison du football. » Il s’agit donc d’un véritable argument commercial !

On sait que les premiers écrits concernant le Cuju remontent donc à la dynastie Han (IIe siècle av. J.-C. – IIe siècle ap. J.-C.). Néanmoins, il se pourrait qu’il faille remonter au début du Ve siècle avant notre ère. Nous savons finalement assez peu de choses sur les premières occurrences de ce sport. Il est parfois frustrant de faire de l’histoire…

La Chine, véritable berceau du football ?

Le but de ce jeu est simple : envoyer une balle dans un petit filet monté au sommet de longues tiges de bambou. Le joueur pouvait utiliser toutes les parties de son corps, à l’exception des mains. Seul ou en équipes, avec un ou plusieurs buts – la forme la plus traditionnelle semble être celle où l’on trouve six buts de chaque côté du terrain -, on pouvait trouver plusieurs variantes possibles. On sait néanmoins qu’il ne fallait pas faire tomber le ballon au sol, sous peine de se voir retirer des points. Pratiqué depuis le IIe ou IIIe siècle avant notre ère, il s’agit, comme bien souvent à cette époque et dans n’importe quelle civilisation, d’un exercice militaire – on peut faire le parallèle ici avec la pratique du sport à Sparte, dont on reparlera, ou au XIXe siècle en France.

On rapporte par ailleurs que les femmes étaient douées pour ce sport, les équipes féminines acquérant une certaine notoriété dans ce domaine. Une légende affirme même qu’une jeune femme de 17 ans aurait vaincu une équipe de soldats de l’armée. Je n’ai pas retrouvé trace de cette légende, il faut savoir raison garder.

Le jeu ne semble plus pratiqué aujourd’hui. L’une des raisons de ce déclin est que sous la dynastie des Ming (1368-1644), le jeu était principalement lié aux maisons closes et à la décadence de la société. Les nobles ne pratiquaient plus ce sport, et l’Empereur Zhu Yuanzhang (1328-1398) proclama son interdiction.

Paul Dietschy, auteur du livre Histoire du football et grand spécialiste en France, dénonce cette héritage et indique que ce sport ressemble plus au volley-ball qu’au football. Sachez toutefois qu’un musée a vu le jour dans la ville de Linzi si vous souhaitez en apprendre davantage sur le Cuju.

Un jeu millénaire encore pratiqué

Le second jeu serait directement lié au premier. Apporté de Chine, certainement par des moines bouddhistes, le Kemari – dont des allusions sont publiées dans des poèmes par une autrice japonaise, Murasaki Shikibu (vers 973 – vers 1014-1025) – débarque au Japon vers l’an 600, soit près d’un millénaire après l’apparition de son ancêtre en Chine. A cette époque, la Chine a une grande influence sur le Japon (culturelle et religieuse), et il est logique de retrouver cette influence dans le domaine du sport. Pour information, la façon d’écrire Kemari dans les documents est très semblable à la façon dont on écrivait Cuju (tu pourras ainsi briller en société grâce à ce savoir inutile).

Joueurs de Kemari aujourd’hui en tenue traditionnelle.

Signifiant littéralement « Balle frappée », il s’agit d’un simple jeu… de jongles ! C’est ce que notre génération a surnommé « la brésilienne » : les huit participants en habits de Cour sont disposés en cercle. Le premier effectue une série de jongles, jusqu’à ce que la balle tombe au sol. Lorsque cela se produit, le joueur fait la passe à un autre joueur, et ainsi de suite. Chacun leur tour, les joueurs effectuent ainsi une démonstration de jongles et de passes. A la différence du Cuju, les participants ne peuvent utiliser que leur jambe droite. De même, au contraire de son homologue chinois, il n’y a pas de vainqueur : c’est un jeu de coopération et de démonstration avant tout.

A l’instar de nos footballeurs actuels, on pouvait trouver à la fin de la période Heian (VIIIe – XIIe siècle) des joueurs professionnels de Kemari. Le jeu était alors extrêmement populaire, et l’on connaît ainsi quelques-unes de ses vedettes de l’époque : Fujiwara no Narimichi ou encore Nanba Yorisuke Nanba, alors considéré comme le meilleur joueur de l’histoire par l’empereur Go-Shirakawa (1127-1192).

Le jeu est encore joué officiellement chaque année à une date fixe, le 4 janvier, dans le sanctuaire de Kyoto.

 

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