ven. Août 23rd, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

On était au Merseyside Derby ! Everton – Liverpool à Goodison Park

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Mon premier “derby” (LFC – Manchester United, à relire ici) avait accouché d’un ennuyant 0-0. J’espère évidemment un scénario différent ce soir, et surtout ressentir des émotions. L’une des choses les plus importantes et qui nous font aimer le foot, c’est de vivre des émotions, bonnes ou mauvaises. Mais surtout ne pas rester là, les bras croisés, à attendre quelque chose qui ne viendrait jamais. Comme lors de ce LFC – Manchester United. Je rêve de plus grand pour ce Merseyside Derby.

Mais avant de vous raconter ce que j’ai vécu, on va commencer par le tout début et l’obtention de la place. Pourquoi et comment je me retrouve, moi supporter de Liverpool, à Goodison pour un derby ? C’est probablement mon plus improbable coup de chance depuis que j’habite Liverpool. Puisque les places acquises jusque-là étaient des récompenses au fait d’avoir une carte LFC et d’être membre de l’association French Branch. Même si il faut toujours de la chance avec soi… Tandis que pour les autres clubs, il s’agissait de General Sale “facilement” accessible. Pour ce match, je suis simplement rentré du travail un soir, j’ai ouvert mes onglets de “billetterie” des divers clubs autour de Liverpool. Et la, je tombe sur la DERNIÈRE place pour ce match. Il fallait simplement avoir un historique d’achat (j’avais déjà Everton – Crystal Palace).

Donc me voilà par le plus grand des hasards possesseur d’une place pour le match. Si vous avez lu des CR de mes premiers matchs à Goodison (Crystal et ManU), vous aurez peut-être deviné qu’une histoire de “Restricted View” se cache là dessous. Il n’y a pas de miracle sans contrainte. Ma place est ainsi potentiellement la pire de Goodison Park, même si beaucoup de supporters doivent aussi faire avec une “Severely Restricted View”.

Mais je profite de ma probable dernière fois dans ce stade pour prendre la température autour du stade. Jusqu’au coup d’envoi, il ne se passe pas grand chose. Et au cours de ma journée il était même difficile de deviner que le derby se jouait ce soir. En revanche je découvre d’énormes images d’anciens joueurs sur les murs extérieurs du stade. Je n’ai jamais rien vu d’aussi grand. Dans l’ombre du LFC on oublie peut-être trop souvent qu’Everton détient le record de saisons dans l’élite anglaise (114) et qu’ils ont 9 titres de Champion à leur palmarès. Dans mon quotidien a Liverpool, je suis d’ailleurs toujours étonné de croiser plus de personnes avec du merchandising Everton que de personnes avec des vêtements LFC (globalement, 1 personne à 0 pour Everton chaque jour). Peut-être est-ce le hasard. Ou qu’ils ont une plus grande fierté, en tant que minorité, a montrer qui ils supportent.

Je rentre dans le stade une heure avant le coup d’envoi. Je suis toujours épaté devant l’ancienneté de ce stade, qui ne semble pas avoir été beaucoup rénové au cours de son existence. Les couloirs, les toilettes, les murs, les sièges. On sent le poids des années partout. Il date de 1892 ! Difficile de changer ou quitter un tel mythe pour un supporter mais cela serait pourtant une nécessité.

Et si on rentrait dans le match ? Ou un peu d’Histoire avant ? C’était le 227ème derby entre les deux équipes, la plus vieille rivalité du foot anglais et également la plus prolifique en cartons. Il faut même savoir que le terme “derby” a été utilisé dans le foot pour la première fois en 1914, et réutilisé par tous ensuite. On surnomme également ce derby le Friendly Derby car il a des particularités rares : A Liverpool, il n’y a aucune raison religieuse de supporter Everton ou Liverpool (contrairement au Old Firm Derby de Glasgow). Il n’y a aucune raison géographique de supporter l’un ou l’autre : Les deux stades ne sont qu’à 10 minutes de marche l’un de l’autre. Le derby de Manchester divise pour sa part la ville en deux (United a l’Ouest, City a l’Est) comme le prouve cette carte. Bref, on a beaucoup plus de chances au sein d’une même famille d’avoir des supporters de Liverpool et d’Everton (ma voisine avait son fils ou neveu en parcage LFC). Et de ce fait, tout le monde a fortement été impacté et solidaire au sujet des tragédies d’Hillsborough ou du Heysel. Klopp dira de cette “unité” que c’était la meilleure histoire qu’il ait jamais entendu. Copa90 a une bonne vidéo au sujet de ce derby.

Allez, place au match ! Du fait de ma vue restrictive, je ne vois pas une partie du terrain (dont la moitié d’un but). Le contexte du match (peu d’occasions et Everton n’attaquant qu’à droite) ne me rendra pas cela trop préjudiciable. Je regrette surtout de n’avoir quasi aucune vue sur les supporters des Reds. Mais je vois ceux d’Everton déployer un tifo bleu et blanc assez banal. Un symbole de la générosité des scousers que j’ai toujours ressenti depuis septembre : Ma voisine fan d’Everton, et me sachant fan de Liverpool, me proposera son siège pour que je puisse mieux voir. Peut-être car elle portait un intérêt plus important au MMS d’un homme nue et montrant son sexe. Mais cela ne nous regarde pas.

Comme le sexe de ce Monsieur, l’ambiance pourra monter tranquillement en intensité. Les fans préfèrent toujours accompagner l’équipe par des encouragements plutôt que par de véritables chants (sauf “EVERTON”). Obtenir une touche à 20m de ses propres buts mérite une ovation. L’engagement des joueurs en seconde mi-temps (Barkley qui assassine Henderson) augmentera la tension. Les fans réagissent au quart de tour après chaque tacle ou décision de l’arbitre. Je sais que je n’ai pas le droit d’extérioriser mes émotions. Même si la fraternité de ma voisine evertonienne a pu me mettre en confiance, je ne dois pas oublier que je ne suis pas chez moi, à Anfield. Mais Liverpool a laissé passer l’orage et prend le jeu à son compte sur les trentes dernières minutes. Ce championnat est trop dur. Chelsea, City et United ont gagné. Liverpool ne peut pas ralentir. Se retenir est de plus en plus impossible. Je vis le match debout ou à genoux pour suivre les actions que le toit me cache.

8 MINUTES DE TEMPS ADDITIONNEL. On étouffe. Quatre-vingt quatorzième. Sturridge se crée son mouvement tout seul et frappe le poteau. Mané a suivi et tire dans le but vite. J’EXPLOSE. Je suis à Anfield, chez moi. J’entends des insultes. Je regarde autour de moi. Un mec à 10 mètres de moi me fixe des yeux et m’insulte. J’essaie tant bien que mal par des signes de m’excuser. Il reste 4 minutes de jeu. 4 minutes à me faire insulter et à me faire fixer des yeux. Des minutes où il semble me dire qu’il m’attend. Il ne me lâche pas du regard en continuant de vociférer des insultes. Il attend devant la sortie du bloc. Oubliez ce que j’ai dit du Friendly Derby. Autour de moi, les gens ne comprennent pas. Je suis dans le coin du dernier rang, il est peut-être le seul à m’avoir vu. Le match se termine. Je mets mon bonnet de camouflage, et me faufile parmi les supporters pour sortir à l’opposé de la tribune. Le danger s’éloigne mais j’essaie toujours de ne pas sourire niaisement de cette victoire. Sait-on jamais. Je n’étais pas à Anfield.

 

 

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