mer. Oct 16th, 2019

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Mais on le dit quand même

Un Œil des Tribunes – Association Nationale des Supporters

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Oeil-Tribunes

Entre les médias, les instances du football et l’Etat, le supporter assidu est parfois stigmatisé à son insu. Votre nouvelle rubrique « un Œil des Tribunes » n’a qu’un seul objectif, être le hautparleur des supporters. Ultra, sympathisant, supporter « classique », on s’en foot, venez comme vous êtes ! La ligne éditoriale est simple, parler de vous, sans omettre l’autocritique mais a contrario des médias traditionnels, le focus sera fait sur les bonnes actions …

Ce premier volet sied parfaitement à cet état d’esprit d’ailleurs, faire évoluer les mentalités ! Une idée partagée avec l’Association Nationale des Supporters.  Rencontre avec Pierre, le président de l’ANS.

ANS

Trailer :

Nous sommes en l’an 16 après Footix. Toute la Gaule du football est occupée par les instances répressives… Toute? Non! Une petite association d’irréductibles supporters résiste encore et toujours en proposant des idées pour améliorer le dialogue et la vie dans et autour des enceintes sportives… 

Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est l’Association Nationale des Supporters et son rôle ?

L’Association Nationale des Supporters –ANS-, est une association loi de 1901 et dont les missions sont définies dans ses statuts. Pour les résumer, son rôle est de fédérer les associations existantes afin de représenter et défendre les supporters à travers la France et ainsi de devenir un interlocuteur crédible pour les instances du football et l’Etat. L’association a été créée en septembre dernier.

Quelle est son organisation interne ?

Elle suit l’organisation classique d’une association : un président, un vice-président, un trésorier…

La présidence représente et porte la voix de l’association. Trois domaines importants sont pris en charge par des membres de l’association :

La médiation ; l’ANS ayant un rôle d’interface entre les divers acteurs du football français et les supporters.

Les relations avec les médias ; il est fondamental de sortir des clichés et de la vision manichéenne du monde des supporters relayés par les médias. Nous devons donc faire connaître nos démarches et répondre aux sollicitations sur les sujets qui nous concernent.

Le juridique ; il y a un gros travail à ce niveau, tant pour informer les supporters sur leurs droits et leurs devoirs mais aussi de les défendre contre les répressions abusives.

Quels sont les groupes déjà intégrés dans l’association ?

Les adhésions sont en cours et nous espérons être le plus nombreux possibles. Pour citer quelques-uns des groupes faisant déjà partie de l’ANS, il y a bien sûr les Red Tigers de Lens dont le président de l’ANS est issu, mais également le Collectif Isarien de Beauvais, Turons 1951 de Tours, le Saturday FC de Nancy, le Malherbe Normandy Kop de Caen… Au total on regroupe près d’une trentaine d’associations répartie dans toute la France et sur plusieurs divisions (L1, L2, N et CFA).

Je fais partie d’un groupe de supporters, comment faire pour rejoindre votre mouvement ?

Ce sont des débats internes aux associations qui réfléchissent à leur participation. Après c’est très simple, il y a un  formulaire d’adhésion, un règlement intérieur et une cotisation. Il est également possible de devenir membre de l’ANS de manière individuelle.

Y a-t-il des associations de supporters qui n’ont pas voulu adhérer ? Pour quelles raisons ?

Nous pensons que  nombreux sont ceux qui se posent la question quant à leur adhésion. Il y a beaucoup de rivalités, il y a le souvenir d’expériences passées, le manque de confiance dans la volonté politique de faire évoluer les choses, ces éléments font que certaines associations ne sont, peut-être, pas encore prêtes. A nous de bien communiquer sur l’association pour donner une vision claire de ce que nous souhaitons faire car c’est à nous de fédérer.

Comment se passe l’entente entre les différentes entités (associations Ultras, classiques, etc.) ?

Nous partageons tous le même constat et la même volonté de faire évoluer les choses. L’ANS est une jeune association, il nous faudra donc un peu de recul pour améliorer au fur et à mesure nos méthodes et l’intégration de chacun, mais le principal est de bien travailler ensemble.

Deux groupes « ennemis » peuvent-ils réussir à mettre de côté leurs rivalités des tribunes pour s’unir dans une cause commune ? 

Peut-être pas tous, mais les associations à l’initiative de l’ANS, tout comme celles ayant participé aux manifestations de Montpellier et Lyon montrent que c’est possible. Maintenant, il faut faire un constat clair sur ce qui risque de nous arriver : soit on fait face tous ensemble en mettant de côté nos rivalités et nos différences afin de continuer à vivre notre passion, soit on reste chacun de notre côté et dans deux ans, on met tous la clef sous la porte.

Groupe de supporters français et européens lors de la manifestation « Un Football sans Flash-Ball, Justice pour Lex », supporter lyonnais touché par un tir de flash-ball. Copyright Liberté pour les Auditeurs.
Groupe de supporters français et européens lors de la manifestation « Un Football sans Flash-Ball, Justice pour Lex », supporter lyonnais touché par un tir de flash-ball. Copyright Liberté pour les Auditeurs.

Ne craigniez-vous pas que votre association soit médiatiquement rangée dans la case « supporters à risque » ?

