mar. Sep 17th, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

Et les Ultras napolitains prirent le contrôle. Vraiment ?

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source : http://st.ilfattoquotidiano.it
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Samedi soir, douce soirée de printemps à Rome.  Votre serviteur quitte ses amis, il est maintenant 20h. En bon supporter napolitain, il rentre chez lui, traversant sa contrée néerlandaise. Maillot floqué Hamsik sur le dos, il s’installe devant son ordinateur, lance un streaming de la RAI, fait cuire des pâtes, et se ronge les ongles. C’est un soir de finale de Coppa Italia, le Napoli affronte la Fiorentina.  L’occasion pour les deux équipes d’arracher un titre à la barbe de la Juve, championne, et de la Roma, dauphine. Un match crucial, donc. Des milliers de supporters venant de Naples et de Florence ont fait le déplacement. Les formations de Benitez et Montella jouent sans doute le football le plus attractif de la Serie A avec la Roma. 20h45, il est bientôt. L’eau des pâtes bout,  comme l’Olimpico. Mais contrairement au contexte culinaire, l’ambiance n’est pas des plus jouissives.

Au dehors du stade, plusieurs groupes ultras s’affrontent. Quelques blessés, rien de très grave. Mais une rumeur envahit les tribunes. Un Napolitain, blessé par balles, est décédé à l’hôpital. Tout le stade est au courant, la tension atteint son paroxysme. Les joueurs et les dirigeants doivent maintenant décider s’ils veulent jouer ou non.  Les négociations, les hésitations, les discussions se passent toutes en direct sur la télévision nationale italienne. Marek Hamsik, De Laurentiis, Pradè (DS Fiorentina) sont aux abords de la pelouse, alors que le match aurait déjà dû commencer. Le commentateur de la RAI annonce alors que le supporter n’est pas mort. Il est dans un état grave, une balle lui a traversé le poumon et est venue se loger près de la colonne vertébrale.  Vient une seconde annonce. Le supporter a été blessé non pas par un ultra adverse mais par des délinquants, des gangsters. Marek Hamsik décide alors d’aller annoncer le tout au chef des Ultras.

Le commentateur de la RAI lance : « Le match se jouera, les Ultras ont donné leur accord »

Le chef des Ultras ce soir là, c’est Genny ‘a carogna. Genny la charogne. Fils de mafieux, il arbore, assis sur une balustrade, un t-shirt « Speziale Libero » en l’honneur de Speziale, ultra de Catane accusé d’homicide involontaire sur un policier en 2007 lors d’un derby.  Hamsik s’avance, accompagné d’officiels. Une pluie de fumigènes, de bombes agricoles viennent lober Marek pour atterrir sur les stewards et les pompiers. Hamsik continue d’avancer.  Tel Mel Gibson dans Braveheart, il continue sa marche. Arrivé à hauteur de Genny, il lui demande de descendre. Il doit lui parler. Genny descend, et Hamsik lui parle dans l’oreille. Lui annonçant sans doute que le supporter est gravement blessé mais pas décédé,  Hamsik soulève un ouf de soulagement général dans la Curva. 20 minutes passent, et les officiels décident, en accord avec les joueurs et dirigeants, de jouer cette finale. En direct, on peut maintenant les voir marcher, en direction de la charogne. Et là, on ne sait pas pourquoi, on ne sait pas ce qui l’a motivé, mais le commentateur de la RAI lance : « Le match se jouera, les Ultras ont donné leur accord ».

Gerry la charogne - source : agi.it/
Genny la charogne – source : agi.it/

Pluie de commentaires sur Twitter. « Le football italien aux mains de ses ultras».  « La Charogne a décidé ».  « Honteux ».  Le fait est que 24h après les faits, les supporters napolitains présents au stade commencent à commenter les faits sur les réseaux sociaux. Une idée en ressort. Non, les Ultras n’ont pas donné leur accord, ils ont accepté le fait que le match se joue. Grosse nuance, que tout bon journaliste sportif n’a évidemment pas surligné. Le match ne se joua pas parce que Genny a dit « oui, jouez ! » mais plutôt « pas de problème ». La décision avait été prise en amont.  Et cette même Charogne, que l’on dépeint comme un être vil et agressif (il l’est, peut-être) a quitté le stade lorsqu’Insigne a marqué le but du 2-0. Par protestation ? Non, il a quitté le stade et est allé rendre visite à Ciro, le supporter napolitain.

Article par ci, article par là. Un déluge de pamphlet, de critiques, d’accusations ont été envoyés en direction de Naples. Sans même s’informer. Ah, et la personne qui a blessé Ciro était un ultra de la Roma, connu des services de police. Elles sont peut-être justifiés, ces accusations, ou alors elles sont totalement stupides. Je ne suis pas juge. Mais je sais que la loi du terrain a parlé, et Napoli a triomphé. Sur le terrain. Mais sans doute aussi en tribune.

Un supporter fier de son équipe.

13 thoughts on “Et les Ultras napolitains prirent le contrôle. Vraiment ?

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