lun. Juin 17th, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

Analyse des statistiques de la première moitié de saison 2016 : Les joueurs en Europe

13 min read

Après 5 mois de compétition, il est temps d’étudier les chiffres qui composent un match et une saison de football. Si les statistiques mentent souvent, et qu’elles ne représentent pas toujours la réalité ou la vision que l’on a d’un match, à long terme, elles peuvent servir de bilan ou d’explication au style de jeu d’un équipe. Avec l’aide du site (anglais) whoscored.com, il est possible d’obtenir diverses stats sur presque toutes les rencontres des compétitions ayant lieu en Europe, ainsi que des championnats en général. Ainsi il est possible d’en apprendre plus sur les coutumes dans le jeu des différents pays, ou de voir quel joueur surclasse les autres dans son domaine statistique … Et c’est ce que l’on va faire tout de suite.

L’analyse portera uniquement sur les stats cinq prétendus « grands » championnats européeens, Allemagne, Angleterre, Espagne, France et Italie. Les chiffres présentés sont issus d’une seule source, il est donc possible qu’ils différent avec ceux trouvés ailleurs, la manière de compter les tirs par exemple, peut varier selon les personnes. Il n’a été pris en compte que les joueurs ayant participé à au moins 4 rencontres. Chiffres arrêtés au 20/01/2016.

Suite plus ou moins direct de l’article concernant les équipes, juste ici.

photo d'illustration

Qui est le plus actif devant les buts adverses ?

Forcément la statistique « primaire » qui vient à l’esprit est celle du classement des buteurs. A l’heure de la première écriture de cet article, le leader au nombre de buts au total était Pierre-Emerick Aubameyang, avec 18 réalisations. Tout juste auréolé de son titre de Ballon d’or Africain, il inscrit 1 but toutes les 82 minutes, ratio encore meilleur si on prenait en compte toutes les compétitions. De plus, il n’a toujours pas marqué en-dehors de la surface, alors qu’il a marqué six fois dans la zone des 6 mètres adverses. Mais comme la Bundesliga n’a pas joué depuis décembre, il n’est « que » leader de la moyenne de buts par match, avec 1,1 but. Mais ici on va décider de ne pas tenir compte de la logique et regarder le total. L’ancien 2ème devient leader : Gonzalo Higuain, qui confirme qu’il reste un excellent buteur avec 20 buts en autant de rencontres. Derrière, un des membres de la MSN, un rattatac sauvage Luis Suarez apparaît avec 18 pions, mais une moyenne forcément plus faible que celle d’Aubameyang. Au pied du podium, une profusion de joueur à 16 buts, dans l’ordre des buts/matchs : Karim Benzema, qui a un ratio aussi bon que le gabonais, Zlatan Ibrahimovic, le Suédois a cependant marqué un tiers de ses buts (5) sur penalty. Seul Josip Ilicic (Fiorentina) fait mieux dans ce domaine. Retour de la MSN avec Neymar, puis Cristiano Ronaldo, qui n’a pas une saison aussi mauvaise qu’on pourrait le croire. Jamie Vardy la révélation anglaise fait actuellement face à une longue disette qui l’ont fait descendre au classement mais il reste haut avec 15 buts. Lewandowski en est au même niveau, il aurait été vu plus haut, mais malgré son célèbre quintuplé contre Wolfsburg il est souvent resté muet par ailleurs. A sa décharge, il n’est pas le tireur de penalty de son équipe qui en obtient beaucoup.  Pour finir les anecdotes : les quatre joueurs ayant marqué le plus d’en-dehors de la surface jouent tous en Serie A : Gomez de l’Atalanta Bergame, Insigne à Naples, Pjanic à la Roma et Paulo Dybala de la Juventus. Le joueur a avoir le plus marqué sur coup de pied arrêté est Aytac Sulu, défenseur de Darmstadt en Allemagne. Eh, on parlait de quoi dans l’article sur les clubs déjà ? Le meilleur marqueur de la tête est étrangement Gareth Bale, plutôt généralement connu pour ses qualités athlétiques de sprinteur. Alan Hutton d’Aston Villa est le seul joueur en Europe a avoir marqué 2 buts contre son camp pour l’instant.

