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Mais on le dit quand même

Analyse statistique de la première moitié de saison 2016 : Les clubs en Europe

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Après 5 mois de compétition, il est temps d’étudier les chiffres qui composent un match et une saison de football. Si les statistiques mentent souvent, et qu’elles ne représentent pas toujours la réalité ou la vision que l’on a d’un match, à long terme, elles peuvent servir de bilan ou d’explication au style de jeu d’un équipe. Avec l’aide du site (anglais) whoscored.com, il est possible d’obtenir diverses stats sur presque toutes les rencontres des compétitions ayant lieu en Europe, ainsi que des championnats en général. Ainsi il est possible d’en apprendre plus sur les coutumes dans le jeu des différents pays, de voir quelle équipe surclasse les autres dans son domaine … Et c’est ce que l’on va faire tout de suite.

L’analyse portera uniquement sur les cinq prétendus « grands » championnats européeens, Allemagne, Angleterre, Espagne, France et Italie. Les chiffres présentés sont issus d’une seule source, il est donc possible qu’ils différent avec ceux trouvés ailleurs, la manière de compter les tirs par exemple, peut varier selon les personnes. Chiffres arrêtés au 03/01/2016

Les buts 

Tout d’abord, la stat qui intéresse le plus de monde : la moyenne de buts marqués. Au niveau des championnats, le leader ultime est l’Eredivisie (3,08), mais sur les cinq championnats étudiés, il s’agit de la Bundesliga (2,82). Suit la Premier League avec 2,66. La Liga qui possède les meilleurs attaquants du monde n’atteint « que » 2,56 de moyenne, juste devant la Serie A (2,54), pourtant considéré plus défensif. La Ligue 1 ? Elle se traîne péniblement derrière avec seulement 2,36, deux buts par journée en moins donc. Reste à savoir si dans ce cas-là, il faut remettre en cause la faiblesse de l’attaque ou les défenses solides. Oui, ça doit être à cause d’Ahamada et Yanga M’Biwa s’il y a si peu de buts …

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Au classement du nombre de buts marqués, le PSG qui survole son championnat se retrouve forcément à la tête du classement avec 48 buts, devant les deux têtes allemandes du Bayern Munich et du Borussia Dortmund et le Real Madrid, tous les trois avec 45 buts. Néanmoins les championnats n’avancent pas au même rythme, et lorsqu’on observe la moyenne par match, le PSG devient quatrième (avec 2,5), contre les 2,6 du trio précédemment cité. Ces clubs peuvent s’appuyer sur d’excellents buteurs (Lewandowski, Aubameyang, CR7, Ibrahimovic), secondés par des « auxiliaires » qui reprennent le rôle en cas de besoin (Müller, Reus, Benzema, Cavani). Le FC Barcelone traîne un peu avec 2,3 buts de moyenne. Le championnat anglais est le plus représenté dans le top 20 avec 6 représentants, Man City est 6ème au classement. Sans surprise, la Ligue 1 ne place que trois représentants; Paris, Nice et Marseille. Pour finir, une anecdote : Le Borussia Dortmund (1er ex-æquo) et Leicester (10ème) n’ont pour l’instant toujours pas marqué d’en-dehors de la surface. Marquer est un objectif clair, mais il n’est pas pour autant question de tenter sa chance de n’importe où n’importe quand, et en s’approchant, chaque tentative maximise ses chances de réussite.

Maintenant parlons de ceux qui justement ne marquent pas, et cocorico, Troyes est leader de ce match avec 0,5 but par match ! Derrière, Ingolstadt et Carpi. Ces trois clubs, à l’inverse des grands clubs, ne peuvent s’appuyer sur un bon buteur pour les tirer d’un mauvais pas (aucun joueur des trois clubs n’a marqué plus de 4 fois), mais cela n’empêche pas Ingolstadt d’occuper une très belle 11ème place sur 18 en Bundesliga. La France place 5 représentants dans le top 20 à l’envers, et 12 dans le top 40. Faut-il s’inquiéter ? Oui.

