mer. Juil 17th, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

Manifeste

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Pourquoi lancer un site dédié à la culture ultra ? L’idée peut effectivement paraître saugrenue à l’heure ou les Ultras semblent devenus une espèce de joyeux anachronisme que les forces de l’argent aimeraient pousser loin des stades – ainsi qu’elles ont réussi à aseptiser l’ensemble ou presque des stades anglais. Régulièrement mis en avant pour les clouer au pilori, les Ultras sont aujourd’hui un croque-mitaine bien commode que nombre des médias dominants s’appliquent à sortir régulièrement pour faire peur et démontrer leur nocivité. Brocardés pour leur violence supposée, admonesté pour leur refus de se soumettre aux règles (notamment celle portant sur les engins pyrotechniques), les Ultras sont en quelque sorte présentés comme les enfants terribles du football, des enfants qu’il convient de pousser vers la sortie pour faire entrer le sport roi dans le XXIème siècle si l’on en croit certains discours de plus en plus répandus. En somme, il y a bien plus de coups que de louanges à recevoir si l’on a pour ambition de défendre le mouvement ultra.

Eh bien c’est en réalité pour toutes ces raisons que nous avons fait le choix de consacrer une partie entière de ce site à la culture ultra. Espérant tout à la fois jouer le rôle de media au sens premier du terme – à savoir un intermédiaire – entre un monde dont les codes et coutumes peuvent paraître obscurs au profane et résolument décidés à défendre cette culture ultra qui est finalement l’un des derniers vestiges d’un football populaire que nous voyons peu à peu disparaître, nous avons l’intention de laisser discourir nos plumes sur l’ensemble des sujets qui ont trait à cette culture (en commençant bien évidemment par la question des libertés fondamentales régulièrement bafouées). Bien plus qu’un simple cahier des doléances, nous espérons faire de ce site une forme de bibliothèque où il sera possible de venir piocher anecdotes et histoires sur les différents groupes ultras tout en laissant la parole à ceux qui font vivre les stades au quotidien. Ultras nous-mêmes à des degrés d’engagement variés ou simple sympathisants de cette cause, nous n’avons pas pour autre ambition que d’apporter une modeste pierre à l’édifice de cette sous-culture – à ne pas prendre évidemment au sens de culture inférieure mais bien plus comme faisant partie d’un tout – du football.

Trop souvent caricaturé via des raccourcis simplistes, le mouvement ultra est en réalité immensément complexe. Des rivalités qui le parcourent aux grandes amitiés qu’il comporte en passant par l’épineuse question de la violence, il regorge en réalité de sujets de réflexion profonds permettant de jeter un autre œil sur la société et sa marche. L’une des principales composantes de cette complexité – et donc l’un des sujets que nous nous attellerons tout particulièrement à traiter – est sans aucun doute l’ambivalence des relations entre un football moderne que bien des groupes honnissent et le mouvement ultra en général. Souvent prompts à leur taper dessus, les grands pontes du foot business savent pourtant que les Ultras font partie intégrante du football et que s’en priver est souvent une gageure, l’exemple parisien nous le démontre avec une acuité rare. C’est précisément dans cette tension permanente que se trouve jeté le mouvement ultra, entre domestication pour continuer à vivre et rejet radical. En somme l’un des grands débats qui parcourent actuellement le mouvement ultra (et qui s’apparente à bien des égards aux tempêtes sous un crâne mises en scène par Victor Hugo) est assurément l’alternative entre vivre à genoux ou mourir debout. « Maintenant encore, fait dire Albert Camus à Jean-Baptiste Clamence dans sa Chute, les matchs du dimanche, dans un stade plein à craquer, et le théâtre, que j’ai aimé avec une passion sans égale, sont les seuls endroits au monde où je me sente innocent ». C’est précisément pour cela que nous entendons œuvrer, pour que notre innocence demeure intacte mais que celle-ci ne se transforme pas en inconséquence qui pourrait tuer le mouvement ultra. C’est pourquoi toutes les bonnes volontés sont les bienvenues dans cette lutte qui, ne nous leurrons pas, ne pourra être victorieuse que par le nombre et la détermination.

 

Liberté pour les Ultras !

 

Crédits photo: Commando Ultra84

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