mer. Oct 16th, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

L’Athletic Bilbao, et si Le Fou avait dressé les Lions?

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Ils sont surnommés Los Leones (les lions). Ils ont inventé « la toque ». Leur stade est baptisé « la cathédrale du football » et leur nouveau coach se traîne un blase plutôt équivoque : « el loco » (le fou). Ils n’ont ni Messi, ni Ronaldo. D’ailleurs, ils n’en veulent pas. Leur centre de formation leur va très bien. Dans leur vitrine, ils exhibent huit titres de champion d’Espagne et trois fois plus de Coupes du Roi. La D2, ils ont jamais connu. L’année dernière, ils ont tapé MU avant de se glisser en finale de l’Europa Ligue. En fait, pour résumer, ils sont basques, ils sont têtus, ils font rien comme les autres. Zoom sur l’Athletic Bilbao, un club qui a des couilles.

Dans le pays de Las Ketchup, on ne naît pas espagnol, on naît asturien, catalan, basque, andalou etc. Et c’est peu dire que les basques ne veulent pas naître espagnol. Leur rêve : Être enfin autonome.
En 2009, lors de finale de la Coupe du Roi face au catalan du FC Barcelone, les socios des deux clubs ne se firent d’ailleurs pas prier pour siffler copieusement l’hymne espagnol pourtant envoyé à fond par la régie. Et cette volonté se ressent sur l’effectif. Dans les différents clubs de la région, les Basques sont largement prioritaires sur les « étrangers ». Mais à l’Athletic, on ne voit pas l’intérêt de nuancer : on ne veut que des joueurs formés au pays Basque. Arnaud Montebourg, elle est pour toi celle là. En conséquence, son vivier de joueurs est minuscule. Encore plus si l’on enlève tous ceux jouant pour d’autres couleurs. Heureusement, l’Athletic fait parler son aura pour les faire revenir à la raison et surtout à la maison. Cette fâcheuse manie leur a d’ailleurs donnée une mauvaise réputation chez les dirigeants des clubs voisins. Normal. Javi Martinez est un parfait exemple, venu d’Osasuna à 16 ans pour 6 millions et vendu 8 ans après au Bayern pour 40. Soit dit en passant, cette tactique de l’hermétisme est assez osée sportivement. Et si aucun talent n’émerge pendant quelques années ? Et si on se retrouve obligé de confier certains postes à des chèvres ? Bah à Bilbao, on s’en tape. On laisse passer l’orage et surtout on reste droit dans ses bottes. Après tout la devise de l’Athletic est : « avec la formation et le public, pas besoin d’importation« .

On l’aura compris, au pays basque, le verre, il est à moitié plein. Faut dire, ils ont une histoire à rendre jaloux Nasser Al-Khelaifi. Pendant l’entre guerre, l’anglais Fred Pentland vient révolutionner le jeu de l’Athletic en proposant un pressing asphyxiant, des passes courtes, un gros fighting spirit et un teamwork de l’espace. A cette période, les basques raflent tout et le Barça, jaloux, copie le concept. Tiens, c’est marrant ça. Il serait cependant réducteur et un peu trop facile de dire que le Barça d’aujourd’hui est pompé sur l’Athletic de Pentland. Le jeu apporté par Cruijff en Catalogne est doublé d’inspirations hollandaises. Plus tard, dans les années 80, c’est l’ancien de la maison Javier Clemente qui hisse le club au top du top avec un petit doublé coupe/championnat basé sur une agressivité de tous les instants. Depuis, même si le club fait une « Arsène Wenger » trophisitiquement parlant, les dirigeants campent sur leur position et honorent les mots de Pentland : « La vraie force d’un club est dans sa cantera, des équipes réserves qui passeront naturellement dans la première sans que le club n’ait besoin de lâcher de l’or« .

En effet, Lezama, la cantera locale est des plus productives. Et ses derniers temps, elle séduit, Llorente devrait rejoindre la Juve en fin de saison tandis que Munian, 20 ans à peine et déjà surnommé le Messi basque, ne devrait pas tarder à attirer l’attention. Les dirigeants ont plus d’un tour dans leur sac. Leur recette est simple. La cantera ne forme pas de simples joueurs, elle forme des hommes, des Lions même. On y cultive l’amour du maillot, un style de jeu puissant et son fourgon de valeurs. La culture de la gagne, le dépassement de soi et le travail d’équipe sont appris aux enfants dès 10ans. A l’instar de leurs voisins catalans, le club a instauré une même philosophie de jeu des équipes jeunes jusqu’aux A. Il suffit de se mettre dans la peau d’un enfant qui a grandi en allant au stade, qui y a été formé depuis ses 10 ans et qui un jour, après des années de travail d’arrache pied, réalise enfin son rêve de môme : fouler la pelouse de San Mames, « La cathédrale du football« . Le tout amplifié par le sentiment de participer à un projet qui le dépasse, de rentrer dans une famille très fermée.
Faut avouer que ça a de la gueule. D’autant plus que le nouveau président, Josu Urrutia, a tenu sa promesse en faisant venir l’argentin Marcelo Bielsa alias « El loco » au poste d’entraîneur. Lui, c’est le Roi Lion. Pep Guardiola en parle comme le meilleur entraîneur du monde et son mentor. Ultra-cultivé, il fait, comme Mourinho, partie de cette catégorie d’entraineurs/généraux : grâce à son charisme, ses hommes sont prêts à tuer pour lui. Il tient son surnom d’une relation carrément obsessionnelle avec l’analyse vidéo et de techniques d’entrainements originales : les défenseurs, les milieux et les attaquants ne s’entrainent pas en même temps, et parfois il faut simuler des situations de jeu sans ballon pendant 2h. Autant dire que pour Bilbao, c’est le jackpot. Qui de mieux qu’un fanatique de l’effort et de la combativité pour diriger des lions? Dès son arrivée, ses joueurs se frayent un chemin vers une finale de l’Europa Ligue et de la Coupe du Roi. Malheureusement, cela se soldera par deux échecs. Mais il y a de quoi être optimiste pour l’avenir. Et si Bielsa était à l’Athletic ce que Cruijff fut au Barça ?

Une chose est sure, le chemin sera long pour s’installer définitivement chez les gros. Il faudra essayer de garder les valeurs sures. Joueurs qui ne sont pas juste des marchandises comme dirait Amorrortu l’actuel directeur sportif. Ce sont des hommes. Au final, l’Athletic, en s’affranchissant des étrangers se rapproche plus d’une sélection nationale que d’un club moderne. Chapeau à eux de proposer un football compétitif tout en étant local, économe et toujours fidèle à des concepts vieux de 80 ans. Bref’, tout ça pour dire, en Espagne, il n’y a qu’une seule équipe qui peut se targuer d’être plus qu’un club et ce n’est pas le FC Barcelone.

2 thoughts on “L’Athletic Bilbao, et si Le Fou avait dressé les Lions?

  1. Ce sont eux les inventeurs de la toque ?! Je le savais pas putain, c’est Cyril Lignac qui doit leur dire merci. Sinon en Espagne on est plus fan d’El toque. Chacun son truc hein.

    Beaucoup de raccourcis, de wikipédia, d’enfoncement de portes ouvertes et un style très moyen. Et puis Munuain « Messi Basque »… L’année dernière l’article aurait pu passer avec leur énorme saison, mais là autant d’emballement tombe comme une poil de bite dans le velouté. Du calme.

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