Il est important par contre de pondérer ceci avec le nombre de tirs effectués par les joueurs. Forcément cela dépend encore une fois du système de jeu, un joueur qui est le seul offensif aura plus d’opportunités, et de l’équipe, si elle domine elle peut tirer plus. Cristiano Ronaldo est le leader avec un chiffre assez énorme de 6,6 tirs par match. Ici, son ego rentre forcément un peu en compte. En comparaison, l’équipe qui tire le moins au but, le Sporting Bastia, en est à 8 tirs par match elle entière. Ce qui abouti parfois à des situations comiques, comme ce match contre Malmö en LDC, où CR7 a tiré deux fois plus que l’adversaire.Pour autant, il n’en oublie pas forcément de passer en cas de besoin, 7 passes dé en 19 matches. En 2ème, Robert Lewandowski atteint tout de même 5,5 tirs, talonné de près par Messi (5,2) et Gonzalo Higuain (5,2). Zlatan Ibrahimovic n’est pas loin avec 4,6. Aubameyang reste non loin avec 3,9 tirs par match, mais donc un plus grand réalisme (jamais en-dehors de la surface, tout ça …). On voit donc aisément que parmi les meilleurs buteurs d’Europe, on retrouve ceux qui ont le plus de tentatives. PS : le joueur qui tire le plus dans les six mètres adverses est l’ancien parisien/dijonnais Vedad Ibisevic, 0,7 tirs par match pour un ratio de but similaire. Celui qui tire le plus d’en-dehors de la surface est Philippe Coutinho, 2,8/match de loin, pas étonnant de le voir après avec seulement 5 buts au compteur.

Ah forcément c'est plus facile de marquer comme ça
Ah forcément c’est plus facile de marquer comme ça

Dans les passes décisives, le classement est sur-explosé par Mesüt Ozil. Le stratège gunner est revenu à son meilleur niveau, la meilleure chose qui pouvait arriver au football cette saison, et mène Arsenal à la première place en Angleterre grâce à ses 16 passes dé. Angel Di Maria est péniblement 2ème avec ses 9 petites assists. Logique pour le passeur attitré de l’une des meilleures attaques d’Europe. Derrière avec tous les trois 8 passes; Henrikh Mkhitaryan, le polyvalent arménien compense sa faible finition par un rôle de rampe de lancement pour Aubameyang, Kevin De Bruyne étale sa classe dans la meilleure attaque anglaise et Raffael, du Borussia Mönchengladbach, malgré le mauvais début de saison, qui montre que l’on peut être attaquant et utile sans pour autant marquer.

On peut aussi s’interroger si le talent de passeur décisif est lié à de bons finisseurs ou à des distributions fréquentes de caviar, il est alors intéressant de regarder le classement des keys passes ou passes-clés, qui désigne les passes aboutissant directement à un tir sans le résultat final. Mais il s’avère qu’ici aussi Ozil domine outrageusement, avec un total de 84 en 19 rencontres, soit une bonne moyenne de 4,4 par match. Donc sur 5 de ses passes aboutissant à un tir, en moyenne 1 but en débouche, pas mal. Même si on enlevait toutes ses passes-clés dites « longues », il devancerait le total du second au classement, Ryad Boudebouz (66 contre 63). Le montpelliérain est donc actif à la création, mais les grandes difficultés de début de saison de son club à trouver son buteur résulte en ce mauvais résultat puisqu’il n’a fait que 3 passes dé. 3ème, Neymar, sans grande surprise, puisque son équipe domine tous ses matches. De Bruyne et Di Maria (55 et 54) intègrent aussi le top 5, sans que l’on soit surpris. Dimitri Payet est en 8ème position (49) mais n’a joué que 13 matches (contre entre 15 et 19 pour les autres). Un peu plus loin derrière, trois hommes montrent une faible réussite, ou faible propension à mettre leur adversaire en bonne situation. Sofiane Boufal, longtemps seul buteur de son club est le plus utile offensivement à son équipe, mais vu qu’il est justement le seul efficace devant, ses 46 keys passes n’ont été décisives qu’une seule fois. Eden Hazard (45) montre une fois de plus sa saison ratée et l’agonie de son club avec un ratio similaire, 2 assists, dont aucune depuis septembre. Mathieu Valbuena en méforme aussi, très critiqué, ses 41 passes clés ne sont que rarement récompensées par une passe dé, mais le faible niveau de Lacazette et Beauvue ne doit pas y être étranger.

Lorsque l’on compare les top 10 du classement des passes décisives avec celui des keys passes, on voit que plusieurs joueurs font partie du premier et non du second, ce qui est positif. Ceux-ci ont donc soit la passe juste, soit la capacité à mettre en situation leurs attaquants, soit un coéquipier qui finit bien les actions : Raffael, David Silva, Bale, Douglas Costa et Gerard Deulofeu (Everton). Ceux qui font partie du second et non du premier ont donc forcément les qualités totalement inverses : Boudebouz, Christian Eriksen (Tottenham), Dusan Tadic (Southampton), Dimitri Payet, Pascal Gross (Ingolstadt) et le pauvre Wahbi Khazri.