« Une fois, j’étais avec une femme dans un bar. On a parlé toute la nuit, on a ri, flirté, je lui ai offert des verres. Et puis vers 5 heures du matin, un type est arrivé, l’a prise par le bras et l’a emmenée aux toilettes pour lui faire l’amour avant de partir avec elle. Mais ce n’est pas grave, puisque j’avais eu l’essentiel de la possession cette nuit-là. » Jorge Sampaoli

La possession

Plus intéressant pour le style de jeu : le classement de la possession. Comme nous allons le voir, elle n’explique pas les résultats, simplement la manière de jouer. Le leader est sans conteste et sans surprise la Bayern Munich avec un chiffre astronomique de 67,1 % de possession. Caractéristique du style de jeu de Guardiola, cette équipe qui joue parfois comme au handball n’en reste pas moins efficace. En conservant le ballon, elle le fait circuler pour trouver la faille chez des adversaires jouant souvent en bloc, et surtout elle prive l’adversaire du ballon, ceci devenant également une tactique défensive. Même constat pour le PSG, 2ème avec 63,5%, mais peu mis en difficulté par le faible pressing des équipes de Ligue 1. Le Barça n’est que 3ème, surprenant pour certains, mais ses éléments comme Neymar, Suarez et Rakitic, moins habitués à un jeu de possession barcelonais, ont forcé Luis Enrique à adapter son jeu et parfois laisser le ballon à l’adversaire pour évoluer en contre-attaque. De plus, l’Espagne a vu émerger cette saison des équipes plus entreprenantes comme le Celta Vigo, 10ème (cc @Damien_Dudu) ou le Rayo Vallecano, 22ème (54% de possession, dominateur dans ce domaine lors de sa défaite 10-2 à 9 contre 11 contre le Real Madrid, et cela tout en étant relégable). A la 4ème place, on peut trouver le Borussia Dortmund avec 60,1 %. Loin de l’époque sous Klopp, où les jaunes et noirs n’attaquaient presque jamais sur attaque placée car trop faibles dans ce domaine, le nouvel entraîneur Thomas Tuchel a radicalement changé le style de jeu pour se rapprocher de celui du rival Munichois, parfois de manière flagrante. Si le jeu de Dortmund vous intéresse, je vous invite, une fois cette lecture terminée, à lire ce très bon article décrivant le jeu du Borussia par Analysport.

De l’autre coté on retrouve Caen, avant-dernier du classement, mais avec un style de jeu qui sera plus développé dans la partie focalisée sur la Ligain. En antépénultième se place Carpi, déjà évoqué pour sa faible attaque. Là rien à voir avec le style de jeu, ils sont juste nuls et souvent dominés. A la dernière place on trouve Darmstadt, avec 37,1 % (33,3 en ne comptant que le championnat). Très très particulière cette équipe, elle garde très peu le ballon, mais surtout elle est l’équipe qui tente le moins de passes de toute l’Europe, avec 251 par match. Le Bayern Munich est à 733 dans ce domaine. Darmstadt effectue une centaine de passes courtes, quand Munich en fait 5 à 6 fois plus. Pour autant elle ne balance pas loin devant, tente peu de tirs, ne tente quasiment jamais de dribble. Et bien elle a su faire avec ses moyens, et décide donc de gagner du temps au maximum, et de jouer sur un domaine plus incertain. Si on vous dit qu’il s’agit de l’équipe qui marque le moins de but dans le jeu (devant Vérone) vous comprenez ? Si je vous dis ses 17 buts marqués, 9 ont eu lieu à la suite d’un coup de pied arrêté ?

La tradition de la Luftwaffe

Cette équipe est un symbole de l’Allemagne. A vrai dire, ce qui est vraiment intéressant ici est l’utilisation du domaine aérien. La Bundesliga est le championnat qui voit le plus de duels aériens se jouer, on voit 16 clubs allemands parmi les 20 à remporter le plus de duels (3 français et 1 espagnol). Le leader est Ingolstadt avec 32,1 par match. De l’autre coté du Rhin, on privilégie un jeu dans les airs et ce quelque soit la possession du ballon. Même le Bayern de Guardiola, bien aidé vu qu’il n’a plus les nains du Barça, s’est mis au jeu aérien, mais à bien moindre mesure que ses concurrents nationaux. Une stat pour faire la transition : devant se trouve la Premier League avec 101, la Liga et la Ligue 1 avec 76, et la Bundesliga avec 73. Assez étonnamment le nombre de buts aériens allemands est faible, ce qui voudrait dire que les longs ballons servent davantage à progresser sur le terrain qu’à se créer des occasions de buts. Tout l’inverse de l’EPL, dont le total est le plus élevé mais le nombre de duels aériens est relativement faible. On peut donc en déduire que les équipes anglaises se retrouvent bloquées à l’entrée de la surface et non d’autre choix que de tenter de marquer par les centres. Le kick and rush a disparu de l’élite anglaise, mais on le retrouve en Championship, championnat plus « anglais » Le nombre de buts marqués de la tête le plus faible est en Serie A, avec 69. En Italie c’est particulier puisque l’on cherche très souvent le jeu au sol, même lorsque l’on a des bons joueurs de tête (Mauri, Toni, Mandzukic …). C’est pourquoi on retrouve en bas du classement des duels aériens gagnés le championnat italien qui truste les dernières places, avec principalement la Sampdoria de Gênes et la Fiorentina en queue. Sept autres clubs transalpins remportent peu de duels dans les airs, ce qui prouve que ce n’est plus juste quelques clubs qui sont mauvais dans les airs, il s’agit bien d’une tendance italienne à garder la balle au sol.

