ven. Nov 22nd, 2019

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Mais on le dit quand même

AS Rome : La patte de Rudi Garcia déjà mise en place

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Rudi Garcia Roma Lazio

Après les échecs de Luis Enrique et Zdeněk Zeman, les espoirs placés en Rudi Garcia étaient immenses dans la capitale italienne. Après 4 journées et un derby de Rome remporté, Garcia a déjà conquis les tifosi notamment grâce à un renouveau dans le jeu qui rappelle les plus belles heures de l’entraîneur français sur le banc du Losc.

En s’engageant avec la Roma, Rudi Garcia n’a pas choisi le club le plus patient d’Italie, encore plus après les deux dernières saisons compliquées du club la louve qui aspire à rejouer les premiers rôles en Serie A. Que ce soit avec les joueurs ou les entraîneurs, les supporters sont impatients et exigeants : il faut des résultats. Orpheline de Francesco Totti durant des années, la Roma doit se préparer à ce qu’un jour l’idole du club cesse d’éclabousser le Stadio Olimpico de sa magie. Pour ceci, la priorité est de retrouver une Roma joueuse, Rudi Garcia l’a bien compris en adaptant un style similaire à celui qu’il avait déployé à Lille pour emmener le club nordiste au sommet du football français en 2011.

Le point sur l’effectif

Rudi Garcia Totti

Les férus de football se souviendront sans doute de ce 4-3-3 qu’avait installé Rudi Garcia à Lille avec en homme fort Gervinho et Eden Hazard pour dynamiser le jeu sur les ailes. Ce 4-3-3 de plus en plus en plus utilisé dans le football moderne était déjà présent à Rome durant les deux dernières saisons où l’on a retrouvé les compositions suivantes :

2011-2012 : Stekelenburg – Rosi, Heinze, Kjaer, José Angel – De Rossi, Pjanic, Gago – Lamela (ou Osvaldo), Totti, Osvaldo (ou Borini)

2012-2013 : Stekelenburg – Piris, Castan, Burdisso, Balzaretti – Bradley, De Rossi, Florenzi (ou Pjanic) – Lamela, Osvaldo, Totti

On constate donc que les principaux changements ont été effectués en défense, au milieu, seul l’américain Bradley est venu s’interférer pour réguler le jeu de la Roma, en attaque, le trio offensif a été sensiblement le même durant les deux dernières saisons.

À titre de comparaison, le Losc champion de France en 2010-2011 ressemblait à ceci :

Landreau – Debuchy, Rami, Chedjou, Béria (ou Emerson) – Cabaye, Mavuba, Balmont – Hazard, Sow, Gervinho

Ainsi, la Roma 2012-2013 se rapprochait nettement de plus du Losc 2010-2011 que la version 2011-2012. En effet, la force de Lille se situait sur les ailes avec des latéraux offensifs comme Emerson mais surtout Mathieu Debuchy. Piris & Balzaretti bien que peu convaincant la saison dernière représentait un profil se rapprochant plus de Debuchy-Emerson que Rosi-Angel. Dans l’entrejeu, les Giallorossi possède un joueur comme Daniele De Rossi pouvant aisément effectuer le travail d’un Rio Mavuba à la récupération et celui d’un Yohan Cabaye pour distribuer. A ses côtés, l’ancien lyonnais Pjanic s’avère lui aussi être un joueur créatif, Michael Bradley possède quant à lui un style différent de celui de Florent Balmont et offre des possibilités différentes à Rudi Garcia.

Offensivement, Lamela possédait clairement un profil similaire à celui d’Eden Hazard par sa qualité de dribbles, la présence d’Osvaldo et Totti permettait à l’AS Roma d’avoir un jeu varié avec en homme de base Francesco Totti. Inversement à Lille, le danger venait des ailes, Rudi Garcia aura tout intérêt à maintenir cette variété offensive qui a sauvé la Roma à maintes reprises.