photo d'illustration

Les dribbleurs fous

Une stat qui intéressera sûrement bon nombre d’entre vous, c’est celui des dribbles. Et le numéro 1 du dribble réussi par match est le néo-Ballon d’Or Lionel Messi, avec 5 réussis par match. Chiffre toujours à pondérer par ses 2 mois d’absence sur blessure (10 minutes seulement jouées contre Las Palmas avant de sortir). Son dauphin est son partenaire en club Neymar avec 4,8. Deux des meilleurs joueurs du monde qui le sont de par leur style fait de dribbles, mais aussi forcément par un très bon ratio de réussite. Placés sur le ailes, ils doivent souvent se débarrasser de défenseurs venus les enfermer, afin de revenir à l’intérieur du jeu pour finir si besoin et se placer en grand nombre dans la surface adverse. Pour compléter le podium on retrouve Sofiane Boufal, le lillois qui a lui par contre un style de jeu plus personnel. A noter : le haut de ce classement est grandement dominé par les ailiers, pas vraiment de surprise, le premier non-offensif est Lassana Diarra (15ème avec 3,1), qui se sert de sa technique pour se débarrasser du pressing, quand il en subit un. On retrouve Ben Arfa 7ème avec 3,6 dribbles réussis, un chiffre qui a baissé récemment depuis qu’il occupe la pointe de l’attaque niçoise (Ben Arfa joue avant-centre et j’ai toujours l’impression que je suis le seul que ça choque ?) et non en meneur de jeu, mais ceci devrait revenir bientôt. Dans le top 10 aussi, Kingsley Coman (3,5), la révélation Riyad Mahrez (3,4) et Wilfried Zaha. L’anglais est d’ailleurs le premier ici à avoir un ratio de réussite inférieur aux 100%.

Car l’échec des dribbles et plus grave qu’une réussite n’est positive. On peut tenter beaucoup et réussir beaucoup du coup. Les deux premières places sont occupées par les mêmes que précédemment, mais Neymar devançant son coéquipier (7,9 contre 7,2 donc une réussite plus faible). On retrouve un classement presque similaire en passant des dribbles réussis aux tentés (Douglas Costa du Bayern et Ibrahima Traoré de ‘Gladbach qui n’ont pas été cités avant), mais voit l’apparition de Zaha et d’Anthony Martial. Si on est habitués à voir leurs exploits, ces deux-ci occupent les 2ème et 3ème place du classement des dribbles ratés, ce qui leur fait un ratio respectivement de 51% et 55% d’échec chacun. Le leader est Jordan Ayew, qui rate 3,9 dribbles par match, soit un échec de 68%. 5ème, on retrouve le latéral gauche français Jordan Amavi, qui rate 3,2 sur 5,7, y a pas à dire le talent en France s’exporte vraiment. Mais l’échec se voit aussi chez les talents, Neymar occupe la 7ème place avec tout de même 3,1 échecs par match. Avez Zaha et Franco Vazquez (Palerme), il occupe les trois classement liés aux dribbles : tentés, réussis et ratés.

Hasard ou non, Neymar et Franco Vazquez sont les deux joueurs ayant subis le plus de fautes cette saison, 4,7 par match (!!) pour l’italien (comme son nom l’indique, Vazquez est italien), 4,1 pour le brésilien. Ils participent donc aux buts sans que cela soit inscrit dans les stats : Palerme inscrit près de la moitié de ses buts sur coup de pied arrêté, avec ses 9 joueurs qui dépassent 1,85m, et Barcelone obtient des coup francs directs et des penaltys grâce au plongeur brésilien.