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« L’agression »

Dernière stat analysable, bien que dépendant de plusieurs facteurs (culture de jeu, style d’arbitrage) : le nombre de fautes, par match. D’abord le nombre de fautes commises, et là c’est un eu cliché mais les équipes de Premier League sont toujours celles qui en commettent le moins. Le premier club d’Outre-Manche à apparaître est Tottenham en 61ème position avec 12,9 fautes par match. Les rosbeefs monopolisent les dernières places, Arsenal et Everton derniers avec 8,7 fautes, mais ne sont pas les seuls. En 96ème position se trouve le FC Barcelone, avec 9,6, mais ceci s’explique autant par le fait que les Catalans aient de bons défenseurs, que par le fait qu’avec leur monopolisation du ballon, ils se retrouvent peu mis en danger (la possession est une stratégie défensive, comme dit plus haut). C’est exactement la même explication avec le Real Madrid, 87ème avec 10,7 fautes, que le PSG (11,1) et le Bayern Munich (étonnamment à 11,6). Troyes, Nice, Lorient et Caen ne sont pas loin non plus dans les bas du classement. Comme quoi une équipe produisant un beau jeu est belle aussi quand elle défend, c’est-à-dire proprement. Mais dans certains cas, Troyes en étant probablement un, faire des fautes permet aussi de casser les offensives adverses et donc de soit se replacer mieux défensivement, soit de défendre sur une occasion moins dangereuse qu’est un coup de pied arrêté. C’est ce qu’ont compris les équipes qui font le plus de fautes. Loin devant en tête, l’Espanyol de Barcelone avec 19,3 fautes par match, un chiffre énorme qui ne donne que peu envie de regarder leurs rencontres. On assiste parfois à des situations où l’équipe fait plusieurs fautes en une minute. Ceci n’en fait pas une équipe dépassée par les adversaires, puisqu’elle ne totalise que trois cartons rouges, un chiffre plutôt faible, et se classe 12ème en Liga. D’autres clubs espagnols dépassent allègrement les quinze fautes par match, mais aussi italiens, le Genoa et le Chievo Vérone sont sur le podium. Le Chievo est en milieu de tableau, avec même une différence de buts positive, mais le Genoa accumule les expulsions (8) ce qui les met près de la zone rouge. On retrouve Lille à la 13ème position (Nantes est 5ème) mais avec cette fois la particularité pour les nordistes d’être aussi dans le top des fautes subies.

Le LOSC qui subit autant de fautes qu’il n’en commet (16,5 contre 16,3). Cette tendance était plus forte sous Hervé Renard, qui refusait le jeu et cassait celui de l’adversaire. Sur les six matches qui comptent le plus de fautes cette saison, quatre implique Lille. Le numéro 1 et exemple parfait est le Nice-Lille du 1er Novembre qui avait vu 51 fautes (!! dont 25 niçoises pourtant plutôt calmes dans ce domaine). Tous les joueurs de champ lillois, même les remplaçants, avaient commis un faute ce jour-là. Mais cependant, aucune faute dans leurs 25 derniers mètres, remarquable. Pour revenir aux fautes subies, le leader est italien, Empoli avec 19,1 fautes subies, ce qui doit être énervant lorsque l’on voit un de leurs matches de les voir au sol en permanence, même pour des italiens. Il est intéressant de noter qu’hormis la Fiorentina et la Juventus Turin (Italie oblige), la grande majorité des équipes « subisseuses » de fautes ne sont pas pour autant pourvues de grands dribbleurs, ni ne marquent majoritairement sur coup de pied arrêté. Serait-ce donc un aveu de faiblesse dans le jeu pour marquer normalement ? En bas de ce classement on retrouve sans surprise les équipes anglaises, accompagnées toutefois de quelques clubs français.

