lun. Oct 14th, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

Le football à Paris

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Les 2 clubs de la capitale


            On ne va pas se mentir. Paris > Le reste de la France. Paris > Le reste du monde. Je suis allé à Los Angeles, New York, Helsinki, Stockholm, Berlin, Londres, Cannes, Amiens et même Laval, mais rien n’y fait, Paris reste la plus belle ville du monde, ça ne sert à rien de se mentir. On a tout à Paris. On a Belleville, Stalingrad, le Parc de la Villette, le Canal de l’Ourcq, la Butte Bergeyre et même le Belvédère des Buttes-Chaumont. Et puis les autres arrondissements, mais on s’en fout (c’est tellement surfait, la Tour Eiffel. Et puis, on ne va pas se mentir, les Champs-Elysées, c’est pour les chiens de la casse. Et les Invalides pour les hipsters).

Point de vue football, c’est autre chose. Le gros club de la capitale est cruellement seul dans l’élite et les multiples tentatives de rachat des autres clubs parisiens se soldent presque toujours par un échec cuisant. D’aucuns rappelleront qu’à Londres, il y a une multitude de clubs avec chacun son identité propre, qu’à Madrid il y a deux grands clubs (oui mais ils sont espagnols. Et la Liga c’est moisi), qu’à Lisbonne aussi, qu’à Moscou c’est un raz-de-marée et que même dans les plus petits pays, certaines capitales comme Reykjavik ou Edinbourg ont plusieurs clubs dans l’élite. Mais je ne suis pas spécialiste de l’histoire du football (c’est Couentine Bi ici– et Chavi MacBil aussi, ndle), loin de là et je ne m’aventurerais pas sur ce point, ce n’est pas mon but.

En ce moment, Paris a deux clubs dans les trois premières divisions : le Paris Saint-Germain, champion en titre et le Paris Football Club, sauvé de la relégation de National grâce à l’administration plus que stricte de la FFF. En effet, il y a quatre relégués (six l’année dernière) mais avec tous les clubs qui déposent le bilan, seuls deux clubs descendent réellement. Il y a moins de 4 ans, ils étaient carrément 21 avec des erreurs d’administration. On va faire un point tout de suite avant que vous ne m’insultiez en commentaires : l’US Créteil-Lusitanos, c’est à Créteil, ce qui n’est PAS Paris, surtout avec cette chiotte de Dominique-Duvauchelle et le Red Star, c’est à Saint-Ouen (quoi que j’étudie la possibilité de faire une troisième partie à cet article avec le Stade Bauer que j’irais fréquenter pour Red Star – PFC ce vendredi).

            Parlons un peu de moi, maintenant. Très peu, très peu, ne vous inquiétez pas. Je ne vais presque jamais au stade. J’ai dû aller une fois à Bollaert (Lens-Lyon en 2006, 1-1, but de Jussiê avant que Wiltord fasse la spéciale Lyonnaises des années fastueuses : ballon fuyant dans la dernière minute, frappe d’on ne sait où, Itandje battu, point du match nul volé), cinq ou six fois à la Licorne, une bonne dizaine de fois jeune à Francis-Le-Basser, Jean Bouin (du SCO d’Angers), au Stade de France (dernier en date, France – Japon dans le parcage des supporters nippons, ma meilleure expérience dans un stade) et mon tout premier souvenir de stade, le Moustoir, pour un Lorient – Lyon de 1998 où Cavéglia score dès les premières minutes (Nicolas Cloarec, négro). Le Parc, je ne le connais que très peu. Un 5-1 face à Sainté en 2000 (doublé d’Anelka et but de Christian, ça c’est sur), un 3-1 face à Strasbourg dans ces eaux-là et c’est tout. Autant dire que je découvrais le nouveau Parc dimanche soir.

            Le PFC et le PSG avaient un autre point en commun que leur ville d’origine, ce week-end. C’était l’ouverture de leur saison à domicile, face à Colomiers et Ajaccio, respectivement. J’ai donc assisté aux deux. J’ai donc essayé d’analyser un peu les différences et les ressemblances de ces deux évènements. Le Football Vrai a-t-il triomphé sur le FootBusiness ou tout ceci n’est qu’un ramassis de conneries inventées par des twittos démago faussement politiquement incorrects en manque de reconnaissance ?

