mer. Oct 23rd, 2019

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Mais on le dit quand même

Nottingham Forest : Un retour à la lumière ?

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Comment parler de football anglais sans penser à Nottingham Forest ? Pour les plus jeunes, ce club ne vous dit probablement rien mais il reste l’une des pierres angulaires du foot anglais qui a connu son apogée entre 1975 et 1990.

Club créé en 1865, il n’adopte le statut professionnel qu’en 1892 et reste un club qui joue dans les bas-fonds du football anglais jusqu’à sa montée en Football League (ancien nom de la Premier League) lors de la saison 1976/1977. A sa tête un certain Brian Clough, manager qui va marquer l’histoire du club de son empreinte. ..

 

Brian Clough, héros de tout un peuple

Ancien attaquant de D2 anglaise, ce joueur brillant à l’égo surdimensionné (251 buts en 271 matchs à Middlesbrough et Sunderland), connait une fin tragique en se blessant grièvement et se voit obligé d’arrêter sa carrière de footballeur professionnelle.

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Revanchard, il choisit néanmoins de poursuivre dans le milieu du football et de prendre la casquette d’entraineur. Il commence à Hartlepool en 1965 (club de 4e division) et réalise de belles performances, jusqu’à être remarqué et engagé lors de la saison 1966/1967 par Derby County, club de deuxième division.  Son franc parler et son arrogance se font à nouveau remarquer dès son arrivée au club. Il déclare au président de l’époque (Sam Longson) lorsque ce dernier lui demande pourquoi il serait l’entraineur idéal pour son club : « À vrai dire, je ne suis pas le meilleur dans ce métier, mais je ne vois personne au-dessus de moi ». Ce franc parler va lui attirer les foudres de la presse durant toute sa carrière et lui apporter un amour profond ou une haine viscérale de tous les amateurs de football anglais.

A Derby, dès sa deuxième saison il remporte le titre de champion de deuxième division, accède à la Football League et trois ans plus tard décroche le titre de champion d’Angleterre! Une consécration pour  cet entraineur, notamment connu pour ses tacles à répétitions sur l’équipe alors emblématique de ce championnat, Leeds United. A la surprise générale, il est d’ailleurs nommé entraineur de cette équipe lors de la saison 1974/1975 mais le résultat va être catastrophique : il est limogé au bout de cinq matchs. Détesté par tous les supporters et en conflit avec la direction, il déclarera notamment après son limogeage : «  C’est un jour terrible… pour Leeds United ». Les médias l’enterre, mais un club va lui permettre d’écrire l’histoire : Nottingham Forest.

Arrivé à la tête du club en 1975/1976, il ne lui faudra qu’un an pour remonter le club dans l’élite anglaise et promet à ses fans que son équipe décrochera le titre dès la saison suivante. Grande gueule pour la plupart, les résultats vont lui donner raison. Et la suite va s’écrire dans l’histoire du football anglais et européen.

Trois années au sommet

Première saison en Football League et premier titre pour Nottingham Forest lors de la saison 1977/1978, devant le grand Liverpool.  Une consécration pour cette équipe qui dès l’année suivante enchaine en réalisant une performance exceptionnelle lors de sa première participation en Coupe d’Europe des Clubs Champions (l’ancêtre de la Ligue des Champions). Sur sa route, elle croise tout d’abord les Reds de Liverpool qu’elle élimine, avant de sortir l’AEK Athènes en huitièmes, le Grasshoppers de Zurich en quart, Cologne en demi et se retrouve ainsi en finale de coupe d’Europe à Munich face à Malmö. L’homme de cette finale s’appele Trevor Francis, attaquant de Nottingham entre 1979 et 1981. L’international anglais place un coup de casque fatal à l’équipe Suèdoise qui  propulse Nottingham sur le toit de l’Europe. Sur la plus petite des marges, Brian Clough ajoute une coupe d’Europe à son palmarès et permet à Nottingham Forest de ce placer au niveau du Real Madrid et de l’Inter Milan, seuls clubs à ce jour à avoir remporter la fameuse coupe aux grandes oreilles dès leurs premières participations ! Le club remporte aussi la Supercoupe d’Europe face au grand Barca, et termine deuxième de son championnat derrière Liverpool, qui prend ainsi une (petite) revanche sur la bande à Clough.

L’année suivante, c’est rebelote. Après avoir écarté Öesters IF, le FC Arges-Dacia, le Dynamo Berlin et l’Ajax Amsterdam, Nottingham rencontre Hambourg en finale à Bernabeu pour défendre son titre. Encore une fois, les coéquipiers de Peter Shilton l’emportent sur la plus petite des marges (1/0) dans un match où le portier anglais dégoute l’attaque allemande. Cette saison-là, le club remporte également la coupe de la ligue anglaise et ajoute une nouvelle ligne à son palmarès.

A cette époque, Nottingham compte de nombreux joueurs qui ont marqué l’histoire  du football britannique :

–          Peter Shilton, gardien légendaire du football anglais. Il a disputé 125 matchs avec les Three Lions et 272 dans les buts de Nottingham Forest

–          Tony Woodcock, attaquant anglais aux 42 matchs avec la sélection anglaise

–          John Robertson, le milieu écossais  (14 saisons au club)

–          Ian Bowyer, milieu anglais aux 211 matchs avec les Forest.

–          Martin O’Neil, milieu Irlandais (285 matchs avec ce club), aujourd’hui sélectionneur de l’équipe d’Irlande.