Pour finir un petit mot sur les cartons, eux aussi à pondérer selon la sévérité des pays. Au nombre de cartons, l’Espagne surdomine le classement. L’Espanyol Barcelone et ses nombreuses fautes sont 2èmes (63 jaunes, 3 rouges) derrière Levante (66 jaunes, 6 rouges). Au niveau des rouges, l’Atalanta Bergame est leader avec 10 rouges (mais seulement 43 jaunes), ce qui fait une moyenne de plus d’un carton rouge tous les deux matches. Juste devant Toulouse et le Genoa. Bizarrement, les anglais ne sont pas forcément ceux qui obtiennent le moins de cartons, même si Arsenal est 2ème. L’équipe la plus remarquable est le Borussia Dortmund. 17 matches joués. 16 cartons jaunes, dont 3 pour l’attaquant Aubameyang. Aucun carton rouge. La perfection.

La qualité technique

Un des critères de qualité des championnats peut être concernant la technique balle au pied.

D’abord les passes réussies : en pourcentage c’est le PSG qui mène la danse, avec 89,6% en moyenne. Le Bayern Munich est derrière avec un point en moins. Étonnamment le Barça n’est que 5ème, derrière le Real Madrid et la Fiorentina. On voit que ce classement est mené par les équipes du haut de tableau dans leur championnat. Mais aussi et surtout par des équipes privilégiant les passes courtes et moins risquées. Bien évidemment la qualité technique des joueurs de ces équipes, capables de faire des passes plus compliquées, rentre en jeu. Mais si le PSG est 1er, c’est très probablement car il n’a jamais à faire à un pressing intense avec les équipes de Ligue 1, le Bayern doit subir les assauts du Bayer Lerverkusen, les équipes espagnoles sont rarement laissées libres par le Celta Vigo et l’Atletico Madrid. La Ligue 1 place d’ailleurs 4 de ses prétendants dans le top 15 (PSG, OL, Nice et OM). En fond du classement la donne est différente. Les équipes qui « balancent » sont forcément plus présentes. Ainsi Caen et son jeu direct sont 92ème, mais jouent dans le premier quart en L1. Leicester est 93ème et est dauphin de Premier League, Eibar est 96ème et 6ème en Liga. Darmstadt et Ingolstadt sont tous les deux derniers, de par le plus faible niveau intrinsèque de son effectif, et par les prises de risques de son style (coups de pied arrêtés et longs ballons). Prenons l’exemple où on joue un long ballon vers l’avant, on voit un duel aérien pour récupérer le ballon, remporté par la défense. Pas de tendance particulière ici, les 5 championnat placent des équipes aussi bien en haut qu’en bas.

Lorsque l’on regarde le classement des ballons perdus suite à un contrôle raté … Cocorico ! Une fois de plus pour les mauvaises raisons. En leader, Reims avec 15,6 ballons perdus par match, qui est logiquement dans la zone rouge en France. Là où ça devient plus inquiétant c’est quand une des équipes du haut, l’un des seuls représentants français en coupe d’Europe, Saint-Etienne est 2ème avec 15 ballons perdus à chaque fois. La Ligue 1 place 14 représentants dans les 26 premiers ! Et le plus surprenant c’est lorsque l’on se rend compte que les quatre prétendues plus grosses écuries, PSG, OL, OM et Monaco, font partie de ces clubs ne sachant pas contrôler un ballon. Pas du tout de quoi être rassuré. Quand on regarde les ballons perdus lors d’un duel, les français dominent toujours, mais là le critère du contact physique rentre en compte. Sur la qualité technique, deux championnats sont logiquement au-dessus, la Bundesliga et la Liga. Le Real Madrid est premier avec seulement 8,4 touches de balle ratées. Dans les 20 premiers, les allemands placent sept concurrents, mais sinon la part est répartie entre les championnats. Étonnamment le SC Bastia arrive à se placer 20ème avec 11,1 ballons perdus, mais il est plus facile de peu se rater lorsqu’on contrôle peu la balle et qu’on la dégage le plus vite possible. Bilan : On aime notre Ligain, mais qu’est-ce qu’elle est nulle …

Sans titre

L’étude des clubs européens s’arrête ici. Dans le prochain article, vous trouverez l’analyse des stats individuelles des joueurs en Europe

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