Vendredi soir : PFC – Colomiers

        2e journée de National. Le PFC ouvre sa saison à domicile après un nul à l’extérieur face à Dunkerque. En face, c’est Colomiers, autre promu, victorieux face à Vannes. Pour la première fois depuis 2006, les supporters fidèles du club, qui a d’abord été un des deux clubs d’origine du PSG avant d’en divorcer en 1972, ne se dirigent pas vers Cité U pour aller retrouver le stade Charléty, isolé au beau milieu du XIIIe arrondissement. En effet, le PFC a déménagé cet été, pour retourner dans un stade qu’ils pourront remplir, le stade Déjérine, coincé entre le stade Louis Lumière et le stade Maryse Hilsz à la porte de Montreuil.

Le corner du but


            D’un stade fait pour l’athlétisme, on passe à un terrain en synthétique tout pourri (le genre de terrain où, après un match de 2h, on retrouve des graines noires partout dans ses chaussures jusqu’à dans son calbute) où le Paris FC gagna sa place en National en 2006. Prix de la place ? 5€ tarif unique, 2,5€ demi-tarif pour les étudiants, achetables aux guichets le jour du match. Les guichetiers sont des vigiles qui ne sont qu’à peine au courant des prix des places. Vendredi soir, on pouvait y croiser Greg Paisley qui payait sa place à Pierre Ducrocq ”parce qu’il est grand prince” et il paraît que Steve Marlet était présent aussi, sans doute afin de superviser le PFC pour le match face au Red Star la semaine prochaine. On passe une fouille au corps et on se retrouve donc dans l’enceinte. Elle est composée d’une tribune à gauche du terrain où il faut bien choisir sa place afin de ne pas être gêné par le grillage vert presqu’omniprésent et clairement opaque et éviter la bande d’hurluberlus qui sert d’ultras (vous verrez plus tard pourquoi il vaut mieux s’asseoir loin d’eux). Préférez donc la main courante, juste derrière le poteau de corner, parfaitement surélevée afin de bien voir le terrain. La partie droite est réservée au banc de touche et aux vestiaires. En face de la main courante, il n’y a rien. L’horloge, très mal placée, n’est visible que du bout de la tribune. Illisible, on préfèrera vérifier le temps sur son portable, en calculant avec l’heure de début du match.

            Le match PFC – Colomiers n’eut malheureusement pas de grand intérêt. Pendant la première période, c’est le PFC qui est sur le but adjacent à la main courante. Les sudistes sont venus pour choper le point du match nul, en témoigne leur propension à balancer des longs ballons n’importe comment et à dézinguer n’importe quel Parisien ayant eu l’outrecuidance d’entrer dans leurs 30 dernières mètres. Si l’arbitre n’est pas trop tatillon, l’officier de touche est un véritable garde-chiourme :”LE BALLON, MONSIEUR DEMARCONNAY, IL EST PAS SUR LA LIGNE” à chaque 6m, dès que la balle était à quelques centimètres de la ligne. Etant donné que les supporters sont à longueur de bras de l’arbitre, celui-ci se fait insulter comme du poisson pourri à chaque intervention. En même temps, il a mis énormément de temps à sortir les cartons. En deuxième période, c’est une véritable catastrophe : les chants s’accentuent et les joueurs de Colomiers perdent leur sang-froid. Ca tacle n’importe comment (l’arbitre aura le bon goût de dégager l’excité Hervé Fokam à la 70e), la tactique est complètement oubliée, c’est de l’attaque défense constante. Le PFC se libère dans les dernières minutes sur un but du remuant Karl Toko après un cafouillage suivant un corner tiré parfaitement au bon endroit du terrain pour les supporters. Karl Toko vient saluer le public en visant certains mecs en particulier, probablement ses potes venus l’applaudir. Enfin, ceux qui restent, étant donné que la sécurité a du faire une intervention assez musclée pour dégager une bonne dizaine de mecs ayant balancé un pétard. Le match part un peu en cacahuètes avec un arbitre central qui a surement perdu sa montre, laissant près de 10 minutes d’arrêts de jeu, tout en se faisant insulter par le mec à gauche de moi, maillot du PFC sur les épaules, portable à l’oreille (”Et Romorantin, ils font combien ? 2-0 ? Bien, bien. Et Viry ? Oh putain !”) tandis que son assistant continue avec ses ”MONSIEUR MOREAU, LE BALLON, IL EST PAS SUR LA LIGNE”. Finalement, l’arbitre siffle la fin du match. Les joueurs saluent timidement le public et le stade se vide d’une traite.