La patte Garcia en action durant le mercato

AS Roma Ljajic Gervinho

Si ce groupe n’a pas fonctionné la saison dernière, il était logique que le français ait tous les moyens nécessaires pour remettre le club de la Louve sur de bons rails notamment en s’activant sur le marché des transferts. Ainsi, le club a recruté Strootman, Benatia, Maicon, Ljajic, Gervinho et De Sanctis. Côté départ,on retiendra principalement les départs de Marquinhos, Lamela, Osvaldo et Stekelenburg, la vente de ces 4 joueurs a permis à la Roma de ramasser 85 millions d’euros. Hors le club a perdu le meilleur buteur de saison précédente (Osvaldo), celui qui a été avec Totti le meilleur dans le jeu (Lamela) et un jeune joueur pouvant clairement devenir l’un des meilleurs défenseurs du monde dans les années à venir (Marquinhos). De quoi être dubitatif sur les intentions de la Roma, de nombreux observateurs se posaient alors la question de savoir comment la Roma pouvait relever la tête en ayant perdu ses meilleurs joueurs ?

Au vu des sommes dépensés par le Paris Saint-Germain et Tottenham, il était difficile de refuser de telles offres pour Marquinhos et Lamela, le départ Osvaldo à Southampton pour 15 millions d’euros était quant à lui évitable. Statistiquement oui, mentalement non. Nombreuses sont les frasques commises par l’Italien, entre insulte sur Twitter envers Andreazzoli et crise d’égo pour tirer un penalty en poussant le maître Totti, la nouvelle recrue des Saints est un expert en la matière. Rudi Garcia s’est ainsi séparé d’un joueur brillant nuisant cependant à l’équilibre de l’effectif.

Annoncé comme un gardien époustouflant, l’hollandais Stekelenburg n’a jamais réellement convaincu à Rome et a fait ses valises pour Fulham cet été. Pour le remplacer quoi de mieux que Morgan De Sanctis ? Arrivé avec toute son expérience pour 500 000 €, l’ancien portier de Naples présente un profil similaire à celui de Mickaël Landreau à Lille. Le premier changement est là, un gardien d’expérience pour maintenir le navire Romain. Vient ensuite, le coup de génie, le transfert qui sur ce début de saison est l’affaire du mercato, l’arrivée gratuite de l’expérimenté et offensif Maicon. Une aubaine quand on connaît la qualité du joueur qui malgré une dernière saison compliquée outre-manche est toujours en grande forme. Deuxième coup de maître, en plus d’être gratuit, Maicon apporte un souffle nouveau sur les couloirs de la Roma et permet à Garcia de retrouver un profil similaire à Debuchy avec un volume de jeu bien plus important que l’international Français.

Surcoté pour certains, génie pour d’autres, le marocain Mehdi Benatia a rejoint la capitale italienne pour 13,5 millions d’euros. Un jeune joueur prometteur avec un sens du placement irréprochable pouvant évoluer aux côtés du roc Leandro Castan, un remplaçant de qualité à Marquinhos offrant une option plus intéressante que celle de Burdisso en déclin la saison dernière. Petit à petit, l’opération Garcia prend forme, le duo Castan-Benatia rappelle quelque peu le duo Rami-Chedjou à Lille. Castan et Rami sont deux défenseurs très athlétiques alors que Benatia et Chedjou sont deux défenseurs propres, très bons à la relance.

Au milieu, les Giallorossi se sont renforcés avec un renfort de qualité en la personne du néerlandais Kevin Strootman en provenance du PSV Eindhoven. Possédant une panoplie de qualités impressionnantes dont un abattage intéressant à la récupération et la création, l’international Oranje est gaucher, la présence d’un gaucher est souvent bénéfique pour tenter des frappes de loin, un art dans lequel Strootman excelle. À ses côtés, l’ossature est sensiblement la même avec De Rossi, Bradley et Miralem Pjanic replacé un cran plus bas que la saison dernière avec un rôle de milieu central alors qu’il possédait un rôle de 10 les deux dernières saisons. Jusqu’à présent cette position est une réussite, avec une moyenne de 66 ballons touchés par match, l’ancien Lyonnais est le joueur touchant le plus de ballon derrière Daniele De Rossi et ses 81 ballons touchés par match. Cela offre donc à Rudi Garcia un milieu bien plus intéressant que celui qu’il avait dans le Nord.