Au lendemain de ce double titre de champion d’Europe, les temps deviennent plus difficiles pour ce club qui va connaître une période de disette particulièrement longue. Le club se maintient dans le premier quart du championnat, finissant régulièrement sur le podium (1984 ; 1988 ; 1989) mais ne remporte plus de trophées. Une pléiade de joueurs de classes compose pourtant cette équipe qui propose un beau football, basé sur le jeu au sol rapide prôné par Bryan Clough. Stuart Pearce (401 matchs pour 12 saisons au sein du club) ou Roy Keane (154 matchs en 3 saisons), pour ne citer qu’eux, entrent dans l’histoire de ce club. En 1992, Bryan Clough décide de quitter les Forest et laisse derrière lui 18 ans de bons et loyaux services, soit le plus long total d’un manager au sein d’un club anglais…juste derrière la légende Ferguson.

L’après Clough : la descente aux enfers

Ce départ sera le début de la fin pour Nottingham. Relégué dès la saison 1992-1993, le club remonte dans l’élite deux saisons plus tard avec Franck Clark à sa tête mais  redescend en 1997, et limoge son entraineur après cet échec.

Les supporters croient encore à un renouveau, le club remontant en Premier League dès la saison 1998/1999. Malheureusement, cette saison sera la dernière à ce jour pour ce club dans l’élite. Nigel Doughty, homme d’affaire anglais, rachète le club pour £11 millions en fin d’année. Le nouveau propriétaire va alors multiplier les erreurs de gestion, en engageant pas moins de cinq entraineurs en…trois saisons !

Lors de la saison 2001/2002, le club va miser sur Paul Hart, alors entraineur des -19 ans de Nottingham Forest avec qui il vient de remporter le titre de champion. La première saison est très compliquée avec une pauvre seizième place, qui suffit néanmoins à se maintenir. L’année suivante, l’équipe est transfigurée et réussie à se qualifier pour les playoff pour la montée grâce à une belle sixième place. Malheureusement, elle est éliminée par Sheffield United en demi-finale et aura beaucoup de mal à s’en remettre…La saison suivante elle obtient une décevante quatorzième place, avant le coup de massue de la saison 2004/2005…

En effet cette saison-là, le club termine à la 23eme et avant dernière place et descend en League One (3eme division). Statistique dramatique : c’est le seul club de l’histoire du football anglais à être descendu si bas avec une coupe d’Europe à son palmarès ! Trois années de purges pour les supporters, qui verront leur équipe remonter en 2007/2008 sous la houlette de Colin Calderwood, ancien défenseur emblématique de Swindon et de Tottenham. Pour sa première saison en Championship, Calderwood a énormément de difficultés et Nottingham ne remporte que 4 matchs à la mi saison. Un parcours qui inquiète les dirigeants qui décident de le remplacer par Billy Davies, entraineur dont la cote grimpe ayant permis à Derby County de remonter dans l’élite cette même saison.

Davies sauve la baraque en deuxième partie de championnat en maintenant le club grâce à une 19eme place et créé une vraie stabilité au sein de Nottingham qui finit troisième en 2009/2010, mais échoue en playoff contre Cardiff City. Profitant de ce renouveau, le club annonce les plans de constructions de son nouveau stade de 45.000 places qui devrait voir le jour en 2014. La saison suivante, le club termine sixième et confirme sur sa lancée, mais pour la deuxième fois en deux ans ne va pas passer les playoff. Une nouvelle erreur va alors être faite par les dirigeants de Nottingham : limoger Billy Davies après ce second échec.

En effet, le club mise sur un gros nom du football : Steve McClaren, notamment sélectionneur anglais en 2006/2007. Un fiasco total. McClaren ne reste que 6 mois, remplacé par Steve Cotterill qui finit la saison à une médiocre 19eme place, au bord du précipice.  Nous sommes alors en juillet 2012, et une nouvelle révolution va faire naître une lueur d’espoir aux supporters : le rachat du club.

La famille Al-Hasawi : dernier espoir ?

Nottingham est en pleine crise financière sous l’ère Doughty (£75 millions de dettes, notamment à cause de la construction du nouveau stade) et voit en cette famille l’espoir de continuer à faire vivre le club. Le 10 juillet l’affaire est conclue, la famille Al-Hasawi effaçant les dettes du club, et deux jours plus tard Steve Cotterill est mis à la porte. Son remplaçant, Sean O’Driscoll (ex-entraineur de la République d’Irlande) ne fera que six mois à la tête du club, laissant la main pour la deuxième partie de saison à Alex McLeish. Ce grand joueur écossais, limogé par Aston Villa, permet à Nottingham de finir à la huitième place mais son contrat n’est pas reconduit à la fin de la saison, le club préférant croire en l’homme qu’il avait limogé il y a peu : Billy Davies.

Le limogeage de ce dernier était donc une erreur cruciale. Injustement remercié après deux saisons consécutives en playoff, son limogeage a engendré l’enchainement de quatre entraineurs en deux saisons…sans aucuns résultats probants !

La saison en cours sous la tutelle de Billy Davies donne de bons motifs d’espoirs pour les Forest. Une actuelle cinquième place en Championship, des propriétaires prêts à investir et un nouveau stade flambant neuf qui devrait voir le jour l’an prochain : tout semble prêt pour le « come-back » de ce club historique parmi l’élite. Pour cela, il faudra confirmer et passer le stade des playoff, stade qui semble maudit pour cette équipe qui a échoué trois fois en dix ans, et qui espère retrouver la Premier League qu’elle a quitté il y a treize ans déjà.

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