LE BALLON C’EST SUR LA LIGNE, MONSIEUR DEMARCONNAY !

            Mais que mange-t-on à Déjérine ? Non parce que c’est bien beau d’aller voir un match de division 3, mais à 20h00 le vendredi, j’ai autre chose à faire. Ecouter le match d’Amiens sur France Bleu Picardie, par exemple. Alors, quitte à aller me taper un PFC – Colomiers, j’ai bien envie de manger un bon Américain. Il n’y a malheureusement pas ça au PFC. On se contente de sandwiches préparés à la va-vite, présentés sur deux tables de classes par deux femmes d’un âge avancé, coûtant seulement 3€. Même si la bière est annoncée à 3€ sur les menus, il n’y en a pas et il n’y a que du Coca ou du Fanta. Mine de rien, même si l’on sent que le blanc de poulet semble être du sous-Lidl, que la baguette est un peu molle et que la mayo n’a pas de goût, ça colle à l’ambiance.

            Verdict ? Disons que pour 2,50€, on a fait pire comme divertissement un vendredi soir. Et l’équipe est plutôt attachante. Avec le stade à 20 minutes de chez moi, ils me reverront surement cette année.

Dimanche soir : PSG – Ajaccio

            J’étais invité au Parc dans le parcage Europe. Je ne vais pas vous le cacher, quand j’ai lu la description de la place que j’avais, j’ai eu peur de tomber dans les travers du Stade Français il y a quelques années : trop de distractions et le match pas assez mis en valeur.

Le bristol d’invitation


            Déjà, on est invité sur bristol. Je vais voir un match, bon Dieu, je ne vais pas à une réception ! Aucune attente aux abords du stade, c’est aussi l’avantage du parcage Europe. On se retrouve dans un salon plutôt classe avec des immenses écrans, des petits stands de nourriture un peu partout et un barman habillé en pingouin. Au menu ? Des verrines. DES VERRINES. NON MAIS JE VAIS PAS AU STADE POUR MANGER DE LA VERRINE, BON SANG DE BONSOIR ! JE VEUX UN AMERICAIN, PAS UN REPAS DE TOP CHEF ! Cela dit, celle avec les rillettes et les asperges était vraiment bonne. But still, servir une Heineken (on est sur une place qui coûte 4000€ l’année et on doit se taper de la Heineken? Sérieux), dans une flûte, c’est le top du mauvais goût, même si le champagne coule à flot. On nous colle un bracelet rose comme dans les soirées de bobos open bar (j’ai mis près de 45 min à l’enlever le lendemain matin) histoire de pouvoir rentrer dans le salon pendant le match (WTF ?). D’ailleurs, les hôtesses sont aussi aimables que des portes de prison. ”Je donne pas de bracelets à n’importe qui”, quand mon collègue tarde à me donner ma place pour choper mon bracelet. On a eu beau arriver seulement 30 minutes à l’avance, on se fait clairement chier avec mon collègue, avant le début du match. Et ce n’est pas le speaker du stade venu faire une apparition éclair avec un concours de pronos à la mords-moi le nœud et pour nous donner les compos qui relance l’intérêt pour un avant-match proche de la catastrophe.