C’est une réalité. La méconnaissance de certains médias tient au fait que le monde des supporters était très difficile d’accès mais c’est moins le cas aujourd’hui. On ne pourra pas convaincre ceux qui s’enferment dans cette vision, il faut rester vigilants car certains cherchent le « sensationnel » jusqu’à travestir la réalité. Mais de notre côté, il faut aussi que nous soyons disponibles pour répondre à toutes les sollicitations pour faire évoluer les mentalités.

Comment communiquez-vous sur votre association ?

Nous sommes en train de développer un site internet (ndlr, je diffuserai le site dans mes prochains articles), nous cherchons également à  être présents sur les réseaux sociaux et en contact avec les médias. Mais notre but principal n’est pas d’occuper l’espace médiatique, il est d’ouvrir les portes pour faciliter la responsabilisation des supporters, nous ne communiquerons que lorsque nous aurons quelque chose à dire.

Avez-vous rencontré M. Thiriez, le président de la LFP, par exemple ? Ou d’autres personnes liées à la FFF et à la LFP ?

L’association a été créée il y a peu de temps. Nous n’avons pas été sollicités et de notre côté nous souhaitons faire les choses dans l’ordre : dans un premier temps rentrer en contact avec M. Kanner, Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports et son secrétaire d’Etat aux sports M. Braillard, à qui nous avons adressé un courrier afin d’être reçus. Ensuite, nous demanderons à être reçus par la Fédération Française de Football, qui a la délégation de service public, ainsi que par la LFP qui est en charge de la partie professionnelle. A terme, nous espérons rencontrer tous les acteurs et participer à tous les débats nous concernant.

Sans toucher au folklore du football populaire. Pensez-vous qu’une cohabitation avec l’essor du capitalisme dans les stades est possible ?

Nous nous inscrivons plus dans la durée pour un football durable comme le dit le rapport « Glavany ». Nos sujets ne se confinent pas au seul football professionnel, d’ailleurs plusieurs des associations membres de l’ANS soutiennent des clubs qui évoluent dans les championnats amateurs. Pour répondre à la question, nous ne savons pas si la cohabitation est possible mais nous défendrons un football accessible à tous.

Votre point de vue sur le boycott de certains déplacements de groupes de supporters (dont certains font partie de l’ANS) ?

On ne peut pas parler de boycott même si le terme est utilisé. Le fait est que beaucoup de personnes n’ont pas les moyens financiers de payer de tels prix pour une place en parcage visiteur ! Cette politique tarifaire pose un vrai problème de sécurité puisque les places sont moins chères dans d’autres tribunes que celle réservée aux supporters visiteurs et pourrait les inciter à l’avenir à prendre des places n’importe où dans le stade. C’est ce qu’ont démontré les supporters nantais à Lille

Que pensez-vous des arrêtés préfectoraux ou ministériels mis en place pour les matches dits à « hauts risques » ?

Ils sont clairement liberticides, régulièrement discriminatoires et les arguments utilisés sont souvent faux. D’ailleurs, l’argument principal cité est l’incapacité des pouvoirs publics d’assurer ses missions du maintien de l’ordre, pourtant celui-ci est contradictoire avec les moyens énormes mis en place durant ces matches. Mettre en place un encadrement spécifique pour les déplacements groupés des supporters visiteurs, afin d’assurer leur sécurité paraîtrait plus adéquat.

Que pensez-vous de l’interdiction de banderoles, bâches et drapeaux dans l’enceinte du Parc de Princes ? Ne craignez-vous pas que ces méthodes deviennent un modèle pour les autres clubs ?

Notre raison d’être est de participer à l’élaboration d’une politique claire de gestion et d’accueil des supporters. Pour cela il faut qu’elle soit homogène et qu’elle établisse des droits et des devoirs dans le respect des lois de notre pays. Si nous y arrivons, ces questions ne se poseront plus car le matériel d’animation en soit ne pose pas de problème de sécurité. Le cas de Paris est particulier car la direction de ce club bénéficie d’une impunité qui pose question, elle n’a pas l’air d’être soumise aux règles de droits qui régissent ce pays comme le montre son mépris de la décision de la CNIL.

Que pensez-vous des « pyro» dans les stades ? Pourrait-on imaginer une méthode « encadrée » pour les autoriser un jour ?

Bien sûr qu’on pourrait l’imaginer mais encore faudrait-il ouvrir un dialogue et c’est ça notre priorité. Dans le futur, nous ne nous refuserons aucun sujet de discussion. D’autant que des utilisations encadrées, il y en a déjà eu en France, rarement mais il y en a eu… Aujourd’hui, c’est interdit.

Concrètement, quelles seraient vos idées pour réduire les violences dans et aux abords des stades ?

On part du constat que la politique exclusivement répressive est un échec et que de nombreux acteurs du football sont exclus des débats sur le sujet et pas seulement les supporters ! Notre volonté de faire évoluer les mentalités de parts et d’autres est l’objectif pour continuer à vivre notre passion.

C’est une question qui doit se discuter ensemble alors pour commencer : dialoguer.

Pour contacter l’ANS c’est ici : contact.presse.ans@gmail.com

Merci à la Radio Liberté pour les Auditeurs pour leur soutien ainsi que leur aide précieuse.

Vous voulez participez à la rubrique un « Œil des Tribunes »? Une idée d’amélioration ? Vous voulez donner votre point de vue ou transmettre votre expérience personnelle ou associative des tribunes ? Un coup de gueule ? Un coup d’amour ? N’hésitez pas à me contacter ici : froncefatbool@gmail.com ou sur Twitter

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