Offensivement, la Roma a du s’armer afin de préparer les départs d’Osvaldo et Lamela, pour ceci, Rudi Garcia a recruté Gervinho son ancien protégé au Losc. En perdition à Londres, l’Ivoirien a toutes les cartes en main pour retrouver le niveau qui était le sien en 2010/2011, quoi de mieux que l’entraîneur qui lui a permis d’éclore aux yeux du grand public pour préparer la Coupe du monde 2014 au Brésil ? Le pari Gervinho est sûrement le plus risqué tant le chat noir a montré ses limites avec les Gunners. L’une des nombreuses missions principales de Garcia est de remplacer qualitativement Erik Lamela, après 4 journées, deux options s’offrent à lui, la montée d’un cran d’Alessandro Florenzi en position d’ailier ou la solution Adem Ljajic sur l’aile gauche. Droitier et technique, le serbe arrivé en provenance de la Fiorentina offre une alternative intéressante à Rudi Garcia, moins percutant qu’Eden Hazard, Ljajic a un style se rapprochant du joueur des Blues. En 3 apparitions dont 2 en tant que remplaçant, le Serbe a déjà trouvé le chemin des filets à deux reprises dont un but sur penalty lors du derby face à la Lazio.

Le point tactique

Le onze de départ de l’AS Rome lors du derby face à la Lazio.

Avec l’aide de notre partenaire A World Of Football et son article prouvant que Rudi Garcia n’a pas changé, il est possible de cerner de manière encore plus précise l’impact de Garcia à la Roma. En complément de cet article, il est intéressant de se pencher sur les statistiques et le style de jeu à proprement parler de la Roma. Sur les 4 premières rencontres hormis la Lazio, les adversaires de la Roma étaient clairement inférieurs aux Giallorossi, on notera cependant des changements significatifs dans le style de jeu de la Roma. Les férus de football n’ont pas oubliés ce jeu de passe courtes qu’à su instaurer Rudi Garcia à Lille, ce jeu de possession on le retrouve également du côté de la Roma.

À l’heure actuelle, la Roma est la deuxième équipe d’Italie au niveau de la possession de balle par match avec 61,4 % de possession par match, un total légèrement inférieur à celui de la Juventus (61,9 %). Jamais lors des deux dernières saisons, l’AS Roma n’avait affiché une telle maîtrise du ballon. Autre point décisif prouvant ce renouveau, l’impact de Daniele De Rossi au milieu de terrain. Lors de l’édition précédente, le milieu italien affichait une moyenne de 52,8 passes par match, cette saison elle est de 81,3 %.

De plus, sur l’ensemble de la saison, « Capitan Futuro » affichait un total de 1321 passes cette saison, il est déjà a 325 passes, c’est dire à quel point ce nouveau rôle lui convient parfaitement. Au coeur du jeu, il est omniprésent et distribue le jeu pour ses coéquipiers dont Miralem Pjanic et Kevin Strootman qui se retrouvent en deuxième et troisième position du nombre de passes par match avec respectivement 66 et 65 passes par match. L’an dernier, Osvaldo – Lamela et Totti étaient logiquement les trois joueurs ayant effectués le plus de tirs de la saison, cette saison la donne a changé sur les 4 premières rencontres, le trio De Rossi – Strootman – Pjanic a déjà tenté sa chance à plus de 25 reprises, en plus de créer du jeu, les milieux de terrain n’hésitent pas à tenter des tirs de loin et inquiéter au maximum les gardiens adverses.

Roma-1- Maicon

Là où l’on ressent réellement la patte de Rudi Garcia est sur le nombre de tirs effectués par Maicon, en 4 rencontres, le brésilien a déjà tenté sa chance à 9 reprises soit 2,3 tirs par match. À titre de comparaison, sur l’ensemble de la saison dernière, Dodo était le latéral ayant tiré le plus de fois avec 8 tirs en 11 rencontres, alors que Piris, le latéral droit de la saison dernière n’avait effectué que 14 tirs en 29 rencontres. Si il continue sur ce rythme, Maicon comptabilisera un total de 66 tirs cette saison.

En conclusion, l’arrivée de Maicon ainsi que ce jeu de possession basé sur les trois milieux centraux font déjà le plus grand bien à l’AS Roma qui affiche déjà un visage plus que séduisant comme celui du Losc sous ses plus belles heures.

 

Article également à retrouver sur http://coupduchapeau.com

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