            Mon collègue et moi décidons alors d’aller à notre place, dans les tribunes. Le Parc est sponsorisé par Meek Mill, apparemment, puisque son album entier passe. ”Remember me dead broke ? Look at me now, up now” hurle Meek Mill pendant que les supporters crient l’amour de leur club. How IRONIC. Et là, la magie du Parc opère. Alors que je m’imaginais en grand critique écrire un article incendiaire sur l’ambiance au Parc, on passe sous un tifo. Pour la première fois de ma vie, je passe sous un tifo et bon Dieu que c’est génial, surtout sous ”Who Said I Would” de Phil Collins (qui est un génie incompris, bande de snobinards). Mon collègue, 45 ans, des années à Gerland, se retrouve une âme d’enfants et prend une chiée de photos, que nous n’avons pas le droit de poster, bien évidemment. L’équipe rentre sous les hurlements du public (inexistant selon les trublions de SoFoot, qui sont devenus de vrais journalistes : ils mentent comme les autres médias, maintenant) et seul Zlatan vient saluer le public. Les autres se contentent d’un regard. Le match peut démarrer, surtout avec les sifflets au moment où le speaker prononce le nom de Fabrizio Ravanelli.

            Le match est très divertissant, avec un Parc très réactif et des supporters qui répondent tout le temps présent. Ils ne siffleront qu’une seule fois un joueur de leur équipe : Javier Pastore, fantomatique, est conspué à sa sortie, presque autant que Pedretti sur sa simulation à quelques mètres de nous. En revanche, Ronald Zubar a juste été moqué quand il est allé parlementer pendant une bonne minute avec l’arbitre après avoir reçu un carton pour altercation, en trépignant comme un enfant de 5 ans dont on aurait refusé de lui payer une glace. Les écrans géants passent BeIn Sport, tout en supprimant les ralentis et les vigiles (dont un qui est un mélange entre Goldie et Wagneau Eloi) sont bien attentifs. Une cigarette à peine allumée à 3 rangs de moi, la leçon est donnée à tout le monde. Les mecs se lèvent parce qu’il pleut ? Le vigile les force à se rasseoir sous l’averse. Le mec est au taquet. Autant que le type en complet 3 pièces qui apostrophe un gamin de 6 ans à chaque arrêt d’Ochoa. Le Parc de Bruno Madinier existe encore. Cavani égalise dans les dernières minutes, le Parc qui explose de joie.

            Fin du match, applaudissements du public qui sait qu’il a vu un beau match et que son équipe ne pouvait pas faire mieux. 1 tir, 1 but, 36 tirs, 1 but. Que voulez-vous faire ? Retour dans le salon Europe, le speaker fait son apparition pendant que le match repasse sur les écrans géants. Mon collègue et moi faisons le plein de verrines (apparemment, personne n’aime les rillettes de thon) en attendant le speaker qui annonce les résultats du concours de pronostic dans une ambiance de kermesse picarde (et croyez-moi, je m’y connais. Vous connaissez les Maqueux de Saurets ? Non ? Très drôle). Le premier prix est un magnum de champagne. Le deuxième, 150€ à dépenser au PMU. Typiquement ce qu’on gagne en Picardie, grossi 10 fois. En partant, on nous tend un sac avec un énorme carnet vierge dedans. Une bien belle soirée inoubliable. Et c’était mal parti.

C’était vachement bon, pourtant.

Ai-je préféré le faste vain du Parc des Princes ou l’absence totale de convivialité du stade Déjérine ? J’ai autant apprécié les deux, pas du tout pour les mêmes raisons. Mais au lieu de défendre #LeFootballVrai et de conspuer le Foot Business, réfléchissons donc à ce qu’on recherche en allant au stade. J’ai autant parlé avec les fans du PFC que du PSG, des discussions courtoises et divertissantes. On recherche du divertissement, une autre façon de voir le match qu’à la télévision et surtout une vraie interaction avec des gens qu’on ne connaît pas. C’est ce que j’ai eu, 2 fois ce week-end. Et c’était génial. Vendredi prochain, je vais à Bauer pour le ”derby” Red Star – PFC. J’espère vous y voir nombreux, afin de partager un moment de football et de divertissement. En attendant, bonne semaine à tous. ET ALLEZ LE FEYENOORD.

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