La distribution

Mais assez des joueurs offensifs, place à ces numéros 6 trop souvent oubliés ! Ces plaques tournantes toujours oubliées et sans qui le jeu n’a plus d’intérêt. Sans surprise ce sont les milieux défensifs des grandes équipes qui font le plus de passes par match : Premier, Jorginho, le jeune brésilien du SSC Napoli est en train de se révéler dans sa première saison complète. Avec un nouvel entraîneur se basant sur une possession forte, 61,2% de moyenne, seule la Fiorentina fait mieux en Italie, il cumule 97 passes par match en moyenne, réussies ou non. Si il n’a fait que 3 passes décisives, il en reste néanmoins une plaque tournante essentielle du jeu de son équipe, et si son club peut viser un doublé championnat-Ligue Europa, cela passera par sa grande forme. 97 passes ne signifie pas forcément grand chose, mais en-dehors du fait qu’il soit le 1er en Europe, sachez qu’un joueur qui touche 97 ballons en Ligue 1 c’est presque inexistant (en-dehors PSG). Jorginho avait atteint son sommet face au Hellas Vérone le 22 novembre, il avait approché le chiffre fou des 200 passes, qui de mémoire n’a été atteint que par Xabi Alonso au Bayern. Pour revenir au PSG, Marco Verratti et Thiago Motta sont 2ème et 3ème, avec 94,8 et 91,9 passes par match. Une possession écrasante, moins surprenante vu la domination parisienne sur son championnat. L’italien est le premier utilisé pour faire le liant entre défense et attaque. Milieu relayeur, il est le premier récepteur des transmissions de l’italo-brésilien Thiago Motta. Lui le vrai 6 de l’équipe, régulateur du tempo de son équipe. Son départ avorté l’été dernier aurait été 100 fois plus catastrophique que ce que l’on peut penser. Si Thiago Silva est 10ème (78,8, logique), étrangement Stambouli et Matuidi ne font pas partie des top-passeurs. C’était du sarcasme. Derrière on retrouve en toute logique les autres joueurs importants des équipes de possession : Xabi Alonso et David Alaba pour le Bayern, un peu plus en arrière car malgré leur importante part de ballon ils jouent à 11 (avec Neuer, ce que les autres font moins), et ont des dribbleurs (Coman, Douglas Costa), qui gardent plus le ballon. Santi Cazorla d’Arsenal fait une présence remarquée pour un représentant d’un club anglais (82,1). En 7ème on trouve Granit Xhaka, le jeune capitaine suisse du Borussia Mönchengladbach. Il a lui la particularité de jouer très long, et précis, 8,2 longues passes réussies par match, soit deux fois plus que les autres concurrents, 4 pour le second Alonso, Alaba en fait seulement 2,2. Il est aussi logiquement celui qui joue moins court que les autres. On trouve aussi Ilkay Gundogan, 5ème mais avec un déchet relativement élevé compte tenu de sa prise de risques accrue, mais aussi son coéquipier de Dortmund Julian Weigl (9ème, 80,3 passes). Ce dernier est le benjamin du top à seulement 20 ans, il est devenu la pièce maîtresse du jeu de son nouvel entraîneur Thomas Tuchel.

A coté de ces géants, ayons une petite pensée pour Alejandro Rodriguez, attaquant argentin de la Sampdoria de Gênes, qui totalise 5 matches et 28 minutes jouées cette saison pour 2 passes. 2 passes au total, pas en moyenne. Et qui en plus les a ratées toutes les deux. RIP.

Tenter des passes c'est bien, les réussir c'est mieux. Classement du taux de réussite des passes.
Tenter des passes c’est bien, les réussir c’est mieux. Classement du taux de réussite des passes.

Un court mot sur le domaine aérien. Comme attendu il est surplombé par le championnat allemand et leur amour des airs. En tête de gondole Caiuby, avant-centre brésilien d’Augsburg, qui non seulement en dispute le plus (13,5 par match !) mais aussi en gagne le plus avec 7,1. Il ne fait qu’1,84m, ce qui est relativement peu pour quelqu’un qui domine les airs, mais il sait s’imposer comme il le faut. Cependant en 11 matches il n’a été impliqué que dans 4 buts, il participe plus au jeu qu’à l’attaque. Ou il a surtout un sens de la finition médiocre, avec son ratio de 1 but tous les 17 tirs. Deuxième Stefan Kiessling avec 13,1 duels aériens (7,1 gagnés), qui est un point d’appui très utile pour le finisseur qu’est Chicharito au Bayer Leverkusen. Étonnamment le classement voit une grande prépondérance des attaquants, des points d’appuis pour le jeu long, comme Darmstadt (28 % de passes longues), qui place son attaquant Sandro Wagner 3ème,  Watford (20% de passes longues) avec Troy Deeney le point d’appui d’Odion Ighalo, ou le SC Bastia (20%) avec Brandao. Car oui Brandao est 5ème du classement avec 12,2 duels aériens par match. Dommage par contre qu’il soit le premier au nombre de duels aériens perdus, avec 6,8.

Pour les gardiens plus difficile de calculer l’efficacité car de très nombreux facteurs viennent décider si un gardien est bon ou pas. En nombre pur d’arrêts par match, Alex McCarthy, de Crystal Palace tient 4,8 arrêts par match. Cela ne l’empêche pas d’avoir en caissé 7 buts en 6 matches (mais 3 fois contre des équipes du Big 4 anglais). Ron-Robert Zieler tient la même moyenne d’arrêts à Hannovre mais sur 17 matches. Le premier gardien français est aussi en Ligue; Paul Bernardoni de Troyes avec 3,8 arrêts par match (12ème). Bien sûr il est l’exemple parfait qu’être exposé par sa défense aide à faire gonfler ses stats. Pour une étude plus détaillée sur les gardiens, mais uniquement ceux en Ligue 1, allez donc zieuter ce papier de Florent Toniutti, qui a essayé de déterminer l’efficacité des gardiens.

C’est tout, pour le moment. Prochainement, une autre analyse clubs/joueurs avec des stats, mais focalisé sur la Ligue 1 cette fois.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Copyright © All rights reserved. | Newsphere by AF themes.